Mes 50 séries préférées : de 40 à 37

Cette semaine deux américaines (la troisième CBS et la deuxième Fox) et une australienne (la quatrième mini-série).

40 – DR HOUSE (David Shore – Fox – 2004-2012 – 8 saisons – 177 épisodes de 42 mn – USA)

Gregory House est un diagnosticien de génie  qui sonde les corps pour trouver la cause de la maladie. Misanthrope, il est peu à l’aise dans les relations sociales même s’il est maître dans l’art de la manipulation. Handicapé par une jambe malade il boîte, souffre et est accro à certains médicaments. Mais, à la fois séduisant et inquiétant, les hommes rêvent d’être à sa place et les femmes dans son lit.

Je ne suis pas un fan des séries médicales alors, tant qu’à en suivre une, pourquoi pas celle-ci ? What else ? 

Il faut dire que les tribulations du couple personnage – acteur Gregory House – Hugh Laurie sont particulièrement jouissives. Sherlock Homes du diagnostic médical perpétuellement politiquement incorrect, House est un artiste du contrepied. C’est drôle et décapant .

Mine de rien, c’est aussi l’occasion d’enrichir son vocabulaire : auto-immune, lupus, Vicodin, etc…

N’en doutons pas, dans l’actualité récente, un certain professeur de Marseille a voulu nous la jouer Dr House. Qu’il me soit permis de préférer  le cynisme assumé et joyeux du modèle à la démagogie mal dissimulée de la copie .

39 – THE BIG BANG THEORY (Chuck Lorre, Bill Brady – 2007,2019 –  CBS – 12 saisons – 279 épisodes de 22mn – USA) + le spin off (série dérivée) YOUNG SHELDON (2017-2019 –  3 saisons – 65 épisodes de 22 mn)

C’est la deuxième sitcom des trois de ce top 50.

Léonard et Sheldon vivent en colocation à  Los Angeles. Ils sont tous deux des physiciens surdoués, « geeks » de surcroît, mais terriblement immatures. Ils partagent leur temps libre avec leurs amis Howard (à la maman juive à la fois encombrante et… invisible dans la série) et Rajesh (un indien tiraillé entre sa culture de son pays et l’Amérique). Leur univers  est perturbé par une voisine, la jeune Penny, sans culture universitaire mais sexy et pleine de bons sens.

The Big Bang theory est une déclinaison très originale de la sitcom « bande de copains » comme How i met your mother ou Friends. La confrontation de ces adolescents tardifs surdoués avec le monde réel est drôle, souvent même très drôle, sans jamais être racoleuse car chaque personnage a une certaine épaisseur psychologique.

Le spin-off est consacré à l’enfance de Sheldon, le génie du groupe probablement atteint du syndrome d’Asperger. Cette série dérivée est au moins aussi réussie que l’originale.

 38 – LA GIFLE (Jessica Hobbs, Matthew Saville – 2011 – minisérie, 8 épisodes de 51 mn- Australie)

A Melbourne, Hector entouré de ses proches fête son anniversaire autour d’un barbecue. Une dispute entre enfants dégénère et Harry, le cousin d’Hector, gifle Hugo le jeune enfant de sa soeur. A partir de là tout l’équilibre (supposé) de la famille vacille et, comme l’indique le sous titre de la série,  « choisissez votre camp ».

Cette banale histoire de famille se transforme en une extraordinaire observation en laboratoire sur le fonctionnement d’un groupe humain dont les personnes sont liées par le sang et l’amitié. Avec une réflexion très chirurgicale sur la notion de violence conjugale.  C’est aussi une plongée dans la société australienne puisqu’une partie de la famille est d’origine grecque et qu’une des principales héroïne est noire.

Si cette série familiale est passionnante par les questions qu’elle soulève , elle est aussi très originale par la forme : chacun des huit épisodes, tout en faisant progresser l’intrigue, est tourné en prenant la parti d’un des protagonistes. A voir et à méditer dans la mesure où la saison des barbecues post confinement est ouverte !

 

Publié dans séries TV, Uncategorized | Tagué , | 13 commentaires

Amélia, Margot, Morgane, Ymran speak English aux personnes atteintes de trisomie 21

Dans le cadre d’un projet professionnel que nous avions encadré avec Dominique l’an dernier, Amélia Quattrocchi, Margot Fraissinet Rubio, Morgane Beunard et Ymran Ismailov avaient collaboré avec l’association TRISOMIE 21-AM (dont j’ai pu apprécier comme élu l’utilité publique), organisant une magnifique conférence de sensibilisation (voir sur ce blog mon billet du 8 mars 2019 « Comprendre la trisomie 21 avec Tanguy et les LEA L2 Droit ») et toute une série de cours d’anglais.

Cette année, boostés par l’enthousiasme de leurs élèves et les encouragements de l’association, ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure en réalisant un… livre  » The manuel d’anglais » adapté aux spécificités du public. Ainsi, le livre à base d’images, de textes courts et de récapitulatifs fréquents, est un instrument efficace pour initier (et même un peu plus) les personnes atteintes de trisomie 21 à cette langue anglaise si indispensable (ne serait que pour comprendre et chanter les paroles de Hey Jude ou d’Imagine…).

Le petit exploit de cette dream team si sympathique est d’autant plus significatif qu’au départ aucun des quatre n’était concerné familialement ou amicalement par la trisomie.

Autant dire que nous sommes très fiers de voir nos étudiants être ces belles personnes qui se sont transformées en passeurs d’humanité simplement parce qu’ils ont du coeur… et du talent !

PS : on trouve l’ouvrage sur la plate forme BoD et sous forme écrite sur demande.

Publié dans culture, Société | Tagué | Laisser un commentaire

L’Europe… enfin !

Même si la nouvelle n’a pas fait la une des JT et de la presse écrite, l’accord franco-allemand du 18 mai 2020 restera historique. On l’évoquera toujours quand la crise du coronavirus ne sera plus qu’un lointain souvenir dans la mémoire collective.

En effet, sous la pression de la conjoncture, l’Allemagne a accepté ce qu’elle refusait depuis deux décennies : la mutualisation des dettes européennes c’est-à-dire, ni plus, ni moins, que la solidarité européenne. Merkel et Macron proposent que l’Europe contracte un emprunt massif de 500 milliards destiné aux régions et aux secteurs les plus touchés par la crise (pour une fois pas de saupoudrage façon « I want my money back »). Cet argent sera remboursé par le budget européen (alimenté par chaque État en fonction de sa richesse) et le remboursement ne sera pas lié à ce que chaque pays a reçu. Nous pouvons donc considérer que cet accord est l’acte fondateur d’une nouvelle solidarité européenne. Celle qui précisément avait été mise à mal par la crise grecque et le Brexit.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, l’Allemagne et la France vont également prendre des initiatives pour que l’Europe de la santé juridiquement inexistante devienne une réalité politique avant d’intégrer les Traités.

On peut ne pas être d’accord avec la politique du Président sur le plan interne mais reconnaître qu’élu sur la base d’un programme ouvertement européen, il a fait le job. Reste à souhaiter que personne, parmi les 25 autres membres de l’Union Européenne, ne remette en cause cette promesse de nouvelle frontière.

Publié dans politique internationale | Tagué | 14 commentaires

Mes 50 séries préférées : de 45 à 41

 

Toujours une domination américaine avec trois séries (dont une deuxième Showtime, une deuxième CBS et une première sitcom) mais aussi une étonnante réussite belge et un phénomène patrimonial français.

45 – BELPHÉGOR (Claude Barma – ORTF – 1965 – Minisérie – 4 x 70 mn – France ).

Belphégor, un fantôme vêtu d’une longue robe noire hante le département d’égyptologie du Musée du Louvre. Disparitions, agressions et morts suspectes se succèdent. La police se fait aider par un jeune étudiant forcément intéressé puisqu’amoureux de la fille du commissaire. Il y est question d’un malfaisant qui veut s’emparer du secret des Rose-Croix pour assouvir son goût du pouvoir.

C’est peu dire que cette histoire fantastique qui a pour décor un Louvre qui n’a pas encore sa pyramide a bouleversé la France de la télé en noir et blanc et de feu l’ORTF. Après avoir vu le spectre glisser au milieu des collections, plus un Français n’a visité un musée sans penser à lui. Un équilibre certain entre les séquences fantastiques à l’ambiance étrange et magique et les scènes de la vie quotidienne souvent légères et plutôt drôles a contribué au succès de cette histoire créée par Claude Barma. Par sa présence et son physique Juliette Gréco contribue à donner beaucoup de force aux séquences oniriques.

La grande réussite de ce Belphégor est d’être resté dans notre imaginaire comme un sommet du genre fantastique sans aucun effet spéciaux. Une raison de plus pour ne pas voir la grotesque tentative filmique de 2001 (avec Sophie Marceau dans le rôle titre) qui remplace la magie du téléfilm par des trucages digne des attractions de Disneyland.

44 – CALIFORNICATION (Tom Kapinos – Showtime – 2007-2014 – 7 saisons – 84 épisodes de 25 mn – USA).

Hank Moody (David Duchovny, le Fox Mulder d’X-Files) est un romancier new-yorkais en panne d’inspiration exilé à Los Angeles. Séparé de sa femme Karen et de sa fille Becca, il plonge dans un univers d’alcool, de drogue et de sexe. Tiraillé entre sa vie d’avant et la dérive autodestructrice de son actuelle existence d’oisif, il est secondé pas toujours pour le meilleur par son agent Charlie Runkle qui est un des rares à croire en son talent d’écrivain.

La contradiction entre les deux aspirations de Moody produit souvent des effets comiques mais dégage au fil des saisons une forme de résignation mélancolique qui rend le personnage attachant. Mi Buchowski mi Hughe Grant, Duchovny porte Californication sur ses épaules avec talent et l’aide du divin chauve des séries US, Evan Handler (on le retrouvera !).  Une réplique pour situer cette série qui vaut beaucoup mieux que son titre : « Tu es un mec analogique dans un monde numérique ».

43 – LA TRÊVE (Benjamen d’Atouts, Stéphane Bergmans, Matthieu Donc – RTBF – 2016-2018 – 2 saisons – 20 épisodes de 52 mn – Belgique).

Dans un bourg des Ardennes belges, un jeune africain, footballeur dans l’équipe locale, est retrouvé mort dans la rivière. Un policier bruxellois mais ancien enfant du pays mène une enquête qui va révéler, en plus du coupable, toutes les turpitudes de la petite ville.

Sur la base de la première saison (je n’ai pas vu la deuxième, mais je fais crédit), je trouve que la publicité qui accompagne l’affiche n’est pas usurpée (« La meilleure série policière du moment est belge »). En effet, au cours des épisodes, nous sommes successivement persuadés de la culpabilité d’au mois dix personnages avant d’être bluffés par la révélation de l’identité du coupable. Mais La trêve est bien autre chose : par sa pugnacité à mettre à jour les turpitudes de son petit monde elle est un peu la cousine wallonne du merveilleux Twin peaks  Ce polar poisseux aux personnages glauques a beau être francophone, il est par ses décors et sa distribution (que de belles gueules même et surtout quand elles sont cabossées !) terriblement exotique.

42 – LOST (Jeffrey Lieber, J.J Abrams, Damon Lindelof – ABC – 2004-2010 – 6 saisons – 121 épisodes de 42 mn – USA ).

Le vol Sydney-Los Angeles explose en plein vol au-dessus d’une île du Pacifique non répertoriée sur les cartes. Les survivants vont très vite apprendre à cohabiter et à survivre. Mais dès les premiers jours, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls sur ce bout de terre, qui est le théâtre d’événements et d’apparitions étranges.

Lost est une fresque qui mélange fantastique, théorie du complot, surnaturel et science fiction. Sa matière est si riche qu’elle a pu décourager certains et conduire ses fans a une concurrence effrénée d’interprétations. Personnellement, ce que j’ai plus sagement aimé dans la série, c’est la normalité des protagonistes au milieu de ce déferlement d’irrationnel digne du Matin des Magiciens. Notamment au cours des flash back (ceux qui se passent en Australie par exemple) où on découvre avec délectation des histoires individuelles qui font comprendre la psychologie des personnages bloqués sur l’Ile.

Après si la complexité de l’histoire vous fait peur  vous pouvez toujours à la place suivre Khô Lanta c’est plus simple !

41 – HOW I MET YOUR MOTHER – Carter Pays, Craig Thomas – 2005-2014 –  CBS – 9 saisons – 208 épisodes de 22 mn – USA)

C’est la première sitcom de notre top 50 (il y en aura trois). Une sitcom est une série à dominante comique à épisodes courts se déroulant dans un décor récurent et avec des rires enregistrés.

À peu près dix ans de la vie de cinq trentenaires (un peu avant, un peu après) vivant à New York. Il y a Ted, celui qui va trouver sa femme (à la fin !), Marschall et Lily, le jeune couple fusionnel et un peu cucul, Barney, l’inénarrable et élégant séducteur compulsif et Robin la canadienne. À priori, on pouvait parier sur un remake de Friends : il y a bien sûr des similitudes mais la structure narrative est très différente et très cinématographique pour une sitcom. En effet, HIMYM (pour les intimes) est une série racontée : le prétexte de départ est que Ted, le personnage central, raconte à ses enfants en 2030 comment il a rencontré leur mère. Du coup, les épisodes fonctionnent en flash back d’années différentes et pas toujours chronologiques.

Même si pour ma part je trouve les personnages nettement moins riches que ceux de Friends, l‘ensemble est tout de même très, très drôle tout en abordant avec légèreté quelques questions qui traversent l’air du temps. Ce que je préfère dans la série : l’exotisme  du Canada (même anglophone) pour des Américains moyens, à travers le personnage de Robin… Pas de quoi rappeler l’ambassadeur mais comme diraient certains, on n’est pas loin de la stigmatisation, en tout cas c’est hilarant. Tabernacle !

 

 

Publié dans séries TV | Tagué | 13 commentaires

Le tango des Mottard

Je n’ai pas un amour immodéré pour les réseaux sociaux mais il faut reconnaître qu’ils nous offrent parfois de belles surprises. Ainsi mon dernier billet sur ce blog m’a permis d’opérer, avec la complicité de ma « cousine » Valeria de Buenos Aires, la jonction généalogique entre les Mottard de Savoie et les Mottard d’Argentine.

Suivez bien : mon arrière-arrière-grand-oncle, Jean-Louis Mottard (1812-1888) d’Albanne en Savoie, est, d’après les documents échangés, le cousin de Jean-Baptiste Mottard (1830-1884), premier du nom à émigrer d’Albanne en Argentine. Il a fait cela avec son épouse Marie-Henriette Tetaz (1827-1895), elle aussi originaire d’Albanne et donc cousine de mon arrière-arrière-grand-tante, Anne Victoire Tetaz née en 1816. Reste à peaufiner tout cela mais l’essentiel du travail est fait. Donc félicitations à Valeria et à mes parents auteurs de ce travail minutieux.

Reste à savoir pourquoi Jean-Baptiste et Marie-Henriette sont partis pour la lointaine Argentine? Probablement pas pour danser le tango comme je le suggère malicieusement dans mon titre. Plus vraisemblablement pour fuir la misère et l’instabilité politique de l’époque en Savoie. J’en veux pour preuve que le frère de Jean-Louis, Blaise (né en 1824), mon arrière-arrière-grand-père, a quitté Albanne à la même époque pour la Bourgogne.

Je comprends enfin pourquoi j’ai toujours préféré Lionel Messi à Ronaldo !

Publié dans Société | Tagué , | 5 commentaires

Docteur Antoine Mottard, ce héros…

La quasi totalité des Mottard sont originaires de la vallée de la Maurienne en Savoie.  C’est ainsi que les recherches généalogiques de René et Edith Mottard, mes parents, nous ont permis de retrouver notre ascendance jusqu’à un certain Blaise Mottard né en… 1649 dans un petit village qui domine la vallée, Albanne. 175 ans après, c’est un autre Blaise Mottard, né en 1824, qui décide de descendre dans la plaine puis de rejoindre la Bourgogne pour exercer le métier traditionnel des petits savoyards : ramoneur. Mais mon ancêtre ne sera pas le seul migrant de la Maurienne, j’en veux pour preuve la dizaine de Mottard d’Argentine qui sont désormais mes amis FB.

Mais beaucoup de Mottard sont restés sur place. Ainsi le bon Docteur Antoine Mottard dont on peut, en ces temps de pandémie, rappeler le parcours exemplaire. Né à Saint-Jean-de-Maurienne en 1806, il fait ses études de médecin à Turin avant de se rendre deux ans plus tard à Gênes où sévit une épidémie de choléra. De cette période date son  « Annuaire d’observation » dans lequel il prodigue conseils et mise en garde. Il sera récompensé par l’Académie de médecine. En 1854, l’épidémie de choléra touche sa chère vallée de la Maurienne causant 308 décès. Tout de suite le médecin a l’idée de regrouper les malades pour éviter la prolifération du virus en les cloisonnant dans de petites unités hospitalières. Maire de la ville en 1862, il mènera une vigoureuse politique pour l’assainissement et l’hygiène publique, commençant par la restauration des quartiers insalubres et se souciant de la potabilité de l’eau.

Pas de doute, cet Antoine Mottard était selon la terminologie à la mode un « héros ».

 

PS: un grand merci à Chantal et Lucien.

 

Publié dans Société | Tagué | 6 commentaires

Mes 50 séries préférées : de 50 à 46

C’est parti à raison de 5 séries chaque samedi. Aujourd’hui quatre séries américaines et la première (mini) série française.

50 – DALLAS (David Jacobs – CBS – 1978 à 1991 – 14 Saisons – 357 épisodes de 45 mn) USA

Dallas raconte la vie prédatrice et finalement malheureuse de la richissime famille Ewing, exploitants pétroliers et éleveurs de bétail, vivant dans un luxueux ranch (Southfork Ranch), au Texas, non loin de Dallas. Environ une demi-heure, je peux en témoigner pour avoir fait le trajet en voiture il y a quelques années. De passage à Dallas, nous n’avions pas résisté à la curiosité d’aller in situ sur la propriété de la (fictive) famille Ewing, en fait le lieu de tournage notamment du fameux générique (Dallas, ton univers impitoya-a-a-able !).

Avec ses célèbres et parfois too much cliffhangers en fin d’épisodes ou de saisons, Dallas est un monument de la culture populaire mondiale tout en étant très américain. Les personnages sont durablement inscrits dans nos mémoires : l’infâme John Ross II Ewing dit J.R. avec son Stetson (on surnomme Jean-Raymond, mon petit neveu, J.R, mais lui c’est un gentil !), l’imbibée ex bimbo Sue Ellen, les rivaux faux jetons de la famille Barnes, Bobby l’idéaliste un peu niais… etc. etc.)

Bien sû,r tout cela a un peu vieilli mais ce monument mérite bien sa place dans un top 50 surtout si on considère la dimension critique de cette longue saga sur sur l’American way of Life.

49 – 24 HEURES CHRONO (Joël Surnow et Robert Cochran – FOX – 2001 à 2010 – 9 saisons – 204 épisodes de 43 mn) USA

Cette série est avant tout un concept brillant qui se décline autour de l’unité de temps : chaque saison se compose de 24 épisodes censés correspondre à 24 heures. Les faits se déroulent donc en temps réel ou presque (il faut ruser avec le temps imparti… à la publicité). L’agent spécial Jack Bauer a donc chaque saison seulement 24 heures pour sauver son Président, l’Amérique où le Monde. La virtuosité du montage, les écrans divisés, les effets spéciaux rendent la série particulièrement haletante (surtout les trois premières saisons). Mais l’ami Jack (Kiefer Sutherland, je ne suis pas fan) n’est pas très regardant sur les méthodes qu’il emploie, ce qui ne manque pas de susciter un malaise chez le spectateur de cette série de la très conservatrice Fox. Ce malaise, je l’avais exprimé dans un billet sur ce blog le 7 février 2007 en posant la question « Jack Bauer est il un salopard ? » À l’époque j’avais répondu. Votre avis ?

48 – OLIVE KITTERIDGE (Lisa Cholodenko – HBO – 2014 – minisérie – 4 épisodes de 59 mn) USA

Il s’agit de la première des 5 mini-séries qui vont figurer dans ce top 50. On ne peut passer sous silence cette forme nouvelle d’aborder le genre car même si on n’est plus dans les standards de la série (et je le regrette), il y a des pépites qu’on ne peut pas ignorer. Olive Kitteridge en fait partie. Olive est une femme misanthrope, limite sociopathe. Elle vit dans une petite ville côtière du Maine avec son mari Henry, un homme gentil et aimant qu’elle rudoie constamment et son fils Christopher visiblement en manque d’amour maternel. On suit ainsi 25 ans de la vie de la famille.

Très simple, cette chronique familiale tiré du roman éponyme d’Elisabeth Strout est centrée sur le personnage très littéraire d’Olive magistralement interprétée par Frances McDormand que je considère comme une des plus grandes actrices de sa génération. Cette Olive avec sa mine butée, ses petites vengeance, ses fêlures, son sans-gène et finalement son grand coeur, on ne l’oubliera pas de si tôt.

47 – WEEDS (Jenji Kohan – SHOWTIME – 2005 à 2012 – 8 saisons – 102 épisodes de 30 mn) USA

Nancy Botwin est une jeune veuve mère de deux enfants qui vit dans une banlieue bourgeoise californienne très conformiste et qui, pour surmonter ses difficultés financières, va se mettre à vendre du cannabis.

Cette série très politiquement incorrecte (les grandes  chaînes françaises ont refusé de la diffuser et j’ai vu la série grâce aux coffrets FNAC) est tout simplement jubilatoire grâce en grande partie à l’interprétation pétillante de Mary-Louise Parker. La peinture au vitriol des banlieues à lotissement (qu’on retrouve à la même époque dans Desperate housewives) est symbolisée par un générique d’anthologie. Quant aux démêlés de Nancy avec les gangs de narcos, il n’est pas inintéressant de les comparer avec ceux du héros de Breaking Bad, la version hard de Weeds diffusé après les premières saisons de Weeds.

46 – P’TIT  QUINQUIN (Bruno Dumont – ARTE – 2014 – minisérie – 4 épisodes de 50 mn) France

Deuxième de cinq mini-séries de ce top 50 et première réalisation d’un cinéaste confirmé et plusieurs fois récompensé à Cannes, Bruno Dumont. Un serial killer accumule les meurtres dans un petit bourg agricole du nord de la France situé au bord de la mer. Van der Weyden et Carpentier, deux policiers pas très doués, sont chargés de l’enquête qu’ils conduisent sous le regard goguenard d’une bande d’ados guidée par le P’tit Quiquin.

Cette escapade drôlatique sur la côte d’Opale ne peut entrer dans aucune catégorie : c’est un peu comme si True Détective était revisité à la fois par Tati et les Deschiens. On a un mélange d’esthétique BD (soulignée par le générique), de burlesque, de mystique (Dumont est le réalisateur de La vie de Jesus ne l’oublions pas !) et de satire sociale au scalpel. Il installe dans notre logiciel cinéphilique un nouveau genre : le polar poilant ch’ti (la langue utilisée par les personnages). Les acteurs – inconnus – sont incroyables (mention spéciale pour Bernard Pruvost, ses bégaiements, ses tics et aphorismes niais). Cela dit, les gens du Nord n’ont pas ici dans le coeur le soleil qu’ils n’ont pas dehors. Mais c’est ça aussi la Dumont touch : une aversion pour le politiquement correct !

 

 

Publié dans séries TV | Tagué , | 18 commentaires

Nice-Matin, le vrai réseau social du confinement

Ces longues journées de prè-déconfinement sont propices à la réalisation de bilans de toutes sortes. J’en profite donc pour féliciter le journal Nice-Matin. Pendant ces longues semaines, il a été notre parfait compagnon de confinement.

D’abord en étant présent tous les jours à l’exception traditionnelle du 1er mai.  Avec une mention particulière pour la distribution par portage (c’est mon cas) qui a été impeccable à l’inverse de la distribution par la Poste plus chaotique. Les porteurs (le mien passe à 6 h) méritent donc de se voir attribuer selon la terminologie du jour le titre de « héros du confinement « .

Ensuite et surtout par la qualité de son contenu. Face aux outrances rageuses et aux mièvreries navrantes des réseaux sociaux, il était utile d’avoir un média qui s’exprime sur tous les aspects de la crise avec mesure et esprit de responsabilité, ce qui n’empêchait nullement de poser les bonnes questions quand c’était nécéssaire. Les éditos notamment avaient une pertinence bien souvent absente du plateau des chaines d’information continue.

Le journal a aussi créé du lien entre toutes les catégories de la population. Les artistes, et c’était judicieux en ces temps troublés, étant particulièrement sollicités. Quant aux jeux et divers quizz, ils étaient avec le rappel des « classiques » particulièrement bienvenus.

Plus globalement, pour quelqu’un qui comme moi est passionné depuis des années par la presse écrite, je me dis que sortir un quotidien de cette pagination sur un sujet unique en étant toujours pédagogique, utile et ludique, est un exploit qu’il faut mettre au crédit des équipes du journal.

Le sous-titre de Nice-Matin est depuis quelque temps « réseau social depuis 1945 », les semaines qui viennent de s’achever en renforcent incontestablement la véracité.

Publié dans Médias | Tagué | 12 commentaires

Mes 50 séries préférées : la règle du jeu

Même s’il existait de glorieux ancêtres comme Le Prisonnier (« Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! »), la série comme genre à part est née dans les années 90 avec notamment l’hypnotique Twin peaks. Depuis, c’est par centaines que les séries ont déferlé sur nos écrans. Mais cet indéniable succès quantitatif serait anecdotique à l’aune des engouements télévisuels s’il ne s’était pas transformé en un mode narratif nouveau qui a presque instantanément conquis des millions d’amateurs. Je fais partie de ceux-là, moi, le cinéphile classique. Une bonne série développe un engagement de spectateur proche de l’addiction, procure une jouissance esthétique et constitue un creuset d’émotions et bien souvent de réflexions qui n’est pas inférieur à ce qu’on peut retirer d’un chef d’oeuvre cinématographique. On peut même dire que la comparaison entre les séries de calibre HBO et la production hollywoodienne de base est cruelle pour cette dernière depuis une bonne vingtaine d’années. Certaines séries qui se déroulent sur une dizaine de saisons offrent également un miroir troublant au spectateur fidèle qui vieillit en même temps que les acteurs (Friends est un bon exemple). D’autres ont été de véritables phénomènes de société : de 1993 à 2002, la série de la Fox, X-Files, n’est pas pour rien dans le développement du complotisme.

Bien sûr, la domination américaine est écrasante quantitativement et qualitativement. Mais le genre s’internationalise parfois avec des productions de qualité de pays inattendus comme Israël ou l’Australie. La plate forme Netflix permet d’accéder à des séries argentines ou asiatiques de bonne qualité. Et l’Angleterre, avec les productions de la BBC, est une valeur sûre. La France, par contre, n’est pas, malgré les efforts de Canal+ et d’Arte, très à l’aise avec ce type de productions (c’est peut-être dû à cet élitisme qui fait regarder de haut la fiction « pour la télé ») même si, pour ma part, j’ai relevé quelques pépites.

Le monde des séries continue à évoluer avec, par exemple, les séries franchises : une histoire différente chaque saison (Fargo, True détective…). La tendance est plutôt à la réduction du nombre de saisons, ce que je regrette. Et cette dernière décennie, on a vu se multiplier les mini-séries (une dizaine d’épisodes avec une saison unique) qui sont aux séries classiques ce que la nouvelle est au roman.

Je vais donc, comme je l’ai fait pour les films et les villes, vous délivrer au compte goutte mes 50 séries préférées en partant bien sûr de la 50e. Le confinement n’étant plus (dans quelques jours) qu’un mauvais souvenir, je vais donc adopter une fréquence moins soutenue que celle des classements précédents. Ce sera chaque semaine, en principe le samedi, que je ferai ce billet « Séries ». À ce rythme, le trio gagnant sera dévoilé à la mi-juillet.

Le monde des séries est un monde de passion. Aussi ma liste sera très subjective. Je m’aperçois par exemple que les deux séries les plus populaires du moment n’y figurent pas (lesquelles ? suspens !). Aussi, j’espère que mes choix alimentés par un zeste de mauvaise foi vous feront réagir et que cela nous donnera l’occasion de nous engueuler gentiment entre passionnés. C’est le but de l’entreprise.

À samedi.

Publié dans séries TV | Tagué | 17 commentaires

La Culture au Conseil municipal

Ce lundi reprise de l’activité du Conseil municipal avec, sur place, les présidents de groupes, les autres conseillers étant en visioconférence. Ce fut l’occasion pour Dominique Boy-Mottard, en tant que présidente du groupe Radical et Divers Gauche, d’exprimer dans son propos liminaire quelques réflexions générales sur la crise (sur cette partie de son intervention, voir le blog de Dominique) et de cibler les difficultés des acteurs de la culture :

« Aujourd’hui, il n’est pas question je suppose que chaque groupe fournisse une version exhaustive de sa vision et de ses propositions pour l’après-crise. Par contre, je pense qu’il est utile que chacun d’entre nous puisse mettre l’accent sur telle ou telle question en fonction des débats, des rencontres, et des sollicitations dont il a pu faire l’objet. Pour ma part, je voudrais profiter de la petite tribune qui nous est offerte pour parler de la culture qui va être fortement impactée par la crise alors même qu’il s’agit d’un domaine très important à court terme pour négocier l’après-crise.

Face au désarroi de la profession, des professions, il est évident que des réponses nationales sont indispensables : je pense notamment à l’aménagement du régime des intermittents, vecteur essentiel de l’organisation de la culture à la française.

Mais localement, le rôle de nos institutions va être essentiel. Cela exigera bien sûr une mobilisation financière, ce n’est pas original mais indispensable pour un secteur sinistré. On peut toutefois faire remarquer – même s’il faut se méfier des solutions simplistes – que l’annulation d’un certain nombre de grands événements culturels cet été va libérer des budgets qu’il est souhaitable d’affecter à la culture vivante de notre ville.

Comme vous l’avez fait en matière commerciale, il faudra se pencher sur la question vitale pour beaucoup de compagnies, qui ont des difficultés de trésorerie souvent insolubles, du problème des loyers. Et pour que ces compagnies puissent retrouver un équilibre financier, il faudrait – et là, c’est délicat, car les solutions à trouver sont plus sanitaires que financières – qu’elles puissent reprendre les cours de théâtre au plus vite.

Mais il y a surtout l’urgence et l’opportunité de la saison d’été réduite à un vide culturel du fait des annulations de manifestations événementielles majeures. Là, la Ville a un rôle à jouer en offrant la possibilité aux différentes troupes de présenter en plein air (ce qui sera souvent un moyen de surmonter les problèmes sanitaires) des spectacles sur les places et les espaces publics de nos territoires. Un peu à l’exemple de la Castellada dans les jardins de la colline du Château qui eut beaucoup de succès par le passé. Ce serait faire d’une pierre deux coups. En achetant des spectacles puisés dans le répertoire des compagnies, on peut contribuer à rétablir leur trésorerie ; et par ailleurs, on offre au public probablement privé de voyages et autres vacances lointaines des manifestations culturelles et ludiques susceptibles d’enchanter la période estivale.

Une telle demande a également une pertinence économique quand on sait que les professionnels du tourisme cherchent à meubler la saison pour attirer des visiteurs qui, pour l’essentiel, seront cette année nationaux voire régionaux. Il va de soi que ce programme a vocation à être métropolitain et en coordination avec le Département et la Région. »

Bref, il en est de la culture comme de tout le reste, il ne faut pas que l’angoisse saccage l’avenir. Que notre angoisse saccage notre avenir. »

C’est favorablement que le maire a répondu à l’idée d’utiliser cet été si particulier pour permettre aux différents acteurs culturels de notre ville dans toute leur diversité de s’exprimer et de travailler, tout en apportant un espace de d’évasion et de rêve au public.

Sur la question des loyers, notons d’ores et déjà, la remise gracieuse des loyers aux entreprises et associations hébergées dans des locaux municipaux et la création d’un fonds d’aide pour les associations qui se trouveraient en difficulté financière à la suite de manifestations annulées.

À l’évidence, la situation en matière culturelle est évolutive car très dépendante de la situation sanitaire.

PS :Lors du conseil municipal d’hier, j’avais tenu à mettre en avant les difficultés rencontrées par les acteurs de la culture. Patrick Mottard a repris cette partie de mon intervention sur son blog. Il faut ajouter la réponse que m’a faite le maire après que j’ai évoqué la question des loyers que continuent à payer les compagnies alors qu’elles ne peuvent se produire, en demandant qu’une aide équivalente à celle déjà retenue pour les locaux commerciaux soit adoptée. Le maire en a convenu et a annoncé que la ville prendrait en charge une partie de ces loyers à hauteur de 500 €. Nice Matin reprend cette information.

Publié dans culture, politique locale | Tagué | Laisser un commentaire