Nous devons défendre la presse française

En Slovaquie, ce vendredi, des dizaines de milliers de citoyens de ce petit pays ont défilé à Bratislava et dans les principales villes pour exprimer leur indignation à la suite de l’assassinat du journaliste d’investigation Jan Kuciak qui enquêtait sur la corruption.

Quel contraste avec la France où trois leaders politiques populistes (Mélenchon, Wauquiez et Le Pen) se sont livrés à des attaques d’une violence inouïe contre la presse. En affirmant que « La haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine », le leader de la France Insoumise est certainement celui qui a été le plus loin.

Il ne s’agit pas d’être naïf et de ne pas remarquer les liaisons dangereuses de la presse française avec certains secteurs de l’économie : les fabricants d’armes ou plus recemment les opérateurs de  télécommunication. Mais il faut être juste : si sur un sujet polémique vous lisez le même jour les articles des six journaux nationaux généralistes (Le Monde, Le Figaro, Libération, Le Parisien-Aujourd’hui en France, L’Humanité et La Croix), vous trouverez à peu près toutes les analyses et opinions qu’on puisse imaginer : le pluralisme est réel et donc « la presse n’est pas la première ennemie de la liberté d’expression » (Mélenchon encore !).

Localement, Nice-Matin, pourtant en situation de monopole, accomplit tout à fait correctement sa tâche d’information. Depuis que le personnel a pris une part importante dans sa gestion , nous ne sommes plus à l’époque Bavastro ou Lagardère et l’opposition aux responsables locaux peut s’exprimer de façon tout à fait satisfaisante. Quant aux articles politiques rédactionnels, ils sont en général de bonne qualité (et bien écrit ce qui ne gâche rien).

Donc la presse reste un atout pour la démocratie dans notre pays. Ceux qui disent le contraire font le jeu des réseaux sociaux, café du commerce du village planétaire de Mac Luhan où le premier imbécile a la même autorité qu’un prix Nobel (je cite de mémoire Umberto Eco).

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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9 commentaires pour Nous devons défendre la presse française

  1. Dominique Dufour dit :

    La Presse Française existera-t-elle encore dans 10 ans?

  2. Priscilla Robin dit :

    Une presse courageuse et objective : oui mais est-ce le cas dans les grandes lignes ??? Je ne pense pas… hélas !

    • bernard gaignier dit :

      C’est quoi une presse objective pour toi??? Celle que fabrique Melenchon sur internet….?

    • Cosmos dit :

      Aucun média n’est « objectif » pour la simple et bonne raison qu’ils ont tous une ligne éditoriale qui défend une certaine vision du monde.
      Pour « bernard gaignier », Mélenchon ne fabrique aucune presse sur internet. Il poste ses interventions aux Parlement et propose une « Revue de la Semaine » avec les sujets qui lui paraissent importants. Je ne sache pas qu’il se prétende journaliste en faisant un tel travail. C’est un travail d’élu.

  3. Michaël SJ dit :

    Je pense que cette « haine » de la presse est une des conséquences de l’opinion qui a cru (parfois à juste titre, mais pas toujours) que la presse a longtemps soutenu les poliques, qu’elle s’est souvent auto-censurée en sa faveur. Pour tenter d’effacer cette image, certains politiciens actuels n’hésitent donc pas à la « renier ». Il est sain de s’en séparer, de la tenir à distance, mais il est dangereux de l’accuser sans cesse de nombreux maux ou d’essayer de la museler parce qu’elle ne servirait pas nos intérêts. Là est d’ailleurs tout le paradoxe des Le Pen, Wauquiez et Mélenchon, ils en usent pour mieux l’égratigner.
    C’est une technique de communication des extrêmes, qui leur permet d’être sans cesse visibles, sans frais, afin de mieux se « victimiser » ensuite. On n’est finalement pas loin des pratiques de certains régimes totalitaires.

  4. Fabien Castejon dit :

    Jamais les extremes se rassemblent mais souvent ils se ressemblent ! Force est, et forcé, de constater que le modèle américain a encore de l avenir mais pas pour le meilleur qu il puisse représenter. Je crains que l intitulé « pays de merdes » ait suscité le désir d un concours à l obtention d un titre suprême dont la designation pourrait être similaire. Certains dirait « pauvre France » et pourtant notre pays se teouve dans une position plûtot favorable malgré tout, grâce aux fruits d une gouvernance partagée, puisque les effets actuels et à venir sont à relier aux choix actuels mais aussi à ceux datant des précédentes années et vérifiables seulement maintenant pour toute personne de bonne foi.

  5. Cosmos dit :

    La corporation journalistique parisienne serait donc la seule que nous ne pourrions pas cibler pour ses pratiques plus que douteuses ? De qui se moque-t-on ? Ils constitueraient une sorte de totem intouchable devant lequel chacun devrait se prosterner ? Sus aux plaisanteries !
    C’est porter la presse au plus haut que de critiquer ses dérives et ses manipulations. Ceux qui se réjouissent de son état actuel sont au mieux des jean-foutre, au pire des hypocrites ! Alors évidemment, lorsqu’on la critique on procède à des généralisations peu amènes pour les journalistes honnêtes, mais l’on ne peut pas tout individualiser !
    Acun journaliste n’est objectif, les questions posées, le vocabulaire utilisé, les clichés inhérents à son discours le prouvent constamment. En revanche, tous ont le devoir d’être honnêtes, ce qui est bien loin d’être le cas.
    C’est particulièrement le cas pour les éditorialistes qui serinent la même idéologie sur toutes les antennes : passant de France 5 à LCI pour aller ensuite vers Canal+. Vous savez, ceux qui « informent » (au sens premier de ce terme) l’opinion. Mais certains plumitifs ne sont pas en reste…
    Je renvoie à un excellent article de Gontier sur « Télérama » : http://www.telerama.fr/television/la-reforme-de-la-sncf-jugee-salutaire-a-lunanimite-des-editorialistes,n5504569.php
    Je transmets également le lien de la pétition de Mélenchon pour la création d’un Conseil de déontologie du journalisme en France : https://www.change.org/p/pour-la-création-d-un-conseil-de-déontologie-du-journalisme-en-france

  6. Ewelina Ludmilla Katarzyna dit :

    Très jolie tradition !

  7. ASIN Didier dit :

    Non, Cher Patrick Mottard, la presse ne respecte pas le pluralisme. Deux exemples: à la présidentielle française, 100% de la presse était anti-Marine Le Pen. Depuis l’élection de Trump, 100% de la presse française est hostile à Trump quoiqu’il fasse. Ce sont des faits. Bonne soirée.

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