Après les revenants… les morts-vivants !

Les fantômes sont décidément très tendance. Alors qu’on peut toujours suivre avec une tendresse colorée de mélancolie les pérégrinations des revenants sur Canal Plus (Voir sur ce blog le récent billet du 28 septembre 2015), il est possible de retrouver les morts-vivants de la série The Walking dead dont la 5e saison est désormais disponible dans le commerce.

Intellectuellement moins tourmentés que nos revenants, les morts-vivants US, toujours aussi négligés de leur personne et obsessionnellement anthropophages, sont des compagnons attachants qu’on a plaisir à revoir. Si attachants que je ne résiste pas au plaisir de republier le billet que j’avais fait à leur gloire en 2012. Un billet qui est un des plus consultés de ce blog…

The Walking dead : vive les morts-vivants !

Tout a commencé en 1968 par un petit film en noir et blanc de George A. Romero qui a revisité le mythe des zombies dans le contexte, dit-on, de la guerre du Vietnam : La nuit des morts-vivants. Lors d’expériences nucléaires, les morts se réveillent et sortent de leurs tombes afin d’anéantir les vivants. Devenu film culte, il fut prolongé par Romero lui-même d’une demi-douzaine de longs-métrages (en couleur) qui ont, chacun à leur façon, enrichi l’univers merveilleux de nos amis d’outre-tombe.

Dans les années quatre-vingt, le mort-vivant, jusque-là un peu marginal, devient mainstream grâce au célèbre clip de John Landis servant d’illustration au Thriller de Michael Jackson. J’ai d’ailleurs revu les quatorze minutes de celui-ci, il y a quelques semaines, au musée du Rock de Barcelone.

Désormais, on sait tout du mort-vivant de base. Il est, il faut bien le dire, assez peu soigneux de sa personne. Il a même un côté franchement négligé, voire défiguré, voire décomposé… Peu véloce, il erre de sa démarche saccadée à travers villes et campagnes à la recherche de cette chair humaine (bien fraîche celle-là) qui l’aidera à régénérer le petit quart de cervelle qui lui reste. C’est d’ailleurs cette dernière petite partie vivante de lui-même qu’il faut neutraliser si on ne veut pas terminer en steak tartare et être transformé soi-même en mort-vivant. Une balle de revolver peut faire l’affaire, mais, le bruit risquant d’attirer ses congénères, il vaut mieux un petit coup de hache sur le crâne : bien ajusté, celui-ci peut régler définitivement le problème. Cependant, si vous reconnaissez dans le mort-vivant un ancien copain d’école ou une ex-petite amie, l’opération peut déclancher un cas de conscience. Il est alors recommandé de ne pas trop réfléchir car, si isolé il est plutôt balourd, en groupe, le mort-vivant est extrêmement dangereux et glouton. D’ailleurs, à sa mine chafouine et même carrément renfrognée, on voit bien qu’il a des tas de choses à reprocher aux survivants (le 2e opus de Romero, Zombie, montre en 1978 l’assaut d’un centre commercial pour une véritable armée de morts-vivants, une façon radicale de contester les abus de la grande distribution…)
En 2003, le mythe est spectaculairement relancé par une série de BD publiée sous forme de « comic books », The Walking dead. Sur la quinzaine de volumes publiés, j’en ai lu une dizaine, mais mon enthousiasme est tel que je n’ai pas pu attendre la fin de ma lecture pour pondre ce petit billet coup de cœur.
Les dessins en noir et blanc peuvent ne pas susciter une admiration esthétique totale, mais ils servent à la perfection le diabolique scénario de Robert Kirkman et c’est bien l’essentiel. The Walking dead, c’est un peu le « A la recherche du temps perdu » des morts-vivants ! Road movie horrifique, la série de BD nous permet d’accompagner de nombreux survivants aux histoires personnelles contrastées, contradictoires, navrantes… humaines, quoi ! Leurs réactions face à l’apocalypse démontrent à l’évidence qu’évoluer dans un monde de morts-vivants ne rend pas les vivants- vivants plus solidaires que cela. Métaphore quand tu nous tiens !

Cerise sur le gâteau, les productions AMC ont adapté la BD dans une série télévisée qui en est déjà à sa troisième saison aux USA. Pour ma part, j’ai vu la première et je peux dire que la réalisation de Franck Darabond (le réalisateur de La ligne verte) est une superbe réussite, à la fois spectaculaire et intimiste.

Les premiers épisodes ont pour cadre Atlanta, submergée par des milliers de morts-vivants coincés dans le centre ville de la mégapole. Or, l’été dernier, j’ai passé quelques jours à Atlanta. Je me souviens très bien, lorsque je courrais selon mon habitude, dès l’aube, dans les rues en principe désertes de la ville, avoir aperçu quelques silhouettes hésitantes qui se mettaient à tituber dans ma direction… Rétrospectivement, j’en ai des frissons dans le dos ! En effet, il est très rare que je prenne une hache avec moi quand je cours…

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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7 commentaires pour Après les revenants… les morts-vivants !

  1. En lisant le titre j’ai pensé que j’allais été concerné mais finalement non

  2. Marc Bongiovani dit :

    Tu penses à la politique Patrick ?

  3. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager la dernière création de Valérie Expat faisant une brillante synthèse de ce billet et du retour de Bernie de son pèlerinage entouré de Coréens😉

  4. Alain Dupasquier dit :

    Le pire des épisodes en 2017?

  5. bravo Marc et Alain ! de fines analyses …

  6. bernard gaignier dit :

    Finalement je suis plus concerné que je ne le pensais et merci à Val pour ce magnifique montage

  7. Cosmos dit :

    Nul doute en effet que les socialistes seront zombifiés en décembre prochain.

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