Baron noir, tel le phoenix…

Marginalisé, humilié, condamné à l’issue de la première saison, le Baron noir, héros de la série de Canal +, renaît tel le phoenix à la fin d’une deuxième saison pleine de rebondissements.

Il aura fallu attendre quand même deux ans (insupportable irrégularité des séries françaises !) pour retrouver avec le même plaisir Philippe Rickwaert (Kad Merad étonnant), l’ex député-maire socialiste border line de Dunkerque, victime de la déloyauté des siens lors de la saison 1, et le voir devenir l’éminence grise (noire ?) d’une République en crise qui ressemble étrangement à la nôtre.

Alors que la nouvelle présidente socialiste – qui accessoirement est son ancienne maitresse – veut faire alliance avec le centre, Rickwaert va tout faire pour faire renaître la défunte Union de la Gauche. Si le personnage du Baron et celui de la Présidente sont de pures fictions, il est jouissif de retrouver sous des apparences physiques diverses et variées les principaux protagonistes de la vie politique française : Mélenchon (interprété par le subtil  » Deschien » François Morel à la fois carnassier et patelin…), Valls, Bayrou, Hamon (ici c’est une femme), Sarkozy ou Le Pen (ici c’est un homme). Finalement, seul Macron manque à l »appel probablement pour un problème de timing. Pas démagogue, la série n’est jamais dans la caricature et, même avec leurs zones d’ombre, tous les protagonistes sont attachants.

Au-delà de la question stratégique des alliances, la saison 2 aborde également très franchement la question du terrorisme en particulier sous l’angle sulfureux des éliminations préventives de terroristes  par l’Etat. Le communautarisme est aussi dénoncé avec force à travers l’action d’un député qui n’hésite pas à l’affronter de face. Et vous ne pourrez plus voir Dupont-Aignan sans penser à la  » chouquettisation » des esprits.

Le Baron noir n’est pas « The west wing » et la Présidente Dorendeu (Anna Mouglalis parfaite) n’est pas le président Bartlet mais le résultat est plus qu’honorable. Même si, au final, on peut se demander si la réalité n’a pas dépassé la fiction. Du coup les rebondissements de la série paraissent parfois en retrait par rapport à l’incroyable année politique 2017 que nous avons vécue. Pour le scénario de la saison 3, je suggère donc à Canal + d’embaucher Hollande, Fillon et Macron.

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A propos Patrick Mottard

Conseiller général du 5e canton de Nice dans les Alpes-Maritimes depuis 1998. Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Parti Radical de Gauche
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