Vidéo-surveillance : il fallait écouter l’opposition radicale

Dominique Boy-Mottard

Il y a des circonstances où on aimerait ne pas avoir raison. Au conseil municipal de 3 février 2017, au nom du groupe, Dominique Boy-Mottard, tout en approuvant une demande de financement de la vidéo-surveillance tout à fait légitime dans le contexte post-attentat, avait fait la déclaration suivante :

« Nous voterons cette délibération. Mais qu’il nous soit permis de souligner que la fuite en avant qui consiste à acheter et installer toujours plus de matériel de vidéo-surveillance risque d’être inefficace si on ne résout pas avant la question de la formation des femmes et des hommes à ce type de surveillance.

Les événements tragiques qui ont endeuillé notre ville ont malheureusement démontré que la camera se contente d’enregistrer et que si, derrière les écrans , il n’y a pas un personnel hautement qualifié pour décrypter les images, celles-ci se révèlent inefficaces en matière de prévention.

Donc, pour nous, il faut inverser les priorités : la formation des hommes avant l’entassement de matériels. »  

En fait elle reprenait notre position traditionnelle sur le sujet, une position affirmée bien avant l’attentat, une position atypique au sein d’une gauche qui à l’époque insistait plutôt sur la question des libertés.

Aujourd’hui, c’est un rapport rendu public par RTL qui pointe du doigt la responsabilité de la mairie de Nice dans l’attentat du 14 juillet 2016 précisément parce que les agents municipaux chargés de la vidéosurveillance manquaient de formation. Il rappelle notamment que les jours qui ont précédé l’attentat le camion de 19 T avait fait plusieurs repérages sur la Prom sans que ces infractions ne débouchent sur un contrôle. Les enquêteurs enfoncent le clou en révélant que les fonctionnaires municipaux n’avaient aucune connaissance en matière de transport de marchandise, d’autorisation de livraisons ou de réglementation de la circulation sur la Promenade.

3 février 2017… 5 avril 2019 :  que de temps perdu. Si, au lieu de se contenter d’une réponse dilatoire, Christian Estrosi avait suivi ce que préconisait le groupe, on aurait gagné plus de deux ans. Oui, Monsieur le Maire, il faut écouter l’opposition radicale !

 

 

 

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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4 commentaires pour Vidéo-surveillance : il fallait écouter l’opposition radicale

  1. Bertrand Gonthier dit :

    Drôle de Pays aucun élu n est responsable de la faillite du 14 juillet ..c est hallucinant …

  2. Eric Gautier dit :

    Formation avant tout
    …quel bon Sens..

  3. Christine Bur-Chiurchi dit :

    Tout à fait d’accord avec cet article. Le camion est passé 11 fois sur la prom’ dont une où il a tenté de passer sous une pergola…aucun compte n’a été demandé, aucune enquête n’a été faite pour savoir ce qu’il faisait là…le résultat on le connaît et il aurait pu être évité…

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