Les lieux communs de la politique (2) : les maires constructeurs

Idée reçue récurrente : un bon maire, c’est celui qui « fait des choses »… Les choses, c’est bien évidement ce qui ce construit, les aménagements visibles, le bâti, le béton…

En effet, quoi de plus sexy pour assurer sa réélection qu’une belle photo devant un stade flambant neuf, une médiathèque (très à la mode !), une salle multi-média, une nouvelle mairie, un espace vert suréquipé, un rond point, une rocade, un carrefour…

Bien sûr, une commune a besoin de renouveler ou de créer de nouveaux aménagements physiques mais il faut avoir conscience que ceux-ci ne sont pas l’alpha et l’oméga d’une bonne gestion. Mal dimensionnés, ils peuvent parfois plomber le budget d’équipement de la commune et encore pus souvent le budget de fonctionnement (le maire arrive toujours à financer tant bien que mal son caprice mais il anticipe rarement le coût de fonctionnement… souvent assumé par son successeur).

Pourtant la vie quotidienne des citoyens est beaucoup plus impactée par une bonne politique sociale, un service de nettoiement au top, de la sécurité dans tous les quartiers, de la vraie médiation culturelle, une organisation péri-scolaire performante, des loisirs pour les séniors, une circulation fluide… Tout cela a souvent plus d’importance que des tonnes de béton en plus.

Mais hélas, au final, il n’est pas certain que les électeurs ne plébiscitent pas les maires qui « font des choses » même si  c’est souvent un choix contestable. Ainsi, à Nice, il est fréquent d’entendre dire à propos d’un ancien maire : « oui, il s’en est mis plein les poches mais il a fait des choses… »

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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5 commentaires pour Les lieux communs de la politique (2) : les maires constructeurs

  1. ricciarelli dit :

    Et oui, les maires ne sont pas à l’abri de la société du paraître dans laquelle nous vivons.
    Et si nous évitions aussi de vouloir souvent donner des noms d’hommes ou femmes politiques à des bâtiment publics. Le dernier en date « Centre de maintenance Charles GINESY ». Même s’il y a plus valorisant !!! Cela dit, je trouve que les ronds-points, sont de plus en plus simplement fonctionnels et non plus surtout esthétiques et lucratifs comme au début de « cette mode ». La mode (de luxe) du tram, vendue aussi comme une obligation dans toute ville qui se respecte alors que des bus en site propre (Tex !!) sont tout aussi efficaces. Mais que fait ANTICOR !! En conclusion ; lorsqu’il n’y aura plus de queue, à la sortie du dernier iPad, peut-être que … (vive le STARADDICT !!).

  2. jean Montoya dit :

    Voilà un beau programme pour une candidature aux prochaines municipales !
    Vas y, Patrick, on te suit…

  3. BASSET dit :

    Bonsoir Patrick MOTTARD,

    Merci (une nouvelle fois) pour cette allocution qui permet de défendre à nouveau l’ intérêt général au détriment des intérêts particuliers.Il ne faut pas oublier que nous vivons dans une société dite « du spectacle ». Les villes qui ont fait le choix de favoriser le social , les accueils périscolaires, la mobilité…sont peut être moins clinquantes et encore, n’ont elles pas à y gagner? au niveau économique.
    Plus d’emplois, moins de démunis dans les rues…Il faut réaliser un calcul qui permettrait de favoriser la reconnaissance de la notion d’utilité sociale. Tout cela dépend de la dimension axiologique, c’est à dire des valeurs, défendues par les politiques publiques (Est – ce la réélection ? son propre intérêt politique? ).
    Les électeurs ne sont pas dupes vis à vis de ces types de comportements électoralistes. La dimension instrumentale ou les effets physiques et moraux de leurs agissements est visible dans leur quotidien : manque de moyens au niveau social et de la mobilité. Le Tramway ne dessert malheureusement pas tous les quartiers à la même vitesse sur Nice.
    C’est vrai que les gens souhaiteraient que des monuments classés (ou non) ou administratifs portent des noms de personnages illustres et non des personnes qui ne reflètent qu’une élection remportée parmi tant d’autres.
    La France avait fait le choix d’un bipartisme qui permettait de régulariser ce genre de passions.
    Les politiques devraient plus s’investir au niveau national . Au niveau européen la CJCE a apporté un nouveau souffle à cette notion d’intérêt général en la rapprochant de plusieurs domaines: La protection sociale, l’ordre social et politique et a crée la notion d’intérêt économique général de la Communauté.Les conséquences politiques peuvent être lourdes quand on défend des intérêts particuliers en matière d’éducation, de santé…Certains arrêtés de maire sont illégaux, ou jugés disproportionnés par rapport aux risques encourus. Ces dérives nuisent en la mise en place d’une réelle politique publique ( notamment au niveau des atteintes aux libertés publiques).
    Le respect du principe d’ intérêt général n’est pas simple dans sa mise en œuvre.

    Je sais que vous défendez de belles valeurs auxquelles il ne faut pas cesser de croire.

    A bientôt, Cordialement,

    Elisabeth BASSET

    PS: Quand vous aurez le temps de répondre à mes messages . Faites moi signe! J’aurai besoin de vos lumières en droit administratif.

  4. Tout à fait vrai. Et quand on s’intéresse de près à ces choses, on constate que des « réalisations » dont l’intérêt n’est pas éclatant au demeurant sert en fait des intérêts particuliers ou corporatistes, parfois selon la méthode du billard à 3 bandes (Par exemple, un équipement dont l’utilité est douteuse permet en fait de donner des emplois aux petits copains et copines, fait travailler à grands frais les bureaux d’études plus ou moins sérieux, des entreprises grosses ou petites appartenant aux amis, le tout aux frais du contribuable) et que bien entendu, le « réalisateur » peut compter sur des renvois d’ascenseur.
    Le phénomène est accentué par les financements joints permettant que le projet puisse se faire et provenant d’autres collectivités locales et même de l’État qui, en effet, incluent cela dans leur budget annuel et se soucient guère des frais de fonctionnement qui eux vont courir sur de nombreuses années et même augmenter à cause de l’entretien et des hausses automatiques de rémunération. Mais les donateurs (dont certains eux aussi distribuent l’argent du contribuable) comptent sur un renvoi d’ascenseur par exemple lors des cantonales, des législatives ou des sénatoriales…S’il y a un « système », voilà où il se trouve en grande partie.
    L’opportunité de la dépense publique est mise en avant par certains à grand coups de déclarations principielles, mais pas toujours mise en pratique par les mêmes.

  5. Et le vaste bordel ce week-end au Castellet avec le Grand Prix de France F1, des embouteillages monstres, la mobilisation de forces de police et de sécurité, est un exemple caricatural d’un équipement largement payé avec l’argent public, certes prestigieux mais dont on n’a pas mesuré les conséquences.Vous me direz que dans la région, un embouteillage de plus ou de moins, les azuréens, notamment les habitués de l’A8 et/ou du bord de mer et de l’ex N7, en ont l’habitude….

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