« La question du racisme » d’Hedi Majri : ma postface

Hedi Majri

Le dernier livre d’Hedi Majri « La question du racisme » vient de sortir avec une préface d’Eric de Montgolfier et la postface qu’il m’avait fait l’amitié de me demander. C’est un livre important et nécessaire en ces temps troubles, aussi pour espérer vous donner l’envie de le lire, je reproduis ici ma postface :

Avec l’effet démultiplicateur des réseaux sociaux, le racisme devient de plus en plus une opinion presque comme les autres sur laquelle on peut débattre presque avec détachement à l’infini. Une libre opinion dans le champ de la liberté d’expression.

En tombant dans le piège, certains antiracistes ne sont pas les derniers à encourager un tel débat. Et si le temps des grandes explications théoriques a légèrement reculé, celui des justifications pratiques se développe dans un climat de bonne conscience avéré.

Heureusement qu’il y a encore des veilleurs qui, à l’image d’Hedi Majri, rappellent inlassablement que nos différences ne sont que culturelles et que nous sommes infiniment semblables. Un enfant adopté, quel que soit son pays d’origine ne devient-il pas un membre de la communauté qui l’éduque et l’accueille ? L’exemple récent d’un brillant responsable politique est là pour nous le rappeler.

Le racisme bien sûr est une infamie. Mais le rappeler n’a de sens que si on explique qu’au-delà du rejet de l’autre, il n’est que la mise en forme d’un irrespect envers la diversité, une suprême offense à ce que l’univers a de plus précieux : la Vie. Plus directement il est tout simplement une forme d’autodestruction.

C’est ce que, dans ce petit livre à la fois exhaustif et synthétique, l’auteur nous explique en reprenant certaines analyses connues mais aussi en adoptant des points de vue originaux nous éclairant sur la nature, « l’existence et la valeur du racisme d’un point de vue philosophique ».

Pour cela, l’auteur ne s’enferme pas dans une tour d’ivoire académique mais s’entoure d’une multitude de témoignages de jeunes que le pédagogue qu’il est connaît si bien.

Face à la vitalité du racisme, on pourrait penser que le travail des insoumis comme Hedi est un peu vain et, contre les forces du mal, s’apparente à celui de Sisyphe remontant inlassablement la pente avec son rocher.

Mais, contre l’inhumain, affirmer la beauté de l’homme ne sera jamais dérisoire. Grâce à tous ceux qui comme lui s’opposent à l’indicible, on peut espérer contenir le mal et peut-être même le faire reculer.

C’est pour cela que quand dans « sa recherche d’un homme, projet réel de l’existence collective, centre et cœur du vivre ensemble », il imagine « un citoyen devenu sage et débarrassé de toute forme de préjugé, interrogeant la raison raisonnable et se mettant sur le chemin de l’engagement et de la responsabilité », il faut imaginer Sisyphe heureux. Ou plutôt Hedi Majri heureux.

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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Un commentaire pour « La question du racisme » d’Hedi Majri : ma postface

  1. Devinekivienskatter dit :

    Le problème c’est que ça part dans tous les sens… Le rejet de cette diversité si chére à certains est l’affirmation d’une identité quelconque pour d’autres… C’est là que le dialogue ne se fait plus…

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