Venaruzzo et les Barbues : retour gagnant

Ce soir,  à l’Entre-Pont,  j’ai eu le privilège d’assister à la générale du dernier spectacle de Sabine Venaruzzo Les quatre barbues : opus 2. Après sa magnifique prestation dans Fragments de Nice, Sabine n’a pas retenu la nuit longtemps car, dès le lendemain de la dernière représentation à L’Eau Vive, elle a enchaîné avec les répétitions de l’opus 2 de son spectacle fétiche Les Barbues. Un spectacle qui a été joué plus de 150 fois dans toute la France avec deux gros succès au festival d’Avignon en 2013 et 2015.

Ce spectacle choral à plusieurs chanteuses revisite le répertoire-patrimoine des Quatre Barbus, un groupe vocal de l’entre-deux guerres, en lui donnant une lecture contemporaine tout en respectant la loufoquerie et l’absurde un tantinet anarchiste d’origine.

Pour cette deuxième version, l’équipe a été sensiblement renouvelée. On retrouve outre Sabine trois magnifiques chanteuses-comédiennes : Caroline Fay (dont je connaissais un peu les mises en scène), Sarah Vernette et Danielle Bonito (une ancienne étudiante). Dominique Glory, la pianiste, est fidèle au poste et devient en fait la cinquième barbue car son rôle s’est étoffé…

Cette nouvelle version est encore plus contemporaine que la précédente (une volonté de Marie-Hélène Clément, la dramaturge). Avec les mots des Barbus, de Pierre Dac et de Boris Vian, on évoque ce monde qui ne va pas bien. Ainsi passent à la moulinette drolatique mais citoyenne de la bande à Venaruzzo des thèmes aussi forts que la planète qui meurt ou le terrorisme (elles ont le culot, faisant fi du politiquement correct, d’utiliser contre les barbus intégristes l’arme qu’ils redoutent le plus : l’humour !). En femen, elles se moquent du machisme en conjuguant glamour et dérision. Elles profitent d’une chanson sur les médicaments pour dénoncer le médiator..

Plus le spectacle se déroule avec la mise en scène limpide et fluide au service des actrices de Jean-Jacques Minazio (qui ce soir portait un magnifique T-shirt… de Maradona) et plus  Sabine, Caroline, Danielle, Sarah et même Dominique s’incarnent dans de véritables personnages (la volonté d’Olivier Debos) .

Un mot enfin sur le travail d’une richesse infinie du directeur musical Benjamin Laurent (déjà remarqué dans l’Opéra minuscule). Ces variations autour de thèmes classiques sont irrésistibles et son Internationale branchée est un grand moment.

Mes séquences favorites : l’homme de Cromagnon, la pince à linge et le récurant cheval de corbillard. Et bien sûr la séquence à mon sens fondatrice du nouveau spectacle sur les vilains barbus.

En conclusion, suivez le conseil des Barbues adhérez au parti d’en rire (PDR) mais avec ce nouveau spectacle j’ai envie de l’enrichir en PDRMPS : Parti d’en rire mais pas seulement.

ALLEZ VOIR LES BARBUES DÈS DEMAIN :  
Dimanche 1er juillet au jardin exotique d’Eze-village à 19h
Mardi 10 juillet place de l’Eglise à Sainte-Agnès à 21h
Jeudi 19 juillet Halle de la Bolline à Valdeblore à 21h

 

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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