Macron-gilets jaunes : l’arbitrage de l’opinion et de l’ancien monde

Macron 10:12:2018L’ensemble des mesures annoncées par le Président de la République aurait probablement mis fin à n’importe quelle mobilisation sociale classique après négociation. Mais nous ne sommes pas dans ce cas de figure.

A priori, les revendications des gilets jaunes sont tellement nombreuses et disparates que la majorité des protestataires risquent de camper sur leurs positions et leurs… ronds points. La suite de la crise va dépendre de l’évolution  de ce qui a fait la force des gilets jaunes depuis le début : le soutien massif de l’opinion publique et l’approbation des institutions de « l’ancien monde » (partis, syndicats, élus locaux).

En ce qui concerne l’opinion publique, si celle-ci considère que la réponse du président est suffisante, le mouvement perdra une grande partie de sa légitimité. Dans le cas contraire, c’est la suite et même l’existence du quinquennat qui sera en jeu.

Pour « l’ancien monde », si grosso modo l’opposition massive se fissure notamment parce que les partis de gouvernement, qui n’ont pas (encore) d’alternatives crédibles, ont peur que la prolongation de la crise ne profite aux extrêmes, les gilets jaunes se trouveront isolés ou pire récupérés. Par contre, si l’hostilité au Président jupiterien continue à fédérer partis, syndicats et élus locaux, tous les ingrédients d’une crise institutionnelle seront réunis.

Nous sommes lundi à 21 h 30, une heure et demie après l’intervention, et franchement, en écoutant les commentaires des uns et des autres, rien n’est joué. Pourtant  l’enjeu est considérable : changement de cap économico-social comme en 1983 ou crise de régime comme en 1958 ?

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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20 commentaires pour Macron-gilets jaunes : l’arbitrage de l’opinion et de l’ancien monde

  1. Jérome Dominot dit :

    Belle analyse Patrick. Des points de suspension à n’en plus finir. Ta sagesse s’exprime dans ces trois petits points invisibles de romancier averti 😉

  2. Dominique Dufour dit :

    Mais les Partis de Gouvernement sont déjà au Gouvernement…

  3. Odile Menozzi dit :

    Toutes les mesures présentées ce soir apparaissent fades car il a trop tardé à leurs répondre !
    On entre dans une phase complexe et dangereuse 😒

  4. Sima dit :

    Les Français nous sommes un peuple compliqué quasi ingouvernable !
    Quel courage pour diriger ce pays …ce mouvement devient inaudible

  5. Anik Angelozzi Kaigl dit :

    C’est chaud !!!

  6. Chris06 dit :

    Un navire sans cap et de plus en plus en faillite — les Français demandent toujours plus à l’Etat mais ne se soucient jamais de réduire des dépenses publiques —, un capitaine déboussolé qui lit sur un prompteur un patchwork de mesures bâti à la hâte.
    La Macronie qui avait commencé sur une belle tricherie, la mise en examen du candidat de droite par le parquet financier, manipulation grossière, va bientôt s’achever dans un naufrage lamentable.
    Les prochaines élections européennes sanctionneront Emmanuel Hollande, le digne successeur du pilote nocturne de scooter, par une victoire quadi-certaine de l’extrême droite.
    L’attrape-nigaud « Nouveau monde » a montré sa vacuité. La messe est dite : Ite, missa est!

  7. Alex Alchy dit :

    Je pense qu’il faut voir le mouvement comme bien plus large qu’un message à Macron. Si des jeux d’opposition bloquaient la situation, je pense que les gens s’en prendraient tout aussi vite à ces oppositions. Ce qui entrainerait de la casse des permanences par exemple.

    En fait tout le monde se tient plutôt à carreau car peu se retrouvent bien dans les revendications des gilets jaunes. Même Mélenchon et Le Pen sont très gênés de s’engager alors même que beaucoup de choses pourraient leur correspondre.

    Et oui mais la vérité, c’est que les gens veulent du changement rapidement. Et c’est là que s’arrête un peu le monde de certains opposants quand il s’agit d’avoir des idées viables à proposer.

    Le seul ISF ou une augmentation des primes à l’emploi ne suffiront pas. C’est toute la structure des revenus qui demande à être réétudiée. Et d’évaluer aussi le « ruissellement », à savoir si gâter les hauts revenus ou le haut patrimoine entrepreneurial a vraiment de l’effet sur l’économie (ou tout au contraire).

    Mais il y a beaucoup de gens qui témoignent que la vie est impossible et humiliante. Les retraités, les parents isolés, les bas salaires, les handicapés, les diplômes dévalués… C’est sur toute cette frange qu’il faut trouver des solutions. Peut-être 30 à 60% des gens se sentent directement concernés.

    Donc à mon avis le mouvement ne laissera pas les uns ou les autres provoquer une crise institutionnelle ou un blocage. Il fera certainement que ça avance coûte que coûte sans aucun état d’âme pour les partis, ni même savoir si les ministres servent à quelque chose (sinon les contraindre à agir irrémédiablement).

  8. Pierre Assus dit :

    Ceux qui disent qu’il est intervenu trop tard se trompent à mon avis. Il a parfaitement joué avec le facteur temps. L’attente de son discours à cassé le mouvement de saled8 dernier. Maintenant il va falloir voir si les gilets jaunes réussissent encore à mobiliser et s’ils passeront Noël. Il est clair ppur moi que les agitateurs qui sont derrière les olus agités sont d’extrême droite. Seront ils suivis? On verra bien.

  9. Sylvette Defrance dit :

    Très bonne analyse Patrick…Mais je pense personnellement que nous ne sommes pas au bout de nos peines…Il faudrait tout revoir, il a lâché du lest certes, mais n’a nullement annoncé une baisse des dépenses publiques…Il aurait fait un geste également sur les salaires des ministres, députés, sénateurs etc…en les revoyant à la baisse, un grand pas vers les gilets jaunes aurai été fait…Tout est à mettre à plat, tout est à revoir, la crise est réelle et profonde.

  10. Sylvie Parodi dit :

    un homme prétentieux et méprisant qui distribue des mauvais points aux voyoux et quelques bons points en euros aux manifestants mais qui ne remet pas en question sa politique n’a pas la carrure d’un chef d’état.

  11. Alain D'Agostin dit :

    …et Noël sera maintenu le 25 décembre …

  12. Cosmos dit :

    « Pour « l’ancien monde », si grosso modo l’opposition massive se fissure notamment parce que les partis de gouvernement, qui n’ont pas (encore) d’alternatives crédibles, ont peur que la prolongation de la crise ne profite aux extrêmes, les gilets jaunes se trouveront isolés ou pire récupérés. »

    Tous les partis ou mouvements se présentant à des élections ont vocation à gouverner. Cette étiquette de « parti de gouvernement » n’a aucun sens. Elle désigne des partis qui nous ont avilis : le PS et LR. Les mêmes qui, aujourd’hui, retournant leur casaque, forment la majorité LREM-MODEM que votre parti soutient.

  13. Françoise Assus-Juttner dit :

    Le comptage des votes blancs est passé inaperçu …c’est une réponse intéressante au référendum demandé … Mac Mahon n’y avait pas pensé , c’est le seul geste qui ne soit pas d’argent et qui colle avec le dégoût des institutions …

  14. La tuerie de Strasbourg nous a vite ramené aux réalités. Le discours « social » des Gilets Jaunes, fondé ou non (car il faudrait faire des distinctions de légitimité à se plaindre selon les individualités et leur parcours individuels car TOUT n’est pas toujours la faute du système ou des gouvernements) est en fait métaphorique. Il n’est pas question de nier les difficultés de certains (mais dans les commentaires, on trouve aussi du misérabilisme de la part de journalistes bien au chaud dans les rédactions parisienne, des artistes entre St Bart et la promo de leur spectacle, et des salopards patentés comme ce trotsko nanti de Gérard Miller bouffi de suffisance et d’arrogance). Mais ce lam être cache une angoisse culturelle et identitaire. Or l’identité culturelle, c’est la seule chose qui vous reste quand on est démuni.Le déclassement, ce n’est pas seulement vivre moins bien, c’est vivre dans un endroit et avec des gens qu’on n’a

  15. …des gens qu’on n’aime pas.

    • Chris06 dit :

      Condamné 27 fois, et toujours en liberté !!!
      Cherchez l’erreur !!!

    • Chris06 dit :

      Heureusement Flanby est là, qui veille sur nous:
      L’Attaque à Strasbourg:
      « Il faut arrêter le tireur au plus vite » dit François Hollande!!!
      Quel stratège !!!

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