Pourtant ils n’étaient pas nés à Nice

Au soir de cette journée de célébration de la Libération de la ville de Nice en 1944, je publie à nouveau ce billet de 2013 qui avait, à l’époque, été repris par Nice Matin.

*****

« De toute façon, il n’était pas né à Nice » : tel est le propos d’une fleuriste du cours Saleya à propos de l’éviction de Benoît Kandel par le maire de Nice (selon Nice Matin du jour).

À cette dame et à tous ceux qui pensent comme elle, je veux faire ici une petite démonstration. Le 28, comme tous les ans, la municipalité a organisé (une belle idée…) un circuit de la mémoire pour commémorer la Libération de Nice et saluer la mémoire des 32 héros morts pour que notre ville se libère des Allemands.

C’est ainsi qu’en compagnie des adjoints et de mon ami Gérard Corboli (Secrétaire général du comité national de la Résistance et de la Déportation 06), j’ai déposé des gerbes en quelques lieux du 5e canton pour honorer les résistants tombés dans mon quartier.

Or si on prend la liste des 32 combattants, on ne trouve que 12 niçois (Eugène Alentchenko, Jean-Marc Ballestra, Fortuné Barralis, Jean-Marc Bobichon, Raymond Carmine, Marius Fantino, Joseph Giuge, Jean Gordolon, Auguste Gouirand, Basile Rossi, Roger Simon, Verdun Vial) et 2 originaires du Comté (Paul Vallaghe de Menton et Antoine Genouillac de Contes).

Par contre une majorité vient de l’extérieur. D’un peu partout en France : Jean Henri Authement (Créteil), Antoine Codaccioni (Bilia, Corse), Raymond Albin (Pignans, Var), Auguste Bogniot (Draguignan), Roger Boyer (l’homme du Square, Basses Alpes), Lucien Chervin (Paris), Emile Krieger (Moselle), Antoine Suarez (Bordeaux), Jean Girone (Vaucluse).

Et n’en déplaise à cette dame et aux tenants purs et durs de l’identité nationale, 10 étaient nés à l’étranger : 6 en Italie (Auguste Arnaudo, Jean Badino, Vincent Boscarolo, Sauveur Bernardo, Venance Cantergiani, Michel Ravera), 1 en Espagne (Jean Morales), 1 en Belgique (Alphonse Cornil) et 1 en Turquie ( Arisdakesse Arzoumanian).

Ainsi 20 de ces 32 héros ont sacrifié leur vie pour Nice. Pourtant, « ils n’étaient pas nés à Nice »…

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
Cet article, publié dans histoire, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour Pourtant ils n’étaient pas nés à Nice

  1. Emmanuel dit :

    De toutes façons on est toujours né quelque part !

  2. Mais c’est le fruit du hasard…

  3. Francesca Zita dit :

    Amen…en verité…ainsi soit-il

  4. Patrick.walz dit :

    C’est bien que ces noms soient donnés… Régulièrement ainsi que les origines !
    Est il nécessaire d’etre né à Nice pour être niçois ? Macon, Paris ou… Ne sont elles pas capable de « générer » de véritables niçois de cœur ?

  5. Gérard Bony dit :

    Une bonne piqûre de rappel bien nécessaire !

  6. Laurent Weppe dit :

    D’où l’urgente nécessité d’enrayer les flux migratoires: autant tuer la compétition dans l’œuf avant que les nouveaux venus et leurs enfants ne se révèlent plus bosseurs et/ou plus futés et/ou plus patriotes que les locaux.

  7. JOSÉ dit :

    Trés beau billet Patrick !
    Il est vrai que le combat contre le fascisme ne devrait pas connaitre de frontières.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s