Les mille huit-cents pages d’InfoCom

mémoires

Chez les Le Quesnoy, chacun sait que « Lundi c’est raviolis ». Avec la même régularité pour la filière InfoCom de la fac de Lettres, « Juin c’est mémoires » . Et comme je ne sais pas dire non, c’est au jury de seize mémoires de Master 1 que j’ai participé ces derniers jours. Comme tous les ans, je m’en suis voulu d’avoir accepté une telle charge m’obligeant – entre autres – à lire environ 1800 pages. Mais, comme tous les ans, les soutenances terminées, j’étais ravi d’avoir épousé les sinuosités théoriques de ce raid en terre intellectuelle parfois inconnue. En effet, les sujets abordés ne sont pas forcement liés à mes spécialités et l’inattendu est souvent au bout du chemin.

Ainsi, avec ma collègue Sylvie Parrini-Alemanno et les étudiants Stéphane et Kelly, nous nous sommes penchés sur la culture d’entreprise de la SNCF et de… Hollister. Autant dire qu’entre le cheminot CGT et le surfer californien nous avons fait le grand écart !

Avec le professeur Norbert Hilaire, nous avons eu droit à une réflexion proposée par Ahmed, un ancien mannequin, sur « Les stratégies marketing digitales dans l’industrie du luxe ».

Deux mémoires le lendemain avec Paul Rasse : celui de Ahn (qui nous vient du Vietnam), une réflexion très rigoureuse et à mon avis très utile sur « La médiation culturelle dans la musique classique » (en matière de politique culturelle, la médiation c’est mon dada !). Egalement celui de Jérémy avec une réflexion presque « marxiste », insolite par les temps qui courent, sur l’accès à la culture selon les classes sociales. N’exagérons rien ! Bourdieu y est plus présent que le petit père Karl…

Avec Christel Taillibert, la Madame Cinéma de la filière, j’ai retrouvé à travers six mémoires ce cher cinéma que j’avais un peu négligé depuis Cannes. Sélima, en présence de sa famille, nous a entrainé dans l’univers de Lars Von Trier avec une passionnante étude sur la transgression des tabous par le réalisateur danois. Ines, elle, s’est intéressée (et nous a intéressés) à l’importance des décors dans les films de Besson et de Jeunet-Caro. Lilia jouait gagnante en parlant de Pedro Almodovar et de « Parle avec elle » un de mes films préférés. Laura à travers une étude d’une grande précision sur le suspense m’a fait découvrir un réalisateur que je ne connaissais pratiquement pas : Guy Ritchie. Avec Tess (un beau prénom de cinéma, n’est-ce pas Roman ?) nous avons décrypté l’image un peu sulpicienne de la famille dans le cinéma d’animation. Quant à Ghilhem, dans un mémoire très dense, il a opposé la critique des… critiques cinéma à celle des blogeurs. Appartenant à la dernière catégorie, je me suis senti concerné par ce beau travail de réflexion.

Le bouquet final, ce furent les cinq mémoires coachés par Marie-Joseph Bertini. Le mémoire de Vivien devant sa famille enthousiaste aurait ravi Véronique Paletto – Virginia Ricordeau du « Christ rédempteur de Rauba capeu » – car il s’agit d’une étude quelque peu corrosive de BFM-TV. C’est également en présence d’une belle équipe de supporters familiaux et amicaux que Fatima a traité avec autorité et subtilité (ce n’est pas incompatible) le développement de l’e-commerce et du site Bon coin cher à un certain Nicolas. Sara, elle, a traité de l’événementiel au cœur des réseaux sociaux avec les strtégies de Red Bull et Coca Cola (qui ont effectivement besoin d’événements pour faire oublier leur daube !). Hind a fait une belle synthèse sur les notions d’e-réputation et d’e-notoriété (beaucoup de politiques ont tendance à confondre comiquement les deux). Enfin à travers une étude très documentée de You Tube, Meryem, journaliste marocaine, a évoqué la Révolution tunisienne avec passion et espoir. Ce fut un petit rayon de soleil dans la sombre salle d’examen où nous étions.

Kelly, Stéphane, Ahmed, Anh, Jeremy, Selima, Ines, Lilia Laura, Tess, Ghilhem, Vivien, Fatima, Sara, Hind, Meryem : bravissimo et à l’année prochaine !

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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10 commentaires pour Les mille huit-cents pages d’InfoCom

  1. Ewelina Bejm dit :

    Vous les lisez vraiment ?

  2. Pascale Cozzi-Caburet dit :

    Tu y piocheras bien qqes idées pour une nouvelle pièce !

  3. Sylvette Maurin dit :

    Besoin d’aide, Patrick ?

  4. Patrick Mottard dit :

    Ewelina pourquoi cette question qui est assez désobligeante?

  5. Sylvette Maurin dit :

    Facebook autorise parfois certaines  » licences « ….Et il suffit de prendre connaissance de l’article sur votre blog, Patrick, pour apprendre qu’effectivement, vous les lisez, ces fameux mémoires…

  6. Coline Ciais- Soulhat dit :

    Et c’est bien un des seuls à le faire, il faut dire !

  7. Ewelina Bejm dit :

    C est la question que je me suis souvent posée .. Quel est le seuil de tolérance des profs face aux niaiseries que certains étudiants peuvent produire ?

  8. Mari-Luz Nicaise dit :

    Je ne sais pas pourquoi mais le bruit a toujours couru chez les étudiants que les profs donnaient leurs copies et mémoires à corriger à des sous fifres. Un étudiante est venue me le dire une fois dans mon bureau et … n’a pas été déçue du voyage. Ce fut un des bonus de la retraite : plus de copies !!! mais il y a encore des thèses

  9. Maria Traoré dit :

    Courage !

  10. Murielle Barachon dit :

    Courage ca va le faire !

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