Le « Ave, César ! » des Coen et Coen

Ave Cesar

Trois ans après l’atypique Inside Llewyn Davis (voir sur ce blog « Le village des Coen » du 19 mai 2013), les frères Coen renouent avec la verve truculente et les personnages décalés de No country for old man (voir sur ce blog « La brute bute le bon et le truand » du 11 mai 2007) et de Burn after reading (voir sur ce blog «  Le Castillet et le Jaurès » du 29 décembre 2008).

Ave, César ! raconte les déboires d’un responsable de studio – il ne rend des comptes qu’au propriétaire – dans les années 50, la fin de l’âge d’or pour Hollywood. L’histoire est avant tout un prétexte pour nous plonger dans les rouages de cette extraordinaire entreprise à la fois industrielle et artistique que représentait l’activité fiévreuse des grands studios californiens. A ce titre une lecture comparative avec La nuit américaine de Truffaut peut s’avérer utile et édifiante : on n’est pas dans le même monde !

Séquence après séquence, on revisite les grands classiques du cinéma américain avec un époustouflant numéro de claquettes, une poursuite de western déjantée, un somptueux balais nautique façon Esther Williams, un avatar poussif de Autant en emporte le vent et bien sûr Ave, César !, le péplum christique (ne pas manquer l’hilarante réunion de consultation des gens d’église !) qui a donné son titre au film des Coen.

Parallèlement les personnages-acteurs vivent leurs propres aventures personnelles. C’est ainsi que nous pouvons suivre le développement d’un désopilant complot communiste qui permet aux spectateurs soixante-huitard de retrouver ce bon vieux Marcuse en statue du Commandeur !

Une fois de plus George Clooney est extrêmement drôle. Le play-boy buveur de café a un indéniable tempérament comique et c’est à l’honneur des frères Coen de lui avoir, film après film, permis de l’exprimer (il me revient en mémoire son inénarrable composition dans O’brother ! en 2000).

En bref, un film drôle, émouvant et dont la richesse nécessite un « debriefing ». Celui-ci se fit au Québec, le restaurant de la « piétonne » qui fut il y a quelques décennies le lieu où le petit groupe d’étudiants auquel nous appartenions aimait débattre des films après les soirées cinéma. Si Hollywood a bien changé depuis Ave, César ! ce n’est pas le cas du Québec qui, de la carte à la déco, n’a pas varié d’un iota. Ça rassure !

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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4 commentaires pour Le « Ave, César ! » des Coen et Coen

  1. alaind dit :

    Hé bien, vu hier matin, ce film m’a laissé un peu dans la déroute, avec effectivement des scènes de qualité, des images et des acteurs époustouflants, mais, mais… je suis resté décontenancé par les ficelles complexes des montages.

  2. Caitline Angelozzi Kaigl dit :

    Ça donne envie ! Et je confirme pour le Québec !

  3. Emmanuel dit :

    Mais il n’y avait pas de Romains au Québec !

  4. bernard gaignier dit :

    C’est vrai Manu mais à Rome il y a un hôtel Canada…..

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