La Libé, c’est nous aussi !

Patrick Mottard

Je ne suis pas un fanatique des inaugurations en tout genre qui se multiplient en période pré-électorale, mais je tenais ce matin à avoir toute ma place sur la tribune élevée devant la gare du Sud pour inaugurer la première tranche des travaux de rénovation de la «vieille dame de la Libé».

En effet, si le maire actuel n’est pas sans mérite dans ce dossier à rebondissements (en 1993, il empêche une première tentative de démolition et en 2008, dès son élection, il sanctuarise le lieu), sa détermination connaît un terrible coup de mou au moment où Jacques Peyrat voulut détruire la gare pour construire une nouvelle mairie. Craignant probablement d’aggraver les relations déjà exécrables avec le maire de l’époque, Christian Estrosi fut aux abonnés absents pendant toute cette période.

Conseiller général du canton, chef de l’opposition au Conseil municipal, il me fallut organiser la résistance avec, il est vrai, l’aide de Wanda Diebolt, niçoise d’origine et directrice de l’Architecture et du Patrimoine au ministère de la Culture. Avec les associatifs (je pense pus particulièrement à Louis Delaneff et Mohamed Rafaï) et une bonne partie de la population niçoise, j’avais pu obtenir ainsi, au bout de quatre ans de mobilisation le classement par la ministre de la Culture socialiste Catherine Tasca, après un rendez-vous âpre mais finalement positif.

C’est à ces amis souvent anonymes que je pensais ce matin, fier d’avoir contribué à la sauvegarde d’un pan de la mémoire niçoise, «cette porte qu’on traversait» (voir sur ce blog mon billet du 22/04/2008).

Du coup, du haut de ma tribune, je pus me laisse aller à mes propres souvenirs en ayant «un dernier regard tendre et nostalgique vers l’emplacement du banc où, une nuit de juillet, le petit Kerouac de la Libé rêvait sa vie…» (Fragments de Nice, fragment 10).

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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14 commentaires pour La Libé, c’est nous aussi !

  1. Sylvette Maurin dit :

    Absolument ! E très juste !

  2. Florence Gastaud dit :

    Mais qui sont ces 2 types à côté de toi patrick? tes gardes du corps?

  3. Cem Atesler dit :

    J’y étais ce matin

  4. Emmanuel dit :

    Beau moment même si en effet l’action essentielle de PM ne fut pas évoquée. Ah que c’est ingrat la politique !!! Mais pour paraphraser une phrase célèbre  » les Niçois y reconnaitrons les siens « 

  5. Cendrillon dit :

    Bravo et Merci ! 😉

  6. bernard gaignier dit :

    ça me rappelle un mauvais texte brillamment interprété….Uluru ou es tu?????

  7. alaind dit :

    Félicitations et encouragements!

  8. Depuis hier, je découvre sur les réseaux sociaux que 2543 personnes sont les « vrais » sauveurs de la gare du sud… et ce n’est pas fini ! Bon, au début cela m’a amusé mais là ça m’énerve, donc comme dirait l’ami Audiard… »j’explique »: Wanda Diebolt directrice du patrimoine au ministère de la culture lit ma prise de position dans la presse, elle me contacte car niçoise elle veut m’aider. Pendant deux ans nous nous parlons plusieurs fois par semaine. Partage du travail : elle « prépare » la ministre Tasca qui comme tous les ministres de gauche n’a pas trop envie de s’opposer à un maire de droite ; de mon côté je dois organiser une mobilisation citoyenne. La décision sera prise après une réunion âpre au ministère avec quatre personnes : Tasca, Simone Monticelli du PC et Mari-Luz Hernandez des Verts car, leader de l’opposition, j’associais toujours mes partenaires aux décisions importantes. Bien sûr j’étais le quatrième.
    Pour la mobilisation deux Niçois de la Libé vont faire un travail extraordinaire : Louis Delanef et Mohamed Rafai, ils étaient anonymes dans la foule samedi mais, au milieu des ouvriers de la 11ème heure, personne ne les a identifiés. Je le fais une deuxième fois ici…

    • Emmanuel dit :

      Tu as eu là une sacré bonne idée, la preuve tout le monde la revendique !

    • Laurent Weppe dit :

      Bah, de toute manière, le vrai sauveur de la gare du Sud, c’est Jacques Peyrat: s’il n’était pas allé proposer un projet mégalo-pharaonique remplaçant la vieille gare désaffectée par un monument clinquant à sa gloire à 150 millions d’euros décoré avec des palmiers de Madagascar, personne n’aurait été allé dire que c’était une énormité de remplacer la vieille gare désaffectée par un monument clinquant à la gloire de l’ancien maire à 150 millions d’euros décoré avec des palmiers de Madagascar.

      /sarcasme

  9. Jean-Marc Genet dit :

    Merci à vous, Monsieur. Dommage, les circonstances ont fait que vous n’êtes plus le chef de l’opposition municipale.

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