Un palmarès qui n’est pas le mien

Festival-de-Cannes-palme-d-orIl faut être clair : il n’y a pas de bons ou de mauvais palmarès à Cannes mais un palmarès reflétant le choix subjectif d’hommes et de femmes constituant le jury. Par conséquent, je respecte les choix de l’équipe de George Miller (bon, en même temps Mad Max ce n’est pas Le guépard ou Les ailes du désir !) mais il est aux antipodes de ce que j’aurais personnellement choisi.

À l’exception de Bacalaureat le très bon film roumain de Cristian Mungiu, prix de la mise en scène (en fait dans l’ordre protocolaire, le troisième prix !) et peut-être celui du meilleur rôle masculin pour l’iranien Shahab Hosseini dans le film très émouvant d’Asghar Farhadi, je ne suis à peu près d’accord sur rien.

J’ai une grande admiration pour l’œuvre de Ken Loach, mais je préfère une bonne dizaine de ses films à I, Daniel Blake, œuvre à mon sens mineure.

Je considère que Xavier Dolan a révélé en quelques années un univers de cinéma tout à fait original. Mais le théâtral Juste la fin du monde est très inférieur au sulfureux Mommy qui avait enflammé la Croisette en 2014.

Olivier Assayas a réalisé un formidable Carlos et un subtil Sils Maria ici même il y a un an mais son Personal shopper est bien anecdotique.

Donc, si au-delà du film il fallait récompenser un réalisateur, je persiste et signe : 2016 aurait dû être l’année de Pedro Almodovar.

Enfin, on a le sentiment que Cannes (et la profession) a joué une fois de plus la carte du politiquement correct pour se donner l’illusion de peser sur le destin du Monde. Mais tout cela n’est pas sérieux, ce n’est que du cinéma.

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
Cet article, publié dans cinéma, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

12 commentaires pour Un palmarès qui n’est pas le mien

  1. Hanane Corman dit :

    Ça sert à rien

  2. Fabienne Riganelli dit :

    D’accord sur Almodovar !!

  3. Le moins que l’on puisse dire est que ce palmarès ne marquera pas les annales du festival pas plus que les films primés ne marqueront l’esprit du public qui sera appelé à les voir. Il récompense des films certes honorables mais pas spécialement courageux tant sur le fond que sur la forme. Des films consensuels. L’exercice n’était pas simple car, s’il y avait beaucoup de bons films cette année, aucun ne s’est vraiment imposé. Quelques uns parmi eux faisaient toutefois preuve d’une certaine originalité et témoignaient du talent de leur réalisateur, et ils ne sont pas primés. Très déçue de ne pas trouver au palmarès Ma Loute de Bruno Dumont ou encore Elle (Isabelle Huppert) et Aquarius (Sonia Braga) : impensable que l’une de ces deux actrices n’ait pas eu le prix d’interprétation féminine.

  4. Pas d’accord avec ton pas d’accord. Ken Loach entretien la faible lueur d’espoir de la solidarité populaire contre l’immonde invasion libérale et il le fait cinématographiquement. Les effets sont massifs mais il faut bien ça pour dénoncer une réalité qui frise désormais avec l’absurde et la déshumanisation.

  5. Benoît tu apportes plutôt de l’eau à mon moulin !

  6. 2015 on récompense un film sur pôle emploi en France, 2016 pôle emploi anglais ….. 2017.. ? ?

  7. Benoit Arnulf dit :

    Il semble que l’emploi soit au cœur des questionnements des cinéastes européens. Ca vous étonne ? Je trouve ça salutaire et nécessaire.

  8. Emmanuel dit :

    Almodovar, touché et coulé par le scandale des Panama papers ?

  9. Patrick Carnicelli dit :

    La dénonciation, surtout au milieu des paillettes cannoises, n’a jamais changé les choses. Le cinéma »social » n’est qu’un créneau comme un autre.Ce sont les bobos qui vont voir les films de Ken Loach, pas les chomeurs ni ceux qui bossent en usine, les petits employés de bureau ou de supermarché.

  10. Marcel Vallée dit :

    Questionnement avec robe smoking et bijoux… Je préfère Woody Allen .Le cinéma est fait pour rêver ,s’évader. On n’a pas besoin de cinéastes pour connaître les galères de beaucoup-trop- de gens

  11. Dominique Boy-Mottard dit :

    Ce n’est pas parce qu’un metteur en scène ne parvient pas à faire changer la réalité qu’il dénonce qu’il est forcément mauvais. Notamment pour ceux que tu cites, je m’inscris vivement en faux. J’ai aimé beaucoup de films de Tavernier, je suis une inconditionnelle de certains films des frères Dardenne (notamment « Rosetta » qui en son temps avait eu la palme d’or), je trouve Ken Loach souvent remarquable (peut-être un peu moins sur le film de cette année). Un film ne peut pas se juger que sur la forme. Il se juge sur le fond ET la forme. Si le fond seul ne suffit pas, la forme seule est souvent vaine.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s