La scène niçoise aime rire !

Classique, contemporaine, expérimentale, musicale, dansante… la scène niçoise est multiple et riche. Mais répondant à l’attente du public, elle aime aussi rire ! Ainsi ces derniers jours j’ai pu le vérifier en assistant à deux spectacles particulièrement hilarants (je dispense l’ami Bernard de rajouter « de la Baltique » !).

LE BAL DES COUILLONS (Théâtre de l’Eau Vive)

Aller voir cette pièce d’Emmanuel Éberlé qui est depuis plusieurs saisons un grand succès était pour moi une impérative nécessité. En effet, si je connais bien les deux comédiens, Richard Zanca occupe une place particulière dans mon coeur d’auteur puisqu’il a joué des premiers rôles dans certaines de mes pièces (vous pourrez le voir dans La Facel Vega et le Rhul fin janvier à l’Eau Vive et dans La caresse de Marlène en février à la Cité).

Quant à la pièce elle-même, il faut dire que la rencontre du paysan madré (et un peu alcoolisé) Marcel Troupeau et de l’avocat-bobo forcément Parisien Paul-Henri Semance est d’une grande drôlerie. Avec des moments de délire à la Louis De Funès, les spectateurs adhèrent. Et rire ça fait du bien. Bravo donc à Richard mais aussi à Dominique Remy qui a en plus le mérite d’avoir initié l’aventure des Couillons qui va se prolonger… à Paris pour un opus 2 qui sera bien sur très attendu. Un petit clin d’oeil aussi à la valeureuse régisseuse Chantal Lagarde.

TAILLEUR POUR DAMES (Théâtre Francis Gag)

Du très bon théâtre amateur. Une pièce de Feydeau, c’est une horlogerie délicate qui exige une mise en scène millimétrée. Elisabeth Piron a relevé le défi avec brio en servant l’auteur avec une fidélité bienvenue qui n’empêche pas certaines inventions scéniques (j’ai beaucoup aimé les tableaux-clichés du final). Ainsi solidement encadrés, les comédiens ont pu paradoxalement se libérer et donner le meilleur d’eux-mêmes. Et comme, souvent chez Feydeau, il n’y pas vraiment de premier rôle et de figurants, je cite toute la distribution : Fabien Brayer, Jean Clericy, Magali Comte, Christine De May, Viviane Dumoulin, Adèle Descamps, Didier Ritrovato, Edwige Sadoul, Jean-Marc Selon et Jasmine.

Notons enfin que la création Son et Lumière était de Pierre Ballay, l’occasion de rappeler que notre valeureux et bienveillant directeur est aussi un homme de théâtre.

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6 x 2 = 12, on adore le douzièmétage !

C’était fin mars, à l’Espace Magnan j’avais aimé le spectacle de la compagnie Sixièmétage, Eclats terrestres, présenté à sa sortie de résidence. À l’époque j’avais évoqué « une immersion hypnotique dans les mystères intimes de notre terre ». Il était donc logique que Fabien me représente à la première officielle du spectacle toujours à l’Espace Magnan en cette fin novembre. Et, du coup, j’ai trouvé amusant de mettre côte à côte nos commentaires élogieux.

Tout d’abord les miens :

Vendredi, sortie de résidence à l’Espace Magnan : la Compagnie Sixièmétage présentait sa dernière création Eclats terrestres qu’on peut classer dans la catégorie des spectacles de danse contemporaine mais qui en fait est bien plus que cela : une immersion presque hypnotique dans des paysages d’autant plus imaginaires qu’ils s’inscrivent dans les mystères intimes de notre bonne vieille terre.

De tableau en tableau, les danseurs se font corps-paysages portés par des éléments aussi basiques que la pierre, l’herbe, le charbon, le feu, la glace… Pas surprenant quand on sait que les auteurs (et danseurs) Jeff Bizieau et Pascal Renault ont nourri leurs imaginaires en Islande, le pays des déserts qui grondent et des magmas qui bouillonnent.

Accompagnés par Sophie Boursier et Carlo Schiavo, ils forment un quatuor si complice qu’on a du mal à croire que nous n’en sommes qu’à une sortie de résidence. A titre personnel, ces Eclats Terrestres m’ont ému je dirais presque au delà du raisonnable. En effet, j’ai souvent au fond de ma poche ou au creux de ma main un pierre, un éclat, un caillou qui me donne le sentiment (ténu je vous l’accorde) d’être relié aux forces telluriques. Comment alors refuser de plonger tout entier dans l’univers initiatique si proche, si loin des bodylanscapes du Sixièmétage ?

Et maintenant, Fabien :

« Eclats terrestres » une création de la compagnie Le Sixièmétage, à
l’espace Magnan, avec Jeff Biziau, Pascal Renault, Carlo Schiavo et
Sophie boursier.
Un grand moment artistique et poétique pour cette première qui m’a
transporté du début jusqu’à la fin. Les 4 danseurs se relaient dans
une succession de 7 tableaux à mi-chemin entre la danse, les arts
plastiques et le théâtre, pour rendre hommage à notre nature
aujourd’hui menacée.

Le spectacle commence dans une ambiance de
détente, de bien-être et de communion avec la nature puis se ternit,
inquiète, questionne et finit avec ce que j’ai perçu comme de
l’espoir, avec de la légèreté et de l’humour aussi lorsqu’en costumes
de gazon synthétique les danseurs déambulent autour de Pascal Renault
qui livre une interprétation de la chanson «
let’s dance » de David
Bowie. J’ai apprécié, les talentueuses et harmonieuses chorégraphies
bien sûr mais aussi les costumes et particulièrement le serpent
élégamment porté par Sophie Boursier, les costumes de papiers ou
encore le body painting de couleur noire qui faisait ressortir l’éclat
des yeux de Jeff Biziau produisant un effet captivant.

6 + 6 = 12 nous sommes donc montés au douzièmétage tout en étant volontaires pour aller encore plus haut. Bientôt ?

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Le public au rendez-vous du spectacle vivant niçois

Encore deux belles salles complètes en cette fin novembre, le doute n’est plus permis : avec un travail en amont, même s’il est encore frileux, le public répond présent .

HÔTEL DES DEUX MONDES (Théâtre de la Semeuse)

Gage de qualité, la pièce d’Éric-Emmanuel Schmitt est mise en scène (et jouée) par Jean Corso, un des comédiens les plus connus et les plus constants de la scène et du cinéma azuréens (J’avais particulièrement apprécié sa composition de Fratoni dans le film de Téchiné L’homme qu’on aimait trop, présenté à Cannes en sélection officielle il y a quelques années).

L’histoire se déroule entre deux mondes dans un hôtel New Age où on comprend très vite qu’il sert de gare de triage entre le retour à la vie ou le grand saut définitif pour des personnages entré dans le coma à la suite d’une maladie ou d’un accident.

Devant une salle bondée (ce fut le cas pour les cinq représentations), les comédiens à l’évidence heureux sur scène (et nous, les spectateurs, on aime bien les acteurs heureux !) incarnent avec distance et humour ces naufragés de la vie. Bravo donc à Chantal Karoubi, Éliane Ganna, Jean-Claude Serour, Orly Dahan Ursula Rochas et au boss, Jean Corso.

Une mention spéciale au responsable des décors pour la qualité de ceux-ci mais aussi parce que Pierre Ganna n’est autre que le gérant du kiosque du square Lépine à Nice Nord où j’achète chaque matin L’équipe.

SOIRÉE CAMUS (TNN)

Ayant du déclarer forfait pour cause de Covid (je fus un éphémère cas contact), c’est Bernard Gaignier qui m’a représenté à la soirée. Et la lecture de son compte-rendu n’a fait qu’aviver mes regrets de n’avoir pas pu être présent. Voici sa prose :

Sur la scène du théâtre se sont succédés l’orchestre philarmonique de Nice, le chœur de l’opéra de Nice ainsi que l’orchestre du conservatoire de Nice pour accompagner Muriel Mayette-Holtz et Augustin Bouchacourt dans une lecture du texte de Camus sur Tipasa ou de lettres d’amour bouleversantes entre Camus et Maria Cazares. Nous avons eu aussi droit à une magnifique interprétation par l’orchestre du conservatoire et une formation rock de Bohemian Rhapsody…. Freddie Mercury passionné de Camus.


La soirée s’est poursuivie dans la salle Michel Simon. Là, c’est le talentueux Jonathan Gensburger qui officiait en parodiant une émission style émission culturelle des années 1950. II a fait venir sur le plateau des intervenants du public connus et inconnus, pour nous parler de leur rapport avec Camus : Jeanne, fille de Harki très sensible au rapport de Camus avec l’Algérie ; Lila, qui a découvert Camus à 11 ans, a fait un parallèle entre Camus et Kamel Daoud; Augustin Bouchacourt qui a fait entendre qu’il jouerait bien Caligula ; Gérard Holtz a parlé de la passion de Camus pour le foot et Jean Leonetti, le maire d’Antibes, est intervenu à de nombreuses reprises. Il connait tout Camus.

La soirée s’est terminée par l’écoute du discours de Camus lors de la remise de son prix Nobel de littérature.
En quittant le théâtre, je ne savais toujours pas s’il fallait imaginer Sisyphe heureux, mais je savais que Muriel Mayette avait organisé un bien bel hommage à Albert Camus hommage qui a rencontré le public… Tout était plein.

Le Vieux-Nice, en montant vers la Semeuse.
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Les pages que j’aurais aimé écrire…(18)

J’aime explorer le continent sans frontière de l’incommunicabilité entre les êtres. Ainsi dans ADOLPHE de Benjamin Constant…

Je trouvais dans mon père, non pas un censeur, mais un observateur froid et caustique, qui souriait d’abord de pitié, et finissait bientôt la conversation avec impatience. Je ne me souviens pas, pendant mes dix-huit premières années, d’avoir eu jamais un entretien d’une heure avec lui. Ses lettres étaient affectueuses, pleines de conseils, raisonnables et sensibles; mais à peine étions-nous en présence l’un de l’autre qu’il y avait en lui quelque chose de contraint que je ne pouvais m’expliquer, et qui réagissait sur moi d’une manière pénible. Je ne savais pas alors ce que c’était la timidité, cette souffrance intérieure qui nous poursuit jusque dans l’âge le plus avancé, qui refoule sur notre coeur les impressions les plus profondes, qui glace nos paroles, qui dénature dans notre bouche tout ce que nous essayons de dire, et ne nous permet de nous exprimer que par des mots vagues ou une ironie plus ou moins amère, comme si nous voulions nous venger sur nos sentiments mêmes de la douleur que nous éprouvons à ne pouvoir les faire connaitre. Je ne savais pas que, même avec son fils, mon père était timide, et que souvent, après avoir longtemps attendu de moi quelques témoignages d’affection que sa froideur apparente semblait m’interdire, il me quittait les yeux mouillés de larmes, et se plaignait à d’autres de ce que je ne l’aimais pas.

Notons aussi que l’histoire d’Adolphe se déroule en partie à Göttingen, ville où nous sommes passés en 2017 et que j’ai évoqué sur ce blog sous le titre Barbarastrasse, Göttingen.

Après l’Italie du Nord et la Suisse (et un lever de soleil magique sur le Mont Blanc à Chamonix), c’est en Allemagne que nous avons longtemps roulé pour nous rapprocher du but de notre périple de l’année : l’extrême nord de l’Europe.

Et comme à chaque fois que je suis de passage dans ce pays mon histoire familiale m’amène à me poser la question du rôle et de la responsabilité des peuples dans l’Histoire. Même si au final c’est toujours la même réponse dénuée d’ambiguïté que j’apporte.

Et j’en veux pour preuve le choix de notre étape : Göttingen. En effet cette discrète ville universitaire chantée par Barbara est devenue grâce au talent et à la générosité de celle-ci le symbole de la réconciliation franco-allemande.

Ô faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime
A Göttingen, à Göttingen

Et lorsque sonnerait l’alarme
S’il fallait reprendre les armes
Mon coeur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen

C’est pour cela que nous rendre à Barbarastraße, la petite rue de la ville dédiée à Barbara était pour nous une impérative nécéssité. Un pélerinage salutaire qui me permettra, quelques temps plus tard, de surmonter le trouble qui fut le mien quand j’ai constaté que le centre de la cité avec ses maisons à colombages ressemblait à Chalon-sur-Saône la ville où mon père a été arrêté par la Gestapo.

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Les deux meilleurs films de la rentrée sont cannois

Comme chaque année la rentrée cinématographique puise sans modération dans le réservoir cannois. Cela n’a pas manqué en 2021. Avec pour moi deux des meilleurs films vus sur la Croisette. Le premier n’a pas été récompensé, le second avait eu le prix d’interprétation féminine. Voilà ce que j’en ai dit à chaud au mois de Juillet:

LES OLYMPIADES (Jacques Audiard – France)

Paris 13e, Quartier des Olympiades. Emilie rencontre Camille, qui est attiré par Nora qui elle-même croise le chemin d’Amber. Trois filles et un garçon. Ils sont amis, parfois amants, souvent les deux.

Avec ce scénario à marivaudages qui aurait pu séduire Eric Rhomer, Audiard arrête de faire le Jacques, ce cinéaste un peu « grande gueule »aux drames sombres et spectaculaires. Et cela donne un film magnifique où on parle beaucoup de désir pour ne pas parler trop tôt d’amour. Un film de génération ancré dans une réalité sociale qui n’explique plus grand chose et servi par un superbe trio de comédiens inconnus : Lucie Zhang, Makita Samba, Noémie Mariant. Les trois protagonistes appartiennent à une « communauté » : Émilie est asiatique, Camille est noir et Noémie a connu un quasi inceste : cet aspect n’est pas absent du film mais n’influence en aucun cas ces jeunes adultes qui se trouvent toujours face à leur responsabilité individuelle donc face à leur liberté. Par les temps qui courent c’est plutôt rafraîchissant.

JULIE (EN 12 CHAPÎTRES) (Joachim Trier – Norvège)


Julie, bientôt 30 ans, n’arrive pas à se fixer dans la vie. Alors qu’elle pense avoir trouvé une certaine stabilité auprès d’Aksel, 45 ans, auteur à succès, elle rencontre le jeune et séduisant Eivind.

Ce film est une petite pépite. Suivre pendant deux heures les tribulations sentimentales (et professionnelles) de Julie trimbalant son non-désir de maternité entre Aksel l’intello et Elvind le prolo est un plaisir léger et acidulé proche de celui qu’on éprouve avec certaines comédies sentimentales de Woody Allen.Avec en prime une scène de séduction mutuelle d’anthologie. La mise en scène extrêmement originale a parfois un format BD : ça tombe bien, c’est la profession d’un de deux héros.

L’actrice Renate Reinsve est une Julie spontanée, parfois joliment paumée mais finalement libre .On l’adore. Un prix d’interprétation ?

Je n’ai pas eu l’occasion de revoir ces deux films depuis Cannes mais je le ferai avec plaisir dès que possible.Par contre j’ai revu au cinéma Mercury un film déjà visionné à Cannes , mais c’était pour la bonne cause , invité par l’ADMD, l’Association pour le Droit de mourir dans la dignité .

TOUT S’EST BIEN PASSÉ (Francois Ozon – France)

André, un octogénaire sulfureux à la vie familiale chaotique, décide de ne pas survivre à un AVC qui le laisse diminué. Il demande donc à Emmanuelle sa fille aînée de lui organiser un suicide assisté. Celle-ci accepte mais la période de cheminement va permettre de faire éclater les non-dits et de mettre en évidence les conflits familiaux causés presque toujours par l’égoïsme de ce père de famille collectionneur d’art au dandysme nappé d’homosexualité.

Le film a parfois la sécheresse d’un documentaire mais heureusement la qualité de l’interprétation (André Dussollier bluffant en vieillard mourant mais pas tant que ça, Sophie Marceau et Géraldine Pailhas, sobres dans leurs rôles de soeurs responsables) donne du relief et un peu d’émotion à Tout s’est bien passé .

Comme souvent dans les films français, nous évoluons dans des milieux sociaux très aisés. Mais pour une fois ce parti pris est justifié : le suicide assisté reste dans l’état actuel de la législation un produit couteux. Comme le dit, cynique, le héros du film : « Comment font les pauvres ? »… « ils attendent la mort » lui répond sa fille.

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Théâtre : mon novembre à Nice

Le spectacle vivant à Nice, après Mon été à Nice et La fête des théâtres, a repris sa vitesse de croisière. C’est ainsi que ce week-end j’ai assisté à deux spectacles très différents mais qui chacun ont été joués devant des salles combles, ce qui prouve une nouvelle fois que lorsqu’on va chercher le public, on le trouve (n’est ce pas Valérie et Audrey ?).

QUELQUE CHOSE À TE DIRE (Théâtre de La Tour)

Accueilli avec sympathie par le nouveau et très entreprenant directeur David Eliard, j’ai assisté à la première de Quelque chose à te dire, une comédie de moeurs écrite par Valérie Pellegrini (Compagnie Jour J) avec une mise en scène de Julien Musarella.

Il (Keryan Fitoussi en fils à maman un brin psychorigide) est journaliste et veut ce soir-là faire sa demande en mariage, elle (Audrey Sigu en working girl un peu fatiguée) est chef d’entreprise et veut précisément lui confier sa lassitude. Mais l’appartement du couple est squatté par des gêneurs qui les empêchent d’avoir un vrai dialogue.

Le reste de la distribution est harmonieux avec Julian Ciais, Fabio Prietto-Bonilla (en illuminé-profiteur sauce curry) et Marie Gagliolo (en paumée pas si larguée que ça). Il se murmure d’ailleurs que cette dernière aurait un lien de parenté avec un homme de théâtre célèbre : affaire à suivre.

La salle comble, réactive tout au long du spectacle, a réservé une ovation qui a conduit l’auteure aux portes d’un Nirvana que n’aurait pas renié le personnage joué par Fabio.

TOLSTOÏ, TOURGUENIEV : CROISEMENTS EN PROVENCE (Théâtre Francis Gag)

Là encore, une salle comble mais composée majoritairement d’un public russophone (que le chauvinisme est doux quant il est littéraire !).

Il s’agissait, il est vrai, dans le cadre de l’année de la coopération décentralisée France-Russie, d’un spectacle proposé par la compagnie marseillaise IVA sous forme de lecture théâtralisée et musicale où étaient évoquées les relations entre les deux poids lourds de la littérature russe qui ont séjourné souvent et longtemps dans le sud de la France.

Ce fut pour moi l’occasion de rappeler en début de soirée au public que cet ensemble d’initiatives franco-russe que nous avions initiées avec nos partenaires de Moscou et de Saint-Petersbourg cet été à Avignon ont été organisées avec de nombreuses difficultés, la crise sanitaire ne facilitant pas les échanges internationaux. C’était donc l’occasion de rendre hommage à la poignée de passionnés qui a relevé le défi et, en tout premier lieu, la régionale de l’étape, Audrey Donadei, notre fonctionnaire de la direction des affaires internationales de la mairie de Nice.

Le spectacle a été aussi longuement applaudi car l’originalité de la mise en scène de Nathalie Conio Thauvin démontre la potentialité de ces nouveaux spectacles autour d’une lecture (potentialité, et je le dis avec fierté, que nous avions également mis en évidence, il y a deux semaines avec la déambulation ESCALES de la compagnie Une petite voix m’a dit).

Bravo aussi à la chanteuse Snezhana, à la danseuse Olga Cavallaro et aux comédiens Patrice Goubier, Marie-Anne Gourbatchevsky et Louis Castel, notre Léon Tolstoï.

Au-delà de mes présences, c’est l’ensemble de l’équipe Spectacles vivants et Nouveaux Publics qui est au taquet. C’est ainsi que Fabien était vendredi au Théâtre de l’Artistique. On peut donc lire son compte rendu.

DANTE 2021 de Renato Giuliani

 » La mise en scène nous installe dès l’arrivée des acteurs célébrant la nouvelle année 2021 dans une ambiance de réveillon festif. Les trois personnages trouvent un manuscrit de Dante, la porte d’entrée se referme et commence alors une quête spirituelle pour en trouver les « clés ». Je ne m’attendais pas à voir dans cette interprétation moderne des textes de Dante un passage avec des commentateurs sportifs survoltés, une parodie de l’émission question pour un champion ou encore une reprise d’« Hit the Road Jack » de Ray Charles.

Pour Renato Giuliani, metteur en scène et acteur, qui médite depuis 35 ans sur ce spectacle, ce côté décalé, fantaisiste et drôle est fidèle à l’état d’esprit de Dante Alighieri. La poésie est ainsi efficacement accompagnée par des passages humoristique, la musique et le chant, notamment grâce à ses deux partenaires  : Marjolaine Alziary (La Castellada, Hêtre ou ne pas Hêtre) au violoncelle et jeu, et Mari Laurila-Lili (Les enfants), au piano et jeu. A noter également que l’installation d’un décor volumineux sur la magnifique scène du théâtre de L’Artistique, pour la première fois depuis sa prise de fonction, semble avoir suscité des idées et rassuré notre hôte, Emmanuelle Fighiera, dans ses projections pour optimiser ce lieu prestigieux. 

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Le miracle des Franciscains

Hier, nous avons visité en compagnie du maire et de Muriel Mayette-Holtz, la future salle des Franciscains. Plus on s’achemine vers la fin du chantier et plus on est ébloui par ce qu’il faut bien appeler le miracle des Franciscains.

En effet, au fil du temps et des siècles, cet immense lieu (à peu près le volume… de la cathédrale Sainte Réparate) a été détourné de sa fonction religieuse originelle pour être compartimenté et sectorisé (des entrepôts, un cinéma, un local technique pour le nettoiement, une boite de nuit…) au point d’être oublié par les archives municipales.

Il a donc fallu que la Municipalité récupère la Bourse du Travail pour que les excellents techniciens de la ville retrouvent la trace de ce lieu magique un peu à la façon des explorateurs de Fellini-Roma découvrant des fresques murales dans les catacombes de la ville éternelle.

Dédier cet espace au théâtre et au spectacle vivant n’est certes pas un second miracle mais une sacrée bonne idée. MMH est particulièrement enthousiaste et même excitée lorsqu’elle évoque les virtualités libérées par ce lieu à la beauté qui coupe le souffle : théâtre biface, triface et même quadriface, spectacles à structures légères utilisant l’architecture des lieux comme décors… Bref, le parfait complément de la grande salle construite au Palais des Expositions.

Le responsable du chantier nous a même promis des spectacles « sons et lumières » exceptionnels qui mettront en valeur les éléments d’architecture des périodes successives.

Benoit Tessier, notre président de la Fédération des théâtres, lui-même très admiratif me faisait remarquer en fin de visite que les lieux distillaient une ambiance « Avignon ». Tout à fait exact. Et si on se souvient qu’Avignon a été capitale européenne de la Culture, on se dit que tous les espoirs sont permis pour Nice !

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4 mariages et le baptême républicain de Raphaël

Cette riche semaine d’officier d’état civil m’a permis de célébrer mon premier baptême républicain niçois. Jadis, chef de l’opposition sous un autre maire, j’avais longuement milité, conseil après conseil, pour que cette cérémonie facultative soit organisée à Nice. En vain. Je me suis donc exilé par deux fois dans une commune de l’arrière pays pour célébrer le baptême civil de Cléo et Arthur, petits-enfants d’un metteur en scène célèbre, supporter irraisonnable du RCT.

Sous Christian Estrosi, Dominique par contre a eu la chance de pouvoir célébrer quelques baptêmes en mairie de Nice. Pour ma part, il aura fallu attendre le 12 novembre 2021 pour avoir le bonheur de procéder à cette cérémonie à Nice avec Raphaël, un adorable petit bonhomme plein de vie (un « bougeoule » aurait dit mon père qui m’attribuait souvent ce néologisme inventé par lui) en compagnie de Nadia, sa marraine, et de Vincent son parrain sous le regard de ses parents. Notons, détail charmant, que Chérazade sa maman, est la soeur jumelle de la marraine.

Les quatre mariages quant à eux m’ont fait voyager de Tokyo, avec la mariée Sayaka, à Lviv, avec la mariée Zoriana. J’ai offert à la première une citation de son compatriote Mishima, et à la seconde un extrait de mon blog à la gloire de Lviv, cette superbe ville de l’ouest de l’Ukraine où nous avons séjourné plusieurs fois. Dmytro le mari de Zoriana, ancien légionnaire, est lui aussi ukrainien mais d’origine polonaise. Quant à Philippe, le mari de Sayaka, il est bel et bien Niçois !

Mais le voyage n’était pas terminé car avec Celine j’ai marié Simone, l’italien : un couple qui s’est rencontré par une curieuse anticipation de voyage de noces à… Venise.

Christine et Daniel formeront finalement mon seul couple franco-français de la semaine. Un couple dans l’air du temps, leur premier rendez-vous ayant eu lieu sur un site de rencontre.

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Les sondages favorables pour « Betty Blood Présidente », ma dixième pièce

La première lecture d’une pièce de théâtre en présence du metteur en scène et de la distribution pressentie est toujours un moment émouvant. Pour ma dixième pièce, Betty Blood Présidente, cela s’est passé comme souvent à notre permanence du 10, avenue Cyrille Besset devenue haut lieu du théâtre niçois car pas moins de six compagnies y répètent.

Betty Blood Présidente est une pièce ambitieuse qui a pour vocation de faire progresser la vampirologie, cette sociologie du vampire devenue si indispensable à la compréhension de nos sociétés. C’est aussi une pièce qui comme son titre l’indique sera un apport important à la Science Politique de notre pays.

En bref : le vampire traditionnel – celui qui en a marre de se faire planter des pieux dans le coeur – a décidé de s’intégrer totalement à notre société moderne. Une intégration qui peut aller jusqu’à vivre des histoires d’amour avec des « zumains » ou même se présenter aux élections présidentielles.

La lecture fut joyeuse et même, l’auteur peut l’avouer avec fierté, un brin enthousiaste. Satisfaction du metteur en scène qui après 2874 textos et 132 rappels oraux a enfin son texte. Satisfaction des comédiens à l’idée de s’embarquer pour une nouvelle aventure avec moi. En toute connaissance de cause car la quasi totalité ont déjà joué au moins une de mes pièces. Seule la juvénile prof d’allemand Zoé Concas est une rookie dans cette distribution dont elle sera, n’en doutons pas, la star.

Bref tout est réuni pour qu’on s’amuse beaucoup. Et on le sait par expérience : si l’auteur, le metteur en scène et les comédiens s’amusent, les spectateurs suivent. Vivement mars.

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La dame de Carras se moque de la météo

Ce dimanche, la météo était capricieuse. Mais nos trois amazones ont tenu bon, comme une grande partie des spectateurs inscrits à cette deuxième lecture itinérante musicale et chantée (magnifique Danielle Bonito Sales) autour du petit port de Carras.

Cela a donné une séquence plus intime que la veille où le public sous la menace (modérée) des éléments se lovait un petit pincement au coeur dans dans un état de (relative) fragilité.

C’est aussi la preuve que, servi par le talent des comédiennes-chanteuses, ce type de spectacle peut s’adapter à toutes les situations. Un type de spectacle décidément nouveau qui dans le monde post covid ne sera ni une performance classique, ni du théâtre hors les murs, ni une lecture théâtralisée, ni du spectacle de rue mais une proposition artistique littéraire et musicale (auquel on pourrait adjoindre la danse, Marie-Pierre et Lisie au boulot !) déambulatoire arrimée à la réalité spatiale, temporelle et humaine des lieux parcourus. Voire à une averse de novembre.

Nous étions ici dans une démarche expérimentale et amicalement gratuite mais n’en doutons pas un modèle économique peut être imaginé pour accompagner ce type d’événement artistique.

Bravo à Sabine Venaruzzo d’avoir depuis deux ans imaginé ce concept d’abord avec la complicité de Marie-Hélène Clément puis, depuis Carras, avec Daniel Bonito Sales.

Quant à l’auteur, il va désormais vivre avec la certitude que la dame de Carras n’est pas une invention de son imagination mais une réminiscence mise à jour par les trois artistes.

Ce qui désormais me permettra de chanter avec Simon et Garfunkel ce Sound of silence murmuré autour du port de Carras par Danielle et Sabine.

Hello darkness, my old friend,
Bonsoir obscurité, ma vieille amie,
I’ve come to talk with you again
Je suis venu te parler de nouveau
Because a vision softly creeping,
Car une vision s’insinuant doucement en moi,
Left its seeds while I was sleeping
A semé ses graines durant mon sommeil
And the vision that was planted in my brain, still remains
Et la vision qui fut plantée dans mon cerveau, demeure encore
Within the sound of silence
Dans le son du silence

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