Voeux aux Palmiers : opus 2015 (2e partie)

IMG_0069 Après la première partie, suite de mon discours de voeux, avec cette partie plus locale.

Après cela, mes chers amis, vous allez peut-être vous dire qu’il va être difficile pour moi de vous parler de politique locale. Pas tant que ça, en fait. Faire vivre la République, c’est aussi donner ou redonner, quand on est élu, le goût du débat de proximité à nos concitoyens. Sans parler des compétences, qu’elles soient sociales ou générationnelles, qui constituent le noyau dur des responsabilités du Conseil général.

Disons que cette année, j’ai poursuivi ma tâche en bon capitaine de Gauche Autrement. Comme Dominique à la mairie, j’ai pratiqué une opposition ferme mais aussi et surtout constructive. Que ce soit au sein de l’assemblée départementale ou sur « mon » territoire, qui était encore cette année celui de l’historique 5e canton, celui de Jean et Jacques Médecin.

Et cela marche souvent.Un exemple : depuis des années, nous nous battons pour que les maisons de retraite ne soient plus construites systématiquement dans l’arrière-pays au nom d’une illusoire politique d’aménagement du territoire, mais sur le littoral, là où sont principalement les besoins. Nous voulions en finir avec ce drame humain de vieux condamnés à vivres leurs dernières années loin de leurs proches, parfois de leur conjoint. Eh bien cette année, le Président Ciotti nous a enfin donné raison – et sur nos arguments – en décidant d’inverser les zones d’implantation prioritaires des maisons de retraite.

Sur d’autres sujets, nous faisons tout pour faire avancer le débat. Ainsi, pour le RSA, nous soutenons sans états d’âme les politiques de lutte contre la fraude car il s’agit d’un impératif moral. Mais, parallèlement, nous mettons l’accent sur un problème quantitativement et humainement beaucoup plus important. De nombreuses personnes ont besoin du RSA et y ont droit et pourtant n’en font pas la demande. Le plus souvent parce qu’elles sont trop exclues de la société pour entreprendre une telle démarche. Nous, nous militons pour qu’une aide administrative permette à ces populations de bénéficier enfin de la solidarité nationale.

Bien sûr, ce dialogue républicain ne fonctionne pas toujours. Et, il faut bien le dire, c’est toujours au détriment de l’intérêt général.

Ainsi, quand nous avons été alertés sur des problèmes de gouvernance et quelques affaires préoccupantes au sein de l’Institut Claude Pompidou, ce fleuron médical spécialisé dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, implanté au cœur du 5e canton, j’ai tout fait, à l’abri des médias, pour établir un dialogue responsable entre direction, salariés et familles des patients. De guerre lasse, j’ai demandé en séance plénière du Conseil général, la nomination d’un médiateur par le Président Ciotti, comme il en a le pouvoir. Rien n’a été fait. Résultat des courses : 10 plaintes ont été déposées au pénal et, quelle que soit la décision de la justice, la réputation de l’Institut sera entachée. Ce qui est un beau gâchis.

Sur le territoire proprement dit, il est évident, comme l’a rappelé Dominique, que pour nous la question de l’après stade du Ray est une priorité car il y a là matière à améliorer la qualité de la vie à Nice Nord. Il y a aussi la réhabilitation du quartier Trachel. Nous devons nous féliciter de la victoire des habitants auxquels j’ai apporté mon concours. Le square Jeanpierre sera maintenu et c’est le projet immobiliser suggéré par les habitants qui a été choisi par le maire. Reste à concrétiser cette belle victoire. Il est bien évident que le conseiller général va veiller à ce que ce bel essai soit transformé.

Dans la foulée, comment ne pas évoquer la rénovation du quartier Libération. Ayant consacré la plus grande partie de quatre ans de ma vie d’élu au sauvetage de la Gare du Sud, je reste évidemment très investi sur ce dossier, même si la littérature municipale reste très discrète sur mon rôle dans l’histoire de ce sauvetage. Ma position actuelle est connue : oui à l’actuelle – et on l’espère définitive – version du projet, mais avec un audit sérieux sur la question du stationnement présent et à venir dans le secteur, et une réflexion ambitieuse sur le devenir de la Grande Halle. Sur cette dernière question, il semble d’ailleurs que nous ayons marqué des points car, lors d’un récent conseil municipal, répondant à Dominique, le maire a promis qu’une réflexion de ce type pourrait être organisée par ses soins. Nous verrons bien.

Bon, j’aurais encore bien des choses à vous dire : sur la MDPH et le handicap, le Foyer de l’Enfance et l’enfance en danger, le collège international Vernier, le collège Valéri, le SDIS et les pompiers, le petit commerce… Sur la sécurité dans nos quartiers, sujet qui nous a mobilisés avec Sami durant une grande partie de l’année 2014 et qui sera une de mes priorités en 2015.

Nous aurons l’occasion de revenir sur tous ces sujets dans les semaines qui viennent. Je ne veux pas trop prolonger ce discours. Une présentation de vœux, comme l’a joliment dit l’orateur précédent, ce doit être aussi un moment convivial dédié au partage et à l’échange.

Et je n’oublie pas non plus, qu’immédiatement après ces propos, je vais honorer devant vous un de mes plus chers amis de la médaille de la jeunesse, des Sports et de la Vie associative. Quel beau symbole républicain !

Ma conclusion, je veux la faire dans l’esprit de Charlie, avec cet humour dont on dit parfois qu’il est la politesse du désespoir. Pour cela, j’emprunterai quelques mots à mon maître à penser, ce cher Woody Allen : « Si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse… ».

Chers amis, bonne année à vous tous !

Nice-Matin 24:01:2015

Nice-Matin, 24/01/2015

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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2 commentaires pour Voeux aux Palmiers : opus 2015 (2e partie)

  1. Jean-Paul Dupasquier dit :

    Décidément, l’appellation Pompidou semble ne pas porter chance aux établissements de santé! Bonne continuation dans ces cordiales implications.

  2. dominique dit :

    Bonjour,
    J’ai failli m’étouffer en lisant le 7ème alinéa de ce beau discourt. Le paragraphe où il est question de la réhabilitation du quartier Trachel et où le projet choisi par le Maire serait celui suggéré par les habitants !?!?!?!… non, une partie seulement qui se sont assis sur la solidarité des impliqués.
    Je me souviens de deux « meetings » au coeur de la cour BENSA, réunissant les élus de gauche nous déclarant leur soutient dans ce combat contre les démolitions programmées. Résultat : les immeubles de « façade » seront préservés (rue Trachel), par contre les projets de démolition se sont élargis dans la cour Bensa justement puisque ce n’est plus la moitié de cette cour qui doit être démolie mais la totalité.
    Au départ ils voulaient détruire le grand jardin pour en faire un plus petit. Maintenant ils gardent le grand jardin et font quand même le plus petit. Et en prime un immeuble devant ce petit jardin « public » qui de facto deviendra un jardin quasiment privé. Pour qui ce bel immeuble ???
    Certainement pas pour les habitants et artisans actuels de la Cour Bensa. C’est la politique contemporaine : on se bat pour la façade et on se moque de ce qui se passe dans l’arrière boutique, au coeur des situations.

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