Conseil métropolitain : exceptionnel, forcement exceptionnel

Conseil régional, Conseil départemental, Conseil municipal : c’est à plus de 200 séances plénières auxquelles j’ai eu l’honneur de participer comme élu. Mais comme l’aurait dit la grande Marguerite, ce Conseil métropolitain fut exceptionnel, forcement exceptionnel. En effet, il s’est tenu en visioconférence. Pour la première et la dernière fois, j’espère. La démocratie a besoin d’espace, de spontanéité, d’aléatoire… En visio, elle est confinée, réglementée, aseptisée…

Mais ces conditions exceptionnelles ne doivent pas occulter l’extrême importance des décisions qui ont été prises sur le fond. Des décisions quelque peu occultées dans la presse par la polémique autour du rapport de la CRC.

Pour ma part, je retiens deux axes forts qui, eux, vont impacter sur le terrain et pour de longs mois la vie quotidienne des habitants de la Métropole.

Tout d’abord la mise en application concrète du milliard d’aides voté par le conseil en octobre pour soutenir les vallées victimes de la tempête Alex. Et pour améliorer celles-ci, la création d’une régie dotée d’un budget annexe et de l’autonomie financière. Un moyen pour aller plus vite tout en étant plus réactif.

Ensuite, les très attendues mesures financières en faveur du commerce et de l’artisanat, du tourisme et de la culture pour faire face à la deuxième vague de la pandémie de Covid 19. En effet, si la CULTURE ne fait pas partie des compétences métropolitaines, elle va être éligible à certaines aides. Partisan, à terme au moins, d’une mutualisation des politiques culturelles de la Métropole, je suis évidement très heureux de cette délibération 5.2 du présent conseil.

Ces aides permettront par exemple aux petites institutions culturelles d’être éligibles à une aide à la digitalisation, mais aussi, avec la réactivation du dispositif, à l’aide aux loyers professionnels et à l’exonération des loyers des locaux appartenant à la Métropole.

Tout cela en attendant les dispositions importantes qui seront prises par le Conseil municipal de Nice dans une quinzaine de jours.

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Mes 50 meilleures séries : la onzième

11 – COLD CASE ( Meredith Shelm – CBS – 2003.2010 – 7 saisons – 156 épisodes x 42 mn – USA)

 Cold case est une série policière singulière et – ce qui est rare – émouvante.

Il s’agit, pour Lilly Rush (Kathryn Morris) et son équipe de la police de Philadelphie, d’enquêter sur des affaires criminelles non résolues depuis parfois dix, vingt ou cinquante ans.

Sur la forme, la première scène de chaque épisode est une séquence nostalgie (sixties, seventies, eighties…) très réussie mettant en scène le crime à l’époque de celui-ci. Mais c’est après que l’originalité de la série s’impose. Certaines scènes sont en effet proprement vertigineuses : grâce à des effets spéciaux discrets et efficaces, elles nous permettent de suivre les interrogatoires des témoins du crime qui auront, selon les séquences, leur physique d’aujourd’hui ou celui d’avant. L’effet est saisissant et quelque peu déstabilisant, provoquant chez le téléspectateur un malaise dont il a du mal à fixer la raison. Sur le fond, cette plongée dans la petite boutique aux horreurs d’une décennie nous en apprend plus sur l’évolution de notre société et des mentalités qu’un documentaire savant.

Mais l’essentiel se concentre dans la scène finale, à chaque fois répétée. Le coupable menotté déambule sous les yeux des témoins de l’époque. A un moment donné, son regard croise celui de la victime. Celle-ci, invariablement, apparaît grave mais apaisée. Une nouvelle preuve de la vertu libératrice de la Vérité. Au delà de la vengeance et de l’oubli.

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Mes 50 meilleures séries : la 12 ème

12 – THE WALKING DEAD ( Frank Darabont, Robert Kirkman – AMC – 2010 -… – 10 saisons – 147 épisodes x 55 mn – USA ) + le spin off ( série dérivée) FEAR THE WALKING DEAD ( Robert Kirkman , Dave Erikson – AMC – 2015 – … – 6 SAISONS – 75 X 44 mn – USA)


Tout a commencé en 1968 par un petit film en noir et blanc de George A. Romero qui a revisité le mythe des zombies dans le contexte, dit-on, de la guerre du Vietnam : La nuit des morts-vivants. Lors d’expériences nucléaires, les morts se réveillent et sortent de leurs tombes afin d’anéantir les vivants. Devenu film culte, il fut prolongé par Romero lui-même d’une demi-douzaine de longs-métrages (en couleur) qui ont, chacun à leur façon, enrichi l’univers merveilleux de nos amis d’outre-tombe.

Dans les années quatre-vingt, le mort-vivant, jusque-là un peu marginal, devient mainstream grâce au célèbre clip de John Landis servant d’illustration au Thriller de Michael Jackson.En 2003, le mythe est spectaculairement relancé par une série de BD publiée sous forme de « comic books » . Et c’est en 2010 que ce À la recherche du temps perdu des morts- vivants devient une série d’une longévité exceptionnelle. La réalisation de Frank Darabond , adaptation de la BD , est une superbe réussite, à la fois spectaculaire et intimiste. En effet au delà des scènes de pure terreur ( souvent très gore) les personnages existent, révélant leur personnalité « d’avant » dans le contexte dramatique de l’épidémie ( tiens, ça me rappelle quelque chose !). Les effets spéciaux sont aussi d’une efficacité et d’un réalisme qui n’a rien à envier aux superproductions en longs métrages.

Grâce à la série, on sait désormais tout du mort-vivant de base. Il est, il faut bien le dire, assez peu soigneux de sa personne. Il a même un côté franchement négligé, voire défiguré, voire décomposé… Peu véloce, il erre de sa démarche saccadée à travers villes et campagnes à la recherche de cette chair humaine (bien fraîche celle-là) qui l’aidera à régénérer le petit quart de cervelle qui lui reste. C’est d’ailleurs cette dernière petite partie vivante de lui-même qu’il faut neutraliser si on ne veut pas terminer en steak tartare et être transformé soi-même en mort-vivant. Une balle de revolver peut faire l’affaire, mais, le bruit risquant d’attirer ses congénères, il vaut mieux un petit coup de hache sur le crâne : bien ajusté, celui-ci peut régler définitivement le problème. Cependant, si vous reconnaissez dans le mort-vivant un ancien copain d’école ou une ex-petite amie, l’opération peut déclancher un cas de conscience. Il est alors recommandé de ne pas trop réfléchir car, si isolé il est plutôt balourd, en groupe, le mort-vivant est extrêmement dangereux et glouton. D’ailleurs, à sa mine chafouine et même carrément renfrognée, on voit bien qu’il a des tas de choses à reprocher aux survivants .

Mais l’enseignement le plus navrant de la série est qu’évoluer dans un monde de morts vivants – causé à l’origine par une épidémie ( tiens, tiens! ) – ne rend pas les vivants- vivants plus solidaires pour autant . Métaphore quand tu nous tiens!

Les premiers épisodes ont pour cadre Atlanta, submergée par des milliers de morts-vivants coincés dans le centre ville de la mégapole. Or il y a quelques années, j’ai passé quelques jours à Atlanta. Je me souviens très bien, lorsque je courrais selon mon habitude, dès l’aube, dans les rues en principe désertes de la ville, avoir aperçu quelques silhouettes hésitantes qui se mettaient à tituber dans ma direction… Rétrospectivement, j’en ai des frissons dans le dos ! En effet, il est très rare que je prenne une hache avec moi quand je cours…

Fear the walking dead est une série dérivée très fidèle à l’originale qui explore les débuts de ce monde d’après du côté de Los Angeles . La qualité est semblable à celle de la série mère mais la juxtaposition des deux peut créer une certaine confusion chez le spectateur qui regarde alternativement les saisons de l’une et de l’autre.

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Mes 50 séries préférées : de 14 à 13

On avance ! on avance ! on avance! aujourd’hui la 9e production HBO et la 21e série américaine du classement.

14 – ROME (John Millius, Willem J. Mac Donald, Bruno Heiler – HBO – 2 saisons – 2005.2007 – 22 x 65 mn – Italie. Grande-Bretagne. USA)

Si vous avez la HBO attitude, et que pour vous, Spartacus, Ben-Hur et éventuellement le Colosse de Rhodes figurent au panthéon des chefs d’œuvres du 7e art, la série « Rome » est incontournable.

Le réalisateur Michaël Apted, grand réalisateur de longs métrages filme la guerre des Gaules, les joutes au Sénat et le repos du guerrier romain avec une vigueur et une justesse qui ne laissent aucun doute : ça devait être comme ça. Du coup, la reddition de Vercingetorix ou le passage du Rubicon (phantasme absolu de tout politique) qui auraient pu être « too much » ont une vérité incroyable. Et pourtant, après Astérix, la partie n’était pas gagnée d’avance.

Ainsi quand César franchit le Rubicon, le suspens est à son comble ! Cela dit ce Brutus, avec son regard en biais, ne nous dit rien que vaille.

Trop couteuse la série a malheureusement été interrompue après deux saisons.

13 – MAD MEN (Matthew Werner – AMC- 7 Saisons – 2007.2015 – 92 x 47 mn – USA)

Au début des années 60 à New York (Madison avenue… Mad men !) : au sein d’une entreprise de publicité nous suivons le parcours de Don Draper le sombre et talentueux directeur « créatif » et ses rapports avec une dizaine de supérieurs et collègues. La série est, au delà d’un scénario passionnant, un véritable documentaire sur les changements sociaux et les turbulences du code moral de l’Amérique des sixties. Mais Mad men fait peut-être pour la première fois ressortir la côté obscur d’une période souvent folklorisée (la musique par exemple ne joue qu’un rôle mineur).

C’est aussi le triomphe de l’actrice Elisabeth Moss (après Top of the Lake et La servante écarlate, c’est sa troisième apparition dans ce classement) : avec son rôle de secrétaire décidée à franchir les échelons avec une détermination butée qu’il ne faut pas confondre avec une absence de scrupules restera parmi les grands personnages féministes de fiction.

Il faut avec Mad men plonger dans ce monde des sixties si loin, si proche où les publicitaires osaient dire que le tabac était bon pour la santé. Et on se dit que c’est déjà de l’Histoire.

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Le plan Éducation artistique et culturelle des écoles niçoises dans les starting blocks

Sympathique et très utile réunion en distanciel Webex sous la houlette de mon ami Jean-Luc Gagliolo, l’adjoint à l’éducation. Il s’agissait ni plus, ni moins de jeter les bases du grand plan Education artistique et culturelle des écoles niçoises. Ce plan était une des principales propositions électorales du maire (une de celles qui m’ont conduit à faire le choix de rejoindre l’équipe municipale) .

Les lecteurs de ce blog… et des générations d’étudiants connaissent mon attachement à la médiation culturelle. En ces temps incertains, avoir une pratique culturelle comme spectateur ou comme praticien est une bouffée d’air pur que le plus grand nombre doit partager. D’où ce plan qui, en collaboration avec la DRAC et l’Éducation Nationale, va systématiser la médiation dans toutes les écoles primaires de la ville (celles qui dépendent de la mairie) sans d’ailleurs se substituer aux dispositifs qui fonctionnent déjà (bien).

Le délégué aux nouveaux publics que je suis a donc toutes les raisons de se féliciter d’un processus qui va entrer (sous une forme expérimentale) en activité dès la rentrée 2021-2022. Le délégué au spectacle vivant voit là aussi une formidable opportunité pour les nombreuses compagnies de notre ville – qui ont démontré cet été leurs capacités d’adaptation – de susciter, au delà de l’offre de spectacles, le désir de beauté et de rêves pour tous.

Rendez-vous est pris dans quelques semaines après une expression attendue du maire sur le sujet.

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Mes 50 séries préférées : de 16 à 15

On progresse dans le classement inversé : aujourd’hui deux séries françaises exceptionnelles ( d’autant plus remarquables que la France n’est pas, loin de là, le pays des séries …) .

16 – LE BUREAU DES LÉGENDES ( Eric Rochant – Canal + – 5 saisons – 50 x 52 mn – 2015.2019 – France )

Le bureau des légendes’est incontestablement une réussite qu’on peut mettre au niveau des productions HBO.

Il est vrai que j’avais un préjugé favorable dans la mesure où elle a été imaginée et créée par Eric Rochant qui prolonge ainsi l’immersion dans le monde des services secrets qu’il avait entamé dans son très impressionnant long métrage de 1994 : « Les patriotes » (un film qui avait été marqué par les débuts d’une actrice importante que j’apprécie beaucoup, Sandrine Kiberlain).

Mais là où « Les patriotes » évoquait l’action du Mossad, « Le bureau des légendes » nous offre une immersion au sein de notre nationale DGSE. Nous vibrons avec ces femmes et ces hommes qui deviennent quelqu’un d’autre (on dit qu’ils sont « sous légende ») au point de s’oublier eux-mêmes… En réalité pas tout à fait, car le héros (Mathieu Kassovitz, juste et sobre, tout en émotion contenue) a une (belle) histoire d’amour interdite avec une universitaire syrienne.

La série nous fait vivre au rythme géopolitique de ce monde qui change si vite : le rapprochement Syrie-USA contre l’EI , les sinuosités du régime algérien, le jeu trouble des Russes, l’importance diplomatique grandissante de l’Iran…

La réalisation est à la fois d’une précision documentaire et d’une grande efficacité dramatique (je traduis : on apprend plein de choses et on ne s’emmerde pas une minute ! ). Le casting est parfait mais, avec Kassovitz, on peut décerner deux mentions spéciales à Jean-Pierre Darroussin, qui arrive à donner beaucoup d’humanité à son rôle de responsable des services secrets, et à Sara Giraudeau – la fille de – en jeune femme faussement fragile.

Une série, et c’est à son honneur, qui rend hommage avec pudeur à ces fonctionnaires de l’ombre qui sacrifient leur vie personnelle quand ce n’est pas leur vie tout court pour protéger des citoyens qui ne sauront jamais ce qu’on a fait pour assurer leur sécurité.

. Si vous n’êtes pas encore convaincus, il me reste un argument imparable : l’inénarrable Véronique Genest-Julie Lescaut a affirmé sur son compte Twitter n’avoir pas aimé la série après une demi-heure du premier épisode !

15 – UN VILLAGE FRANÇAIS ( Frédéric Krivine , Philippe Triboit, Emmanuel Daucé – FR3 – 7 saisons – 72 x 52 mn – 2009-2017 – France)


Un village français
, réalisé par Philippe Triboit et écrit par Frédéric Krivine, est la chronique de Villeneuve – petite sous-préfecture imaginaire censée être située dans le Jura – pendant l’Occupation.

Loin de l’imagerie sulpicienne de nombreuses œuvres sur la Résistance, loin de l’ambiguïté du Lacombe Lucien de Louis Malle, la série raconte avec simplicité l’histoire d’hommes et de femmes confrontés à la violence de l’Histoire : Daniel Loucher (Robin Renucci), le maire fataliste, Hortense, sa femme adultère, Marcel, son frère communiste, Schwartz, l’industriel qui rachète son entreprise à Crémieux, le juif résistant, Marie Germain, l’agricultrice chef de réseau, Servier, le sous-préfet aux ordres de Vichy, Marchetti, l’inquiétant chef de la police, Jules Bériot, le directeur d’école…Quelles que soient leurs origines géographiques, leurs opinions politiques, leur religion, leur histoire personnelle (la série est supervisée par une psychanalyste), ils font tous, à un moment ou à un autre, l’expérience de la liberté. Dans le bruit et la fureur, ils doivent décider s’ils veulent être des salauds ou pas

.Et, bien au chaud dans le confort de nos générations sans guerre, on se sent devant eux bien petits, coincés que nous sommes dans nos vies étriquées mais si confortables, où nous avons finalement si peu à faire l’expérience de notre liberté.

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Mes 50 séries préférées : de 19 à 17

Nouvelle avancée dans le classement à rebours avec la 2e série italienne, la 3e israélienne et la… 20e américaine !

19 – LA SERVANTE ÉCARLATE (Bruce Miller – MGM.tv – 2017-… – 3 saisons – 36 x 52 – USA)

Dès le premier épisode, j’ai été captivé par cette série adaptée du roman de Margaret Atwood.

Dans une société totalitaire (les USA d’un futur proche : les voitures sont encore des Toyotas Prius), la République de Gilead impose un fondamentalisme qui prône un retour aux valeurs traditionnelles pour faire face aux catastrophes écologiques et à un taux de natalité qui s’effondre, les femmes devenant stériles. Defred (Elisabeth Moss la superstar des séries déjà citée dans ce classement pour Top of the Lake), l’une des dernières femmes encore fertiles et servante de la maison d’un Commandant, appartient à la caste des femmes forcées à la servitude sexuelle pour faire des enfants. Dans cette société totalitaire terrifiante où chacun doit se méfier de l’autre, Defred jongle entre ses consoeurs, les commandants et leurs épouses frustrées et cruelles.

On est à la fois fasciné et terriblement angoissé par cet univers si loin si proche de nous (les féministes américaines défilent en tenue de « servantes écarlates » cf photo ci dessus). L’ esthétique de la réalisation élégante de Bruce Miller réussit paradoxalement à fragiliser encore un peu plus le spectateur. Et si certaines scènes sont à la limite du supportable (les « cérémonies » de fécondation, les lapidations, les accouchements collectifs…), l’humour est parfois au rendez-vous quand l’héroïne nous fait part en voix off de ce qu’elle pense vraiment dans ce monde de mensonge et d’oppression généralisés.

18 – GOMORRA (Roberto Saviano – Sky Italia – 2014-… – 5 saisons – 48 x 52 mn – Italie )

À Naples, deux clans s’opposent pour avoir la mainmise sur le différents trafics de la ville. L’histoire tourne aussi autour de l’initiation de Genny (remarquable Salvatore Esposito) le fils du parrain local qui peu à peu gagne ses galons de chef. Mais rapidement un conflit de génération va, en opposant jeunes et vieux, fragiliser sa situation.

Cette nouvelle série sur la mafia qui ne recule même pas devant le parricide a les accents d’une tragédie grecque enveloppée dans les rythmes entêtants d’une bande son qui résonnent en vous même après la fin de l’épisode. La scénario quasi documentaire est aussi une enquête très riche et très déprimante sur la ville de Naples , un peu sur la modèle de celle de Sur écoute consacrée par HBO à la ville de Baltimore ( 36 ème dans ce classement).

17 – LES SHTISEL (Ori Elon et Yohonatan Indursky – Prod.Isr – 2 saisons – 24 x 50 mn – Israël)

Cette série raconte la vie d’une famille de juifs Haredim vivant dans le quartier de Geula à Jérusalem (être passés il y a quelques années le temps d’une visite à Geula nous avait laissés effectivement un sentiment étrange). A travers la famille Shtisel, la série nous plonge dans la description de la communauté orthodoxe juive mais, à l’instar des mormons de Big Love (22e dans ce classement), le scénario met l’accent sur les relations amoureuses, les jalousies familiales et les aléas du monde des affaires dans cette communauté pourtant profondément religieuse (et donc, entre autres, anti-sioniste). Et au fil des épisodes, les Shtisel deviennent de moins en moins exotiques pour devenir de plus en plus humains et émouvants.

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Biden-Harris : le populisme complotiste largement battu !

Atlanta, août 2011

L’élection de Joe Biden et de Kamala Harris est un rayon de soleil dans les eaux froides d’un automne plombé. Après des semaines d’exposition médiatique de l’Amérique trumpienne avec ses anti-IVG, ses pro-armes, ses climatoseptiques, ses négationnistes du Covid, voir ces foules joyeuses, légères, généreuses déferler dans toutes les villes des Etats-Unis est une vraie délivrance .

Contrairement à ce qu’on nous explique depuis quelques jours cette victoire n’a pas été obtenue à l’arraché dans un mouchoir de poche. Les médias peut-être écrasés par le rouleau compresseur trumpien… et alléchés par des perspectives d’audimat à rallonge n’ont pas intégré dans leurs premiers commentaires ce qu’on savait dès le début à savoir que les électeurs démocrates respectueux des règles sanitaires avaient largement anticipé leurs votes et que dans un certain nombre d’états clés ceux-ci allaient faire la différence après décompte… d’où un faux suspens et le sentiment que l’élection s’est jouée à la marge, ce qui n’est pas le cas : qu’on en juge !

1- Joe Biden sera le président qui aura recueilli le plus de voix de l’histoire des Etas-Unis : plus de 75 millions de voix… mieux qu’Obama.

2- Joe Biden gagne le vote populaire avec plus de 4,5 millions de voix d’avance sur son adversaire. A noter qu’il y a 4 ans, Trump vainqueur avait perdu le vote populaire, Hillary Clinton ayant 2,8 millions de voix en plus. Même chose pour Bush en 2000. En 1960 Kennedy gagne le vote populaire de… 100000 voix. En 1968 Nixon de 500000 voix.

3- Biden va recueillir 306 voix de grands électeurs (représentant d’ailleurs une majorité d’états) : c’est plus que Trump en 2016 mais aussi que Kennedy en 1960, Nixon en 1968, Bush en 2000 et 2004. Sans oublier Truman et Carter.

4- Biden a réussi à reconquérir la plus grande partie de la Rust Belt, la ceinture de la rouille, ces régions victimes de désindustrialisation gagnées par Trump en 2016.

5 – Biden a réussi à conquérir l’Arizona et la Georgie, terres profondément Républicaines.

Il fallait donc attendre avec patience et sang froid la fin des décomptes pour pouvoir affirmer comme nous le faisons aujourd’hui que la victoire de Biden n’est pas un raz-de-marée mais une des plus solides victoires d’un Président des Etats-Unis.

Bon maintenant si on s’occupait de Bolsonaro ?

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Keisha Lance Bottoms et le vrai courage politique

Keisha Lance Bottoms est depuis 2018 la maire (noire) d’Atlanta, une ville afro-américaine à 54 %. Démocrate, elle a été traînée en justice par le gouverneur républicain de Géorgie pour avoir imposé le port du masque en pleine pandémie.

Mais surtout c’est elle qui, avec véhémence, s’est adressée aux émeutiers de Black Lives Matter en leur disant : « Rentrez chez vous et attendez les élections ! » Sa force de conviction a payé puisque c’est la ville d’Atlanta qui fait basculer la Georgie dans le camps de Biden ce qui est un séisme politique. Le vrai courage politique, c’est beau !

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Après la nuit américaine, on attend

Comme tous les quatre ans, nuit blanche de rigueur pour suivre les élections américaines. Une pratique riche en émotions avec parfois de suaves atterrissages au petit matin (Clinton deux fois, Obama deux fois dont une soirée organisée par nos soins à la Galerie Depardieu…) ou d’abominables gueules de bois (Bush deux fois et .. Trump le cauchemar absolu).

Cette année restera dans les annales par son indécision logique mais aussi et surtout par l’intensité dramatique des enjeux et du contexte. J’avoue que j’ai passé une de mes nuits les plus perturbantes de citoyen du monde (et même de la planète !). Voir l’Etat du Droit trituré, torturé et méprisé avec autant de violence par celui qui est censé l’incarner était franchement traumatisant.Voir un personnage qui a trahi son pays, provoqué une hécatombe sanitaire, méprisé la planète et fait de la vulgarité un moyen de gouvernement réunir autant d’électeurs était un choc.

Mais après la nuit, il y a eu le matin puis l’après-midi et l’espoir de sortir de ce mauvais cauchemar. Puis une nouvelle nuit, un nouveau matin, un après-midi qui se traîne. Heure après heure, des villes que j’ai il n’y a pas si longtemps parcourues dans la complicité de l’aube en Gump (Philadelphie, Phoénix, Milwaukee, Atlanta, Vegas) ont ravivé l’espoir.

Alors avec les Américains qu’on aime on attend ! on attend ! on attend ! Mais Dieu que c’est long !

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