Le vieil homme et la mer

Robert Redford, All is lost

Un thriller branchouille un peu vain, un exercice de style époustouflant servi par une star mondiale et un joli petit conte africain avec une actrice inconnue pleurant devant la public du Palais qui l’applaudit debout : c’était une de ces journées éclectiques et pleines de surprises qui font aimer Cannes.

Florence et DominiqueSans oublier un déjeuner avec Madame la Délégué générale de l’ARP, Florence, notre ancienne étudiante, pour avoir les dernières informations de Bruxelles où se joue un bras de fer extrêmement important entre Européens sur la notion d’exception culturelle.

Only God forgives, Nicolas Winding Refn (Danemark)

A Bangkok, Billy, un Américain reconverti dans l’organisation de combats de boxe est assassiné. Sa mère débarque des Etats-Unis pour exiger de son autre fils, Julian, qu’il venge son frère. Une mère un tantinet abusive (quand on lui annonce que son fils a violé et tué une fille de 16 ans, elle répond : « il avait sûrement ses raisons » !) qui va, par son intransigeance provoquer un déchaînement de violence dont elle sera victime avec son fils survivant.

Winding Refn nous fait ni plus ni moins que du Tarantino (du Thaïrentino dirait Bernard), l’humour en moins, le maniérisme en plus. D’où un sentiment de déjà vu et la confirmation que le réalisateur danois est loin d’être le petit prodige que le Festival avait célébré, à ma grande stupéfaction, en 2011 pour Drive, un autre thriller déjà bien banal.

All is lost, J.C Chandor (USA)

Au cours d’un voyage en solitaire à travers l’Océan Indien, un homme découvre en se réveillant que son voilier a heurté un container flottant à la dérive. Privé de radio, avec un bateau inéluctablement condamné à couler, le marin, qui n’est plus très jeune, va se battre, seul.

Ce film est incroyable. Pendant une heure quarante-cinq, le réalisateur n’utilise aucun effets spéciaux, aucune facilité de scénario, se contentant de filmer un homme seul face aux éléments déchaînés. Cet homme seul, dont on ne connaîtra rien et qui ne prononcera en tout et pour tout que trois ou quatre mots, c’est Robert Redford, à la fois puissant et tout en retenue, à des années lumière ou plutôt à des miles marins de Gatsby le Magnifique.

La salle du Festival, scotchée par le spectacle de cet homme déjà âgé, luttant avec obstination, n’en est pas encore revenue.

GrigrisGrigris, Mahamat-Saleh Haroun (Tchad)

Grigris, le danseur boiteux, et Mimi, la pute métisse au grand cœur, après quelques péripéties, s’enfuient dans un village pour échapper aux méchants trafiquants d’essence qui leur veulent beaucoup de mal.

Une histoire naïve et charmante qui permet à tout un continent de participer à la fête cannoise. C’était une bonne idée de le sélectionner.

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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Un commentaire pour Le vieil homme et la mer

  1. Emmanuel dit :

    ou le vieil homme et l’amer !

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