Nostalgies matrimoniales

mariage de Noëlle et Mathieu - 1

Avec Noëlle et Mathieu

Le grand public l’ignore souvent mais un simple conseiller municipal même d’opposition peut tout à fait être choisi par les futurs époux pour les marier. Pour cela le maire va accorder une délégation spécifique à l’élu quasiment automatiquement selon une pratique républicaine bien établie.

C’est ainsi que Dominique est une élue très convoitée qui célèbre de nombreux mariages depuis son élection. Ces derniers jours, elle a marié Élodie et Xavier (voir son blog à la date du 9 juillet 2017) puis Noëlle et et Mathieu (sur son blog, billet du 16 juillet 2017). Noëlle ayant été notre étudiante commune, j’ai assisté avec bonheur à la cérémonie parfaitement séquencée par une élue en grande forme manifestement heureuse d’être là.

Du coup, cela m’a donné envie de jeter un coup d’oeil dans les archives des… 150 mariages que j’ai célébré au cours de deux mandats municipaux. Cela m’a permis de me rendre compte qu’il y a une petite dizaine d’années, j’avais célébré le mariage du… nouveau député en Marche de la troisième circonscription. Je me souviens pour la circonstance d’avoir été assisté par un ami commun qui était adjoint au maire PS de Paris. Pour le reste, l’émotion est au rendez-vous. Par exemple, pour le mariage de cet ami condamné par la médecine à son domicile quelques jours avant sa mort (quelques années après Dominique connaîtra la même épreuve comme élue). Je me souviens de choses plus légères comme le mariage de cette Japonaise de Kyoto avec les femmes de sa famille en tenue traditionnelle, celui de mon premier couple « Internet » en 2005, la pagaille joyeuse de deux ou trois mariages camerounais, l’union d’octogénaires, d’une étudiante à laquelle j’ai remis son partiel avec le certificat de mariage… et bien sur des « niagaras » de larmes !

Cette nostalgie s’accompagne d’une légère frustration à la lecture d’articles de presse relatant des combats majeurs (*) que nous avons gagnés sans que je puisse en mesurer les effets comme élu.
– Celui bien sûr du mariage pour tous. Candidat aux législatives, j’avais inscrit le Contrat d’Union civile dans mon programme dès… 1986 ! Mais que Dominique ait pu célébrer des mariages pour tous atténue l’amertume de ne pas avoir pu le faire moi même.
– Celui du baptème républicain longtemps refusé à Nice, ce qui m’avait contraint à « m’exiler » à Contes pour baptiser une petite Cléo et un petit Arthur. Là aussi le baptème du petit Léon en mairie de Nice par Dominique est un doux réconfort pour moi.

Alors n’en doutons pas, les nostalgies municipales seront bien présentes à mon esprit quand je prendrai ma décision concernant les prochaines municipales.

(*) Interventions pour la célébration de baptêmes républicains en mairie de Nice.
Communiqué 25:7:08
Lettre à Ch. Estrosi

Baptême républicain - 1

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Edgard Ponthus, mon grand-père

Comme chaque année, nous avons passé quelques jours avec une bande de joyeux drilles en Bourgogne du  Sud, autour du village de Cruzille, le berceau de ma famille maternelle (accessoirement celui de Vincent Dedienne, l’humoriste qui monte).

L’occasion de rendre hommage à Edgard Ponthus, mon grand-père, qui fut à la fois maire et martyr du village. Comme je l’ai fait la semaine dernière pour mon père René Mottard, je publie à nouveau un texte présenté sur ce blog le 23 juillet 2009. Un texte qui relate la journée elle aussi la plus importante et la plus dramatique de sa vie.

L’ARRESTATION D’EDGARD

Dimanche 23 janvier 1944. Cruzille.

Il est 11 heures 30. Edgard Ponthus jette un coup d’œil à l’ordre du jour et s’apprête à clore la séance du Conseil municipal. Une de plus. C’est que depuis 1929, celui qui fut le plus jeune maire de France en a présidé quelques-uns. Aujourd’hui, à 45 ans, il a pris la mesure de ces assemblées de paysans durs au mal et âpres au gain, lui, le voyageur de commerce. Avant-guerre, on parlait même de députation pour ce jeune notable qui avait réussi l’exploit de faire financer la restauration du toit de l’église par une population plutôt anticléricale…

Mais en ce jour d’hiver 44, on est loin de cette période somme toute heureuse de la fin de la IIIe République. En fait, depuis le début de la tragédie, Edgard mène une double vie : l’élu est aussi un résistant. La région est truffée de maquis utilisant les bois de buis et les petites forêts comme base de repli. Sous le nom de code de Gobert, Edgard utilise sa fonction de maire pour, notamment, établir de fausses cartes d’identité ou délivrer des tickets et des bons de ravitaillement aux patriotes qui se cachent. Plus tard, il sera un des pionniers de la formation de l’Armée Secrète : il participe à des parachutages, cache armes et munitions.

Mais avec « l’invasion » de la zone Sud, les Allemands se font de plus en plus présents et pressants. Edgard se sent en danger et a peur pour sa famille. C’est pour cela que Joséphine, sa femme, Edith (ma mère) et Colette, ses filles de 18 et 16 ans dorment chez un voisin, au cas où…

Aussi n’est-il pas particulièrement surpris quand, dans la salle du Conseil, surgit Colette, sa cadette, entourée de deux hommes – chapeaux et manteaux de cuir – dont l’appartenance à la Gestapo ne laisse aucun doute.

Une demi-heure plus tôt, deux tractions avant Citroën se sont arrêtées devant la maison familiale en bas du village sur la place du lavoir. Trois Allemands se sont engouffrés dans la salle à manger du rez-de-chaussée amenant avec eux Pagenel, le chef de l’AS à Cormatin, préalablement arrêté. Bien renseignés, ils interrogent avec calme Colette, Joséphine et enfin Edith, qui a rejoint le groupe au retour d’une visite chez une voisine. Et c’est ainsi que deux d’entre eux, guidés par la plus jeune des filles d’Edgard, se rendent à la mairie.

Face à la Gestapo, Edgard ne se fait pas beaucoup d’illusions ; il pense surtout à la sécurité des siens qu’il avait toujours tenus à l’écart de ses activités de l’ombre. Toute fuite étant impossible et toute résistance inutile, le groupe rejoint la maison en passant par le petit raccourci herbeux qui va de la mairie à la place du village.

Il est 12 h 45 quand Edgard retrouve les siens. Il est rassuré car ces derniers ne seront apparemment pas inquiétés. Mais son visage douloureux est celui des adieux car lui, à ce moment précis, il sait…

On lui laisse juste le temps d’accomplir un dernier geste républicain. C’est à sa femme qu’il confie les clés de la mairie en lui disant, avec une ironie un peu gauche, « désormais, je n’en aurai plus besoin ».

Déjà, on l’entraîne dans l’une des voitures noires, direction Blanot, où d’autres arrestations sont programmées : les corbeaux avaient eu la dénonciation généreuse.

Le soir puis le mois qui suivirent, dans la sinistre prison du fort de Montluc à Lyon, il sera interrogé et torturé. Pagenel, lui, ne passera pas la première nuit. Puis ce sera Compiègne et les wagons plombés pour Flossenbürg, le camp de concentration à la frontière germano-tchèque, où il restera jusqu’à l’ordre d’évacuation rendu nécessaire par l’avance de l’armée américaine.

C’est au cours de cette retraite qu’Edgard contractera le typhus qui lui sera fatal. Son corps sera jeté sans ménagement sur le ballast, quelque part vers Prague, le 21 avril 1945.

Mercredi 15 juillet 2009. Cruzille.

Sous le soleil d’été, le village semble figé.

La mairie est toujours là, la maison familiale vendue il y a une dizaine d’années aussi. Massive, sa silhouette domine la place face à la fontaine et au lavoir. Sur la façade, une plaque en marbre chuchote la mémoire de ces événements d’hier aux passants désœuvrés et aux paysans affairés.

C’était Edgard, l’élu républicain, le Résistant.

C’était mon grand-père. Ce grand-père que je n’ai jamais connu.

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Roger’s éfedméride

Roger Federer est le plus grand. En gagnant à Wimbledon pour la huitième fois il domine la planète tennis avec 19 tournois majeurs à son actif. À 36 ans, ça fait plus de 5 ans qu’on lui demande de ne pas faire la saison de trop… ce qui ne l’empêche pas de gagner tout en restant le parfait gentleman apprécié de tous. Mais ce dernier succès a quelque chose de vertigineux : Roger a gagné son premier tournoi majeur précisément à Wimbledon… mais c’était en 2003.

En 2003, Chirac est président, ses homologues sont Bush aux USA et Blair en Grande-Bretagne, Peyrat est maire de Nice et le pape est Jean-Paul II. Depuis, nous avons eu Sarkozy et Hollande avant d’arriver à l’énigmatique Macron, deux mandats d’Obama avant de goûter au charme sulfureux de Trump, Cameron avant Teresa, l’instable Estrosi a eu le temps d’être président du CG, de la Région, moult fois député et… trois fois maire ! Enfin, nous eûmes après Jean-Paul II, Benoît XVI en attendant le pape Francois.

Et pendant ce temps-là, après avoir envoyé à la retraite les monuments Sampras et Agassi, Roger prenait le dessus sur Nadal, Djokovic et Murray, les jeunots qui devaient le supplanter. Voila qui peut donner des idées même en… politique !

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René Mottard

René Mottard - 1

Il y a 20 ans jour pour jour mon père René nous quittait. Je vous propose à nouveau le billet que j’avais publié sur ce blog le 21 juillet 2009 qui relate le jour le plus dramatique de sa vie.

L’ARRESTATION DE RENÉ

Mardi 7 septembre 1943. Chalon-sur-Saône.

Il est 13 h 45. Comme tous les jours avant la reprise du travail, René, jeune homme de 19 ans, a rejoint ses copains Robert, René Meunier et le jeune Georges sur un banc du square en face du Palais de Justice. Ces petits rendez-vous sont l’occasion de discuter, de chahuter, de rire de tout, d’oublier un temps les soucis quotidiens.

Pourtant, en cette belle journée de fin d’été, l’ambiance est lourde. René vient d’annoncer sa décision d’entrer dans la Résistance en sollicitant un de ses supérieurs hiérarchiques aux Assurances Sociales où il travaille, probable responsable d’un réseau. Deux raisons l’ont amené à cette grave décision. Tout d’abord, une convocation impérative pour le STO reçue quelques jours auparavant. Pas vraiment politisé mais patriote, il n’est pas question pour René de « travailler pour les Boches ». Et puis, il y a surtout cette altercation le samedi précédent avec des collabos sur le boulevard de la République tout près d’ici. Un peu par hasard, il était tombé – avec notamment Meunier justement – sur un groupe de jeunes militants francistes et R.N.P. qui collaient des affiches à la gloire du IIIe Reich et de la LVF. La querelle verbale avait dégénéré en affrontement physique. René et ses amis avaient eu rapidement le dessus, mais on leur avait lancé : « Ça vous coûtera cher ! ». Et en ces temps-là, on connaissait les conséquences d’une telle menace…

Effectivement, au moment même où les amis vont se séparer, René aperçoit en face, à une centaine de mètres, à l’angle de la rue de l’Obélisque et de celle de la Banque, deux feldgendarmes qui se tiennent devant la pharmacie Henon bien connue des Chalonnais. Comme les deux Allemands sont accompagnés par une des protagonistes de l’altercation du samedi, son sang se fige, il comprend en un instant. A peine le temps de murmurer à l’intention de ses amis : « C’est pour moi », que déjà les feldgendarmes les entourent en les mettant en joue avec leurs armes. Après une fouille rapide, on les frappe à grands coups de pied dans le ventre. René, sur qui l’on a trouvé un couteau à cran d’arrêt a droit à un régime spécial.

Puis, le groupe est conduit au QG de l’Hôtel du Chevreuil, rue du Port Villiers, siège de la police allemande. Robert, le jeune Georges et, plus curieusement, Meunier, pourtant présent le samedi précédent, sont relâchés. René par contre est battu à coups de botte, à moitié assommé par un cendrier en bronze. La figure en sang, le nez cassé, ne voyant plus que d’un œil, il entend comme dans un mauvais rêve un Allemand parlant français le traiter de communiste, de juif, de franc-maçon… le tout devant les visages ricanants des collabos présents lors de la rixe du boulevard de la République.

C’est à moitié inconscient qu’il est conduit en prison. Ironie cruelle, le domicile familial est situé 22 rue d’Autun juste en face du sinistre bâtiment. Du fond de sa cellule, René peut apercevoir, entre les barreaux, les fenêtres de son enfance.

Quelques jours plus tard, ce sera la prison de Dijon puis l’Allemagne en wagon plombé où il sera déporté jusqu’au 29 avril 1945, le jour de son évasion.

Un an après son retour, il sera victime d’une attaque de poliomyélite reconnue comme étant due à son état général. Il restera paraplégique toute sa vie.

Mercredi 15 juillet 2009. Chalon-sur-Saône.

Le Palais de Justice, le jardin public, le banc, la prison… Rien n’a changé sauf le nom de la pharmacie et cette pizzeria ouverte au rez-de-chaussée du 22 rue d’Autun.

Et moi de penser avec tendresse à ce gamin de 19 ans qui deviendra, malgré l’adversité et la maladie, un père attentif et fort, aimant la vie sans haine et sans regret. Mon père. René Mottard.

 

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Attentat de Nice : Macron lave l’affront

14 juillet - 1
Devant le maelström de manifestations diverses et variées dont certaines relevaient plus de la communication que de l’émotion, nous avons décidé de participer essentiellement à la commémoration républicaine de la place Masséna. C’était un choix personnel qui n’engageait bien sur que nous, chacun réagissant à sa manière face à ce type de manifestation.

La cérémonie de la place Massena fut longue (deux heures et demie) mais chargée d’émotion et de sens.

Tout d’abord, on aurait pu l’intituler « Trois présidents pour une République », un bel exemple d’oeucuménisme politique. Voir François Hollande et Nicolas Sarkozy un peu isolés (mais où sont donc passés les courtisans ?) deviser en attendant le discours du Président en titre fut un spectacle réconfortant pour qui souhaite une République forte capable de se transcender dans les moments dramatiques de son histoire.

La lecture du nom de chaque victime (celui des enfants, un vrai crève-coeur) et le discours de la représentante des familles furent un moment d’une infinie tristesse et d’une impeccable dignité. Le moment pour envoyer vers la lointaine Alsace une petite pensée pleine d’amitié et de tendresse pour le petit Gaston et sa maman Francesca qui se remettent définitivement quelque part en Alsace.

Quant au discours du Président, c’est peu de dire qu’il fut à la hauteur des circonstances puisqu’en quelques minutes Emmanuel Macron a lavé l’honneur de la République bafoué à Nice il y a un an. On se souvient que les prises de position du maire de Nice voulant se dégager de toute responsabilité avaient à l’époque créé un climat tellement délétère qu’à la première cérémonie d’hommage les tricoteuses niçoises avaient conspué les autorités de la République et en particulier le Premier Ministre. Présent lors de cette infamie, j’ai mal à ma ville depuis. Le Président a, ce vendredi, définitivement éteint cette polémique en rendant un hommage appuyé à François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve pour leur engagement contre le terrorisme et leur gestion de l’attentat de Nice.

J’ai également apprécié que le Président rappelle que le soutien aux victimes et les commémorations n’avaient aucun sens si on n’amplifiait pas nos efforts pour lutter contre le terrorisme islamique (même si le qualificatif n’a pas été employé à la façon de son prédécesseur) aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il a même évoqué « un combat moral de civilisation », j’aime assez la formule. Cela dit sans pour autant casser l’ambiance je serai tenté de dire que la contribution de la France au combat sera d’autant plus efficace qu’on ne rogne pas trop son budget de la Défense !

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Adieu Juke, je t’aimais bien !

Juke 2 - 1
Changer de voiture n’est pas un acte neutre. A peu près tous les cinq ans, je me fais cette remarque. L’excitation de la réception du nouveau modèle est toujours voilée par le petit sentiment de nostalgie qui accompagne l’abandon définitif de celle qui vous a accompagné sur toute une séquence de votre vie.

Que d’heures partagées, de kilomètres alignés, de paysages traversés, de musiques écoutées… un espace entre deux tranches de vie, un no man’s land apaisant et régénérateur après une journée de cours, avant un rendez-vous important : c’est tout cela qu’on laisse un peu lâchement avec une carte grise et un double de clé.

Et comme en amour, la morsure de la séparation est d’autant plus forte que vous n’avez rien à reprocher à celle que vous abandonnez. C’était le cas de mon Juke.

Voiture à la suspension un peu rude, coffre et réservoir un peu riquiqui mais à la conduite agréable tout en étant d’une grande fiabilité : j’ai parcouru 75000 kilomètres – le temps d’un quinquennat – sans l’ombre d’un problème (seulement un changement de batterie).

Mais le plus du Juke était incontestablement son look d’enfer un peu émoussé aujourd’hui par le succès du modèle mais qui faisait son petit effet à ses débuts. J’entends encore le petit garçon pointant du doigt ma voiture alors flambant neuve du côté d’Argeles :  » Maman! maman! regarde, on dirait une grenouille ».

Juke 1 - 1

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Tour de France : l’épatant Bardet contre le syndrome de Stockholm

Romain Bardet
Pas besoin d’être un spécialiste de la petite reine pour comprendre après quelques étapes que l’ordinateur branché sur une mobylette turbo Christopher Froome domine encore les débats cette année.

Par conséquent il faut que les outsiders fassent preuve de courage et d’initiative pour déstabiliser celui qui nous rappelle tant un certain Lance Armstrong de sinistre mémoire.

Ce Dimanche, nous avions une magnifique étape avec trois cols Hors catégories pour que le tour 2017 ne soit pas le remake de celui de l’an dernier. Eh bien comme en 2016, c’est le seul Romain Bardet (avec son épatante équipe AG2R La Mondiale) qui a osé secouer le cocotier. Comme il était un peu juste pour attaquer en montée, il l’a fait en descente avec un culot qui force l’admiration. Et au moment où, échappé, il pouvait rêver au maillot jaune, que croyez vous qu’il arriva ? Les autres outsiders se sont mis à relayer Froome pour l’aider à sauver le paletot, une version cycliste du syndrome de Stockholm en quelque sorte.

Autre sujet d’énervement à propos du Tour : désormais il est admis (par les complaisants commentateurs de France Télévision entre autres) que des coureurs qui ont le potentiel pour jouer le top 10 voire le top 5 ou même le podium, comme Thibaut Pinot, Warren Barguil ou George Bennett, se vantent de perdre volontairement un quart d’heure dans les premières étapes pour que, n’étant plus un danger au général, sa majesté Froome les laisse s’échapper pour gagner une étape (Barguil a failli le faire hier)… Si ça arrive on est prié de ne pas les applaudir car se sont des faussaires.

Heureusement Bardet… Et rendez-nous Sagan !

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Cool Jazz au Patoch’s family

Tina Scott - 1

Il y a quelques jours, j’ai publié ici même un billet un peu sévère pour les commerçants de proximité… Mais qui aime bien, châtie bien ! Et s’il y a effectivement de mauvais élèves, il est important de pointer les bons.

Ainsi Patoch et sa petite famille (d’où Patoch’s family)ne se contentent pas d’offrir dans leur restaurant une cuisine maison à la fois savoureuse et imaginative (celle du chef), un accueil chaleureux et professionnel (le domaine de l’épouse et des deux filles) et des cocktails d’anthologie. Patoch fait aussi de l’animation. Dans un quartier (Cyrille Besset-Borriglione) où les seules activités après 20 h sont de temps en temps une réunion du PRG à ma permanence ou une répétition du Petit Théâtre des Affranchis, l’équipe familiale propose de petits événements sympas. Ce fut par exemple des soirées rugby au moment de la Coupe du Monde, hier soir c’était un soirée jazz particulièrement cool. Il faut dire que le trio invité « Jazz on Riviera » était de qualité avec la très talentueuse chanteuse Tina Scott à laquelle j’ai déjà consacré un billet sur ce blog (voir Summertime au Prieuré du Vieux-Logis). La soirée fut, de l’avis général – un public nombreux composé d’habitants du quartier -, agréable et même un petit peu plus que cela.

Et cerise sur le gâteau ou plutôt cochonnet sur le terrain, nous avons même fait une partie de pétanque que j’ai gagné pour la première fois de ma vie 13 à 1. Ne me demandez pas la composition de l’équipe ainsi écrasée… je ne suis pas une balance !

 

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Parlement : lifting minimaliste

facade-palais-bourbon

La réforme du Parlement annoncée à Versailles par le Président de la République va plutôt dans le bon sens mais reste quand même très minimaliste. Elle semble avoir été élaborée dans le cadre d’une stratégie de communication pour répondre à quelques emballements de l’opinion notamment sur les réseaux sociaux. Au mieux, c’est un lifting et chacun sait que ce procédé peut rendre le visible plus aimable (quand ce n’est pas loupé…) mais ne change rien quant à la réalité du non visible. Reprenons les principales annonces :

– La réduction du nombre de parlementaires : pourquoi pas ? Il est vrai qu’il y a vraiment beaucoup de parlementaires en France. On peut donc en supprimer sans dommage. Mais cette mesure qui plait à l’opinion (trop nombreux, trop payés , trop absents…) ne changera rien sur le fond. Et s’il s’agit de faire des économies, il n’y a qu’à supprimer le Sénat qui comme chacun sait ne sert à rien. Mais une telle mesure demanderait un sacré courage politique face à des sénateurs électoralement influents.

– La proportionnelle : il ne s’agit pas d’un changement du mode de scrutin avec passage du majoritaire à la proportionnelle (heureusement !) mais de l’injection d’une dose de proportionnelle… Là encore pas de bouleversement à attendre, seulement une poignée d’élus FN et quelque écolos en plus. Mais si on veut à tout prix conserver le Sénat pourquoi ne pas l’élire à la proportionnelle intégrale, on aurait ainsi un bicaméralisme qui aurait du sens (débat pluraliste au Sénat, vote majoritaire à l’Assemblée).

– Fin de la justice d’exception : il est vrai que l’affaire Lagarde a rendu cette mesure pratiquement inéluctable. En plus elle est dans l’air du temps . Mais les raisons qui avaient prévalu à sa création restent valables et cette suppression est un pari.

– Le Conseil économique et social : de notoriété cette institution ne sert à rien. Ses travaux ne sont pas inintéressants mais les pouvoirs publics s’en f…
Et ne dit on pas que la société civile est entrée en force à l’Assemblée (!). Donc là, la solution de bon sens est la suppression même si ce serait prendre le risque de vexer quelques retraités de la République.

– Le discours annuel du Président : une mesure qui ne bouleversera pas la vie politique de notre pays mais qui est logique (plus que l’allocution du 31 décembre ou l’interview du 14 juillet).

On parle d’un référendum pour acter tout cela. Pourquoi pas ? Mais compte tenu de la consistance de la réforme, je vous donne le résultat à l’avance : OUI 80%, abstention 80%.

 

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Petits commerçants… un effort !

kiosque à journaux - 1En ces temps de Tour de France (Allez Sagan !) et de Wimbledon (Allez Federer!), j’aime bien acheter l’Equipe chez un détaillant. Or, ce dimanche, j’ai parcouru Nice Nord d’Auguste Rainaud à Fontaine du Temple en passant par Alexandre Médecin et les six points de vente habituels étaient fermés. Dans ce périmètre le seul point de vente de la presse est le Monoprix Gorbella (fatalitas, il n’avait plus l’Equipe !).

Cette « aventure » fait suite à une autre équipée : il y a trois dimanches, j’ai fait le tour de la ville pour trouver – en vain – une pharmacie de garde.

Il faudrait peut être arrêter de pleurnicher sur l’impérialisme des grandes surfaces (des supérettes et des épiciers arabes…) et s’arc-bouter sur la spécificité du petit commerce de proximité : le service. Or, dans celui-ci, la question des heures et des jours d’ouverture est fondamentale. A être trop désinvolte sur cette question (il y en a d’autres comme la personnalisation de l’accueil et la qualité du service), le petit commerce risque de voir l’exode des consommateurs vers les grandes surfaces s’accélérer. Et notre qualité de vie en serait encore plus affectée.

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