Le Poët-Poët a toujours raison…

Le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l’horizon… Le festival Poët-Poët aussi !

Grâce à Sabine Venaruzzo et son poët-buro (avec l’omniprésent Frédéric Loison) et, il faut le dire, grâce à la bienveillance de la municipalité, la 14e édition d’un des principaux festivals de poésie français a pu se dérouler presque normalement malgré le contexte sanitaire de plus en plus lourd ces derniers jours.

C’est ainsi que nous avons assisté à deux très belles soirées ces mercredi et jeudi avec le poète palestinien Tarik Hamdam.

Mercredi, c’est au 109 que le poète nous a donné quelques unes des clés de son univers sombre, parfois presque désespéré mais quelquefois strié de zébrures d’espoir humaniste. Une fois le poème dit en arabe, il étais repris par Sabine en français pendant que Marie-Pierre Genovese (auteure de la chorégraphie du deuxième acte de ma Caresse de Marlène) dansait au rythme des ruptures de l’oral. Il ne s’agissait pas d’une simple lecture suivie d’une prosaïque traduction mais bien d’un spectacle total à la fois subtil et entêtant.

Le lendemain, sur la scène de la cinémathèque, Tarik et Sabine ont repris à peu près le même récital mais en étant accompagné cette fois par Jean-Louis Ruf et son mandoloncelle. Autre trio, autre émotion…

Belle idée que de projeter après le récital le film du réalisateur (lui aussi palestinien) Elia Suleiman It must be heaven, un des rares films que nous avions manqué à Cannes lors du FIF de 2019. Dès les premières images, nous avons été fascinés par le héros joué par l’auteur lui-même et que, dès le début, Dominique a qualifié de Monsieur Hulot oriental. Mais le plus troublant est l’osmose entre les deux oeuvres de Palestiniens exilés : manifestement, le poète comme le cinéaste vivent celui-ci avec une forme de fatalité non dénuée de nostalgie. Le poème puis la scène du film consacrés à Paris sont exemplaires à cet égard.

Bref, une très belle rencontre artistique qui mériterait un jour d’être présencielle.

Vive Poët-Poët ! On attend avec impatience la 15e édition-anniversaire. Et si la municipalité mettait les bouchées doubles pour que le festival de Nice soit l’égal de celui de Sète ou de celui de Tolède ? Chiche !

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In&Out, le choc Duvochel

Le festival In&Out étant à dominante cinématographique, il a pu se glisser entre les fortes bourrasques des mesures anti-Covid pour dérouler à peu près son programme initial. Spectateur assidu de ce rendez-vous incontournable de la culture niçoise initié et dirigé par Benoit Arnulf, il n’était pas question de ne pas être présent.

Pour ma part, ce fut au théâtre de l’Eau Vive pour le seule-en-scène d’Anne-Gaëlle Duvochel. Disons le tout net ce spectacle fut pour moi un choc. C’est l’histoire d’un homme à l’automne de sa vie qui après avoir élevé sans encombre ses enfants et poursuivi une carrière professionnelle passionnante décide de mettre en oeuvre sans drame presque paisiblement son projet de toujours : devenir femme !

Cette histoire évidement autobiographique est bouleversante de simplicité, de drôlerie et d’humanité. Egalement une grande leçon de tolérance.

La veille, c’est Bernard qui a rendu visite à In&Out avec, au Mercury, l’avant-première du film L’acrobate du réalisateur québécois Rodrigue Jean. Deux hommes se rencontrent par hasard en visitant un appartement et entament une relation torride. Bernard a trouvé à ce film un parfum de Dernier tango à Paris ce qui était pertinent puisqu’à l’évidence c’était une des sources d’inspiration du cinéaste.

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Avis de tempête sur le spectacle vivant niçois

Les nouvelles restrictions liées au Covid ont gravement perturbé la reprise du spectacle vivant qui s’amorçait doucement en cette rentrée pas comme les autres.

Première victime : le festival Poët Poët dont nous avions apprécié les débuts prometteurs jeudi dernier à la Galerie Depardieu. Les étapes niçoises du Festival qui devaient se dérouler devant et dans la BMVR Nucera avec le poète Pierre Guéry ont été annulées. Heureusement l’invité de Sabine Venaruzzo a pu s’exprimer le lendemain à Saorge comme il avait pu le faire la veille à La Gaude. A priori, grâce à la compréhension de la municipalité et au sérieux sanitaire des organisateurs, les étapes de mercredi et de jeudi à l’Entre-pont et à la Cinémathèque autour du poète Tarik Hamdan sont maintenues.

Autre victime : L’attendu Un nénuphar dans ma baignoire d’Emilie Pirdas a été annulé. On croise les doigt pour voir ce spectacle début octobre à la Cité. Je sais qu’elle a travaillé ces derniers jours avec passion pour nous émouvoir avec cette histoire si personnelle.

Paradoxalement, c’est ce week end que j’ai assisté à mon premier spectacle en salle depuis le confinement. Au théâtre de l’Eau Vive, devant un public masqué et distancié, il s’agissait d’une pièce insolite, décalée et en partie burlesque (séquences de cinéma muet) de Pénélope-Catherine Raveau (auteure, metteur en scène, actrice… quelle énergie !) avec mon amie Marie-Neige Martin, Guillaume Lenfant, Philippe Zéro, Emmanuel Benichou et Natasha Bayli. Bravo à la Compagnie Galet des anges ! Ce fut un plaisir de voir dans un vrai théâtre tout ce petit monde s’amuser en amusant les spectateurs.

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Michel Petkov, notre ami bulgare

A Sofia,  notre ami Michel Petkov vient de nous quitter.

Figure sociale-démocrate de la Résistance anti-communiste, Michel a payé ses convictions humanistes par de nombreuses années dans les prisons staliniennes de son pays. Avant à l’automne de sa vie de représenter la toute jeune démocratie bulgare comme député-constituant et ambassadeur à Madrid et à Tunis.

Pour nous, il sera celui qui – avec sa femme Roumi et sa fille Milena – nous a accompagnés, nous les Européens de l’autre rive, pendant cette extraordinaire séquence historique de la chute du Mur et de l’effondrement des régimes de l’Est. De Sofia à Nice passant par Choumen, Madrid et… Kotel !

Dans mon dernier livre, j’ai brossé à ma façon un portrait de notre ami. En forme d’hommage, je le livre ici :

III.2 Michel Petkov de Kotel

The house of the rising sun. Après une courte hésitation probablement due à la solennité des lieux, Dominique s’est assise devant l’imposant piano et s’est mise à jouer son air fétiche. Celui qui depuis des années nous accompagne sous toutes les latitudes, dans tous les pays du monde.

Au premier rang, le regard de Michel Petkov s’illumine, zébré par cet éclair d’humanité joyeuse qui chez lui vient régulièrement défier l’impassibilité slave de son visage.

Il faut dire que la scène hautement improbable est plutôt réjouissante. Nous sommes au printemps 1992, deux ans et demi après la chute du Mur dans un décor stalinien presque caricatural : lourd et pompeux, sombre et démesuré, saturé de simili cuir et de faux cristal. Ce décor, c’est celui de l’ambassade de Bulgarie à Madrid et Michel est depuis quelques semaines le tout nouveau « Monsieur l’Ambassadeur ».

Optimisant au mieux des réminiscences musicales qui remontent à l’enfance, la concertiste improvisée fait résonner sous le haut plafond de la salle de réception de l’ambassade la mélodie entêtante popularisée par les Animals en entraînant la francophile famille Petkov aux portes du pénitencier.

Moi, dans mon coin, je regarde discrètement Michel. Le voir là, bienveillant et malicieux aux côtés de Roumi sa femme et de Milena sa fille – les deux fiertés de sa vie – est particulièrement émouvant.

Que de chemin parcouru depuis notre première rencontre quelques semaines après les événements de Berlin dans le fracas de gaité retrouvée de la Bulgarie nouvelle ! Nous avions été immédiatement séduits par ce sexagénaire francophile marginal et sulfureux qui redevenait presqu’avec brutalité, un citoyen à part entière.

C’est qu’à l’âge de vingt ans, à l’orée des années de plomb du stalinisme, Michel avait été emprisonné durant neuf longues années en raison de ses convictions sociales-démocrates. Neuf années de prison et de camp de concentration à traquer les moindres traces de culture française qui lui permettent de s’accrocher à une lueur d’humanité. Même si parfois le butin est dérisoire, il est essentiel. Ainsi cet article de journal arrivé dans sa geôle on ne sait comment et qui vante les mérites du coureur de Tour de France André Darrigade. Un article lu et relu comme une formule magique.

Libéré à la trentaine, il a le courage de s’inscrire à l’Université ce qui lui permettra de séduire la charmante Roumi tout en étudiant la philologie… française bien sûr. Puis, marginalisé, il vivra d’expédients arrachés dans les interstices de liberté concédés par un régime impitoyable.

Devenu député social-démocrate à l’Assemblée constituante en 1991, il nous avait ouvert les portes du parlement de Sofia. Mais surtout, il nous avait entrainé à Kotel, un gros village de l’est du pays qui, avec ses maisons à colombages et à bow-window rustiques, somnole au pied de la chaîne du Grand Balkan, trait d’union entre Serbie et Mer Noire. C’est ici que se trouvait la petite maison de Roumi où la famille se réfugiait aussi souvent que possible pendant le règne du stalinien Jivkov. Tant de fois il nous avait vanté la beauté de ce palais merveilleux enchâssé dans un écrin de verdure ! Aussi nous avions été surpris – et amusés – de découvrir une bicoque fragile dépourvue du plus élémentaire confort. Mais pour Michel, le palais était bien là. Quelles belles pages Proust aurait pu écrire sur une telle distorsion ! Ainsi à Kotel, on l’aura bien compris, la famille Petkov est à l’unisson de leur film préféré, Le bonheur, d’Agnès Varda.

C’est ce Michel, dissident sans rancœur, humaniste sans naïveté qui, nommé il y a quelques semaines à cette ambassade clé de Madrid, la ville choisie par Siméon, l’héritier du trône de Bulgarie, pour son exil, a tenu à ce que nous fassions partie des premiers visiteurs afin d’évoquer avec nous toutes les faces de sa passion de la politique, partie visible de son amour de la vie.

La dernière note produite avec application s’est à peine envolée, portée par l’acoustique de cathédrale de l’immense pièce truffée de caméras de vidéo-surveillance hors service, que le téléphone sonne. Michel décroche et nous fait un petit signe de connivence en chuchotant : « C’est le Palais Royal ! » Eh oui : Monsieur l’ambassadeur, l’ancien pensionnaire du sinistre camp de Belene, est en ligne avec son pote le Roi d’Espagne. Mais à la réflexion ce Juan-Carlos n’a aucun mérite : comment ne pas être pote avec Michel ?

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Le tour de « Une petite voix m’a dit »

Après le TNN et le Théâtre de la Cité c’était au tour de « Une petite voix m’a dit » de présenter sa saison dans le cadre prestigieux de la galerie Depardieu (une des 18 galeries de province sélectionnées aux côtés de leurs… 146 homologues parisiennes pour la manifestation Un Dimanche à la galerie).

Comme la veille je représentais officiellement le maire mais mes collègues et amis Roux, Concas et Fiori étaient également présents ainsi que de nombreux responsables de compagnies niçoises.

Tout cela a commencé… dans la rue par une performance de la directrice Sabine Venaruzzo et de sa complice de l’Opéra Minuscule Caroline Duval. Cette séquence à la fois burlesque et émouvante sur la difficulté de la rencontre et du rapport à l’autre augurait bien de la suite de la soirée.

La suite, ce fut la présentation du festival de poésie Poët-Poët organisé par la compagnie et qui commence ce vendredi dans le respect compliqué des règles sanitaires. Ce fut aussi le rappel du succès de l’Opéra Minuscule, celui (parisien) des Barbues et des spectacles Jeune Public. Ce fut surtout, à l’occasion de la parution de son recueil de poésies, Et maintenant j’attends… un vibrant plaidoyer en faveur de la poétisation de ce monde si incertain qui est le nôtre. Les applaudissements nourris, très nourris eurent valeur d’approbation pour Sabine et son PPF (Projet Poétique Fondamental).

Le même soir débutait le Festival IN&OUT de mon ami Benoit Arnulf et Sébastien Morena déclinait le programme de son théâtre de l’Alphabet. Il va de soi qu’au plus vite je participerai au premier événement et à une représentation de ce sympathique petit théâtre (qui par ailleurs avait accueilli il y a quelques années mes Fragments de Nice).

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Le road movie de la Cité

Ce mardi était le temps de la très attendue présentation de la saison du Théâtre de la Cité qui est toujours un véritable spectacle ordonnancé par Thierry Surace à la fois maitre des lieux et Monsieur Loyal classieux, incisif sans jamais être acide.

Cette année, l’événement réalisé dans le respect absolu des règles sanitaires (le buffet a même été servi aux spectateurs… à leur place !) avait comme fil conducteur un petit film réalisé sous forme de road movie. Sous un prétexte futile – la distribution des programmes à travers la ville de Nice aux acteurs de la saison – Sylvia Scantamburlo et Thomas Santarelli nous ont offert une série de séquences d’une drôlerie absolue. Ces deux-là devraient franchement creuser leur complicité, il y a là matière à spectacles… en circuit très court pour la Cité.

La soirée fut aussi l’occasion de revenir légitiment sur le succès estival de La Castellada (voir sur ce blog le billet du 12 août 2020). Mais la priorité fut donné, et c’est bien normal, à la cinquantaine de spectacles proposés. Parmi ceux-ci j’ai eu la fierté de noter la reprise de La caresse de Marlène, ma dernière pièce (le 7 février à 18 h, qu’on se le dise !). Mais je suis avant tout un spectateur (même si je représentais le maire), aussi ai-je repéré trois spectacles dans la très riche programmation, trois spectacles dont j’ai eu le plaisir de parler avec les auteurs ces derniers jours, trois spectacles que j’attends avec impatience :

Un nénuphar dans ma baignoire d’Émilie Pirdas, La belle Otero de Christophe Turgis, L’illusion conjugale avec Sophie Tournier. Je me permets en plus de recommander Phèdre et Hippolyte dans la mise en scène à la fois sobre et riche de la compagnie Hidraïssa et que j’ai vu il y a quelques mois à L’eau Vive.

Et comme j’ai remarqué hier soir que la bande à Surace ne détestait pas le jeu de mots pourri, je me lance : devant une telle programmation, il y a de quoi être ex-Cité !

 

 

 

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Mon été à Nice, c’est aussi en septembre !

La programmation estivale en circuit court ne s’est pas arrêtée au dernier jour d’août. En effet on va pouvoir en septembre poursuivre notre exploration du spectacle vivant niçois. Ainsi cette semaine :

La blonde, la brune et la tueuse de Jean-Pierre Fouchy à l’auditorium de la Bibliothèque Nucera

Ce samedi, Jean-Pierre Fouchy a présenté sa traditionnelle et annuelle pièce historique. Avec un titre digne de Sergio Leone, elle nous explique le contexte politico-sexuel qui a conduit dans les années 20 à l’assassinat d’un certain Jean Boudet, homme politique aux dents très longues, qui voulait faire du Cros-de-Cagnes et ses pêcheurs une commune indépendante. Mais le pauvre sera victime des passions qu’il a suscitées. Le sous-titre de la pièce n’est-il pas « Pouvoir, sexe et poutine » ?

On retrouve la passion de Jean-Pierre pour cette petite histoire qu’il love volontiers dans les méandres de la Grande. La distribution mêle avec bonheur, pour cette lecture théâtralisée, actrices fétiches (Christine Baccot et Manon Ugo) et nouveaux venus (Louis-Aubry Longeray, Laurent Térèse) sous la houlette technique de la fidèle Isabelle Baud. Quant aux intermèdes musicaux, ils furent assurés par une chorale de haut niveau, véritables Muvrini nissarts !

De quoi terminer sur le bon mot de ma voisine de salle : nous n’avons pas « boudé » notre plaisir !

James Dean de Sébastien Wagner au théâtre Francis Gag

Ce samedi soir, c’est Bernard qui était notre envoyé spécial pour cette pièce écrite et jouée (rôle titre) par l’auteur et mis en scène par Benoit Tessier (également acteur). Marie Luce Rollin, Maxime Draj, Manon Marchal complétaient la distribution.

Pour cette avant-première du théâtre Francis Gag (la saison officielle sera présentée le 28 septembre), les spectateurs ont été comblés malgré les gestes barrières par cette histoire originale à la fois psychologique et onirique qui explore à sa façon le mythe de James Dean.

Le compte rendu de Bernard a été suffisamment élogieux pour que j’attende avec impatience la deuxième représentation.

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MMH dégaine en premier !

Septembre est traditionnellement le mois où les compagnies et les théâtres présentent le programme de la saison. A tout seigneur, tout honneur, il était logique que ce soit la capitaine du vaisseau amiral du théâtre niçois, le TNN, qui dégaine la première.

Muriel Mayette-Holtz, avec son enthousiasme et sa bienveillance désormais familiers aux Niçois, a lancé la nouvelle saison ce vendredi en compagnie de la mémoire du lieu Ella Perrier (« mon étudiante ») très à l’aise en co-animatrice.

Dans un premier temps, Muriel a rappelé avec gourmandise et modestie les succès estivaux de sa programmation « hors les murs » ponctuée par les contes d’apéro et Marivaux au château. Puis, après un bref passage sur scène de mon collègue Robert Roux et de moi-même pour les encouragements institutionnels (et personnels), les deux stars de la soirée ont déroulé le fil d’une programmation en tout point exceptionnelle. Une programmation où l’humour dominant est zébré de vertigineuses plongées dans les méandres de l’âme humaine. Une programmation très « spectacle vivant » puisque s’y côtoient théâtre, cirque, danse, chant, musique, marionnettes…

Je ne vais donc pas reprendre ici en moins bien ce qui a été fait hier soir me contentant de vous recommandez de vous procurer l’élégant coffret à fiches édité par le théâtre, un petit chef d’oeuvre (bravo aux auteurs). En ce qui me concerne, je peux vous dire que j’attends avec une impatience certaine la trilogie de Goldoni Les aventures de Zelinda et Lindoro parce qu’elle me donnera un prétexte pour revoir en préambule la délicieusement parodique Bande annonce Goldoni écrite par le talentueux auteur TNN Édouard Signolet. Elle me permettra aussi de replonger dans l’univers si particulier du dramaturge italien trois ans après la belle mise en scène de son Molière par Frédérique Grégoire (qui avait aussi exhumé cette pièce oubliée) jouée par la troupe du Petit théâtre des Affranchis.

Le déroulé de la soirée était ponctué par des pauses musicales à l’initiative des comédiens et des comédiennes de la troupe permanente du TNN. C’est ainsi que Thibaut Kuttler, Augustin Bouchacourt (« mon lecteur »), Ève Pereur, Frédérique de Goldfiem, Jonathan Gensburger (l’inoubliable monsieur Loyal des 50 ans), Pauline Huriet (j’ai adoré le ton gentiment fataliste et le zeste d’ironie de son J’ai la mémoire qui flanche) accompagnés par le musicien François Barucco nous ont amusés mais encore plus émus.

Bref je résume : si cette s… de Covid veut bien nous lâcher, nous allons grâce à Muriel et à son équipe vivre une saison d’anthologie.

 

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Le Tour à Nice : il fallait le faire

Au soir du troisième jour niçois de ce Tour de France tout à fait hors normes, on peut considérer que la réussite est complète et que le maire et la ville ont eu raison de soutenir l’organisateur.

Tout d’abord, sur le plan sanitaire, je peux dire, pour avoir participé pleinement à l’événement de l’intérieur, qu’il y avait une telle rigueur que fréquenter le Tour était probablement moins dangereux que de participer à un barbecue familial.

Ensuite, on a pu constater une adhésion forte de ce public populaire qui fait la spécificité de l’épreuve. Il y avait aussi, au-delà de l’intérêt sportif et spectaculaire, le sentiment de retrouver presque intact le parfum des étés d’antan… celui d’il y a un an, il y a un siècle.

Sur le plan sportif, ces trois belles étapes ont enrichi la Légende du Tour avec des images qui resteront gravées dans nos mémoires : Tony Martin tel un aigle neutralisant presqu’à lui seul la course pour cause de déluge, la chute impressionnante du colombien Miguel Angel Lopez, celle navrante de Thibaut Pinot sur la promenade des Anglais, le calvaire de David Gaudu sur la 202 bis, l’envolée de Julian Alaphilippe dans Les Quatre Chemins, son sprint à l’arrache sur la Prom. Sur un plan plus personnel, j’ai même eu la fierté de voir mon idole Peter Sagan tout de vert vêtu figurer dans une échappée quand le Tour est passé devant la maison de ma belle-mère à Roussillon sur Tinée.

Enfin notre ville, et peut être encore plus les villes moyennes et les villages de notre département, ont sous le soleil ou sous l’orage déployé leurs séductions devant toutes les télévisions du Monde.

Mais je suis réaliste : si la partie niçoise du Tour est un succès complet, la route est encore longue jusqu’à Paris. Même si la rigueur des organisateurs et l’esprit de responsabilité des acteurs et du public me rendent optimiste. Ce serait si beau si, sur les Champs Elysées, on pouvait célébrer aux yeux du monde un première victoire significative sur la fatalité de la pandémie.

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Au coeur de la tempête de la première étape

Même si j’ai apprécié deux déjà lointaines expériences de suiveur sur Paris-Nice, cela n’a rien à voir avec la prestigieuse invitation d’ASO qui m’a permis ce jour de suivre la première étape du tour 2020.

Mon accompagnateur et chauffeur, bienveillant et informé, n’était autre que le jeune retraité Amael Moinard : 11 tours de France au compteur, le dernier en… 2019. Le hasard a fait que j’ai passé la journée avec un équipier d’un coureur que j’ai apprécié tout au long de sa carrière, l’Australien Cadel Evans, en particulier pour sa victoire dans le Tour 2011. Ce fut l’occasion de lui compter une anecdote navrante : en 2008, le même Cadel Evans est battu de quelques secondes par l’Espagnol Carlos Sastre, du coup mon ami John de Sydney avait fait un sérieux malaise cardiaque à la suite du contre la montre fatal. Heureusement aujourd’hui il est en pleine forme.

Emprunter des routes que j’ai parcouru en vélo et pour pas mal d’entre elles en courant dans une situation aussi exceptionnelle fut un grand bonheur. Voir ce public populaire et enthousiaste le long de la route aussi. Mais cette étape sera surtout celle du gros orage qui a fondu sur elle et des multiples chutes qu’il a entrainées. Et même si les conditions étaient clairement dangereuses pour les coureurs, elles étaient aussi délicieusement excitantes pour les suiveurs. Au long de la journée, j’ai pu échanger également avec Christophe Riblon (un vainqueur de l’Alpes d’Huez) et le glorieux Sylvain Chavanel. La complicité entre anciens coureurs faisait d’ailleurs plaisir à voir.

La victoire de Alexander Kristoff, ce coureur qui sort régulièrement de nulle part pour engranger des victoires de prestige fut une bonne conclusion. Une belle journée malgré les masques (très présents) et la météo. Jusqu’au speaker qui a probablement voulu me faire plaisir en annonçant le maillot vert pour Sagan alors que celui-ci finalement n’est que troisième. Pour le moment.

 

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