Guillaume se prend pour Sergio

Valeria Bruni Tedeschi chaleureusement applaudie à la fin de la projection

Valeria Bruni Tedeschi chaleureusement applaudie à la fin de la projection

Dès potron-minet, la lecture de Nice-Matin nous donne à sourire. J’avais toujours dit – et écrit sur ce blog – que les adversaires politiques du mariage pour tous se tairaient une fois la loi adoptée. Eh bien, j’avais tort : ils parlent… mais pour dire, à l’instar de Christian Estrosi et de Rudy Salles, tout le bien qu’ils pensent d’une réforme sociétale… que pourtant ils n’ont pas votée !

Retour au Festival : avec deux films quotidiens, l’équilibre subtil entre cinéma, copies à corriger et dossiers du Conseil général est à peu près tenable. A trois films, il faut passer au funambulisme. Cefut le cas aujourd’hui.

Wara no tateWara no tate, Takashi Miike (Japon)

Un milliardaire offre une fortune à celui qui tuera l’assassin présumé de sa petite-fille qui, arrêté, doit être transféré d’une lointaine province à Tokyo. Une poignée de policiers doit donc le protéger contre des millions d’ennemis potentiels.

Etat de droit contre esprit de vengeance, l’affrontement ne manque pas de noblesse. Mais la réalisation spectaculaire et parfois même grandguignolesque (à la manière des films d’action de Hong Kong) fait perdre beaucoup de force au propos initial.

Blood tiesBlood ties, Guillaume Canet (France), Hors compétition

Fort de son succès avec Les petits mouchoirs (qui m’avait laissé plutôt perplexe), Guillaume Canet a voulu faire son Il était une fois l’Amérique. Mais n’est pas Sergio Leone qui veut même avec james Caan dans la distribution.

Blood ties nous fait assister, dans le New-York des années 70, au face à face entre Chris, le gangster, et Franck, le flic, deux frères qui se disputent par ailleurs l’amour de leur père Léon.

Canet, visiblement intimidé par l’énormité de l’entreprise, est plus dans l’imitation de réalisateurs américains ou de Leone que dans l’affirmation d’un univers personnel qui aurait pu s’enrichir de cette aventure outre-Atlantique.

A ne pas manquer : Marion Cotillard en mère maquerelle. Encore une scène culte que ne manqueront pas d’exploiter quelques esprits moqueurs.

Un château en Italie, Valeria Bruni Tedeschi (France)

La réalisatrice ne cache pas son objectif : nous offrir un film autobiographique sur sa famille de la grande bourgeoisie du Nord de l’Italie. Pour forcer le trait, le rôle de sa mère est tenu par sa propre génitrice, la belle-doche de N. S. !

Une scène résume assez bien un château en Italie. L’héroïne (VBT elle-même) entre dans une église et se masse pendant quelques secondes le nombril avec de l’eau bénite. Tout est dit à ce moment-là : il s’agit bien de nombrilisme et on a devant certaines scènes du film le même sentiment de gêne que l’on a devant l’album de photos d’une famille qui n’est pas la sienne.

Dommage, car quelques séquences nous rappellent que Valeria a du talent. C’est peut-être pour cela qu’elle a été chaleureusement applaudie par la salle à la fin de la projection.

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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Un commentaire pour Guillaume se prend pour Sergio

  1. Emmanuel dit :

    Normalement, c’est pas un château en Espagne ?
    Je confirme, Guillaume Canet doit être à des années lumières de Sergio Léone. La comparaison était plus qu’osée !

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