Pour réussir, il faut rater les primaires

François De Rugy est devenu hier Président de l’Assemblée Nationale et devient ainsi le quatrième personnage de l’État Je me félicite de l’élection de cet homme pondéré dont j’avais apprécié l’esprit de responsabilité quand il dirigeait il n’y a pas si longtemps EELV. Mais, pour autant, on ne peut pas ne pas remarquer qu’aux primaires de la gauche (En janvier… le siècle dernier !) De Rugy avait réalisé un score très faible (3,83%, cinquième sur sept) quand le vainqueur Benoît Hamon affichait un somptueux 58,9% au deuxième tour. Un résultat remarquable qui ne l’a pas empêché de disparaitre du paysage politique après sa défaite aux législatives.

Dans le même ordre d’idée, le ministre de l’économie (poste important dans un gouvernement qui a mis la réforme économique comme tête de gondole de son programme ), Bruno Le Maire s’était bien ramassé aux primaires de la droite  2,38%, cinquième sur sept). Rien à voir avec l’actuel retraité politique François Fillon qui lui avait fait un somptueux 66,5% au deuxième tour.

On peut toutefois constater que le phénomène n’est pas nouveau. En 2011, Manuel Valls n’avait réalisé que 5,63% des suffrages à la primaire, ce qui ne l’empêchera pas de devenir Premier Ministre là où la finaliste Martine Aubry ne sera même pas secrétaire d’Etat avec ses 43,43%.

Tout cela ne fait que confirmer le résultat de la présidentielle avec deux finalistes n’ayant pas participé à des primaires. Les vainqueurs des primaires ont terminé 3e et 5e, celui de celle des Verts s’est même sabordée comme les pirates d’Asterix.

Du coup, il est de bon ton de dire que les primaires vont disparaître. Ce n’est pas forcement faux mais je ne pense pas qu’il faille s’en réjouir. Les primaires avaient été inventées pour pallier à la crise des partis politiques : les électeurs engagés remplaçant les militants de moins en moins nombreux. Si les primaires disparaissent, elles vont être remplacées par les sondages qui enregistrent foucades, effets de mode et emballements des électeurs les plus sensibles aux réseaux sociaux et souvent les moins informés.

La victoire de Macron peut et je le pense sincèrement engendrer une rupture et un renouvellement salutaire pour la démocratie française… mais on a eu chaud. Sans le filtre des primaires, la démocratie sondagière aurait pu donner un deuxième tour entre l’extrême droite et l’extrême gauche. C’est à cela qu’il faudra penser avant de jeter le bébé avec l’eau du bain en condamnant la procédure des primaires.

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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4 commentaires pour Pour réussir, il faut rater les primaires

  1. Odile Menozzi dit :

    C est fou cette manie française de récompenser les personnes non méritantes 🤔C est comme pour les députés européens, tous les perdants obtiennent un poste sans aucune conviction ou engagement europeen Dans leur cursus !
    En tant que fervent défenseur de l Europe , Tu devrais d ailleurs , Cher Patrick , te présenter pour les prochaines élections européennes en 2019, les listes dont déjà entrain de se faire !!

  2. Patrick Quillier dit :

    Non seulement il faut les rater, mais ensuite il faut trahir la parole donnée. N’oublions pas de préciser cela, pour être tout à fait complet…

  3. Daniel Moatti dit :

    Tant que les femmes et les hommes politiques ne seront pas à l’écoute des citoyens et s’exprimeront au nom du peuple sans concertations, ni échanges, et cela ne semble pas être le fort de notre nouveau président, nous irons vers le pire. C’est à dire que le ras-le-bol risque fort de dégénérer en violences incontrôlables. Pourtant les avertissements électoraux se succèdent depuis 1984 sans une véritable et sincère prise de conscience ou un mea culpa. A cet égard, l’affaire Ferrand est emblématique !!!

  4. Cosmos dit :

    Eh bien pour ma part, je ne me félicite pas de l’élection de ce piteux personnage, qui même du temps de feu EELV a toujours été un libéral verdâtre.
    Cet homme, comme l’ancien Premier Ministre Valls, s’est parjuré en ne soutenant pas le candidat victorieux de la primaire du PS et de ses affidés, alors qu’il s’était engagé par un document écrit à le faire. Certains « marcheurs » de la première heure ont dû renâcler quand ils ont compris qui le PR Macron voulait mettre au « perchoir ». Cet homme représente ce que les français détestent le plus en politique : l’opportunisme et le parjure. Cela n’augure rien de bon pour la prochaine législature.

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