Lviv en flammes, Ukraine en question

la-promenade-de-stometrovka-a-lviv, 2010

Lviv, août 2010, photo DBM

Au-delà de l’hallucinante bataille de rues qui se déroule à Kiev, j’ai été particulièrement impressionné par les images qui nous sont parvenues de Lviv : bâtiments officiels en feu, redditions des polices et des notables progouvernementaux, quadrillage total de la ville par les manifestants… Nous sommes bien loin de la paisible cité au parfum très Mitteleuropa où nous avions passé quelques jours au cours de l’été 2010 (voir, sur le blog de Dominique Boy Mottard, « Soir d’été… à Lviv« ). Lviv où il faisait bon se promener à la fraîche sous les marronniers de l’esplanade entourée de ces immeubles aujourd’hui en flammes.

Ainsi, la ville a basculé en quelques heures du côté de l’opposition. En fait, ce n’est pas vraiment une surprise et c’est même le problème. Située à l’Ouest du pays, au sud du Dniepr, elle est naturellement ukrainienne et proeuropéenne.

La particularité de l’Ukraine est en effet d’être divisée en deux entre une partie occidentale favorable à une adhésion à l’Union Européenne et une partie orientale, à la population russophone, attachée à Moscou.

Sébastopol, Crimée, août 2006 (photo DBM)

Sébastopol, Crimée, août 2006 (photo DBM)

En 2006, après avoir respiré l’atmosphère plutôt sympathique de la révolution Orange à Kiev sur les lieux mêmes où se déroulent actuellement les affrontements, nous avions été choqués quand, en arrivant en Crimée, une province de l’Ukraine à majorité russophone, nous avions dû passer une véritable frontière avec contrôle des passeports (voir sur ce blog, « La prise de Sebastopol« ). Ce malaise persista pendant tout notre séjour dans la péninsule pavoisée largement aux couleurs de l’état russe.

Depuis que l’Europe a laissé Poutine (aidé pour l’occasion par Nicolas Sarkozy qui a joué l’idiot utile pour le maître du Kremlin) dépecer la Géorgie, la boîte de Pandore est ouverte. Du coup, il n’y a plus que deux solutions pour l’Ukraine : soit elle accepte de redevenir un satellite de la Russie, soit on organise sa partition comme ce fut le cas en Géorgie ou en Moldavie.

La violence des combats à Lviv et à Kiev montre à l’évidence que les europhiles et les nationalistes ne sont pas près d’accepter la première solution. Reste la seconde…

Kiev, été 2006

Kiev, été 2006

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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2 commentaires pour Lviv en flammes, Ukraine en question

  1. Laurent Weppe dit :

    Depuis que l’Europe a laissé Poutine (aidé pour l’occasion par Nicolas Sarkozy qui a joué l’idiot utile pour le maître du Kremlin) dépecer la Géorgie, la boîte de Pandore est ouverte.

    Le problème de l’Europe, c’est qu’elle se saoule au gaz et au pétrole russe: 32% du pétrole et 38% du gaz naturel consommés par l’Union Européenne viennent de Russie.
    Ceci explique cela.

  2. Emmanuel dit :

    A nouveau le spectre de la guerre en Europe….Rien n’est jamais définitivement acquis !

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