La mousse espagnole dans le jardin du bien et du mal


Minuit dans le jardin du bien et du mal
est un roman de John Berendt.

Minuit dans le jardin du bien et du mal est un film de Clint Eastwood

Minuit dans le jardin du bien et du mal a pour cadre Savannah, une ville côtière de Géorgie où nous avons séjourné fugitivement (une soirée, une nuit, une matinée), il y a trois semaines. Une ville qui nous a laissé une forte impression. Peut-être la plus forte du voyage.

De retour, en attendant de lire le roman, j’ai donc revu le film pour retrouver l’atmosphère si particulière de la ville. Et je n’ai pas été déçu.

Sorte de Twin Peaks à la sauce Deep South, le film s’articule autour d’une intrigue policière – qui serait une histoire vraie – pour nous présenter une incroyable galerie de portraits dominée par Lady Chablis (une authentique Drag queen de la ville qui joue son propre rôle) et l’ambigu Jim Williams, antiquaire richissime accusé du meurtre de son petit ami.

Entre séance de vaudou dans les cimetières de la ville et soirées mondaines (celles des Blancs, celles des Noirs… on est dans le Sud !), la vérité a bien du mal à faire son chemin dans les prétoires de Savannah.

Le film de Clint Eastwood, assez classique sur la forme, rend à merveille l’atmosphère à la fois étrange et un peu étouffante de cette ville aux vingt-et-un squares et aux nombreuses demeures datant d’avant la guerre de sécession.

Du mystérieux cimetière Bonaventure aux nombreuses promenades ombragées, en passant par le quai bordé d’entrepôts en briques rouges qui borde le fleuve, le film a parfaitement joué son rôle en nous replongeant au cœur de l’âme de la cité.

Mais surtout, il rend une sorte d’hommage à ce qui est pour nous le symbole de Savannah : la mousse espagnole. On trouve ce parasite si esthétique qui a envahi les grands arbres de la ville dans à peu près toutes les scènes du film. Bien sûr, ces grappes de fines aiguilles qui se transforment en lourdes tentures nous les avons retrouvées dans d’autre villes, dans d’autres paysages, mais jamais avec cette obsédante abondance.

Grâce à elle (ou à cause d’elle), notre promenade nocturne sous les arbres de Savannah s’est transformée en une échappée entre les lignes d’un conte gothique un peu effrayant. Sans parler du cimetière Bonaventure. Merci Clint de m’avoir laissé entendre qu’en plus on avait une chance de croiser Lady Chablis.

Lady Chablis
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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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3 commentaires pour La mousse espagnole dans le jardin du bien et du mal

  1. Emmanuel dit :

    C'est assez ésotérique comme histoire mais j'ai retenu le nom de la dame qui me rappelle un grand vin de Bourgogne. Ah la Bourgogne…

  2. Anonymous dit :

    Il a fait lourd, chaud et humide aujourd'hui… C'était le temps parfaitement "moite" pour écrire et lire ce billet…@.@

  3. alaind dit :

    Sur les hauts de l'ile de la réunion, il y a une sorte de mousse ou de lichen qui se fixe sur les arbres. Le paysage y est préhistorique avec les fougères géantes et cette mousse est nommée "barbe de Saint Antoine".

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