The great Luhrmann

Ouverture festival de Cannes

Coup d’envoi ce mercredi du 66e Festival de Cannes, avec une cérémonie d’ouverture plutôt bon enfant où, avec la salle conquise, nous avons applaudi debout pendant de longues minutes un Steven Spielberg à la fois humble et chaleureux, tout en admirant la très grande « Aussie girl », Nicole Kidman, qui, du haut de ses talons échasses, dominait de deux ou trois têtes les autres membres du jury.

Trois films pour commencer, trois beaux films qui augurent bien d’un festival qui « smell good » selon l’expression d’Yves Montand ici même il y a quelques années.

Leonardo DiCaprio  et Baz LuhrmannThe Great Gatsby, Baz Luhrmann (Australie-USA)

On avait reproché en 1974 à la version de Gatsby le Magnifique réalisée par Jack Clayton avec l’inoubliable Robert Redford un certain classicisme. Rien de tel avec le film de l’Australien Baz Luhrmann proposé hors compétition lors de la séance d’ouverture.

Pendant une bonne demi-heure, on est même déstabilisé par cette espèce d’opéra-rock avec 3D (je reste très sceptique sur l’apport esthétique de cette technique…), musique assourdissante et anachronique, couleurs criardes, incrustations graphiques sur l’écran et images de synthèse zoomées comme dans un jeu vidéo. On y perd un peu son Fitzgerald !

Puis on s’installe dans cette réécriture cinématographique de l’œuvre littéraire car on se rend compte qu’elle en respecte l’esprit sans avoir peur parfois d’en côtoyer les mystères. A l’image d’un Leonardo DiCaprio qui campe un Gatsby aussi tourmenté que magnifique.

Après Moulin Rouge, Luhrmann, révélé à Cannes en 1992 par le délicieux Ballroom Dancing que nous avions tant aimé à l’époque, nous donne la preuve définitive de son appartenance au petit club des réalisateurs capables de nous expliquer le monde en le passant au tamis de leur univers personnel.

Heli, Amat Escalante (Mexique)

A la suite d’un larcin perpétré par le petit ami de la fille de la maison, une famille se trouve confrontée à la vengeance de trafiquants de drogue. L’occasion pour le réalisateur de montrer (et donc, on peut le supposer, de dénoncer) l’hyper violence de la société mexicaine. A l’image de ces adolescents qui assistent et participent à une séance de torture (à côté de laquelle celle de Reservoir Dogs est à ranger du côté de la Bibliothèque Rose) sans plus d’émotion que quelques minutes auparavant quand ils jouaient à des jeux vidéos. Impressionnant.

Jeune et jolie, François Ozon (France)

Après une « première fois » pas très réussie comme le sont, dit-on, presque toujours les premières fois, Isabelle, une lycéenne de 17 ans à l’apparence plutôt sage, devient de son propre chef prostituée. Le portrait, décliné en quatre saisons et en quatre chansons de Françoise Hardy, est d’autant plus troublant que jamais la jeune fille n’est dans la provocation ; elle est dans la construction. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas l’argent, pas vraiment le sexe (même si elle confie que l’aventure est troublante), mais le Pouvoir. Celui qu’elle prend sur les hommes mais surtout sur elle-même. Elle ne vit pas une crise d’adolescence, elle veut tout simplement brûler les étapes pour devenir plus vite elle-même et ne dépendre de personne. Intriguant.

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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2 commentaires pour The great Luhrmann

  1. Emmanuel dit :

    Ça commence bien et on attend la suite avec impatience..

  2. Cendrillon dit :

    J’adore l’ambiance du Festival de Cannes, toute cette lumière sur des stars qui brillent de mille feux, c’est un événement magique, qui se passerait presque de films exceptionnels. Il est même marqué par l’originalité des films choisis… Pour ces trois films, je ne peux pas dire grand-chose, je n’ai vu que les bandes annonces. J’aime beaucoup celle de Gatsby. Ce film a l’air de ressembler à un flacon de parfum chic et rétro, redoré et recoloré… Il donne envie. J’ai vu aussi celle de « Jeune et Jolie ». Il donne l’impression d’être un cran au-dessus des gros navets français qui passent en ce moment au cinéma. Par contre je suis déçue par son titre « jeune et jolie »… que je trouve un peu… je ne sais pas… ringard peut-être ? ou alors ça ressemble au nom d’un déo…

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