Le crépuscule de Chirac

Les livres politiques étant la plupart du temps de simples coups éditoriaux fabriqués dans l’urgence sont souvent de médiocre facture. Ce n’est pas le cas de « Les Chirac : les secrets d’un clan » de la journaliste du Monde, Béatrice Gurrey (Robert Laffont).

Son ouvrage relate la vie de Chirac et de sa famille à partir du 2 septembre 2005, jour fatidique où celui qui était encore Président fit un AVC relativement sérieux.

En suivant au jour le jour le vieil homme confronté à la solitude de celui qui a été tout et qui n’est plus rien, l’ouvrage a des accents shakespeariens. Pour cela déja sa lecture peut en être recommandée.

Mais « Le secret d’un clan » est l’oeuvre d’une journaliste accréditée à l’Elysée, on y apprend donc beaucoup de choses.

Tout d’abord, sur la nature même de cet AVC qui a frappé le Président. Celui-ci était beaucoup plus grave que ce qui avait été dit à l’époque alors même que Chirac avait encore deux ans de mandat a effectuer. Ainsi après Pompidou et Mitterrand, Chirac est le troisième grand malade à avoir dirigé la France sous la 5e République. Voilà une dangereuse exception française qui, compte tenu des grands pouvoirs du chef d’Etat, devrait être réduite par des procédures adéquates.

Autre information politique : le soutien de Chirac à François Hollande n’était pas une extravagance de malade mais une position politique pleinement assumée et d’ailleurs relayée par ses très proches. Il en est de même pour le soutien désormais affiché à la candidature Juppé.

Il est probable par contre que la maladie du Président a été surjouée pour lui éviter de comparaitre à son procès « Mairie de Paris ».

Plus légèrement l’auteur nous explique le contexte et les dessous de l’affaire de la « drague » en direct de la belle blonde devant les caméras de Canal Plus. De quoi méditer sur la réalité de ce qu’on voit à l’écran (on n’est pas loin de « Blow Up »).

L’entourage fait aussi l’objet d’une analyse très pointue dont Claude, la fille fidèle et admirative, sort indemne. Ce n’est pas le cas de Bernadette, la madone des pièces jaunes, personnage balzacien mesquin et revanchard assez détestable.

Première phrase du livre:
«  Le pas hésite, la haute silhouette se courbe et cette grande main qui a salué des milliers de fois la foule cherche l’appui d’une épaule, d’un bras ami, ou, parfois, le soutien d’une canne. Les ans et la maladie ont fait leur oeuvre, mais Jacques Chirac ne disparait pas tout à fait.« 

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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3 commentaires pour Le crépuscule de Chirac

  1. Laurent Weppe dit :

    Voilà un dangereuse exception française qui compte tenu des grands pouvoirs du chef d’Etat devrait être réduite par des procédures adéquates.

    Dangereuse, certes.
    Exceptionnelle… C’est loin d’être le cas.

    ***

    Il est probable par contre que la maladie du Président a été surjouée pour lui éviter de comparaitre à son procès « Mairie de Paris ».

    Comme le disent les Guignols: Maître Toc-Toc est le meilleur avocat de France.

  2. Valérie Expat From Nice dit :

    Ca peut consoler d’avoir voté Chirac en jour…

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