WE radicalement radical

Manuel Valls-Patrick Mottard

Dire que ce week-end PRG fut dense est un doux euphémisme. Le noyau dur en était constitué par des ateliers dits «de formation des élus» sur la démocratie participative et la réforme territoriale (avec, notamment Claudy Lebreton, le très indépendant président socialiste de l’Association des Départements de France).

Mais ces trois journées furent également l’occasion de désamorcer le psychodrame provoqué par l’application désinvolte de l’accord PS-PRG pour les sénatoriales par les socialistes. Manuel Valls en personne s’est donc déplacé à Bercy aux «Salons de l’Aveyron», où se tenait la réunion, pour rassurer les radicaux à la fois sur certains éléments programmatiques (pour ma part, en matière de réforme territoriale j’estime que le compte n’y est pas) et sur la volonté du premier ministre de désormais les associer systématiquement à toutes les décisions gouvernementales.

Ce week-end était également programmé un fort intéressant débat sur les institutions et la nécessité d’une VIe République, même si l’évolution souhaitable des institutions est dictée par la nature même de leur mal : une hyper présidence incompatible avec une démocratie moderne.

Patrick MottardJe l’ai moi-même rappelé au cours d’une table ronde qui réunissait Rama Yade, le constitutionnaliste d’EELV Bastien François et un représentant du mouvement de Robert Hue. En trois affirmations :

En France, comme en Europe, un régime présidentiel est impossible. Nous ne sommes pas aux USA (ou d’ailleurs le système fonctionne assez mal).

Nous devons résolument nous inspirer de nos voisins européens en initiant un véritable régime parlementaire avec une séparation souple des pouvoirs.

Ce régime parlementaire peut parfaitement être dualiste avec un Président élu au suffrage universel qui aurait un rôle d’arbitre redéfini (un intervenant suggérant qu’il s’occupe du long terme et de la prospective).

On le voit, créer la VIe République n’est pas si compliqué. Il suffit d’un peu de volontarisme politique pour faire évoluer des institutions à bout de souffle.

Trois jours de travail intense, c’était peut-être un peu trop pour Gump qui, du coup, n’a pas pu s’empêcher de s’élancer sur le coup de 5 heures du matin pour un petit raid de 16 kilomètres entre Bercy et la place Vendôme (où il constate la disparition de la sculpture de Paul McCarthy), et retour… of course ! Une course nocturne qui ne lui permit pas de décrocher la lune mais, plus modestement, de la photographier.

Croissant de lune

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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3 commentaires pour WE radicalement radical

  1. Stéphane Mangion dit :

    Entièrement d’accord avec toi Patrick, sur la réforme des institutions et la nécessité d’établir un régime parlementaire en France, beaucoup plus adapté à notre « profil » de démocratie : la petite taille de notre pays et le besoin de « dépersonnaliser » le pouvoir et le rendre plus efficace à réformer !

  2. Emmanuel dit :

    Les changements de République ont souvent été provoqués par de graves crises politique et social. Nous y sommes peut être !

  3. Laurent Weppe dit :

    En France, comme en Europe, un régime présidentiel est impossible. Nous ne sommes pas aux USA (ou d’ailleurs le système fonctionne assez mal).

    Je blâme (J’Accuse!) ceux qui ont très mal traduit Montesquieu en Français moderne: quand le Baron de la Brède (né sous le règne de Louis XIV et ayant fait carrière entre la régence et le règne de Louis XV: le Français qu’on parlais à l’époque n’étais pas exactement identique à celui qu’on parle aujourd’hui) parlait de la séparation des pouvoirs, il parlait en fait de séparation entre la magistrature (judiciaire), la bureaucratie (exécutif), et la classe politique (législatif): en réalité, tous les élus devraient être considérés comme faisant partie du pouvoir législatif, y compris ceux traditionnellement affublés du terme « mandat exécutif« : il est absolument évident que ni Hollande, ni Valls (ni Sarko ni Fillon ni Chirac ni quiconque parmi leurs prédécesseurs) ne participe directement à l’administration au jour le jour de la bureaucratie étatique, pas plus qu’Estrosi n’administre la bureaucratie niçoise ou Vauzelle la bureaucratie de la région PACA.

    L’idée que le chef de l’état soit une sorte de grand chef de la machine administrative qui intervient peu dans les affaires politiques faisait sens aux USA du XVIIIème siècle, quand les états américains jouissaient encore d’une grande autonomie et que les communications étaient lentes (et encore: Washington, Jefferson et Jackson se sont tous assis sans vergogne sur ce principe et ont imposé leur ligne politique au Congrès), elle pourrait à la limite être appliquée aux institutions Européennes (mais pour cela il faudrait démanteler ces aberrations byzantines que sont le conseil européen et le conseil des ministres et transférer l’ensemble de leurs pouvoirs et prérogatives au Parlement de Strasbourg), mais dans un état jacobin comme la France, le système présidentiel est surtout le dernier vestige de « De Gaulle, il aime pas que les députés le prenne de haut« 

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