Festival d’automne (1)

Patrick Mottard, Perpignan

La semaine de vacances universitaires de la Toussaint a le mérite de permettre aux cinéphiles un peu surbookés par ailleurs de combler une partie de leur retard.

C’est ainsi qu’entre le cinéma municipal d’Argelès-sur-mer, le complexe Mega-Castillet à la périphérie de Perpignan et le Castillet du centre ville (la plus ancienne salle commerciale de France), nous avons pu voir six films : l’extraordinaire duo spatial Sandra Bullock-George Clooney, les amours tragiques des amants du Texas, le dernier Woody Allen, l’hallucinante odyssée du Snowpiercer, la première comédie de Sandrine Kimberlain, mon actrice favorite, et le seul film de la sélection à notre avis un peu mou du genou : Les conquérants.

Cinq films remarquables sur six, on peut donc dire que les vendanges ont été plutôt bonnes.

Voyons plus en détail les trois premiers (par ordre chronologique de vision).

Les conquérants, Xabi Molia (France)

Le premier film vu est celui qu’on aurait pu ne pas voir. Galaad et Noé, deux demi-frères, sont chacun dans leur genre (un acteur et un entraîneur de foot) des loosers pathétiques qui se mettent à jouer la recherche du Graal à l’envers. Il s’agit en effet pour eux de restituer la relique dérobée par leur père il y a des années pour se débarrasser de la supposée malédiction qui les poursuit.

Road movie poussif, tentative de critique sociale, tantastique bricolé, Les conquérants est un pudding un peu indigeste de bonnes intentions inabouties.

Les amants du Texas, David Lowery (USA)

Il s’agit de l’histoire d’amour plutôt contrariée de Bob et Ruth. Le premier, malfrat malchanceux, s’évade de prison pour rejoindre sa femme et sa fille née pendant sa captivité. Le scénario a la minceur d’une feuille de papier à cigarette mais le film a la beauté sèche d’une tragédie grecque avec une poignée de personnages au destin bousculé mais d’une grande beauté morale.

Gravity, Alfonso Cuaron (USA)

Isolés dans l’espace après la destruction de leur navette spatiale, Ryan (Sandra) et Matt (Clooney) tentent de revenir sur terre. Gravity restera pour moi le film qui m’a enfin fait comprendre l’utilité esthétique de la 3D : le spectacle est à couper le souffle. L’histoire a le bon goût de nous épargner les considérations New Age qui encombrent généralement ce genre de production. Presque aussi palpitant et poétique que le Tintin de On a marché sur la lune.

(À suivre)

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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6 commentaires pour Festival d’automne (1)

  1. alaind dit :

    Bonjour,

    Vu hier soir Blue Jasmine : un excellent moment!

  2. Françoise Dos Santos dit :

    merci pour tes commentaires des films !

  3. Emmanuel dit :

    Bon bin là je passe mon tour !

  4. nicolas dit :

    Vous avez raison : la 3D trouve enfin son utilité depuis Avatar (celle de Prometheus était pas mal non plus). Pour autant, hormis l’aspect spectaculaire de l’expérience, je n’ai pas été convaincu par le symbolisme lourdingue de cette histoire tire larmes. J’explique tout ça en profondeur : http://bit.ly/17BMjMQ
    Je n’ai pas vu les autres films.

  5. véro dit :

    Le festival d’automne a l’accent des quatre cent coups. Je ne sais pas si le cartable était dissimulé dans une arrière cours mais cela en a tout l’air! Pour ma part une expérience originale et involontaire: se retrouver avec cinq enfants lunettes trois D sur le nez devant le début d’une tirade de Kiberlain et se retourner pour constater que personne ne porte de lunettes du genre. « Merde… c’est 9 mois! Et avec quatre enfants, c’est presque un acte manqué! ». Je retiens le soulagement de ma voisine inconnue: « Je me disais aussi… c’était bien audacieux. » Nous avons fini par trouver et apprécier le dernier film de Jeunet, plus politiquement correct certes.

  6. Ping : Festival d’automne (2) | Le blog de Patrick Mottard

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