La Fête des Théâtres : suite et (belle) fin

La fréquentation et l’intérêt portés à la Fête des théâtres n’ont pas faibli jusqu’au dimanche ! (nous avons refusé des spectateurs à l’Eau Vive).

Galerie Depardieu  La vie est de brûler des questions Compagnie La Saeta 

C’est à une lecture-mise en espace signée Marie-Jeanne Laurent autour de l’œuvre d’Antonin Artaud qu’a assisté Fabien. De quoi raviver des souvenirs : il y a quelques années dans cette même galerie Bernard et… Dominique avaient présenté une lecture de mon livre Cinq de cœur. Avec Emma Laurent, Sophie de Montgolfier et Ludovic Vollet, une belle production de la compagnie La Saeta qui, dans le contexte actuel fait du bien, même si on est reparti avec plus de questions que de réponses.

Théâtre Francis Gag La Belle Otero Compagnie Les cent Causes

C’est à nouveau Fabien qui a assisté à cette authentique création (pas assez nombreuses à mon goût pour cette Fête) que le metteur en scène Christophe Turgie m’avait présentée avec passion dans mon bureau il y a quelques semaines.

Une fresque sur la vie tumultueuse de la belle courtisane. Melissa Catalayud avec Julien Faure, Juliette Simon et Melissa Polonie ont avec talent et panache relevé le défi de ce destin hors norme dans le monde d’avant… hier. On rit également beaucoup.

Théâtre du Phoenix Quand la Chine téléphonera Compagnie du Phoenix

Pour Bernard qui nous représentait, ce fut d’abord un bon coup de nostalgie par les retrouvailles avec le maître des lieux et metteur en scène du spectacle Alain Clément. C’est qu’ils ont joué ensemble dans les années… (on ne dira pas !) avec la prestigieuse compagnie de Bernard Fontaine. Sur les murs du théâtre des photos témoignent de cette époque bénie. .

La pièce était aussi une première, dont acte. C’est une comédie policière drôle et un brin déjantée, avec une mise en scène efficace, une interprétation solide (Fabienne Durand, Béatrice Saggio, Annie Maldonado, Denys Botto et Salvatore Gabriel) et des costumes qui méritent… un coup de chapeau ! Un excellent spectacle de distraction. 

Théâtre des Oiseaux Le secret de la sorcière Cracra-dingue Compagnie Ségurane

Il s’agissait ici d’un spectacle jeune public interactif (les enfants adorent) avec chansons et marionnettes. La gentille sorcière Nat veut empêcher l’infâme sorcière Cracra-dingue de polluer. Pour Bernard, un très joli spectacle mis en scène par Sébastien Wagner avec Anastasia Cassandra et Daisy Kuyas, duo de choc pour une fable écolo dans l’air du temps.

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La fête des théâtres : une suite au parfum de réussite

Les spectacles se sont enchainés avec de belles surprises et un public qui a répondu présent, conscient d’avoir la chance d’éviter le couvre-feu des autres grandes villes. Ayant quelques responsabilités théâtrales personnelles c’est Bernard Gaignier qui en milieu de semaine a enchainé trois spectacles qui avaient chacun leurs mérites.

Théâtre de la Tour : L’affaire Chapel (Compagnie Alcantara)

Dans cette salle qui m’est si familière (j’y ai tenu plusieurs meetings comme conseiller général) Isabelle Bondiau- Moinet, « ma voisine d’en face », assurait la mise en scène de ce spectacle de fin d’année de l’atelier – théâtre de la compagnie Alcantara aves 13 comédiens qui faisaient mieux que Tintin, puisque de 22 à 80 ans.

Il s’agissait d’un mystère à la Agatha Christie où les potentiels héritiers sont réunis dans un hôtel de luxe isolé pour assister à l’ouverture de testament. Ce fut un spectacle réjouissant qui témoignait à l’évidence de la capacité d’Isabelle à transmettre sa passion du théâtre.

Citadelle de Villefranche : Le songe d’une nuit d’été (Compagnie L’Emergence)

Accueil chaleureux de Patrick Zeff-Samet dans cette magnifique salle (métropolitaine : une des trois incursions de la Fête hors Nice) située dans l’ancien réservoir de la citadelle. Mise en scène collective très intelligente, spectacle poétique et agréable avec quelques performances d’acteurs remarquées. L’occasion de croiser une fois de plus Lucas Gimello.

Théâtre Bellecour : Mariage d’enfer 

J’avais déjà vu (et apprécié car bien écrite) cette pièce mise en scène par Sébastien El Fassi avec mon ami Richard Zanca (et Lise Giraudier). Ce soir-là Bernard a vu un autre couple (Vanessa Bellagamba et Yann Bruno-Martinez) défendre avec cœur cette histoire d’un homme qui emporté par un excès d’alcool demande en mariage sa compagne assez insupportable il faut bien le dire.

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La première d’un éternel retour

Hier soir la première de ma dernière pièce signifiait l’éternel retour d’un vieux couple : la Facel Vega et le Ruhl. Mais je suis loin d’être le seul auteur de cette résurrection.

Une première est toujours une parenthèse enchantée dans la vie d’un spectacle. Située entre les incertitudes et parfois même les affres de la répétition et le chemin balisé des séances répétées, elle permet de réunir enfin en une alchimie subtile le travail de l’auteur, le savoir faire du metteur en scène et le talent des acteurs. Sans oublier l’imagination et le sang froid du régisseur. Et la pièce écrite en aval deviens un objet artistique unique qui n’est pas la somme du travail de tous mais sa fusion.

Fabienne Colson à la mise en scène et Jacques Fenouillet à la direction d’acteurs ont magnifiquement relevé le défi d’une histoire qui une fois de plus chez moi n’était pas facile a monter (je suis le cauchemar des metteurs en scène, n’est ce pas Bernard ?). Vous dire que j’ai été impressionné par leur rendu est un bien faible mot. Au final une mauvaise nouvelle pour mes futurs metteurs en scène : pour les prochaines pièces l’auteur va se lâcher encore un peu plus comme un garnement qui va toujours plus loin pour tester la résistance des adultes.

Richard Zanca a su donner à Monsieur Bernard cette immaturité mélancolique des oisifs incertains. Comme d’habitude il a été à la hauteur d’un rôle que j’avais écrit en pensant à lui. Sabrina Paillé et Valérie Lhéritier chacune a leur façon, extravertie pour la première, plus cérébrale pour la seconde, ont réveillé la sensualité sous-jacente des voitures de légende. Que serait la pièce sans la robe bleu nuit de la Facel Vega et la coiffure Ananas de Valérie ? Chantal Galmiche, lectrice à la fois fidèle et border line est le lien indispensable entre les péripéties de cet invraisemblable road movie entre le temps et l’espace. Monsieur Choong incarné par Michel Ausseil a la fantaisie d’un personnage de magicien dans un film de Woody Allen.

Eric de la Châtaigneraie en inquiétant militaire et Solène Bodo en émouvante madame Puget m’ont fait le plaisir d’une première apparition dans une de mes pièces. Une mention particulière à François Lahaye et Émilie Boudet pour leurs multirôles. Le chasseur pincé du Ruhl, le militant vindicatif et surtout le très inquiétant Boris (digne d’Orange mécanique) pour le premier. Miss Rumba, la supportrice médeciniste et la réfugiée vindicative pour la seconde. En plus, Emilie chante : on restera sous le charme de son Come prima et de son Bambino. Prestation désopilante de la boss herself Fabienne Colson en Miss Baie des Anges (celle de Dick Rivers probablement). Comme la coccinelle de Gottlib, elle apparait et disparait en nunuche sautillante dans plusieurs scènes. Une mention aussi pour Vincent Pinchaux le dessinateur émérite qui tout au long du spectacle dessine sur un écran projeté les protagonistes de l’histoire . Une sacrée dextérité.
Merci à tous ainsi qu’au public qui était là et qui réserve presque normalement. Un bel acte de foi pour le spectacle vivant et une émouvante fidélité à nos propositions.

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La Facel Vega sur la grille de départ…

Les répétitions se succèdent pour que le spectacle soit prêt pour la Première de Jeudi. Sous la houlette de Fabienne Colson à la mise en scène et de Jacques Fenouillet à la direction d’acteurs l’histoire de la Facel Vega et du Rhul se met petit à petit en place dans une bonne humeur qui n’exclue pas une certaine effervescence.

Si j’ajoute que le protocole sanitaire est organisé avec soin par les responsables de la salle, il n’y a aucune raison de ne pas être au rendez vous à partir du 15. Qu’on se le dise !

Pour vous inciter à venir en toute transparence , je ne résiste pas au plaisir de vous donner une nouvelle fois le petit texte qui résume la pièce, une pièce qui devrait satisfaire les nostalgique de la Facel Vega, les amoureux inconsolables de l’ancien Rhul mais aussi les fans de Dick Rivers et de Marino Marini ( les moteurs de recherche vont travailler !).

Monsieur Bernard est un quinquagénaire niçois aisé et solitaire. Son unique passion consiste à acquérir et entretenir une collection de voitures vintage avec lesquelles il aime, le soir venu, rouler sur les avenues de la ville et les routes de la région.

Un jour, son fournisseur, un étrange Malais de Singapour, lui propose d’acheter une voiture mythique : une Facel Vega Excellence, voiture de prestige des années 60 dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde. Celle-ci va se révéler magique. Lors de sa première sortie avec le modèle, il tombe sur l’hôtel Ruhl ressuscité. Au fil des promenades et des rencontres, il retrouve peu à peu le Nice de son enfance.

Après plusieurs mois de cette plongée enchantée dans le Nice des sixties et de Miss Baie des Anges, son fournisseur lui propose un autre modèle : un concept car anticipant un véhicule commercial des années 2040. Espérant que celui-ci soit à nouveau la source d’aventures un peu folles, Monsieur Bernard ne résiste pas à la tentation, revend la Facel Vega et achète ce curieux véhicule. Pour le meilleur et pour le pire. En fait, ce sera surtout pour le pire.

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Les Niçois aiment leur vertueux spectacle vivant !

Rassurés par le label sanitaire appliqué par les salles niçoises, le public reprend ses habitudes et participe avec bonheur à la Fête des Théâtre 2020. C’est une bonne nouvelle et avec Jennifer, Bernard et Fabien, nous pouvons témoigner de ce regain d’enthousiasme du public niçois pour le spectacle vivant local.

C’est ainsi que pour ma part j’ai ajouté deux nouveaux spectacles à mon palmares « Fête des Théâtres » :

3D Dense de et avec Marie-Pierre Genovese au Théâtre Francis Gag

Danseuse contemporaine hors norme Marie-Pierre a joué dans une de mes pièces et chorégraphié une autre. C’est dire s’il n’était pas question que je manque sa prestation unique programmée par l’équipe qui m’a précédé. Marie-Pierre et son corps orchestre nous ont plongé une heure durant dans les mystères insondables de l’aventure humaine (impressionnante naissance !). C’est plus que beau… bouleversant ! Avec en prime la première standing ovation de la Fête.

T Ki… toi ? de et avec Chauder Gallan au Théâtre de l’Eau Vive

Richard Zanca est un des acteurs fétiches de mes pièces de théâtre. Là aussi il n’était pas question que je manque sa nouvelle pièce au titre improbable, écrite, jouée et mise en scène par Chauder Gallan, ancien danseur de la troupe de Maurice Béjard (quelques savoureuses séquences dansées ponctuent la pièce). Il s’agit de la vie rêvée de Roger, un beauf contemporain brut de décoffrage qui rencontre son ancêtre du 18e siècle, un marquis précieux et insupportablement snob. Le spectacle commence sur un mode café-théâtre drôle (la confrontation gilet jaune – noble poudré est désopilante !) avant de basculer dans l’émotion avec une certaine virtuosité. A n’en pas douter , une des révélations de l’édition 2020.

Bernard quant à lui s’est encanaillé au Bouff’scène avec une pièce de Laurent Ruquier Si c’était à refaire devant là aussi une salle pleine (beaucoup de jeunes). Les acteurs sont des élèves du cours et constituent une belle équipe pleine d’énergie. Avec la mise en scène efficace d’Eddy Moncuquet.

Puis ce fut à La Nouvelle Comédie une pièce qui c’était mystérieusement substituée à celle qui était prévue. Il s’agissait donc de Sex friends qui se passe dans l’univers des sites de rencontres. La salle est confortable et les acteurs jouant avec une certaine distanciation étaient excellents (Michel Sisowath, Sabrina Kurzawski).

Jennifer était elle au Théâtre de la Traverse pour Sarah et le cri de la langouste mise en scène par Jean-Louis Châles et interprété par lui-même et Ariane Alban. Le thème de la pièce est le dernier été de la vie de Sarah Bernhardt : complicité savoureuse des deux comédiens et mise en scène classique au service du texte.

Elle était aussi, mais en compagnie de Fabien, au Théâtre de la Semeuse pour la reprise (13 ans après) de Petit boulot pour vieux clowns mis en scène par Stéphane Eichenholc de la compagnie Arkadia (Sylvain Guine, Éric Guyonneau et Jean-Louis Stora complètent une excellente distribution). Trois vieux clowns se battent pour le dernier emploi de leur vie. Un mélange de burlesque et d’absurde avec un parfum de cinéma italien des années 50. Bref un spectacle digne de l’impeccable programmation de la Semeuse supervisée par mon ancien étudiant Frédéric Rey.

Notons enfin les initiatives caritatives de la compagnie Les voix de Diane au Forum Nice-Nord pour les soignants et au Théâtre de l’Alphabet avec la recette de la salle pleine de Rue de la petite vertu pour les sinistrés de l’arrière-pays.

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La Fête des Théâtres bat son plein

Prise de température, lavage de mains, jauge limitée : les théâtres de Nice méritent bien leur label sanitaire. Pour autant, depuis lundi, ils font la fête.

Pour ma part, j’ai assisté à trois représentations un peu au hasard. Elles m’ont confirmé l’éclectisme joyeux du spectacle vivant à Nice.

La Médiation (P’tit théâtre de l’Inattendu)

Dans ce joli p’tit théâtre, avec une mise en scène maison de Karine Petrelli, l’histoire d’un couple en grande difficulté. Les interprètes, Arnaud Gea, Cécile Lefort, Laetitia Nervi et Lélia Vecchini, communiquent au public leur évident plaisir de jouer cette pièce, jamais racoleuse, émouvante et drôle.

Jamais le premier soir (Théâtre du Cours)

Dans cette salle quasiment historique, le duo Annie Ambroise – Alain-Pascal Casero déploie une belle énergie et un sens aigu de l’improvisation pour faire participer le public (qui ce soir là était très jeune… et ravi) à cette histoire polissonne (j’adore les euphémismes) mise en scène par Sébastien Cypers.

Femmes, le temps d’un chant (Forum Nice-Nord)

Dans cette salle elle aussi historique où, avec Dominique et quelques joyeux drilles, nous avons suivi quelques « Quinzaines du réalisateur » mémorables, le spectacle mis en scène par Frank Viano – Rastapopoulos est avant tout une performance étonnante de la chanteuse lyrique (mais pas que) Diane Frémaux. Un spectacle qui ne m’était pas inconnu puisque Fabien m’avait représenté à la première cet été au Théâtre de Verdure (voir sur ce blog le billet du 19 août 2020). Il avait beaucoup aimé, je lui donne raison. De Maria Callas à Tina Turner, Diane passe en revue – c’est le cas de le dire – une dizaine de grandes dames de la chanson en leur prêtant sa voix et en empruntant leurs styles. C’est à la fois bluffant et… interactif car la salle aux anges chante aussi. Pour ma part, une petite préférence pour la séquence où Diane entame La vie en rose en Édith Piaf avant de l’achever en Grace Jones. Il serait injuste de ne pas citer le brillant trio de musiciens : Marc Linari, Stéphane Eliot et Serge Gallice.

Par ailleurs, Jennifer, notre madame Théâtre, a assisté à un spectacle qui était en fait un de ses coups de cœur depuis Avignon, Hugo, l’interview de Yves-Pol Danielou. Au Théâtre Francis Gag bien sûr. Ce spectacle à représentation unique sera à l’évidence d’après les réactions du public (confirmé par Bernard) une des révélations de la fête des Théâtres. Il est vrai qu’après des heures de BFM et de CNEWS, une interview du grand Hugo ça nettoie les neurones et aiguise la sensibilité.

Jennifer était également au TNN pour la première en salle de Bande-annonce GoldoniJ’avais déjà vu dans le cadre des Contes d’apéro la version plein air de ce savoureux pastiche porté par la talentueuse et jeune troupe du TNN (voir sur ce blog le billet du 2 juillet 2020).

La fête du Théâtre bat son plein même si ce plein se fait – Covid oblige – à  jauge contrôlée.  

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Tous à la Fête des Théâtres !

Grâce au Label confiance sanitaire délivré par la mairie de Nice, c’est en toute sécurité que vous allez pouvoir fréquenter les vingt-deux lieux où se déroulera la 6e Fête des Théâtres.

Une édition ambitieuse (je le dis avec d’autant plus de liberté qu’à cause du décalage électoral c’est l’équipe précédente qui a fait le job !) avec plus de 50 spectacles proposés en deux semaines du 5 au 18 octobre. Dix-neuf de ces lieux sont niçois mais trois sont métropolitains (Le Broc , Saint-Laurent-du-Var, Villefranche), signe modeste mais réel du début de cette mutualisation NCA de la culture que j’appelle de mes vœux même si elle n’est pas encore inscrite dans la loi.

Au-delà, il me plait de souligner le partenariat avec les étudiants de la FACE car l’Université m’est trop souvent apparue en retrait par rapport à la culture de notre ville, à l’exception brillante de Mars aux Musées, mais là aussi les choses sont en train de changer.

Nous aurons donc ainsi pendant cette quinzaine l’occasion de nous croiser et d’échanger sur nos émotions, nos émerveillements mais aussi sur nos agacements… voire plus. C’est le jeu et c’est terriblement excitant.

La Fête commence pour moi ce soir à l’Inattendu avec La Médiation mise en scène par Karine Petrelli. Mais cela ne m’empêche pas de rendre hommage à deux pièces jouées dans nos théâtres en quelque sorte en lever de rideau de notre Fête.

Tout d’abord le très joli spectacle adapté (Novecento pianiste d’Alessandro Baricco) et mis en scène par mon copain de fac Robert Chemla. La belle histoire de Novecento, né sur un bateau de croisière sur lequel il deviendra musicien sans jamais descendre à terre. La mise en scène minimaliste nous entraîne pourtant sur ce bateau jusqu’à en avoir (au début ) le mal de mer. Robert en Jean-Pierre Cassel (moins danseur mais plus complice ) est un récitant attachant et ses partenaires sont à la hauteur (Elena Bartoli, la bilingue, et Steve Villa-Massone, le musicien au piano rouge bien connu des Niçois). 

Quant à Fabien, il a répondu présent à la représentation de On ne se mentira jamais la nouvelle création de la compagnie Nomade au théâtre Francis Gag. La mise en scène d’Eric Fardeau servait bien cette comédie qui a reçu un Molière et qui était interprétée par le duo de choc (je les ai aperçus en répétition) Elisabeth Piron et Patrick Zeff-Samet. Et comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même la musique était l’œuvre du boss himself, Pierre Ballay.

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Spectacle vivant : mon automne à Nice

Covid, tempêtes… le spectacle vivant niçois est entré en résistance. L’automne est rude mais déjà parsemé de quelques pépites. Qu’on en juge.

A tout seigneur, tout honneur : après un été improvisé et festif, le TNN réussit sa rentrée. Avec une formidable première création : Les parents terribles de Cocteau mis en scène à la fois de façon sobre et onirique (les dessins du poète enveloppent la scène) de Christophe Perton. Dire que la performance de Muriel Mayette-Holtz-Holtz dans le rôle de la mère est impressionnante est un doux euphémisme. Au point même d’aseptiser à la marge le jeu du reste d’une distribution pourtant talentueuse (et prestigieuse).

Mais la rentrée du TNN ne se résume pas à cet événement exceptionnel : MMH a relancé le « hors les murs » qui a si bien fonctionné cet été en programmant de petits (je parle du format) spectacles sur la scène du Kiosque de la coulée verte. C’est ainsi que j’ai assisté aux deux premiers « procès » orchestrés par l’excellent Augustin Bouchacourt. Il s’agissait du procès de Médée puis la semaine suivante de celui de Lady Macbeth. Françoise Assus-Juttner pour le premier avec une belle plaidoirie classique a obtenu l’acquitement par le public de cette cliente difficile. Pour le suivant, Frédérique Grégoire, la star de quatre de mes pièces, a réussi à faire acquitter la sulfureuse vieille écossaise en jouant la carte de la connivence avec Augustin et le public.

Dimanche, c’était une nouveauté avec le Pois Chiche festival jeune public au parc Chambrun, haut lieu du 7e canton ancien découpage quand Dominique en était l’élue. Ce petit Woodstock pour minos peaufiné à la Direction de la Culture par Adèle Faustinien s’est déroulé devant un public à la fois dense et conquis. Pour ma part, j’ai assisté aux deux premiers spectacles. La sorcière du placard aux balais, spectacle proposé par la compagnie Le Navire avec Stéphane Eichenholc (émouvant et drôle avec son personnage lunaire), Claude Boué et… la sorcière. Cette dernière qui adore ACDC et se moquer d’Edouard Balladur s’est révélée à ma grande surprise après enlèvement du masque (pas celui du Covid, celui de la comédie) être l’éclectique et talentueuse Émilie Pirdas. Puis ce fut un spectacle de marionnettes Polichinelle proposé par Aurélie Peglion et la compagnie Gorgomar, séquence où il fut question d’un pan bagnat baladeur et malicieux. Pour le troisième spectacle, c’est Fabien qui a pris le relais afin de me laisser vaquer à mes occupations sénatoriales. Il s’agissait de L’ours, la truite et la banane par la compagnie « Ah le zèbre » de Thierry De Pina (qui dans la semaine m’avait expliqué son concept très novateur de spectacle-appartement). C’était un spectacle drôle mais aussi très pédagogique quand il s’agit de promouvoir les pratiques écologiques.

Enfin, jeudi dernier, était lancé le programme de médiation scolaire (un spectacle avec une séance de préparation et un débriefing collectif des enfants) du théâtre Francis Gag. La compagnie BAL présentait donc son dernier spectacle Jeune Public Polis comme des galets avec le trio de choc de la compagnie : Thierry Vincent (l’auteur), Elise Clary et Elodie Tampon-Lajarette. Un spectacle exigeant qui traite du harcèlement tout en restant dans un univers poétique. Bien préparés, les élèves de l’école Saint Barthélémy de mon cher 5e canton ont bien réagi. Ma toute récente délégation aux nouveaux publics ne part pas de rien.

Cette période est aussi celle hélas de la disparition de Simon Eine qui était un peu le parrain bienveillant de l’Eau Vive depuis quelques années. Une disparition qui me peine d’autant plus que Simon, à ma connaissance, était le seul sociétaire de la Comédie Française à avoir assisté à un de mes spectacles. Et à l’avoir apprécié.

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Place du Palais : solidarité avec le Haut-Karabagh

Solidarité avec les Arméniens du Haut-Karabagh : j’étais ce soir sur la place du Palais de Justice de Nice avec le Premier Adjoint Anthony Borré, de nombreux élus municipaux de la majorité comme de l’opposition (verte) et une foule nombreuse. Le richissime Azerbaïdjan dont les dirigeants sont les marionnettes d’Erdogan attaque une nouvelle fois l’Arménie (c’est la troisième). Elle le fait en utilisant des djihadistes et en bombardant les populations civiles comme à Stepanakert, ville que je connais bien. Cette agression est d’autant plus scandaleuse qu’elle prend pour cible la République d’Arménie qui a fait ces dernières années d’énormes progrès démocratiques avec le Premier Ministre pro-européen Nikol Pashinyan.

Ces terres arméniennes du Haut-Karabagh, confisquées par Staline, me sont particulièrement chères puisque j’ai eu l’honneur de participer comme juriste à une mission internationale visant à contrôler la régularité du referendum constituant de la jeune République encore meurtrie dans les coeurs et dans son paysage par la guerre avec l’Azerbaïdjan.

Cela m’a d’ailleurs inspiré un récit bienveillant mais sans complaisance (la pression russe était palpable) dans mon dernier livre Escales (chapitre : Les deux faces de l’Ararat). De même quelques billets sur ce blog Mission au Haut-Karabagh (4 décembre 2006), Le corridor de Latchine (11 décembre 2006), Karin Tak vote (12 décembre 2006) et Epilogue à Stepanakert (12 décembre 2006).

Demain soir, avec quelques amis nous allons tenir une réunion zoom avec nos correspondants arméniens et évaluer avec eux les moyens de concrétiser notre solidarité.

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Table ronde du spectacle vivant : à la recherche du Graal

Loin de la forêt de Brocéliande, c’est dans l’hémicycle du conseil municipal que le monde du spectacle vivant niçois était convié par le maire de Nice pour une table ronde.

La rencontre en elle-même n’était pas anodine puisque inédite en la forme. C’est qu’en ces temps troublés, le contact direct vaut mieux que tous les « Zoom » du monde.

Ce fut l’occasion pour le maire d’annoncer le renouvellement de Mon été à Nice pour 2021 et le lancement, dès maintenant, d’une concertation avec les compagnies pour définir cadre et programme.

Sur le court terme, au delà des mesures financières, ce fut également l’engagement de labelliser sanitairement les salles de Nice avant La fête des théâtres afin de rassurer un public encore méfiant. Sur le même thème, c’était aussi la volonté du maire de porter auprès du ministre le souhait de la profession – qui s’estime à juste titre exemplaire – de voir les règles sanitaires s’alléger et surtout se stabiliser.

La séance fut aussi l’occasion d’expliquer en pointillé l’opération transfert du TNN en présence de Muriel Mayette-Holtz.

La salle, en réponse, s’est montrée d’une grande maturité. Bien sûr les professionnels ont exprimé leur inquiétude par des questions concrètes liées à l’actualité du Covid. Mais un certain nombre d’intervenants comme Thierry Surace, Aurélie Peglion ou Sabine Venaruzzo ont voulu poser les questions de fond sur l’avenir du Spectacle Vivant à Nice. En souhaitant que ce mandat dédié à la culture par le maire soit celui de la définition et d’un commencement d’exécution d’un projet global à Nice et peut-être aussi dans la Métropole (une extension métropolitaine qui au passage est un des objectifs que je me suis fixé). Tout en pointant avec courage la question du public dont la faiblesse numérique ne date pas de la crise sanitaire (un état des lieux qui affirme la pertinence de la deuxième partie de ma délégation). Pour que cette recherche du Graal ne se perde pas dans les eaux glacées du Lac des bonnes intentions un calendrier de rencontres a été évoqué et fera l’objet d’une publication rapide.

Pour ma part, la réunion était l’opportunité de confirmer (ce n’a pas été sans mal) le lancement de la 6e Fête des théâtres élaborée par mon prédécesseur Jean-Luc Gagliolo et mise en musique par Jennifer Moreau. Une édition exceptionnelle avec plus de 50 spectacles et 22 lieux qui sera l’occasion de faire un point complet sur la vitalité du secteur même en pleine crise du Covid. Et bien sûr – et c’est le plus important – d’apporter émotions, rêves, rires et réflexions à un public qui peut reprendre le chemin des salles dans une grande sécurité sanitaire (du 5 au 18 octobre).

 

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