Torrin et Grassi : barbarie européenne

Torrin et Grassi

L’été niçois est traditionnellement encadré par deux cérémonies pleines d’émotion renvoyant à l’été 1944.

Le 28 août, on fête joyeusement la Libération de la ville, notamment au cœur du 5e canton, près du Passage à niveau (voir, sur mon blog, le billet Palais Stella, en date du 29 août 2006).

Le 7 juillet, par contre, la tristesse est de mise puisque nous nous retrouvons devant les stèles d’Ange Grassi et Séraphin Torrin, les deux résistants FTP (francs-tireurs et partisans) pendus par les Allemands, qui voulaient effrayer la population, après quelques opérations de Résistance particulièrement audacieuses.

L’horreur fut à son comble quand on obligea les passants à défiler devant les suppliciés dont les corps furent suspendus trois heures durant. Cet événement tragique est encore très présent dans la mémoire collective niçoise. C’est que les témoins sont encore nombreux. Ainsi, pas plus tard que cette semaine, ma belle-mère, Thérèse, nous rappelait avoir vécu, enfant, cet épisode douloureux.

Ce soir, le jour décline sur l’avenue – redevenue de « La Victoire » – et je me dis que grâce à l’Europe et à ses fondateurs plus jamais nous n’aurons à revivre la barbarie de ces guerres civiles européennes. Dans l’atmosphère tiède de ce début d’été, je pense que ce progrès humain aurait comblé Ange Grassi et Séraphin Torrin.

Stèles de Torrin et Grassi, avenue Jean Médecin

 

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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15 commentaires pour Torrin et Grassi : barbarie européenne

  1. « plus jamais nous aurons à revivre la barbarie de ces guerres civiles européennes » : puisses-tu dire vrai ! 68 ans sans guerre (généralisée)… c’était hier.

  2. JOSÉ dit :

    tu as raison Patrick !!!! voilà un épisode de cette guerre qui ne peut laisser insensible, surtout lorsqu’on en connait certains détails sordides.
    Ange et Séraphin étaient des amis intimes de mon père, c’est une des raisons pour lesquelles toute notre famille est sensible à cette commémoration.

  3. Annie Goiran dit :

    c’est un scandale un acte pareil sans oublier le Terrain des Fusilles à l’Ariane mes parents ont vu l’horreur de plus je suis nee le 04 12 1944 faites le rapprochement, je crois que les NICOIS ONT LA MEMOIRE TRES COURTE……salutations annie

  4. parsus dit :

    ce qui sait passé dans les Balkans il y a quelques années ce n’était pas une guerre civile …
    ah oui c’est vrai ce n’était pas une guerre GENERALISEE.
    je ne suis pas sur que l’Europe puisse être fière de son comportement a cette période de son histoire.
    dit moi monsieur Mottard pour que j’essai d’être a la hauteur de ce blog ( je sais au vu des personnes qui écrivent ici cela va être difficile )
    les élus du départements et de la régions n’ont pas le droit de porter l’écharpe tricolore ?????
    bonne journée
    parsus

    • Les parlementaires peuvent porter l’écharpe tricolore.

      Pour les élus locaux, les articles D. 2122-4 et suivants du Code général des collectivités territoriales disposent que peuvent porter l’écharpe tricolore :
      – les maires dans les cérémonies publiques et toutes les fois que l’exercice de leurs fonctions peut rendre nécessaire ce signe distinctif de leur autorité ;
      – les adjoints dans l’exercice de leurs fonctions d’officier d’état civil et d’officier de police judiciaire, et lorsqu’ils remplacent ou représentent le maire en application des articles L. 2122-17 et L. 2122-18 du Code général des collectivités territoriales ;
      – les conseillers municipaux lorsqu’ils remplacent le maire en application de l’article L. 2122-17 ou lorsqu’ils sont conduits à célébrer des mariages par délégation du maire dans les conditions fixées par l’article L. 2122-18 du Code général des collectivités territoriales.

      Patrick a porté l’écharpe tricolore quand il était conseiller municipal et que, sur délégation du maire, il officiait à l’occasion d’un mariage.

      Cependant, les conseillers régionaux utilisent parfois une écharpe aux couleurs de la région (rouge et jaune), mais elle n’a rien d’officiel. Quand Patrick était conseiller régional, il ne la mettait pas car il trouvait que ça le faisait ressembler à une majorette 😉

  5. En fait il y a eu une guerre en Yougoslavie par défaut d’Europe… mais je suis d’accord avec vous, il n’y a pas quoi d’être fier… D’ailleurs, reprenez mon billet sur la Croatie !

  6. Tina Scott dit :

    Mon père à moi fut blessé au Mont Boron par une mine, il était résistant et radio … Il se sauva de l’hôpital pour fuir la gestapo. Je pense souvent à ceux qui ont souffert et donné leur vie pour notre liberté, comme Ange Grassi et Séraphin Torrin, alors avenue de la Victoire certes, mais si on regarde vers l’avenir on pourrait peut-être préférer avenue de l’Europe ?

  7. Gérard Chiuchi dit :

    Moi aussi mon père a sauté sur une mine anti-personnelle sur la plage d’Eze, lui arrachant presque toute la jambe gauche, à la fin de la guerre en 1945. Pas de chance, alors qu’un contrat pour jouer en équipe professionnelle de L’OGCNice venait de lui être proposée par M Laurent Brun, car avec la fin de la guerre le 8 Mai 1945, tout les championnats de foot reprenaient avec la paix enfin retrouvée. Dommage pour lui, car en plus d’être un patriote, un résistant, c’était un grand sportif et excellent footeux. Alors oui, peut-être rebaptisons « l’Avenue » du nom de l’Europe, au moment où le Gym attaque sa campagne européenne, pourquoi pas un clin d’œil donné à l’avenir!!!

  8. Gérard Chiuchi dit :

    Chaque 28 août je pense à mon pauvre père, qui avec ses camarades FTPF aux premières lueurs du jour, ont lancé l’attaque au passage à niveau pour libérer Nice de l’occupant allemand. Mais aussi du fardeau fasciste et pétainiste, dans lequel la ville de Nice baignait depuis 1940 et l’arrivée au pouvoir du « maréchal »! Ce qui valut à Jean Medecin, maire de Nice à l’époque, cette fameuse phrase: « Nous allons faire de Nice la sœur ainée de la révolution nationale » (sic) Après faut pas s’étonner que cette pauvre ville vomisse toujours des relents de racisme et de nationalisme 70 ans après. Et quand je pense que ce triste personnage (Medecin) donne son nom à la grande artère populaire de Nice, décision que nous devons à son moins triste et sulfureux fils du prénom de Jacques, j’ai envie de gerber. Mais remettez-moi « l’Avenue de la Victoire », ne serait-ce que pour la mémoire de tout ces démocrates , humanistes, patriotes et progressistes qui ont donné leurs vies pour la France, mais aussi pour effacer de notre mémoire ce nom de famille qui déshonore ma conscience de vieux niçois depuis 4 générations.

  9. Emmanuel dit :

    Gloire à ces héros qui ont sauvé l’image de la France par leurs combats et leur sacrifice et rappelons la mémoire des hommes de 1945 qui disaient « plus jamais ça ».
    L’espoir de l’Europe c’était aussi la paix car le nationalisme c’est la guerre ! Alors c’est vrai tout n’est pas parfait et que pèsent 68 ans de paix face à toute une histoire de guerres et de conflits ?
    La paix, ce n’est pas grand chose et à la fois cela tient du miracle. C’est peut être ça aussi le rêve européen !

  10. Elsa Rubinstein dit :

    Cérémonie très décevante,aucune intervention, aucun discours, pas même le classique discours du lauréat du Concours National de la Résistance… Puis la fanfare des pompiers qui joue la Marche de la Deuxième Division blindée du Général Leclerc… complètement hors sujet!!!

  11. Philippe Biancheri dit :

    Gérard – Le cousin de mon père, Louis Armand, eu la jambe emporté par une mine alors qu’il allait à la pêche à l’aéroport , fin 44. Il devait signer un contrat pro dans une équipe cycliste. C’est étrange , ces destins parallèles …. jambe, mine, sport pro

  12. Gérard Chiuchi dit :

    Coïncidence??? Eh bien moi mon père également, c’est en allant à la pêche à Eze. Tiens Philippe, tu en veux encore une de coïncidence, les prénoms de mon père ce sont: Ludovic, Armand, Michel, et son frère qui était FTPF comme lui s’appelait Louis…….jambes, mines, sport pro et prénoms. C’est quoi la suite???????

  13. Christophe Ghiglione dit :

    Je me souviens de mon grand père Félix Ghiglione, FTPF, qui me racontait cet épisode terriblement douloureux de l’occupation de Nice dans les années 1940. On l’avait fait passer, avec d’autres, sous les corps de Torrin et Grassi, pour l’ intimider.

  14. Philippe Biancheri dit :

    Je m’étonnerai toujours du silence autour de la libération de Nice …. avant , pendant et surtout juste après. Il y a eu des histoires troubles dans les 2 sens. Je pense qu’il serait bien qu’une vérité sereine soit mise en lumière afin d’avancer tranquillement

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