Bon palmarès pour Festival moyen

Cette année le Festival n’a pas mis en avant tel ou tel film, le jury avait donc les coudées franches. Et au final, je trouve les choix de la Almodovar team plutôt pertinents.

La Palme d’or pour The square le film suédois de Ruben Östlund  est judicieux car il récompense une oeuvre originale dans une sélection assez convenue. Drôle et iconoclaste, ce film avait tout pour séduire le président du jury. Le politiquement correct suédois mais aussi plus largement celui de nos sociétés occidentales est joyeusement passé à la moulinette. Avec quelques futures scènes cultes à la clé : la journaliste culturelle qui ne comprend rien à l’art contemporain, le comédien simiesque qui disjoncte, l’enfant qui explose…

Le Grand Prix (en fait la médaille d’argent ) pour 120 battements par minute de Robert Campillo est logique pour une oeuvre double : documentaire vu de l’intérieur sur les années SIDA et déchirante histoire d’amour.

Le prix de la mise en scène (la médaille de bronze) pour Les proies de Sofia Coppola un des films que j’avais pointé sur ce blog (avec d’ailleurs les deux précédents) est aussi logique.

La prestation de Diane Kruger (également signalée en live sur ce blog) dans le film allemand Aus dem nichts en femme et mère de victimes d’attentat mérite le prix d’interprétation. Si Nicole Kidman fut omniprésente (ce qui va justifier un prix spécial du 70e anniversaire), ses rôles étaient peu propices à la mettre en valeur. Par contre pour cause de pied cassé, nous n’avons pas vu le film qui a permis à Joachim Phoenix d’être honoré.

En réalité le palmarès m’inspire seulement deux (petits) regrets :

  • la sous représentation des deux superbes films russes avec un simple prix du jury pour Nelyubov (Loveless, Faute d’amour) de Andey Zvyagintsev et rien du tout pour le flamboyant Krotkaya (Une femme douce) de Sergei Lotnitsa.
  • le curieux prix du scénario pour Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos, film non dépourvu de qualité mais dont j’avais signalé ici même le scénario… bancal. Ce film d’angoisse fait disparaitre tout suspens dans son premier tiers.

A l’année prochaine !

Publicités

A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Bon palmarès pour Festival moyen

  1. Emmanuel dit :

    Festival moyen, normal il n’y avait pas de films italiens ! Eh oui !

  2. chris06 dit :

    Je suis d’accord avec le jugement sur le palmarès : le jury a fait des choix judicieux non seulement pour la Palme mais pour les autres films récompensés.
    Je ne partage pas le regret exprimé pour Krotkaya, je trouve au contraire que là aussi le jury a été clairvoyant en battant froid ce film mal nommé en français « Une femme douce » dans lequel l’actrice principale n’a pas la moindre douceur! Selon moi dans Krotkaya, ce n’est pas l’héroïne qui souffre le plus dans sa vaine recherche de son mari, mais le spectateur dans son fauteuil qui se demande -notamment dans la longuissime et affligeante scène de rêve supposé onirique – quand le film va enfin se terminer pour mettre fin à son supplice!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s