Le mur de Fermont et la route 389

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La route 389 n’est pas une sinécure. Avoir, entre autres, effectué une petite centaine de kilomètres sur une piste boueuse en subissant une pluie diluvienne fut pour nous, humbles conducteurs, une leçon de modestie. Sébastien Ogier n’a rien à craindre !

Mais ce n’est pas pour son inconfort de conduite que la partie québécoise (600 km environ) de la translabradorienne m’a interpellé.

En effet, pendant deux jours, sur les Hwy 500 et 510 au Labrador, j’avais le sentiment que la nature (Into the wild) était maitresse du jeu. L’homme en était absent ou parqué dans de modestes agglomérations-champignons.

Par contre, quand vous abordez la partie québécoise de la route, alors même que les paysages sont semblables, tout change. Barrages gigantesques, lignes à haute tension, mines à ciel ouvert, ligne ferroviaire, transport terrestre dense… pas de doute l’homme reprend la main et la nature s’incline. Le contraste est saisissant.

FermontC’est Fermont, une ville de mineurs à la frontière des deux territoires qui prépare le mieux à cette mutation du paysage (quand vous l’abordez comme nous depuis le nord). Cette ville récente est en effet connue pour son «mur» : un linéaire de bâtiments de plus d’un kilomètre pour protéger le reste de la ville de la neige et du vent.

Ce mur d’habitations est peut être le symbole du passage d’un monde à l’autre. Il est aussi celui de notre double exigence de pureté écologique et de confort de consommation. Une double exigence qui est aussi une contradiction.

Patrick

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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7 commentaires pour Le mur de Fermont et la route 389

  1. Delphine dit :

    Et une chanson de plus pour la BO du voyage, une reprise par Leonard Cohen d’une chanson de 1966 « La Complainte de la Manic », chanson d’amour d’un ouvrier qui participe à la construction du barrage de la Manicouagan.

  2. Delphine dit :

    Oups ! Errare et patati patata…

  3. Helyette Laborelli dit :

    Pourquoi ne pas faire un livre de votre voyage? La dernière photo sur ton blog est superbe émoticône smile

  4. Emmanuel dit :

    Protagoras avait raison, l’homme est bien devenu la mesure de toutes choses ! Double exigence qui est un paradoxe et qui nous mène à la ruine !

  5. Panicabord dit :

    La nature ne s’incline jamais, seuls les politiques ont cette prétention stupide de dominer le monde.

  6. Ping : De Fermont à Clermont | Le blog de Patrick Mottard

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