Une première mémorable

À la fin de la représentation du "1er mai, place Maurice Thborez"

À la fin de la représentation du « 1er mai, place Maurice Thorez »

Pour une belle première ce fut une belle première.

Tout cela commença avec un théâtre qui affichait complet depuis la veille et un surbooking réglé avec maestria par Fabienne Colson, la maîtresse des lieux, directrice du théâtre de L’Eau Vive. Pas totalement car un certain nombre de retardataires n’ont pas pu rentrer. Ils reviendront certainement après avoir lu ce billet.

Puis ce fut le happening provoqué par deux militants du Front de Gauche – plutôt sympas au demeurant – qui distribuaient un tract à l’entrée du théâtre, me reprochant, entre autres, de ne pas être Bertolt Brecht (pas de chance… je m’en étais rendu compte tout seul !) et de ne pas dénoncer dans ma pièce le Front National ou l’austérité provoquée par le gouvernement !

Bernard, Catherine, GeorgesEnfin, et c’est le principal, ce fut la pièce et la sensation enivrante pour l’auteur d’avoir été compris à la perfection par le metteur en scène et les acteurs. Quant à l’accueil du public, disons qu’il fut très enthousiaste et même plus que cela… Sur cette mise en scène à la fois imaginative et réaliste et sur la distribution homogène dans le talent, je reviendrai dès demain sur ce blog.

Didier et FrédériqueEn attendant qu’il me soit permis de saluer le travail précis et efficace à la régie de Richard et les décors vintage de Valérie M. et de Patrick C.

Et, en dédicaçant son texte à l’issue du spectacle, l’auteur s’est dit qu’il avait une sacré veine d’avoir vu son petit monde prendre vie grâce à la magie du théâtre et au talent de Bernard.

Mais ce n’était que la première et il reste sept représentations. Vous pouvez toujours réserver sur BilletRéduc.

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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24 commentaires pour Une première mémorable

  1. Emmanuel dit :

    Vivement la deuxième représentation !

  2. bernard gaignier dit :

    Pour un metteur en scène la première est toujours difficile, surtout quand il s’agit d’une pièce jamais jouée..et pour cause puisque Patrick m’a donné cette pièce avant de l’avoir publié.
    Même si les répétitions m’avaient tout à fait rassuré, la grande question? Le public va t il apprécier comme moi ce texte, allons nous réussir à tout faire passer….Et puis magie du théâtre, le rideau s’ouvre et dés le début j’ai senti le public avec nous et ce jusqu’à la fin. Une grande joie. Merci Patrick merci Fabienne, merci les comédiens et le régisseur. Encore 7 séances à vivre ce bonheur.
    Patrick je te trouve bien indulgent par rapport au tract diffusé à l’entrée par des gens du Front de Gauche. Ces gens n’ont pas vu ni lu la pièce et ils pondent un torchon uniquement au vu de ce qu’ils ont lu sur la presse. Ces gens n’ont pas compris la différence entre une fiction basée sur l’histoire et une oeuvre de propagande. Tout à fait dans la lignée de Melenchon menaçant des journaliste du Monde et de Libération..parce qu’ils n’ont pas adhéré à la vérité melenchonienne….Comme quoi les vieilles pratiques staliniennes ne sont pas mortes…et la pièce en prend encore plus d’actualité.
    Donc venez juger par vous mêmes….;il reste encore quelques places. s’il n’y en a plus sur Billetreduc, téléphonez directement au théâtre: 0493271049

    • rédaction dit :

      Laisse tomber Bernard. il faudrait expliquer à des pachydermes ce qu’est une uchronie; qu’une pièce de théâtre ne sauvera pas l’humanité, et tout et tout. On peut seulement leur conseiller de venir te voir jouer, ne serait-ce que pour les dérider. Parce que nous, on s’amuse bien !

    • Richard dit :

      Rédaction c’est Richard.

  3. merci Jean-Christophe…

  4. bernard gaignier dit :

    Z’avez raison…mais ils m’ont énervé. En plus cette référence obligatoire à Brecht. Ils sont aussi hémiplégiques politiquement que théâtralement. car si Brecht a combattu courageusement le nazisme, il a soutenu sans réserve le système stalinien soutenant notamment les dirigeants de la RDA lors de la répression contre les manifestations ouvrières de Berlin en 1953…….

    • Le Mouton Enragé dit :

      Moi aussi, ils m’ont bien fait enrager! Oser revendiquer et distribuer cet improbable écrit, dont l’insondable ineptie ne peut se concevoir à moins d’en avoir eu le texte sous les yeux!
      Le seul instant cocasse fut du à une spectatrice qui, prenant l’indigeste page (recto-verso !) de propos sans suite qu’on lui tendait, demanda au colporteur : « Dites-donc, jeune homme, pouvez-vous m’indiquer où entrer sans faire la queue? J’ai réservé, vous comprenez… »
      Tête du militant 😀
      En tout cas, l’assistance a pu avoir une intéressante idée du traitement de la création artistique si d’aventure ces tristes personnages prenaient un jour le pouvoir: l’art serait lobotomisé ou ne serait pas!
      C’était en somme la meilleure entrée en matière pour le public de la pièce, et on finirait presque par soupçonner l’auteur d’avoir placé là des comédiens incognitos pour nous offrir une sorte de hors d’œuvre.

  5. Johanna Garner dit :

    J’aurais dû être à la première mais j’ai eu contr temps, je serais là pour vous applaudir dimanche, M…. à vous tous et toutes

  6. José Boetto dit :

    Merci Patrick, Merci Bernard, Merci à tous les comédiens, Merci Richard… grâce à vous j’ai passé une soirée exceptionnelle !

  7. Alain Dupasquier dit :

    Waou le motif de papier peint! D’époque!

  8. Gerard Bony dit :

    Félicitations à tous sans oublier l’auteur de la pièce

  9. Henri Legendre dit :

    bravo! et cela ne me surprend pas !

  10. Emmanuel dit :

    Ah bon PM n’est pas Bertold Brecht ? Mais peut on être ce que l’on n’est pas ? Pas facile…..

  11. Le Mouton Enragé dit :

    Superbe soirée, vraiment!
    Une mise en scène sobre et ingénieuse à la fois (mais Bernard peut faire une mise en scène avec RIEN, que dire alors s’il dispose de quelques accessoires) servie par une brochette d’acteurs tous plus inspirés et talentueux les uns que les autres.
    Ah, les acteurs… Je m’abstiendrai ici de radoter sur tout le bien que je pense de Bernard qui devrait entamer une carrière internationale.
    Mais par qui commencer parmi ses comparses?
    L’incroyable adjoint d’opérette, mi-benêt, mi-roué, mi-couleur locale et dosant savamment ce subtil mélange au point de réussir sa propre caricature?
    Le vibrant interprète de Yann Palacci dont la jeune ardeur emporte si loin et si justement celle de son personnage?
    Mauricette, l’inébranlable faible femme, personnification de la maternité? Alexandre semblant physiquement ployer sous le poids de l’oppression subie depuis tant d’années, mais dont l’écho du cri refuse de s’éteindre?
    L’ineffable Madeleine, déjà hilarante par sa simple apparition et plus réjouissante encore à chaque mot prononcé?
    L’irritante Irina, aussi exaspérante et sulfureuse qu’on se l’imagine à la lecture de la pièce, dont la brève présence suffit à apposer son sceau de manière indélébile?
    Ou bien encore l’inattendue narratrice, parenthèse vivante qui parachève la personnalité de cette création?

    Bravo à tous pour si bien donner âme et vie à cette œuvre qui, n’en déplaise aux auteurs du détestable tract avalé à l’entrée (j’enrage encore un peu) est des plus originales dans son idée et sa conception –ceci à plus d’un titre. Par exemple, je n’ai réalisé qu’en vous voyant le génial mélange de ces deux mondes, l’un fait de pastiche, l’autre de tragique et qui cohabitent avec tant de bonheur. Hier soir j’ai ri (beaucoup), médité (un peu), éprouvé un kaléidoscope d’émotions et passé une excellente soirée avec vous. Longue vie à cette troupe et grand succès à cette œuvre!

    PS : mention spéciale à l’accueil chaleureux de Fabienne, mais aussi de l’auteur et Madame : on a vraiment l’impression d’entrer chez des amis et, ça aussi, c’est très original!

    • bernard gaignier dit :

      Merci Mouton……je suis très touché de ton commentaire car ce que tu décris est exactement ce que j’avais imaginé à la lecture de la pièce et ce que j’ai voulu réaliser. Maintenant je vais arrêter de te lire car je suis pieds nus et je ne suis pas sur de pouvoir enfiler mes godasses…..

  12. ... dit :

    Ben moi, je n’ai rien pu voir. J’étais placé trop loin… 😦 Et je regrette vraiment lorsque je lis tous ces commentaires enthousiastes.
    Au fait Manu, un jour on dira : Bertolt Brecht n’est pas Patrick Mottard.

  13. bernard gaignier dit :

    Je suis vraiment désolé. C’est vrai que le public est très nombreux. mais j’ai été très souvent spectateur dans cette salle, la fréquentant depuis son ouverture c’est à dire 1987 quant elle s’appelait l’ Alphabet, placé dans tous les endroits et on voit de partout, même si c’est vrai que plus on est proche, mieux c’est!

    • Valérie Expat From Nice dit :

      Mais non Bernard ! difficile de voir la pièce…depuis Paris ! C’est ce que je voulais dire. J’en profite pour te féliciter et espère avoir un jour la chance de venir saluer ton talent.
      Les pointillés, c’est moi.

  14. Mouton cela suffit! à cause de toi le Gaignier vient de me demander une augmentation…!

    • Le Mouton enragé dit :

      Si c’est comme ça, je vais de cette patte indiquer par le menu toutes les qualités de cet excellent acteur exploité par son vil patronat!

  15. Lara Dupree dit :

    Moi aussi, je me suis régalee et je l’ai recommande vivement …….merci a vous toutes et tous

  16. C’est à ça qu’on les reconnait…

    Du temps (que les moins de 20 ans etc. etc.) où nous militions ensemble dans un parti que l’on qualifiait alors de « sûr de lui et dominateur » (c’était donc il y a longtemps, plus précisément avant 1981 et avant 1986, année qui a vu l’entrée en masse des trotskistes au PS (et dans la haute administration, les médias, les services publics, etc – à côté d’eux, les francs-macs sont des amateurs en matière d’entrisme et de noyautage – entrée en masse qui s’est faite avec la complicité complaisante (et naïve) de certains « historiques » de ce parti et dont le résultat a été, finalement, l’état de décrépitude dans laquelle il est aujourd’hui (décrépitude qui ne touche pas, rassurez-vous, ces anciens trotskystes dont la plupart touchent de confortables indemnités d’élus) et dont l’arrivée quelque peu putschiste de Cambadélis (ancien de l’OCI) à la tête du dit parti (il trône sur les débris dont lui et ses amis sont en grande partie responsables) est en ce sens symbolique, bref, en ce temps lointain, cet ami, quand je m’offusquais qu’on laisse parler des saboteurs professionnels de réunions qui confondaient militer et trouver un auditoire à leur logorrhée narcissico-délirante, me disait – avec raison – qu’il fallait au contraire les laisser parler, car tôt ou tard, ces gens-là se tirent une balle dans le pied qui les décrédibilise et ils s’éliminent ainsi d’eux-mêmes (politiquement du moins).
    Le lecteur – que je remercie de sa patience – doit se demander où je veux en venir. Et bien précisément à la Première de la pièce de Patrick (à laquelle je n’ai pas assisté, mais j’ai une réservation pour la dernière).
    Sans jouer les devins, je m’attendais, de la part des avatars des populo-staliniens, à une manifestation de ce type.
    Le PCF et/ou le Front de Gauche (qui en effet, comme l’a dit une de ses anciennes composantes, n’est qu’ « un bateau ivre que ne rassemblent ni une stratégie cohérente ni un discours audible de la gauche et du peuple ») faute d’exister de façon conséquente dans les urnes et les assemblées territoriales (et quand il le fait, c’est grâce essentiellement à une coupable complaisance là encore du PS), existe ailleurs comme il peut.
    Il ressort donc que ce qu’il croit être de l’agit-prop n’est qu’une pathétique démonstration, grandeur nature, de ce que serait notre pays si ces gens là étaient au pouvoir : un système dirigé par une clique et ses apparatchiks, où l’on dicterait aux auteurs et aux artistes ce dont ils devraient parler, comment, avec qui, etc., bref ce qui se passait, mutatis mutandis, dans l’ex Union soviétique et ses satellites (dont heureusement nous n’avons pas fait partie, comme dans la pièce de Patrick). D’où la pertinence du propos de la pièce de Patrick Mottard et le caractère quelque peu dérangeant qu’elle a sur ceux qui estiment être la « vraie gauche », et on sait ce qu’il faut penser de ceux qui prétendent être les seuls purs et durs détenant la seule vérité et où cela a toujours mené dans l’Histoire. (il est significatif que quand certains élaborent une théorie de la perfection, avec des critères prétendument «scientifiques», il en ressort que ce sont eux qui correspondent, comme par hasard, le mieux à ces critères : il en fut ainsi de l’Allemagne nazie et de sa race des seigneurs (ou plutôt des saigneurs), et de la « patrie du socialisme » qui n’était qu’un avatar du tsarisme, précédente manifestation historique du « despotisme oriental » dont il semble qu’il connaisse un certain regain (suivez mon regard du côté de Kiev).

    Et j’ajoute, non sans quelque esprit de provocation, que même si je respecte, disons globalement, le parcours de l’homme et de l’auteur, les œuvres Bertolt Brecht – si admirables soient-elles – n’ont empêché ni la victoire du nazisme ni les exactions commises dans et par l’ex RDA (à propos de Brecht, je rappelle que les premiers qui – à l’instar de ce qui s’est passé lors de cette première niçoise – vinrent interrompre ses spectacles à partir de 1930 furent …… les nationaux-socialistes.
    L’encadrement de la culture a été de tout temps le désir et la pratique des totalitaristes, de quelque idéologie (ou religion) que ce soit. (Et il est infiniment triste de constater que dans notre belle France, celle de Rabelais, Voltaire, Diderot, Hugo – j’en passe et des meilleurs – la pensée unique, le politiquement correct et la réhabilitation du blasphème ont un tel pouvoir dans la sphère dit intellectuelle et les médias.)
    Et puisque l’on parle culture, je trouve (là également avec un esprit de provocation certain) que les « cultureux » de gauche (la « vraie » bien sûr), permanents ou intermittents du spectacle, qui ont fait de grandes déclarations sur ce qu’ils feraient si le Front national prenait la mairie de la ville où ils exercent, faisaient moins de manière quand il s’agissait de bosser dans des municipalités communistes, tenues donc par un parti qui ne cachait pas ses liens (sauf ses liens financiers) avec l’URSS, le pays du goulag et des collectivisations forcées faisant des millions de victimes, et qui n’a même pas eu la décence (et l’hypocrisie, mais il n’en est pas à une près), depuis la chute du Mur, de changer d’intitulé.
    Et j’ajoute que l’on ne peut qu’admirer (façon de parler bien sûr) leur courage politique et le peu de foi qu’ils ont dans leur art, alors qu’ils se prétendent des artistes « engagés ».

    Donc, pour en revenir à l’incident de la Première, de quel droit ces gens là osent venir perturber un spectacle, dire à l’auteur ce qu’il aurait du écrire et au public ce qu’il devrait penser ? Ce n’est même plus de l’impolitesse, de l’intimidation ou de l’orgueil nombriliste : c’est de la connerie. Mais comme disait Audiard, « les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

  17. Ping : Balade au Mont Vinaigrier | Le blog de Dominique Boy Mottard

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