Le Pearl Harbor des pyrales

pyrale du buis - 1

A la Une de Nice-Matin de ce jour : l’attaque frontale des pyrales du buis dans la vallée de la Tinée. Nous sommes tout sauf surpris car il y a à peine quelques semaines nous avons été physiquement confrontés à ce phénomène dans ma Saône-et-Loire natale.

En effet, pour la deuxième année consécutive, les bois de buis denses qui font l’originalité d’un paysage collinaire sont devenus des espaces désolés parsemés de bois mort. Les petits papillons blancs ni beaux, ni laids (cf. la photo réalisée en journée par Dominique) ont tout dévoré. Le soir, le phénomène est spectral avec des centaines de flocons blanc dans les faisceaux de vos phares. Sur la place de Cruzille en nocturne, nous étions presque dans une tempête de neige.

Mais au-delà de la catastrophe écologique, ce fléau, à quelques décennies près, aurait pu influencer le cours de l’Histoire. En effet, dans le Mâconnais, les bois de buis à la végétation quasiment impénétrable étaient une cache précieuse pour les nombreux groupes de maquisards de la Région. A l’époque, ce camouflage naturel aurait été réduit à néant par les papillons et les nazis auraient pu éradiquer la Résistance. Les pyrales qui, comme chacun sait, sont originaires d’Asie auraient ainsi perpétré une sorte de Pearl Harbour bourguignon.

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Jacques Mézard, un ministre radical chez Patoch


Ce vendredi, la soirée traditionnelle des radicaux 06 était quelque peu spéciale avec un hôte de marque. En effet, malgré un harassant séjour officiel de 48 h dans notre département, Jacques Mézard, ministre de la cohésion territoriale et du logement a tenu à nous retrouver chez Patoch notre restaurant cantine situé juste en face de la permanence du 10, avenue Cyrille Besset.

Avec un personnage haut en couleur qui déteste la langue de bois, l’occasion était belle pour les élus et responsables présents de faire un tour d’horizon de politique générale mais aussi d’évoquer les dossiers touchant à son périmètre ministériel (logement social, rivalité Métropole-Département).

Une partie de la soirée fut aussi consacrée à l’avenir du radicalisme en France ce qui permit de vérifier que mon impatience et celle des autres convives devant la modestie du bilan de l’action de l’actuelle direction nationale du Mouvement Radical était largement partagée par le Ministre mais surtout par le militant Mézard : un bel encouragement pour se mobiliser.

Et comme par ailleurs la cuisine de Patoch fut délicieuse et que Nicolas et Manu arrivèrent de l’Allianz Riviera pour nous annoncer la victoire de l’OGCN tout le monde fut d’accord pour dire vers minuit, à l’heure de la séparation, que la soirée avait été réussie… et utile.

 

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Noëlle Perna, marraine le théâtre de l’Eau Vive

C’est en présence de Noëlle Perna, désormais marraine du théâtre, que l’équipe de l’Eau Vive a présenté sa programmation. Une soirée à la Fabienne Colson (la directrice) : ludique, chaleureuse, éclectique et… un peu foutraque. Avec en prime un comédien bipolaire, une actrice bonne soeur et une danseuse orientale.

L’occasion pour moi, plutôt homme de l’ombre quand il s’agit de théâtre, de monter deux fois sur scène :
– une fois avec Marc Concas et Patrick Allemand (je ne sais pas trop pourquoi mais c’était une idée de Fabienne) ;
– une autre fois pour évoquer ma prochaine pièce Maria et le kiosque à musique, programmée en janvier avec la troupe du Petit Théâtre des Affranchis (Didier Veschi et Frédérique Grégoire qui font partie de la distribution étaient présents hier).

Au cours de la soirée, on a également fait allusion à un de mes prochains projets avec la troupe de l’Eau Vive cette fois. Il y serait question d’une rencontre improbable entre l’univers d’un célèbre philosophe existentialiste avec celui d’un scénariste amateur de barbouzes et de flingues. Mais chut ! Rien n’est encore écrit…

 

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La Moneda à Garibaldi

Ce 11 septembre, j’avais quelques raisons d’assister à la conférence de rue sur la chute du gouvernement d’Union Populaire au Chili symbolisé par la mort de Salvador Allende dans les ruines de son palais présidentiel de la Moneda.

Tout d’abord, parce que la séquence était organisée par les Amis de la Démocratie qui sont… des amis tout court : le toujours bouillonnant Daniel Fimbel, la militante famille Hassan (trois générations) et Arno Munster, un authentique témoin de la prise de la Moneda par l’armée félonne.

Ensuite, parce que la conférence étaient illustrée par des photos de la manifestation à Santiago (au Chili on peut commémorer l’événement mais seulement le dimanche qui précède le 11 septembre) envoyées par notre cher ami Gauche Autrement Richard Martinez qui dirige une école au Chili depuis deux ans.

Enfin et surtout, parce que c’est le drame de la Moneda qui a décidé de mon engagement de toute une vie. Je me souviens encore de ce serment fait à moi- même en écoutant la rage au coeur la nouvelle l’oreille collée à mon petit transistor dans notre tente canadienne plantée dans un camping de la périphérie d’Athènes.

Mais ce retour sur un des derniers drames politiques du XXe siècle n’affaiblit en rien notre sidération à propos d’un autre 11 septembre, celui du premier drame du XXIe siècle : l’attentat de Manhattan.

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Caravelle Ajaccio-Nice : la vérité est républicaine

Comme chaque année, j’ai participé ce matin aux cérémonies commémoratives de la catastrophe de la Caravelle Ajaccio-Nice qui le 11 septembre 1968 s’est abîmée en mer au large du Cap d’Antibes. Ce rendez-vous était particulièrement important puisqu’il s’agissait du 50e anniversaire. Un demi-siècle qui n’a toujours pas permis de savoir la vérité sur l’origine de la catastrophe.

De forts soupçons pèsent sur l’armée qui aurait pu perdre le contrôle d’un missile au cours d’un vol d’essai. Mais cette version corroborée par de nombreux témoignages n’a jamais été confirmée par l’Etat français qui a toujours opposé le secret-défense aux enquêteurs. Grâce à Alain Chemama, un juge niçois (accessoirement un copain de fac), la Justice exige du gouvernement la levée de celui-ci et du coup les familles de victimes devraient avoir satisfaction avant le 51e anniversaire. Mais rien n’est tout à fait acquis si on en juge par l’absence d’un représentant de l’Etat à la matinée.

La cérémonie fut à la hauteur de l’enjeu par son importance et sa tonalité. Nous nous sommes d’abord réunis en l’église Sainte Hélène en présence des célèbres I Muvrini et sous l’autorité du Pape François qui pour la circonstance avait envoyé un message personnel. Puis tous les participants se sont retrouvés devant le petit monument de Carras (ailes blanches et ondes bleues bien connues des lecteurs de Baie des Songes). Gilles Siméoni, le président autonomiste de la collectivité territoriale de Corse, et Laurent Marcangeli, le maire bonapartiste d’Ajaccio, ont pris la parole avec force et sobriété pour exiger cette vérité qui permettra enfin d’apaiser les familles tout en enclenchant le mécanisme du pardon.

Lénine avait dit en son temps – le siècle dernier – que la vérité est révolutionnaire, à l’Etat de comprendre qu’en 2018 elle doit être républicaine.

 

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La chaîne des mariages

Ce matin j’ai assisté au mariage de Kira et Alexandre célébré en mairie de Nice par Dominique. J’avais toutes les raisons d’être là car, si Kira est l’étudiante de celle qui aujourd’hui était son officier d’Etat Civil, elle fut la mienne pendant deux ans.

C’était en une semaine le troisième mariage de la Présidente du groupe Radical et divers gauche confirmant en cela ce que m’avaient dit les services, à savoir qu’elle était la conseillère municipale de l’opposition la plus demandée pour les mariages (il y a en effet deux types de mariages ceux effectués par un conseiller de la majorité « de service » ce jour-là et ceux où les futurs époux demandent un élu en particulier, c’est dans cette deuxième catégorie que Dominique excelle !). On peut comprendre les raisons de ce succès.

Elle arrive en effet à conjuguer une proximité empreinte de légèreté sur la forme avec une rigueur républicaine sans faille sur le fond donnant à la cérémonie une élégance joyeuse mais toujours bordée d’une certaine solennité : très exactement que souhaitent les mariés et leurs familles toujours très enthousiastes après le mariage.

Ce matin ce fut encore le cas devant les proches de Kira venus de la lointaine Russie et l’attachante et sympathique famille d’Alexandre. Il est vrai que je m’autorise une certaine expertise pour juger ce type de séquences ayant pour ma part célébré plus de 150 mariages en mairie de Nice. Et, comme l’esprit dans lequel j’officiais était le même que celui de celle qui m’a succédé, je suis de très près les prestations de celle-ci. Et c’est un peu comme si, à deux, nous avions fabriqué, maillon après maillon, une chaîne magique qui, de couple en couple, progresse joyeusement dans la mémoire de la ville et de la République.

En guise d’illustration, la conclusion du discours de Dominique en l’honneur de Kira et Alexandre :
À propos de famille, et avec plus de sérieux, permettez-moi d’évoquer pour terminer ce petit discours, le romancier compatriote de Kira, Léon Tolstoï. Son grand roman, Anna Karenine commence par une phrase célèbre : « Toutes les familles heureuses se ressemblent, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon ».
Je vais devoir contredire le grand Tolstoï : votre famille ne ressemblera à aucune autre et pourtant, je n’en doute pas, elle sera une famille heureuse à sa façon. À votre façon.
Bonne chance à tous les deux !

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Il faut voir « Guy » le mélancolique

Guy

Guy, d’Alex Lutz est la bonne surprise de la rentrée. Gauthier, un jeune journaliste apprend par sa mère qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet un chanteur Yéyé des années 60 qui entreprend une tournée vintage à travers la France. Il décide donc de faire un reportage-portrait de l’artiste. Et cela donne un film magnifique sur le temps qui passe.

La mise en scène d’Alex Lutz est à la fois efficace et d’une grande originalité : c’est  en caméra subjective que le jeune homme filme aussi bien les concerts que la vie quotidienne et les moments « people ». Le procédé aurait pu être lourd et répétitif mais renforcé par quelques (fausses) images d’archives, il est d’une grande fluidité et permet de pénétrer comme par effraction dans l’univers de Guy.

Un Guy interprété de façon bluffante par Alex Lutz lui même pourtant vingt ans plus jeune que son personnage (bravo aux maquilleurs). Un Guy Jamet bougon, macho, coléreux, cynique, mesquin, bref insupportable! Mais aussi fragile, généreux, drôle, amoureux, bref attachant !

La fin classieuse évite la « grande » scène et les personnages secondaires sont d’une grande justesse (apparition magnifique… et dérangeante de Dani). Les chansons « d’époque » sont en fait des créations mais gageons qu’elles auraient eu du succès à Âge tendre et tête de bois.

Mais attention, Guy n’est pas un film nostalgique (non, ce n’était pas mieux avant) mais un film mélancolique. Pendant les 101 minutes du film (un poil trop long, le péché mignon de beaucoup de films contemporains), le personnage de Guy n’a cessé de me faire penser à la réflexion d’une actrice de Woody Allen dans September que je viens de revoir en DVD :

C’est horrible de vieillir. Surtout quand on a 21 ans dans sa tête. Les forces qui nous soutiennent pendant toute la vie s’en vont une à une. Et quand on regarde son visage dans la glace, on s’aperçoit qu’il manque quelque chose et on découvre qu’il s’agit de notre avenir.

 

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Christine without the queens

Après la Reine Jeanne et la Grande Catherine, c’est avec le Roi (son papa a voulu qu’on la nomme ainsi) Christine de Suède (1632-1654) que Jean-Pierre Fouchy nous a offert le dernier volet de sa trilogie sur les reines exceptionnelles de l’histoire. Comme d’habitude on a apprécié le style Fouchy : un tiers d’érudition à la Alain Decaux, un tiers de talent de conteur à la Stéphane Bern et le dernier tiers de fantaisie élégante à la Sacha Guitry.

Mais pour jouer la terrible Christine à l’autorité quelque peu sanglante et à la sexualité pittoresque, il fallait tout le talent de Christine Baccot. Surtout dans cet exercice si particulier de la lecture théâtralisée dont on peut se demander si elle n’est pas plus délicate à négocier pour les comédiens que le jeu de scène normal. Nous n’irons pas jusqu’à dire que Christine a rendu Christine sympathique mais sa composition l’a montrée humaine ce qui en dit long sur le talent de la comédienne. La distribution c’était aussi bien sûr l’élégant Jean-Pierre (un peu « lutineur » dans un des rôles) et une très belle découverte avec la jeune Manon Ugo qui joue avec virtuosité plusieurs rôles, de la servante à l’aristocrate. N’oublions pas l’indispensable et toujours souriante Isabelle Baud à la technique (et un peu plus que cela).

En offrant son auditorium pour le spectacle,la BMVR confirme son rôle moteur dans la diffusion et la médiation de la culture à Nice (elle accueille entre autres les journées Poët-Poët et les conférences de mon ami Jacques Gros) : nos félicitations de spectateurs.

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Mes contributions littéraires

Lorsque vous écrivez des livres un effet collatéral sympa fait que vous êtes sollicités pour collaborer sous des formes variées à d’autres ouvrages que les vôtres.

Ainsi ces dernières années cela m’a été proposé trois fois sur des sujets dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils étaient divers…

LA CÔTE D’AZUR VUE DU SEXE

Ce livre a été écrit principalement par la journaliste Faustine Sappa et par Bertrand Roussel, le directeur du Musée Archéologique de Nice. C’est en fait un abécédaire pour lequel je m’étais assez sagement accaparé la lettre C comme contraception.

Si l’ouvrage est sulfureux, mes accompagnateurs littéraires sont de sacrés références : Eve Ruggieri, Eric Zemmour, Jean-Luc Verna, Eric de Montgolfier, Noëlle Perna…

NICE, BIEN PLUS QU’UNE PROMENADE

L’auteur Patrice Montaigu-Williams m’a demandé de répondre à une interview – sur la culture à Nice – intégralement reprise dans le livre. Je partage la partie « témoignage » avec l’écrivain Alex Benvenuto et l’historien André Giordan. Il y a quelques jours, l’auteur m’a confirmé un gros succès de librairie.

LA QUESTION DU RACISME

Là j’ai écrit à la demande d’Hedi Majri… une postface, exercice insolite mais sur un sujet qui me tient à coeur. La préface, elle, est écrite par Eric de Montgolfier que je retrouve ainsi quelque temps après La Côte d’Azur vue du sexe.

Merci à ces auteurs de m’avoir fait modestement mais sincèrement participer à leurs aventures littéraires.

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Démission de Nicolas Hulot, jour de fête pour les lobbies

Nicolas Hulot

Soyons honnêtes : compte tenu de sa personnalité et de la radicalité de ses engagements pour l’avenir de la planète, la démission de Nicolas Hulot est tout sauf une surprise. Aujourd’hui, un peu plus tôt, un peu plus tard, elle était prévisible dès le jour de sa nomination qui fut d’ailleurs une surprise.

Par contre, ce sont les motifs de cette démission qui font de celle-ci un séisme politique. En effet, grâce à Hulot l’activité des lobbies en France est désormais sous les feux de l’actualité. Cela signifie qu’il n’a pas seulement remis en cause des orientations politiques (qui peuvent toujours faire l’objet d’un débat) mais a soulevé ni plus ni moins que la question de la démocratie dans notre pays.

Bien sûr, celle-ci n’est pas nouvelle (cf. l’admirable tirade sur le sujet de Jean Gabin dans Le Président) mais, à l’époque des multinationales et des fonds de pension, elle est encore beaucoup plus grave.  Pour un lobby des chasseurs presque caricatural combien de puissants lobbies de l’ombre dont l’efficacité se mesure à leur capacité à contenir l’intérêt général au profit d’intérêts particuliers ? Et cela dans un pays qui, contrairement aux USA (voir la superbe et pertinente série TV The West Wing), n’a pas de contre-pouvoirs pour établir un certain équilibre ou au moins ménager un espace de négociation.

Dans les semaines qui viennent, le Président et le Gouvernement vont devoir sérieusement redresser la barre car la question est désormais posée et la presse française, plutôt en retrait sur le sujet, va probablement faire de nombreuses investigations.

Président des riches est un qualificatif qu’on peut infirmer, Président des lobbies ce serait à l’évidence plus compliqué. Beaucoup plus compliqué.

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