Les Universités d’été

 

Voilà revenu le temps des Universités d’été.

J’ai participé plus d’une fois à celle du PS avant même que La Rochelle en soit la destination définitive.

Sur le plan humain, c’était plutôt agréable car la manifestation était une sorte de rabiot de vacances dans un lieu d’hébergement collectif qui relevait plus de l’Education Populaire que du Club Méd. Une occasion unique de rencontrer des militants d’autres régions et l’opportunité, pour les plus modestes d’entre eux (ceux qui ne font pas partie des instances nationales), de parler – superficiellement – avec les dirigeants du Parti et les grands élus en général, étonnamment détendus et disponibles.

Bien sûr, nous étions au PS et la journée était jalonnée de réunions de courants, de tendances, de clans et de comités Théodule. Mais, chose rare dans ce grand parti si peu fraternel, il arrivait même que des militants de courants différents parlent ensemble…

Mais, sur le plan politique, il faut être clair : c’était un pur exercice de communication comme toutes les Universités d’été. Noël Mamère, ancien journaliste, m’a bien fait rire quand il a affirmé ne pas vouloir se rendre cette année à l’Université de son parti car le débat y serait absent…

Il s’agit de montrer des images, celles d’un parti rassemblé et uni. Il s’agit de faire passer des messages, ceux soigneusement préparés par les dirigeants (ou les ministres quand le parti est au pouvoir) pour profiter des médias.

Car c’est une autre caractéristique de ces manifestations : une présence exagérée des médias dans un lieu fermé où, pendant trois jours, il ne se passe pas que des choses essentielles.

C’est donc l’occasion pour chacun de vérifier la théorie d’Andy Warhol sur le quart d’heure de célébrité. Je me souviens d’un militant un peu balourd et tout à fait folklo cerné par une meute de journalistes et de caméras, tel un DiCaprio de la social-démocratie niçoise, parce qu’il avait eu le bon goût d’interpeller gentiment Jack Lang à l’heure de la sieste…

Ce qui sortira de l’Université de La Rochelle, comme de celle des autres formations politiques, ne sera pas forcément inintéressant ; mais il faut savoir que nous sommes dans la pure communication de messages préparés à l’avance et non dans l’effervescence d’un débat. De fait, on peut dire que ces « Universités » usurpent leur nom.

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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12 commentaires pour Les Universités d’été

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  2. bernard gaignier dit :

    Je garde un souvenir ému de la première université d’été ou j’ai été à Risouls.
    C’était en 1989. J’avais pu avoir en aparté une longue discussion avec Pierre Beregovoy à propos d’un conflit qu’il y avait alors au ministère des finances. Grand souvenir de sa simplicité et de sa capacité d’écoute.
    Et puis…..on s’était bien amusé!!!!

  3. Cendrillon dit :

    Au fait pourquoi ça s’appelle « les universités » et seulement en été ???

  4. bernard gaignier dit :

    C’est vrai. Parfois ça pourrait s’appeler les maternelles d’été

  5. Emmanuel dit :

    Bon c’est pas une université car en politique c’est plutot figé au niveau des idées et au niveau spectacle c’est quand même pas les Franco ! Mais ce que j’ai vu m’a l’air quand même plus sympa que le congrès de Reims. Salut Bernard ton anecdote avec Bérégovoy est plutot touchante !

  6. Pascal Vuotto dit :

    Voilà au moins un billet qui ne pourra pas être taxé de langue de bois ou  » d’opération de communication ».

  7. Christian V dit :

    Analyse d’autant plus juste qu’elle vient d’un ancien du sérail (pardonnez l’expression, je n’ai rien trouvé d’autre).

  8. Rien à redire. En effet, des grands espaces de l’Alaska aux petites chapelles – plus ou moins orthodoxes elles-aussi – de La Rochelle, ça doit faire une sacré décalage !
    Quand je vois (en zappant dans le PAF nullissime) les stars du PS, dont l’arapède bipolaire Ségolène, avancer en se pavanant, un sourire béat et satisfait aux lèvres, au milieu des photographes et des militants(?) se pressant comme auprès de rockstars, ça me donne, excusez-moi, envie de gerber. Et on se moque des Monégasques, des Anglais et même des Nord-Coréens (oui, je sais, j’exagère un peu) qui admirent leurs princes au balcon ! On en est encore là, à gauche, en 2013, à participer sans vergogne et même avec complaisance au storytelling permanent qui tient lieu de politique.
    Et qui paye tout ce bazar ? (En ces temps de transparence, j’aimerais bien voir les comptes) C’est nous ! Allez, pourquoi pas une petite » taxe La Rochelle » !
    C’est pathétique.

    • Cendrillon dit :

      Il faudrait inventer un nouveau modèle… moins ringard, que ce soit à gauche comme à droite… Mais en attendant, faut faire avec ! 😉

  9. Cendrillon dit :

    Pour échapper à la taxe carbone, j’ai la solution !!! Faites comme ce monsieur ! 😉

  10. Sami dit :

    J aimais bien cette ville de la Rochelle , mais depuis quelques temps je la trouve de plus en plus polluée surtout en fin d été ! Je ne sais pas trop pourquoi !

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