Gump et Mâcon : À la recherche du temps perdu…

Patrick Mottard

Pour son premier raid urbain à Mâcon, sa ville natale, Gump ne pouvait que partir à la recherche du temps perdu. En un petit peu moins que dix kilomètres, il ne fut pas déçu.

Pourtant, il fallait un certain courage pour partir à l’aube ce matin-là car la nuit avait été courte, les Mâconnais fêtant la nouvelle gloire de la ville, Antoine Griezmann, et son France-Allemagne.

SaôneAprès un lever de soleil en cinémascope sur la Sâone, cette rivière-fleuve si paisible qu’on en arrive à douter du sens de son cours, ce fut la rue de la République – joli symbole –, celle de ma naissance. La maison n’est plus là mais le lieu demeure avec sa charge d’émotion. Quelques centaines de mètres plus loin, en marge du carrefour de l’Europe – autre beau symbole – c’était la petite cité HLM des Blanchettes où j’ai passé une grande partie de mon enfance. Puis mon école élémentaire, le collège de ma sixième – place Carnot – et, entre les deux, le chemin d’écolier emprunté quatre fois par jour le long de l’interminable rue de Lyon, celle des concessionnaires automobiles (et leurs nouveaux modèles rutilants), du cinéma Marivaux (ses péplums et le triste « Bambi ») et de la chambre de commerce (ses expos sur les Rue Sigorgnechampignons…). En remontant la pentue rue Sigorgne (bébé Gump disait « Cigogne »), je passe devant la maison où ma grand-mère maternelle Joséphine avait accueilli mon père déporté abandonné par sa propre famille au début de sa maladie.

De-ci, de-là, quelques silhouettes du passé me frôlent : Grangeon l’ami fidèle, Lavenir, le fils du pompier, les frères Bonnet, Yvrard et sa mère si élégante et bien sûr « mes petites amoureuses à la voix rauque ». Le fantôme des « grands »  aussi : les Jacquot, Madeleine, Nénesse, Jojo, Alice…

pâtisserie Joël NoyerieMais la madeleine de Gump se révéla en haut de la rue de la Barre en passant devant la pâtisserie-institution de la ville avec le souvenir d’une brioche onctueuse et d’un chocolat fort offerts par Fernande, une amie de la famille, un jeudi suite à un après-midi de télévision enfantine.

De retour à l’hôtel de « l’Europe et de l’Angleterre » (il fallait le faire !), Gump était un peu flagada. Mais l’effort physique n’y était pour pas grand-chose.

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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6 commentaires pour Gump et Mâcon : À la recherche du temps perdu…

  1. bernard gaignier dit :

    Je ne sais pourquoi mais il me semble connaître quelques un de ces noms. Il me semble que le fils du pompier avait Michel comme prénom. Quant à tes petites amoureuses comme j’ai eu l’occasion de te le dire lors de mon passage à maçon l’an dernier je les ai croisées en déambulateur…..

  2. Emmanuel dit :

    Un FUR nostalgique qui mesure les souvenirs d’une vie !

  3. Anik Angelozzi Kaigl dit :

    Récit Émouvant mon cher Patrick!

  4. Gérard Bony dit :

    Suivre Gump sans perdre haleine , c’est possible sans être déçu non plus ! Merci Patrick pour cette belle balade en si bonne compagnie .

  5. Alain Dupasquier dit :

    Ce 14 juillet, arrivée de Gump et Dom dans un jardin extra ordinaire de Bresse sur Grosne. Une coalition de courants convergèrent alors, et comme il se doit en un petit village gaulois, nous fîmes banquet autour d’une table ronde.

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