Le Marcel Proust du jour (5)

Mme Verdurin, voyant que Swann était à deux pas , prit cette expression où le désir de faire taire celui qui parle et de garder un air innocent aux yeux de celui qui entend, se neutralise en une nullité intense du regard , où l’immobile signe d’intelligence du complice se dissimule sous les sourires de l’ingénu et qui enfin, commune à tous ceux qui s’aperçoivent d’une gaffe, la révèle instantanément sinon à ceux qui la font , du moins à celui qui en est l’objet.

« Un amour de Swann »

J’ai vécu cette scène 1854 fois comme auteur , 8542 fois comme témoin ( il est vrai que j’ai été longtemps au parti socialiste avec ses courants complexes !) et … je ne sais pas combien de fois comme gaffeur ou gaffé ! et vous ?

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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5 commentaires pour Le Marcel Proust du jour (5)

  1. Claudio dit :

    Seul le rôle de témoin est honorable ici. Mais passif. Les gaffeurs ? Tant pis pour eux !

  2. Delphine dit :

    Dans cette petite société des Verdurin où tout le monde a le regard sur l’autre, il faut tout contrôler… peut-être. Moi, ça m’amuse. Je suis gaffeuse. J’ai comme tout le monde été gaffée (Osons la construction passive ! ). Et j’aime bien ce petit grain de sable qui enraye cette machine sociale bien huilée et qui, s’il ne révèle pas forcément les gens en baissant un peu les masques, introduit le naturel, la spontanéité, contraint l’autre à improviser, à se dépatouiller, à quitter le ring des gestes et des paroles téléguidés, pour se retrouver sur un fil de funambule, ce à quoi comme gaffeuse j’ai renoncé. Jamais été à l’aise sur une poutre, alors sur un fil….

  3. Vero dit :

    La gaffe en tête à tête sans tiers en prenant l’interlocuteur pour un autre et donc…un tiers qui n’en est pas, crée curieusement le même effet, comme si le besoin de porter deux visages sur le même était une modalité d’être indépassable.

  4. Sophie Mancel dit :

    Un bon gaffeur en fait gaffer dix.

  5. et le pire, c’est quand on s’aperçoit qu’on est en train de faire une gaffe et qu’on essaye de se dépatouiller. Généralement, on ne fait que s’enfoncer d’avantage, comme dans ces films où le pilote tire comme un fou sur le manche mais n’arrive pas à redresser son appareil.

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