Gratitude aux libérateurs de Nice

Comme tous les 27 août, j ‘étais devant le palais Stella avec l’Association du Musée de la Résistance pour célébrer l’insurrection niçoise du 28 août 1944. Pourquoi le 27 ? C’est parce que c’est d’un appartement du dernier étage de cet immeuble du boulevard de Cessole que le comité insurrectionnel regroupant les différentes groupes de la Résistance a décidé la veille dans la soirée de lancer l’opération le lendemain à 6 heures.

En 2013, les martyrs du 28 m’ont inspiré un billet que je reprends régulièrement sur ce blog car il est toujours (hélas !) d’actualité.

Et pourtant ils n’étaient pas nés à Nice

« De toute façon, il n’était pas né à Nice » : tel est le propos d’une fleuriste du cours Saleya à propos de l’éviction de Benoît Kandel par le maire de Nice (selon Nice Matin du jour).

À cette dame et à tous ceux qui pensent comme elle, je veux faire ici une petite démonstration. Le 28, comme tous les ans, la municipalité a organisé (une belle idée…) un circuit de la mémoire pour commémorer la Libération de Nice et saluer la mémoire des 32 héros morts pour que notre ville se libère des Allemands.

C’est ainsi qu’en compagnie des adjoints et de mon ami Gérard Corboli (Secrétaire général du comité national de la Résistance et de la Déportation 06), j’ai déposé des gerbes en quelques lieux du 5e canton pour honorer les résistants tombés dans mon quartier.

Or si on prend la liste des 32 combattants, on ne trouve que 12 niçois (Eugène Alentchenko, Jean-Marc Ballestra, Fortuné Barralis, Jean-Marc Bobichon, Raymond Carmine, Marius Fantino, Joseph Giuge, Jean Gordolon, Auguste Gouirand, Basile Rossi, Roger Simon, Verdun Vial) et 2 originaires du Comté (Paul Vallaghe de Menton et Antoine Genouillac de Contes).

Par contre une majorité vient de l’extérieur. D’un peu partout en France : Jean Henri Authement (Créteil), Antoine Codaccioni (Bilia, Corse), Raymond Albin (Pignans, Var), Auguste Bogniot (Draguignan), Roger Boyer (l’homme du Square, Basses Alpes), Lucien Chervin (Paris), Emile Krieger (Moselle), Antoine Suarez (Bordeaux), Jean Girone (Vaucluse).

Et n’en déplaise à cette dame et aux tenants purs et durs de l’identité nationale, 10 étaient nés à l’étranger : 6 en Italie (Auguste Arnaudo, Jean Badino, Vincent Boscarolo, Sauveur Bernardo, Venance Cantergiani, Michel Ravera), 1 en Espagne (Jean Morales), 1 en Belgique (Alphonse Cornil) et 1 en Turquie ( Arisdakesse Arzoumanian).

Ainsi 20 de ces 32 héros ont sacrifié leur vie pour Nice. Pourtant, « ils n’étaient pas nés à Nice »…

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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3 commentaires pour Gratitude aux libérateurs de Nice

  1. Gérard Chiurchi dit :

    Merci pour mon papa, résistant FTPF, qui a participé à la libération de Nice ce jour là.

  2. Dominique Boy Mottard dit :

    Merci à lui.

  3. Ping : Carrefour du 28 août | Le blog de Dominique Boy Mottard

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