Les pompiers et le casier judiciaire

Si on peut se féliciter que pouvoirs publics, élus locaux et associations s’activent enfin  pour répondre à la situation provoquée par l’afflux massif de réfugiés, il va falloir parallèlement et  en urgence se poser enfin les bonnes questions.

Les réfugiés ne sont que la conséquence de la guerre : dès lors comment mettre fin à celle-ci ? En aucun cas les attaques aériennes (y compris quand la France sera de la partie) ne peuvent apporter une réponse efficace. Il faut donc envisager la seule riposte digne de ce nom avec une intervention au sol.

Pour cela, il faudra une mobilisation des démocraties mais aussi des pays qui ont des intérêts dans la région comme la Russie et l’Iran. Quand l’incendie embrase l’horizon, on ne demande pas leur casier judiciaire aux pompiers !

Ce sera compliqué et « piégeux », mais quelle est l’alternative ?

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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12 commentaires pour Les pompiers et le casier judiciaire

  1. Patrick dit :

    Et plus on attend, plus ce sera compliqué… 😟

  2. Laurent Weppe dit :

    Quand on donne un uniforme à un pyromane, il fini par brûler vif dans leurs maisons les gens qu’il est censé protéger.

  3. Roger Yvan Roche dit :

    Ce n’est pas les bonnes questions qu’il faut se poser mais les bonnes réponses qu’il faut apporter ce n’est pas en rajoutant
    en ajoutant des questions aux questions que l’on avance. Et là je ne vois pas de réponses nouvelles

    • Laurent Weppe dit :

      Ce n’est pas les bonnes questions qu’il faut se poser mais les bonnes réponses qu’il faut apporter

      Il faudrait déjà commencer par les poser, les « bonnes questions »

      Par exemple:
      Voici une carte des territoires contrôlés par Daesh en Juillet 2014
      Et voici une carte des territoires contrôlés par Daesh en Juin 2015

      Pour ceux qui ont besoin d’une explication de texte: là où Daesh a fait face aux forces de la coalition, aux Kurdes ou aux rebelles anti-Bashar, l’organisation a perdu du terrain. Mais là où Daesh a fait face aux seules forces gouvernementales de Damas ou de Bagdad, ils ont étendu leur territoire (d’où Palmyre et Ramadi qui tombent et Kobané qui tient).

      L’une des « bonnes » questions est: pourquoi les puissances occidentales devraient-elles voler au secours du régime de Damas qui, non seulement existe dans le seul but de préserver le pouvoir et le confort matériel d’une petite aristocratie d’écornifleurs aux dépends du reste de la population Syrienne, mais en plus se fait battre à plate couture par Daesh alors qu’il est déjà lourdement subventionné par la Russie et l’Iran (qui dépense à lui seul 15 milliards par an en soutient matériel pour le régime) et alors que d’autres groupes d’opposants obtiennent de biens meilleurs résultats avec beaucoup moins de moyens.

  4. Lara Dupree dit :

    Moi oui !!!!!

  5. Valérie Expat From Nice dit :

    Oui, Patrick, tu as raison. Sans attaque au sol, ce ne sera que coups d’épée dans l’eau.
    Oui, il faut se poser les bonnes questions (sans lesquelles les « bonnes réponses » souhaitées par Roger se sauraient émerger).

    Voici quelques questions que je me pose mais sont-elles les bonnes ?

    Qui est l’ennemi commun des réfugiées Syriens et le nôtre ? L’EI ou Bachar ? La réponse me paraît évidente. Mais quelle double et antinomique injonction avons-nous entendue ces dernières années ? Qu’il fallait « punir » Bachar (Hollande dixit en 2013 par exemple) et lutter contre l’EI. L’heure n’est plus à la romance démocratique (on a déjà vu ce que cela donnait…). Il faut clairement choisir son camp et le soutenir sans états d’âme, sans pincettes et sans nez bouché.

    Avec les Russes ou sans les Russes ? Personnellement avec. Encore faudrait-il que les Etats Unis y consentent…
    http://www.bfmtv.com/international/syrie-raisons-profondes-soutien-russe-a-bachar-al-assad-592214.html

    Peut-on vraiment compter sur la sincérité de la Turquie ? Là, je cale…

    • Laurent Weppe dit :

      Qui est l’ennemi commun des réfugiées Syriens et le nôtre ? L’EI ou Bachar ? La réponse me paraît évidente.

      La réponse est évidente: « l’ennemi commun » ce sont les imbéciles qui s’imaginent qu’il y a quelque chose à tirer de la famille de parasites décadents qui a provoqué le conflit.

    • Valérie Expat From Nice dit :

      L’ennemi commun, c’est l’EI Daesh.

  6. parsus06 dit :

    zut voila que je suis d’accord avec vous sur le sujet Mr Mottard.
    Ce sera compliqué et « piégeux », mais quelle est l’alternative ?.
    si nous ne voulons pas aller a la catastrophe je n’en vois pas d’autres
    parsus06

  7. Emmanuel dit :

    Je pense que l’on assiste à une recomposition du Moyen Orient tel qu’il avait été découpé à la suite de la Première Guerre mondiale. Deux géants politiques s’opposent, l’Iran et L’Arabie Saoudite et deux conceptions de l’Islam s’affrontent, les sunnites contre les chiites. Il y a une guerre pour savoir qui contrôlera la région et les grandes puissances tirent souvent les ficelles de ces conflits. Dans ces conditions il faut au plus vite renouer avec l’Iran et en faire un interlocuteur pour négocier. On discute bien les Saoudiens et je pense pour ma part que notre intérêt est de discuter avec les Iraniens et de leur redonner la place qu’ils méritent dans la région !

  8. Alain Dupasquier dit :

    Personnellement, je n’ai aucun Rafale garé sur mon parking, ni arme légère, mais j’ai la conviction que l’histoire qui se passe n’est pas tout à fait celle que l’on nous raconte dans les tuyaux médiatiques. Les pions restant des pions je n’ai pas plus d’idée sur cette affaire complexe.

  9. Je suis d’accord. Heureusement qu’en 1944, les Américains, les Anglais, les Canadiens, les Australiens,et autres forces alliées, sans oublier les FFL , et l’Armée Rouge à l’Est, ne se sont pas trop longtemps posé la question s’il fallait ou non débarquer en Normandie et en Provence et intervenir au sol. Mais patience, car bientôt, c’est Daesh qui interviendra au sol, mais chez nous.

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