Au F.U.R et à mesure… (3e partie)

Gump à Jackson Hole

Gump à Jackson Hole (Wyoming)

(Suite de la 2e partie)

Pour achever ce triptyque, voilà le top 12 des émotions « gumpienne ».

– Deux séquences magiques :

1) PARIS : la descente des Champs-Élysées au petit matin en prenant soin d’emprunter le centre de la chaussée. Gump a ressenti une incroyable impression de liberté avec Jacques Dutronc qui trottait à ses côtés… Il est cinq heures…

2) NEW-YORK : la traversée de Central Park à l’heure où les écureuils dorment encore. Gump était en connivence avec John (Strawberry fields), Woody (Fontaine de Betsabée) et Dustin (le Thomas « Babe » Levy de Marathon man autour du Réservoir).

– Trois rendez-vous fascinants avec l’Histoire :

3) BERLIN : le passage sous la porte de Brandebourg, ce symbole de l’Europe divisée, humiliée et finalement réconciliée. L’opération d’est en ouest n’a pris que quelques secondes à Gump, mais la scène restera à jamais gravée dans sa mémoire.

4) VARSOVIE : traverser les quartiers reconstruits sur le périmètre du ghetto provoque une tristesse indicible que Gump a prolongé par une hallucination auditive. Quelques accords du pianiste de Polanski.

5) WASHINGTON : le long de Pennsylvania avenue, en reliant le Capitole à la Maison Blanche, Gump a eu le sentiment de traverser le centre du monde. Pour le meilleur et pour le pire. Mais quand deux kilomètres plus loin il longea le mémorial de Lincoln et l’esplanade où MLK a rêvé, il s’est dit que c’était pour le meilleur.

– Trois rencontres insolites :

6) CHICAGO : sans l’avoir cherché, Gump s’est retrouvé au milieu d’une manif à l’américaine, les grévistes tournant en rond en brandissant une pancarte. Il eut un court moment la sensation de participer à une scène de la série Le prisonnier.

7) SEEWARD (Alaska) : en courant tranquillement sur la promenade qui borde le bras de mer qui baigne la ville, Gump a la surprise de constater qu’un phoque facétieux va le suivre quelques centaines de mètres.

8) LAS VEGAS : le Strip, ce grand boulevard qui traverse la capitale du Nevada voit ses trottoirs souvent phagocytés par les entrées de casinos. Gump fut donc obligé de fouler la moquette des plus prestigieux établissements de la ville en croisant les joueurs noctambules qui rentraient se coucher et les joueurs du matin qui arrivaient plein d’espoir.

– Trois frayeurs circonscrites :

9) CHISINAU : la capitale de la Moldavie est connue (entre autre heureusement !) pour ses chiens errants. Gump eut donc la mauvaise surprise de se faire courser par deux molosses dans un quartier excentré. Il fit l’expérience de la difficulté de conserver sa dignité en pareille circonstance.

10) ATLANTA : au petit matin ce sont des centaines de sans abris qui s’éveillent, squattant avenues et places du centre ville. Intimidé, Gump n’en menait pas large. Mais, au final, il n’y eut qu’indifférence voire sympathie (discrète) à son passage.

11) MADRID : pénétrer dans le jardin du Retiro désert enveloppé par une nuit d’encre et sous un petit crachin est l’expérience la plus récente de Gump. Elle lui a appris la relativité des distances et comment deux kilomètres peuvent avoir l’épaisseur d’un continent à traverser.

– Une image poétique

12) VALENCIA : pour achever son périple à travers celle qui est une des plus belles villes espagnoles, Gump décide de courir quelques kilomètres sur l’immense plage de sable fin. C’est là qu’il vit la houle déposer régulièrement sur le rivage… des dizaines d’oranges. Aujourd’hui encore, il ne s’explique pas le pourquoi de cet étrange phénomène. Reste, dans sa mémoire, l’image de la mer bleue, de l’écume blanche et… des oranges.

Voilà pour les F.U.R.

Pour autant, Gump pratique aussi sur les routes du 71 (Saône-et-Loire) et du 66 (Pyrénées-Orientales), quand ce n’est pas pour des raisons plus exotiques (franchir le cercle polaire par exemple), le raid rural. Le coureur est dans le pré en quelque sorte. Mais ceci est une autre histoire que nous raconterons peut-être un jour.

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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11 commentaires pour Au F.U.R et à mesure… (3e partie)

  1. Emmanuel dit :

    Que c’est bon quand sport rime avec culture, ce n’est pas si souvent….Bravo Gump !

  2. Patrick Walz dit :

    En fait, et ce qui est magnifique, nous sommes avec toi dans ces lieux magiques. Bon, pas en courant, c’est vrai, trop fatiguant mais en te suivant dans une limo et te demandant de temps en temps « tout va bien Forrest ? » 😉

  3. Patrick Walz dit :

    Et le Golden Gate ? De Fishermans à Sausalito ? Voila une ballade qu’elle doit être belle…
    c’est pour quand ? 🙂

  4. Cendrillon dit :

    Je n’imprime jamais les billets, mais celui-ci oui. C’est MAGNIFIQUE ! … Je verrais bien un artiste dessiner ou peindre certaines séquences …
    Mes respects Monsieur Forrest Patrick Gump Mottard ! 😉

  5. bernard gaignier dit :

    Arrétez de lui jeter des fleurs…Les chevilles enflées…il va être obligé de changer de nike.

    • Patrick Walz dit :

      En relisant ce billet, quelle ne fut pas ma surprise de lire le commentaire de l’ami Bernard…!
      Non Bernard, les fleurs à Patrick et ce sont les chevilles de Dominique qui enflent,, un véritable travail d’equipe pour ce couple de retour sur les lieux partiellement à l’origine du mot couple ❤️

    • Patrick Walz dit :

      Je parle de Vegas, bien sur…
      Version 2014 !

  6. alaind dit :

    Attention à l’impression de billets Cendrillon… on y prend goût 😉
    La course libère l’esprit qui vagabonde au gré d’on ne sait quoi, et soudain c’est le chevreuil, le sanglier qui nous ramènent à la réalité. Courir dans une battue, sous le regard peu aimable des chasseurs rappelle le cinéma, courir dans le paysage gelé, courir le long de l’océan indien à Manapany et stopper son effort en regardant la vague et le reflet turquoise des poissons perroquets, courir l’été la tête pleine de stress et stopper, libre, en un jouissif instant de sueur, au soleil. Courir c’est super!

  7. Ping : Forest de 5 à 7 (1re partie) | Le blog de Patrick Mottard

  8. De gregorio dit :

    Quel un plaisir de traverser des parties du monde ou le temps s’arrete ( pas le coureur). Le voyage est une initiation à la découverte, au plaisir, la liberté… Je te conseille le Canada pour un run c’est « magique « 

  9. Ping : Gump 75, costaud des Batignolles | Le blog de Patrick Mottard

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