Roman SM

La Vénus à la fourure

« Mads Max » était ce matin le titre de la rubrique cinéma de Nice-Matin, exactement le titre de mon billet d’hier sur ce blog (posté vers 20 heures)… Faut croire que les grands esprits se rencontrent !

Sinon, les 22e, 23e et 24e films de ce Festival confirment, s’il en était besoin, l’excellente tenue de l’édition 2013.

La Vénus à la fourrure, Roman Polanski (France)

Dans un théâtre, Thomas, metteur en scène, auditionne à contre-cœur Vanda, une actrice désinvolte et extravagante pour un rôle dans une pièce qu’il a adaptée d’un roman de Léopold Von Sacher-Masoch.

Peu à peu, il est subjugué par la femme et s’installe entre eux une relation sado-maso qui, bien que virtuelle, est profondément dérangeante pour cet intellectuel misogyne corseté par ses certitudes. Le face-à-face entre Emmanuelle Ségnier (Mme Polanski à la ville) et Mathieu Amalric, drôle et cruel à la fois, est époustouflant de virtuosité. Il n’est pas dépourvu de profondeur comme quand, par exemple, il pose la question du véritable dominant dans la relation SM.

Zulu, Jérôme Salle (France-Afrique du Sud), Hors compétition

ZuluAli (Forest Whitaker), chef de la police criminelle de Cap Town d’origine zoulou, enquête avec son équipe sur l’assassinat d’une adolescente blanche de la bonne société afrikaner.

En fait, l’intrigue étant secondaire, Zulu est moins un film policier qu’un film témoignage sur l’extrême violence de cette société sud-africaine qui, malgré Mandela et les commissions de réconciliation, a du mal à s’extraire de son passé d’apartheid.

Un constat d’autant plus navrant que nous avions respiré une tout autre atmosphère lors de voyages en 1993 et 1995 en Afrique australe. Zulu est là pour nous expliquer que rien n’est réglé dans ce grand pays qui pourtant porte les espoirs du continent africain.

Sur le plan du cinéma pur, ne pas manquer l’impressionnante dernière scène dans les décors grandioses de Namibie.

Only lovers left alive, Jim Jarmusch (USA)

Only lovers left aliveEtait-ce parce que le film de Jarmusch était le dernier après dix jours de cinéma, mais j’avoue être passé un peu à côté de cette histoire d’amour entre Adam et Eve, deux vampires qui, de Détroit à Tanger, promènent leurs déprimes et leur petit discours écolo (le sang des humains est impropre à la consommation car contaminé… surtout celui des musiciens !)

Bien sûr, c’est du Jarmusch superbement filmé avec des tableaux d’une grande élégance et des atmosphères sophistiquées.

Je n’ai pas accroché à ce film de genre qui hésite entre l’hommage et la caricature (la sucette glacée à l’hémoglobine !) Mais peut-être suis-je injuste ? Promis, je le reverrai bientôt.

Publicités

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
Cet article, publié dans cinéma, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Roman SM

  1. Cendrillon dit :

    Je savais bien que les journalistes finiraient par piocher ici… 😉

  2. Emmanuel dit :

    Forza Paolo pour la palme !

  3. Oui Paolo mais aussi Kechiche et Farhadi…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s