Game of Thrones : session de rattrapage

Malgré son prestigieux label HBO, découragé par la complexité de quelques épisodes piqués au hasard en début de série et peu sensible à l’Heroic Fantasy, j’avais boudé Game of Thrones. Mais l’immense succès planétaire de la saga m’a fait changer d’avis car j’ai l’habitude même sans attirance particulière de lire ou voir des oeuvres qui deviennent par leur succès des phénomènes de société (c’est ainsi que j’ai lu les premiers tomes d’Harry Potter et de 50 nuances de Grey… en passant je conseille plutôt le premier !)

Aussi en un mois et demi, avec Dominique qui avait pas mal insisté pour que nous partions à la conquête du Trône de fer, nous avons alignés les 8 saisons et les 73 épisodes ce qui représente environ 65 heures de visionnage…

L’histoire repose sur deux intrigues principales elles-même divisées en une multitudes d’histoires à la fois parallèles et entremêlées. Dans un passé imaginaire sur un continent indéfini, nous assistons de part et d’autre du Mur de Westeros, petit cousin du Mur d’Hadrien, à la guerre larvée puis bien réelle entre les sept couronnes du Trône de Fer et l’armée des morts, une cohorte de Don Quichotte décharnés qui s’avèrent être des zombies survitaminés. Mais les Sept Couronnes sont elles même en proie à une guerre civile d’une sauvagerie inouïe (comme toutes les guerres civiles : cf. Espagne et Bosnie) pour la conquête de ce mythique trône de fer qu’à titre personnel je trouve bien moche (et dire qu’une des familles en guerre s’appelle Starck mais à l’évidence Philippe n’est pas encore né…).

Les premières saisons qui nous installent dans ce monde imaginaire qui finit par devenir sinon réaliste du moins familier sont quand même un peu complexes. Puis peu à peu les intrigues de la guerre contre les morts et de la guerre civile deviennent plus fluides et les deux dernières saisons sont éblouissantes. L’affrontement de l’armée des Morts avec les représentants des sept couronnes et le siège de Port Real, épilogue de la guerre civile, sont deux morceaux d’anthologie.

Le fantastique très présent dans l’histoire (Les dragons de la reine Daenerys Targaryen, les Marcheurs blancs…) s’installe presque naturellement dans le récit sans que celui-ci ne souffre d’un mélange des genres.

Tous les personnages sont moralement ambigus ce qui les rend attachants : pas de chevaliers blancs, peu de salopards intégraux (j’en ai quand même repéré deux). Tout le monde est quand même assez cruel et a la tête près du bonnet. Il faut savoir que dans Game of Thrones on se contente rarement de tuer, on adore découper à vif des morceaux du corps de l’ennemi. Ce qui a deux conséquences : peu de personnages ont sauvé leur intégrité physique à la fin de la huitième saison et il est déconseillé de regarder la série en déjeunant.

Le personnage emblématique de Game of Thrones, le nain Tyrion joué par le meilleur acteur de la série, Peter Dinklage, a une personnalité très touchant avec son réalisme largement tempéré par un humanisme presque anachronique dans ce monde de violence et de cruauté.

La série est finalement assez politiquement correcte car, à la fin de la huitième et en principe dernière saison, si la paix semble effective, trois empires présents ou en devenir se dessinent : Bran le Rompu, un handicapé, hérite du principal, une femme, sa soeur Sansa est reine du Nord et seul le troisième sera dirigé par un homme fort, Jon Snow : ce sera au delà du Mur, à la tête des Hommes Libres (les Sauvageons, mais là, tout reste à construire et ce n’est pas gagné).

Alors quelle aurait été la place de la série dans mon récent top 50 ? Probablement dans la première partie du classement mais pas dans les 10 premiers. Si la série explore des sujets aussi passionnants que le pouvoir politique, la trahison, le changement climatique, la religion, l’inceste, le sexe, la violence…, tout cela est plus BD que shakespearien. Mais globalement ce Game of Thrones, c’est quand même une sacrée bonne surprise.

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J’ai rencontré des étudiants heureux !

Melissa, Sarah, Mélanie, Anthony, Armony, Jules, Julie, Lorena, Paul, Aurélie, Elizandra, Manon, et Océane sont étudiants et fous de théâtre, deux états pas très confortables dans la période actuelle. Et pourtant je peux en témoigner : ils sont heureux. C’est qu’ils ont relevé un énorme défi en écrivant, concevant, répétant et jouant un spectacle préparé en quelques semaines au milieu des contraintes Covid.

Ils font partie de l’association culturelle pluridisciplinaire (niçoise) Med’Arts qui depuis 30 ans anime le campus Carlone le plus souvent en association avec l’Espace Magnan. C’est ainsi qu’ils ont pu répéter et peaufiner leur dernier spectacle dans les locaux de cette vénérable institution (elle évoque tant de souvenirs pour les jeunes… de ma génération).

Vendredi, c’est ainsi qu’ils nous ont présenté The breakfast club, une adaptation toute en subtilité de Melissa Fourcade du film éponyme de John Hughes (1985). Cinq lycéens (Lucas, le bad boy joué par Jules Borel, Mickael, le caractériel by Anthony Galea, Rachelle la mini Kardachian incarnée avec dynamisme par Sarah Pelissier, Britanny incarnée par Lorena Brancaleoni en surdouée un brin autiste, Ayrton le sportif joué par Paul Alleau) sont en colle, surveillé par Vernon, une prof un brin tyrannique (Armony Trifogli montée sur ressort).

Surmontant petit à petit les douleurs de l’adolescence, en s’aidant, ils arrivent à s’abstraire des rôles que la société leur a assigné (une société représenté par l’inquiétante forme vaporeuse et sombre incarnée par la mystérieuse Julie Bouguenec dont on ne découvre le sourire qu’au salut final).

Ce thème de la révolte contre une société qui déshumanise a probablement comblé les petits Casper qui flottent encore dans les superstructures de l’ancienne maison des jeunes et de la culture de Magnan. La séance étant avant tout réservée à une captation, le public était réduit à Alexandre Vandekerkhove, le maitre des lieux, à Marie Sophie Perrotte et Claude Valenti, ses deux collaboratrices et… à moi même ! Mais nous avons applaudi pour cent et les sourires de l’équipe de L’Espace me laissent supposer que la collaboration Magnan-Med’Arts a de beaux jours devant elle. Pourquoi ne pas rejouer le spectacle avec un « vrai public » dès que…

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Le clin d’oeil du théâtre niçois à son public : final cut !

C’est la fin de notre périple à travers les univers du spectacle vivant niçois. C’est ainsi qu’en une quinzaine de jours, dans vingt lieux différents nous avons rencontré des dizaines d’artistes qui ont joué le jeu en réalisant des petites saynètes en forme de clin d’oeil pour ce public qui leur manque tant. Ces clins d’oeil seront autant de capsules vidéo souvent drôles, toujours émouvantes, qui seront diffusées sans modération sur notre site culturel Cultivez-vous et les réseaux sociaux lors de la réouverture des salles.

Les trois dernières étapes :

Le TNN : pour le vaisseau amiral du spectacle vivant niçois c’est la patronne elle même qui a fait le job. Pouvait-on en douter ? Muriel Mayette Holtz toujours aussi convaincante et passionnée nous a expliqué face à la caméra à quel point le théâtre est essentiel. Normal pour quelqu’un qui est à la fois croyante et pratiquante en la matière.

Le théâtre de la Traverse : le maitre des lieux, Jean-Louis Châles, avait lui choisi de s’appuyer sur Sacha Guitry pour nous offrir un très beau dialogue avec le jeune Alexandre, 7 ans, qui bien entendu veut faire du théâtre. Un bel exercice initiatique. Et nous sommes tous impatient de retourner voir Sarah et le cri de la langouste vu pendant la fête des théâtres.

Le théâtre de l’Impasse : le couple qui anime le lieu, Fabrice Carminati et Patricia Soda, accueille l’équipe avec bonne humeur. Puis Patricia, dans une courte mais très signifiante petite scène nous invite à tomber les masques pour revenir au théâtre et faire des câlins à Gribouille, le chat acteur. Notons qu’en ce moment l’établissement réalise des ateliers dans le cadre d’un dispositif d’insertion pour femmes. Comme quoi les acteurs du spectacle vivant restent actifs en cette période en assumant un rôle social.

Une belle conclusion.

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14 heures pour récupérer 4 points

Avec l’objectif de revivifier un permis de conduire à points un peu anémié ces dernières années par quelques coups du sort (que j’ai aidés il faut bien le dire…), j’ai assisté en deux jours et 14 heures à mon premier stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ce qui, après plus d’un million de kilomètres sur toutes les routes du monde sans aucun accident, était certainement nécéssaire à minima pour récupérer 4 précieux points et retrouver un permis aussi insoupçonnable que la femme de César.

Première impression sur cette séquence qui se tenait à L’Arenas à côté du Plazza : elle était masculine. Sur les vingts futurs repentis, il n’y avait… qu’une femme. Ce n’était pas l’exception car dans les deux stages précédents il n’y avait AUCUNE femme.

Par contre, il est à noter que l’encadrement était lui assuré par deux femmes. En fait, les statistiques présentées plus tard fourniront une réponse sans équivoque à cette anomalie paritaire : 75 % des tués sur la route sont des hommes pour un nombre de permis équivalents. Plus accablant, les 25% de femmes tuées, le sont à 85% dans des accidents dont le responsable est un homme. 95 % des accidents causés par la vitesse sont causés par des hommes, ainsi que 80% des accidents dus à l’alcool et au cannabis.

Ingrid et Véronique, une psychologue et une formatrice furent des instructrices talentueuses que le prof que je suis a admiré. Quand vous enseignez, il y a trois types de publics possibles. Le public classique qui prépare un examen ou un concours et qui est forcement attentif. Le public libre qui suit une formation non sanctionnée (j’ai eu cette expérience avec des stages post concours de la fonction publique territoriale) : l’affaire est plus délicate, il faut un enseignant qui captive. Mais nos instructrices étaient là, face à un public contraint et potentiellement grincheux. Elles ont magnifiquement relevé le défi en « tenant » cet auditoire improbable et en l’intéressant. Total respect du prof.

Le groupe lui même étaient socialement assez composite ce qui est la loi du genre (Véronique m’a dit avoir eu Bruno Lemaire comme stagiaire) : du concierge de palace au médecin pompier, de l’assureur au plombier… Deux stars toutefois avec Nicolas, un artisan trentenaire qui en était à son 14e stage volontaire ou imposé par la justice et un pittoresque ancien légionnaire biélorusse qui s’exprimait à la façon de Jean Yanne dans le sketch « Le permis de conduire ». Le palmarès des infractions du groupe : 1 – l’excès de vitesse modéré à 1 point, 2 – le téléphone, 3 – les stops et les feux rouges.

Le stage fut aussi l’occasion d’apprendre plein de choses. Tout d’abord la réussite de la politique de sécurité routière sous l’impulsion notamment de Jacques Chaban-Delmas puis de Jacques Chirac. Nous sommes passés effectivement de 18 000 tués annuels en 1972 à 3 500 en 2019 (et même 2000 en 2020, année Covid).

Ces accidents concernent surtout les routes secondaires : 2700 tués sur les 3500. Les autoroutes ne représentent que 7 % des tués (avec une particularité : l’endormissement). Les deux roues sont bien sûr plus dangereux (30% du trafic, 30% des tués alors que les voitures qui représentent 75 % du trafic ne concernent que 50% des tués, le reste ce sont les piétons… et les trottinettes).

Mais la révélation la plus surprenante est la suivante : plus les conditions de circulation sont favorables et plus le risque d’accident est grand : on se lâche ! 71% des tués en ligne droite, 73% par beau temps, 75% avec un véhicule en bon état, 70% en journée et encore plus surprenant : les accidents mortels à 65% ont lieu dans un rayon de moins de 15 kilomètres du domicile. Quant au facteur de l’âge, il concerne non pas les vieux conducteurs mais les jeunes.

Bref, je ne ferais cela pas tous les mois mais l’expérience fut intéressante (et même peut être salutaire pour moi le récidiviste des excès à 130 dans les portions d’autoroute à 110).

Une séquence qui m’a permis de retrouver aussi deux anciens étudiants : Olivier, mon voisin de table lui même devenu conseiller municipal d’une commune du 06 et Kiril, mon sympathique étudiant bulgare qui est en fait le boss du service de location de voitures de l’hôtel où nous nous trouvions.

Amis du spectacle vivant, ne vous inquiétez pas ! Dès ce matin je m’occupe à nouveau de vous.

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Le clin d’oeil du théâtre niçois à son public : sixième étape

Pour cette sixième étape de réalisation de pastilles vidéos, la fine équipe a rendu visite dans deux hauts lieux du théâtre local à deux animateurs reconnus de la scène niçoise qui ont la particularité d’être d’anciens étudiants et d’actuels amis : Fabienne Colson et Frédéric Rey.

Théâtre de la Semeuse

On sait recevoir à la Semeuse, avec l’heureux papa d’Arthur bien sûr, mais aussi avec Christophe Tassaro et Alain Carrière, les boss de l’association d’éducation populaire de la Semeuse, l’institution sociale incontournable de notre cité qui englobe les activités théâtre dont Frédéric est l’infatigable animateur.

Pour le clip, le comédien Pierre Petitfrère nous a proposé uns scènette plutôt déjantée du Baron de Munchausen. Choix judicieux qui permet de mettre en valeur cette comedia dell’arte qui est depuis des années la spécialité de l’équipe de Frederic (je me souviens d’une déambulation magique dans le cadre de Mars aux musées). C’est une preuve supplémentaire de la diversité et de la richesse de la culture en circuit court niçoise.

Théâtre de l’Eau Vive

Là pas de doute, je suis à la maison. En effet, sous les directions d’Henri Legendre (qui a eu le courage politique… et artistique de me donner une chance comme auteur) et Fabienne Colson (dont le soutien ne s’est jamais démenti), ce sont, je viens de refaire le calcul, 80 représentations de mes neuf pièces qui ont été jouées dans ce théâtre qui a une si jolie façade (y compris et surtout la nuit ) sur le boulevard Carabacel.

Pour le clip, Fabienne nous a concocté une déambulation à l’intérieur et à l’extérieur. Pour cela, elle a convoqué Molière, Cocteau, Camus et Anouilh servis par François Lahaye, le nouveau Dick Rivers, Pierre, Alexie et Manon. Joyeux et inattendu, dans la tradition des lieux.

Avec Marlène et Monsieur Bernard, on vous dit à bientôt.

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Le clin d’oeil du théâtre niçois à son public : cinquième étape

La collecte des pastilles vidéos dans les théâtres niçois se poursuit dans une bonne humeur régénératrice en ces temps incertains, ce qui, je l’avoue, me fait du bien.

Théâtre de l’Inattendu

J’adore ce petit théâtre cosy et son sous-sol alibabesque. Quant à l’enthousiasme de la poignée d’animatrices qui fait vivre ce lieu il est franchement communicatif. Donc une belle étape pour notre équipe qui a enregistré avec plaisir la petite scène adaptée par Karine Petrelli et jouée par Rachel Bianconi et Leila Vecchini. Il s’agissait – quelle surprise – d’une malicieuse déclaration d’amour à un vieux théâtre.

Théâtre de l’Alphabet

C’était pour moi assez émouvant de retrouver ce théâtre qui avait accueilli il y a quelques saisons mes Fragments de Nice pour une dizaine de représentations. Et cela avec Bernard Gaignier qui en était l’acteur principal.

Le directeur Sébastien Morena a eu la bonne idée de décliner le thème (l’impatience des artistes à retrouver le public) avec des marionnettes (donc l’impayable chat Mallow ! ha! ha! ). La petite équipe a donc retrouvé pendant les 90 secondes de la séquence son âme d’enfant.

La villa des légendes

La villa des légendes est un nouveau lieu qui, grâce à l’inventivité de son promoteur Florian Riffart, propose des formes de spectacles inédites. On y pratique par exemple le théâtre immersif pour enfants et ados en collaboration avec la compagnie 8ème Alchimie. Mais c’est aussi un lieu d’aventure, de terreur et de rire pour les adultes qui peuvent être entrainés à travers les décors sobres mais inquiétants dans de folles enquêtes déambulatoires.

C’est en zombie que Richard Zanca, la star « beau gosse » de mes dernières pièces, nous attendait. Ma surprise n’en fut que plus grande. Avec Richard et la comédienne Florence Agard, dans une mise en scène d’Aurelia Beraldo, nous avons pu filmer un véritable petit film fort angoissant qui n’en doutons pas va désormais éclipser le célèbre Thriller de Michaël Jackson.

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Les cris demoiselle sur Cultivez-vous

Sabine Venaruzzo qui en octobre 2019 m’avait fait le cadeau de belles déambulations sur la promenade des Anglais avec des extraits de mon livre Escales (voir sur ce blog le compte rendu du 12 octobre 2019 et le petit film du 11 novembre 2019) est l’invitée de « Cultivez-vous » la plate forme de la Direction de la Culture.

Elle propose une performance intrigante et tout à fait étonnante qui est en quelque son témoignage corporel et poétique, corpoétique, du monde de la pandémie : Les cris demoiselle. C’est Sabine chez Adèle.

On peut voir 17 des petites vidéos de 2 minutes qu’elle a tournées avec son complice habituel, le photographe Éric Clément-Demande. Il s’agit d’une déambulation sidérée et donc sidérante à travers une ville de Nice qui semble s’être fait surprendre par la pandémie. Chaque séquence est précédée d’un cri qui exprime à la fois souffrance et peut-être révolte par rapport à ce monde d’ici qui semble être devenu d’ailleurs.

Et cela devient vite hypnotique. À voir, à méditer, à lover dans un coin de sa mémoire .

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Nice 100 % Culture pour tous : la médiation culturelle partout

Pendant des années et des années, j’ai enseigné les Politiques Culturelles à l’Université avec une presque obsession, mes étudiants peuvent en témoigner : la culture qui fait de nos vies des aventures plus grandes que nous-mêmes, est un bien commun qui doit être partagé par le plus grand nombre. D’où la conviction profonde que toute politique culturelle publique doit être axée sur la question essentielle de la médiation, c’est à dire des publics. Elle doit être une machine à créer du désir.

Mais les politiques culturelles françaises, aussi remarquables qu’elles ont pu être, ont toujours de Malraux à Lang privilégié l’offre par rapport à la demande. Peu importe au final si ces politiques profitent toujours aux mêmes. D’où l’idée d’inverser la tendance et de faire de la médiation l’instrument de cette révolution.

En prolongeant la réflexion, j’ai toujours pensé que l’école devait être la matrice de cette politique (alors même que Malraux avait séparé, pour des raisons politiques mais aussi idéologiques, administration de la Culture et Éducation Nationale). Et si on s’en réfère aux spécialistes de la médiation, ce recours à l’école doit se faire chez les plus jeunes : primaires et même maternelles et crèches (clin d’oeil à l’Opéra Minuscule). Les actions dans les collèges et lycées sont utiles mais moins efficaces car l’essentiel est déjà joué.

Fort de ces considérations , c’est peu dire que le plan Nice 100% culture pour tous que le le Maire a présenté hier matin est la concrétisation d’une bonne partie de mes rêves de prof.

Ce plan porté par la ville avec le renfort de la DRAC et de l’Éducation Nationale (représentées au plus haut niveau hier) est inédit, original et surtout systématique. Des dispositifs de médiation culturelle existent déjà mais ils dépendent trop de l’enthousiasme et de la mobilisation d’enseignants exceptionnels. Il s’agit là de faire de l’exception la règle. Dès la rentrée 2021, 21 écoles, 246 classes et 5649 élèves vont être concernés. A la fin du mandat ce seront toutes les écoles. Que l’implication de Jean-Luc Gagliolo pour que ce projet puisse être présenté à temps en cette période difficile soit salué.

Cela dit si ce plan a pour objectif de susciter de nombreuses vocations que ce soit pour l’excellence ou les pratiques amateurs, je souhaite qu’il soit avant tout un facteur d’émancipation pour de nombreux petits Niçois, et cela pour toute leur vie.

Amis artistes du spectacle vivant sous toutes ses formes, votre responsabilité est grande ! Avec la collaboration des enseignants, il va falloir devenir de vrais médiateurs culturels, de vrais passeurs d’humanité. Je n’ai pas d’inquiétude car je sais que vous êtes nombreux à pratiquer déjà. Avec le plan municipal, vos pratiques vont devenir un véritable service public.

Dans les jours qui viennent, des appels à projet seront proposés, c’est que nous avons besoin de vous. Mais je n’ai pas de doute, vous serez au rendez-vous !

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Le clin d’oeil du théâtre niçois à son public : quatrième étape

Pour ce quatrième périple à travers le Nice du spectacle vivant, la dream team était renforcée par Jennifer et Dominique. Recueillir les précieuses pastilles vidéos qui feront patienter le public en fut facilité.

Théâtre de la Tour. Accueil XXL par le patron du lieu, un directeur qui est un animateur culturel reconnu de Nice-Nord : Philippe Roustan. L’occasion de faire marcher la machine à remonter le temps car de nombreux souvenirs artistiques mais aussi électoraux (victorieux en plus, ce qui ne gâche rien !) me rattachent à la Tour.

La comédienne et performeuse Stéphanie Pareja en résidence dans les lieux a joué le jeu en nous offrant un mini-one woman show drôle et décalé. Le talent et la générosité de l’artiste nous a tous convaincus d’assister à son prochain spectacle quand…

Avec la complicité du régisseur des lieux, l’ami Jérome Barbier, j’ai même eu le privilège de pénétrer dans la cabine technique. Mais je dois avouer que ce tableau de bord de 747 m’a convaincu que le technophobe que je suis, jamais ne sera technicien de théâtre.

Théâtre de la Libé. Pour la troisième fois, je me retrouve dans ce petit théâtre qui est le symbole de la résilience des théâtreux niçois. En effet malgré la crise et les difficultés en tout genre, il y a encore des amoureux fous du théâtre comme mes amis Emmanuelle Lorre et Benjamin Vergnes. Pour l’occasion, ils avaient préparé un savoureux sketch adapté du dramaturge allemand Karl Valentin (voir photo ci-dessus) : je suis persuadé que vous rirez autant que nous en visionnant la pastille.

Quant à ma quatrième visite au théâtre de la Libé, elle est déjà programmée : ce sera pour le premier « vrai » spectacle quand…

Théâtre Bellecour. Dans ce petit théâtre qui a contribué, à sa place, depuis plusieurs années à changer le climat du quartier Trachel, nous avons été accueillis chaleureusement par la compagnie Série illimité et par le duo fille-père qui préside désormais aux destinées du Bellecour : Laëtitia et Jean-Louis Russo.

Orchestré par le metteur en scène maison Sébastien El Fassi qui peut passer de Pinter à Perrault avec maestria, nous avons eu droit à la curieuse demande en mariage d’un ogre multiforme et fat à une princesse plus proche de la télé-réalité que de Disney (Sophie Zervudacki et Yann Bruno Martinez). Là aussi nous avons bien ri. Laëtitia, Jean-Louis, Sébastien, Sophie, Yann : promis, juré, craché, vous nous avez donné envie, on vient vous voir dans une « vraie » pièce dès que…

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Le clin d’oeil du théâtre niçois à son public : troisième étape… et Malou !

Ce mercredi, nous avons marqué une petite pause dans notre périple pour réaliser les petites pastilles vidéos dans les théâtres niçois qui feront patienter symboliquement le public. Ce fut donc l’occasion de filer au théâtre Lino Ventura pour assister à un bel événement.

Il y a quelques semaines, je proposais une résidence sur Lino Ventura à Lisie Philip, la dynamique directrice d’Antipodes. Aussitôt dit, aussitôt fait, et dès hier nous avons pu assister à la sortie de résidence de La fille d’attente le dernier spectacle de la compagnie. En fait à peu près la moitié (30 mn) d’une plongée très intrigante dans les mystères de l’adolescence. Un dialogue à la fois fluide et chaotique entre une danseuse atypique et une succession d’images vidéos fantasmant le réel. C’est tout simplement bouleversant. Une future réussite dans laquelle le talent de la jeune danseuse Malou Bonvissuto aura une part prépondérante.

Ce jeudi, par contre, j’ai retrouvé dès potron minet Alessandra, Fabien et Marc (la Dream Team) pour nos trois théâtres quotidiens.

Espace Magnan. Dans ce lieu mythique nous sommes allés à la rencontre d’Alexandre Vandekerkhove, ce jeune et passionné directeur, pur produit maison. Son interview servira de base à la pastille. Pendant ce temps-là, sur scène, une talentueuse troupe de danseurs actuellement en résidence Les ambianceurs, répétait, conduite par un Gilles Roche qui fourmille d’idées pour l’après confinement. J’ai également eu le plaisir de retrouver parmi ces danseurs débordant de joie de vivre et parfois acrobates Céline qui fut une de mes étudiantes et le fils de Samuel, un pote très cher qui m’a soutenu longtemps à Nice-Nord.

Le Forum Jorge François avec la complicité de son directeur, le ô combien chaleureux Medhi Romdhane (un exemple de plus qui prouve que Nice doit beaucoup à la Tunisie…) nous a réservé une sacrée surprise. En effet, après une interview somme toute classique, le directeur nous a « livrés » à l’artiste vedette de son théâtre le mentaliste Jay Kynesios. Un homme affable et simple qui pourtant nous a fait une démonstration absolument bluffante. Je n’en dirai pas plus mais avec Fabien, on se regarde bizarrement depuis. Il est évident que nous reparlerons de Jay mais aussi de la programmation éclectique du Forum.

Théâtre de la Cité. Pour avoir été si souvent spectateur et par deux fois auteur sans compter les mythiques séances de présentation de saison (avec le célèbre « il est buffet moins deux » de Thierry Surace) au théâtre de la Cité, j’ai un peu l’impression d’être chez moi. Comme toujours, ces grands professionnels avaient préparé un original scénario pour la petite pastille. Un plan séquence digne du dernier Lelouch avec cet humour maison si bien trempé à la passion dévorante du théâtre.

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