The big C / Le grand C

The-Big-C

Créée par Showtime et diffusée sur Canal + le jeudi en deuxième partie de soirée (après le surfait Scandal), la deuxième saison de The big C démontre une fois de plus l’extraordinaire vitalité de la série TV américaine.

Le thème en est tragiquement banal. Cathy Jamison, prof d’histoire et mère de famille on ne peut plus « American way of life », apprend qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Du coup, elle bouscule ses habitudes et sa famille (un mari immature et un ado raisonneur). La première saison était centrée sur Cathy et cette maladie dont elle ne veut parler à personne. Dans la deuxième, elle semble plus dans l’acceptation en assumant son statut que le scénario ne laisse plus tout à fait sans espoir.

The big C (Darlene Hunt) enchante par l’extraordinaire et paradoxale vitalité de ses protagonistes et étonne par sa grande liberté à traiter drôlement de thèmes aussi graves que la mort et la maladie bien sûr, mais aussi de l’adolescence, la famille, la marginalité (un des personnages est une jeune fille noire obèse, le frère de Cathy est un SDF assumé).

Ni prêchi-prêcha, ni « noir c’est noir », Le grand C est un condensé d’humanité à consommer sans modération.

Mais il ne serait pas normal de ne pas évoquer dans la foulée une autre série plus ancienne (de la chaîne AMC) sur un thème voisin : Breaking Bad (les quatre premières saisons sont disponibles en vidéo). Il s’agit là d’un autre prof (de chimie celui-ci), Walter, qui apprend qu’il est condamné par la médecine. Au lieu de sombrer, cet homme plutôt falot décide de mettre sa famille à l’abri financièrement (il a un fils légèrement handicapé) en utilisant ses connaissances professionnelles pour fabriquer de la drogue haut de gamme avec l’aide d’un ancien élève.

La série est moins intimiste que Le grand C et, dans les paysages superbes du Nouveau-Mexique, le réalisateur Vince Gilligan ne déteste pas nous offrir de nombreux effets spéciaux. Mais la philosophie profonde de Walter est celle de Cathy : tant qu’on n’est pas mort, on est vivant et même un peu plus car on n’hésite plus à affronter société arrogante et démons intimes.

Après cela, on ne peut plus dire que la série TV est une forme artistique mineure : elle a tout d’une grande.

breaking bad

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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Un commentaire pour The big C / Le grand C

  1. Emmanuel dit :

    Ah si cela met en scène une professeure d’histoire, je veux bien. Donc elle a tout d’une grande comme une certaine équipe de Nice déjà chroniquée sur ce blog il y a quelques mois…….

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