On se lève tous pour Maren

CANNES 2016 N° 4

Standing ovation méritée ce samedi à Cannes : on s’est tous levés pour applaudir l’équipe du film allemand Toni Erdmann de la réalisatrice Maren Ade. Un film coréen au scénario sophistiqué et le dernier Spielberg complétaient la sélection du jour.

Mademoiselle, Park Chan-Wook, Corée du Sud

MademoiselleEn Corée dans les années 30 pendant la colonisation japonaise, une jeune femme, Sookee (Kim Tae-Ri), est engagée comme femme servante d’une riche Japonaise (Kim Min-Hee) vivant recluse dans un immense manoir. Mais en réalité, Sookee a un secret pas forcément très avouable.

Comme souvent avec les films asiatiques, pour des raisons culturelles et esthétiques, il est un peu difficile de rentrer dans l’histoire de Mademoiselle. Mais passée la première demi-heure, on est séduit par un scénario qui ne ménage pas de très nombreux rebondissements et une histoire d’amour très sensuelle. Les scènes d’amour physique entre Sookee et Hideko ne sont d’ailleurs pas sans rappeler celles de La vie d’Adèle de Kechiche.

The BFG, Steven Spielberg, USA (Hors compétition)

le BGGSophie, une petite fille, se trouve entraînée dans un univers fantastique où, aux côtés d’un Bon gros géant végétarien (vu la tronche des légumes qu’il ingurgite, il est peut-être même bio…), elle se trouve confrontée à une bande de super géants tout à fait prêts à la transformer en apéricube.

Un film familial avec une première partie relativement plate mais qui s’anime progressivement quand la petite Sophie et le BGG (Bon gros géant, titre français) ont la bonne idée de demander l’aide de la reine d’Angleterre. Là ça devient assez drôle. Sans plus.

Toni Erdmann, Maren Ade, Allemagne

Toni ErdmannInes travaille dans une grande entreprise allemande basée à Bucarest, spécialisée dans les relocalisations et les plans sociaux. Très ambitieuse et dénuée de scrupules , elle ne vit que pour sa réussite professionnelle . Son père Winfried , bohème et farceur, débarque à l’improviste et la provoque en inventant un personnage, le facétieux Toni Erdmann qui, avec sa perruque et ses fausses dents va se trouver régulièrement sur son chemin. Il met surtout en péril l’équilibre de sa vie en lui posant la question essentielle pour lui : « Es-tu heureuse ? »

Le face-à-face entre cette fille qui oublie de vivre et ce père qui croit encore au bonheur (servi par l’interprétation impeccable de Sandra Hüller et de Peter Simonischek) est fascinant. Parsemés de morceaux de bravoure, les quasi trois heures du film défilent sans ennui.

La fin est superbe car elle refuse tout manichéisme. Le père lui-même reconnaît que, toute notre vie, nous sommes happés par des tâches qui nous éloignent du bonheur. Et il n’y a pas grand-chose à faire pour éviter cela. Peut-être quelques ruptures qui peuvent se transformer en respiration, justement celles que sait si bien s’imposer Toni Erdmann.

Patrick Mottard

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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Un commentaire pour On se lève tous pour Maren

  1. Penelope dit :

    toujours fidèle a vos commentaires du festival ..merci

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