Politique culturelle à Trotabas

Avec Philippe Kaigl

Avec Philippe Kaigl

C’est dans un amphi du campus Trotabas de la Fac de Droit et sous l’égide du CERDP (Centre d’Etudes et de Recherches en Droit des Procédures) présidé par le professeur Yves Strickler, que mon ami et collègue Philippe Kaigl m’a invité à intervenir dans le cycle des conférences dont il a la responsabilité.

Ce fut pour moi une opportunité d’évoquer la Politique culturelle « à la française » – un sujet qui me passionne – devant les étudiants en droit mais aussi Gadha, Manel et Mariam, trois étudiantes de la glorieuse promotion des juristes de LEA L2 qui avaient fait le déplacement depuis Carlone. J’ai également eu le plaisir de retrouver dans l’assistance pas moins de trois élus locaux du PRG ce qui constitue, pour le moins, une délégation significative.

Sur le fond, j’ai donc évoqué cette politique tardive et contingente initiée un peu par hasard dans la tourmente des événements de 1958. Une politique qui, rapidement, est devenue « un territoire de la République » selon l’expression d’André Malraux, son initiateur. Un territoire qui s’élargira dès 1981, aux dimensions du tout culturel et de la décentralisation.

Malheureusement, cette politique brillante, souvent enviée à l’étranger, n’a pas rempli son objectif premier : la démocratisation des pratiques culturelles. Du coup, tournée essentiellement vers l’offre, elle a profité à ceux qui étaient en situation d’en profiter. (Pendant les années Lang, les mêmes 25% de la population ont fait progresser de 60% le nombre des entrées dans les musées…)

La crise financière qui asphyxie le budget du ministère de la Culture et celui des collectivités locales sera peut-être l’occasion de réfléchir à une réorientation du dispositif vers une vraie politique des publics. Pour cela, il faudra enfin faire travailler l’Education Nationale et la Culture de conserve avec un corps de médiateurs spécialement formés, réactiver l’Education populaire, réorienter les politiques de la Ville, rationnaliser les politiques locales et, bien sûr, responsabiliser les milieux culturels bénéficiaires des subventions publiques.

Catherine Tasca, ancienne ministre de la Culture d’un gouvernement Jospin avait dit : « L’offre culturelle glisse sur une grande partie de la population comme une pluie trop forte sur une terre aride. Il faut préparer la terre à recevoir les semences ».

Oui, c’est bien de cela qu’il s’agit : « il faut préparer la terre à recevoir les semences ».

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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9 commentaires pour Politique culturelle à Trotabas

  1. Anik Angelozzi Kaigl dit :

    La culture était bien là présente, ce soir !!!
    Un exposé précis, concis, documenté , intelligent et cette conclusion magnifique de Madame Tasca …
    oui la terre est aride mais la semence était là ce soir par la présence et les interventions bien à propos de quelques jeunes étudiants
    Merci et bravo pour ce très bon moment

  2. Caitline Angelozzi Kaigl dit :

    Dans les révisions, mais là par la pensée !

  3. Henri Cottalorda dit :

    Passionnant il faut permettre à un plus large public ( Je pense à GAUCHE AUTREMENT; PRG…) de bénéficier de cet apport.

  4. Fabienne Ghelfi dit :

    J’avais cours en capacité, je regrette de ne pas avoir pu vous entendre !

  5. Elise Ferrari dit :

    C’était génial… merci

  6. J’aurais aimé y être, mais en plein chantier en ce moment…

  7. Jean Montoya dit :

    J’aurais voulu y être aussi, mais la retraite est chronophage!
    D’autant que le sujet m’a toujours tenu à cœur : quand j’étais DRAC, j’ai tout fait pour que se rapprochent la Culture et l’Education nationale. Puis j’ai œuvré pour la création, dans tous les Rectorats, des DAAC (Délégation académique à l’Action culturelle) dont celle de Nice a été la première en France. Le but était de faire travailler ensemble les deux Ministères.

  8. Yves Rousguisto dit :

    Je suis désolé de ne pas avoir pu rester plus longtemps avec vous après la conférence, dans cet amphi historique de la faculté de Droit à Nice : j’avais une obligation d’élu à 19h 15…

    Je voulais cependant te dire, à travers ce court commentaire, à quel point j’ai été heureux de t’entendre proposer une analyse claire et des axes de réflexion sur ces sujets qui sont très souvent occultés dans le débat public.

    En effet, dès que l’on tente d’évoquer la transmission et le partage « au plus grand nombre » dans les nombreux domaines qui touchent aux pratiques culturelles (programmation & diffusion, médiation, choix des engagements financiers des collectivités…), il y a des réflexes très conservateurs qui se lèvent et même des corporatismes qui se réveillent, … souvent suivis d’un immobilisme exemplaire.

    Ce soir, tu as posé les solides questions de fond, les réponses sont à construire dans l’échange que tu as amorcé.

    Je voulais juste te dire à quel point j’ai apprécié ta conférence.

    Yves Rousguisto
    Conseiller municipal délégué au patrimoine pour la Ville de Vence

  9. Emmanuel dit :

    Zay l’impression que ces idées sont plutot bonnes !

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