Sécurité routière : l’impressionnante réussite d’une politique publique

I-Autre-22978_459x459-.netMême si l’air du temps est à l’exaltation du génie de la société civile et au dénigrement des politiques publiques toujours censées être imposées de Paris par des technocrates hors-sol, je suis de ceux qui pensent que ces dernières sont souvent de belles réussites. Ainsi celle de la sécurité routière.

En 1973, donc sous Pompidou, le nombre des morts sur les routes dépasse les 18 000. À cela s’ajoutent les centaines de milliers de blessés, souvent handicapés à vie. En 1996, le nombre n’est plus que de 8 541. En 2013, il est à 3 268 et semble stagner depuis.

Entre-temps, les gouvernements de VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ont engagé une vigoureuse politique de sécurité routière dont on voit bien qu’elle n’est ni de gauche, ni de droite. Successivement, il y a eu les limitations de vitesse sur route, en ville, sur autoroute, le port obligatoire de la ceinture de sécurité et du casque pour les deux roues, la surveillance drastique du taux d’alcoolémie, la multiplication des radars (à ce propos, la neutralisation supposée de ceux-ci par les gilets jaunes a provoqué une progression des accidents causés par la vitesse). Si on ajoute le permis à points, l’airbag, la généralisation des autoroutes et la réduction des points noirs, on peut voir que c’est un ensemble de mesures cohérentes qui aboutit à ce résultat remarquable surtout si on tient compte de l’augmentation de la circulation et du nombre de véhicules. Par rapport au chiffre de 1973, ce sont désormais 15 000 vies qui sont épargnées chaque année. 15 000 c’est-à-dire cinq fois le nombre de victimes du 11 septembre et presque deux fois celui du massacre de Srebrenica.

Pourtant, à chaque fois, les opposants étaient nombreux. Par exemple, il a existé des associations anti-ceinture de sécurité qui nous prédisaient la mort affreuse d’automobilistes coincés dans leurs voitures en feu !

C’est en analysant toutes ces données qu’il faut désormais examiner la réduction de la vitesse à 80 km/h. Peut-être que nous sommes arrivés à un seuil et que le nombre de victimes est insusceptible de se réduire ? Mais peut-être pas. Alors pourquoi ne pas tenter sereinement l’expérience ? Je ne suis pas au fan club d’Edouard Philippe et je n’aime pas conduire à 80 km/h mais si c’est le prix à payer pour sauver quelques vies, je trouve que ce n’est pas cher payé. Pas vous ?

Nice Matin, 14:04:2019

Nice Matin 14/04/2019

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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2 commentaires pour Sécurité routière : l’impressionnante réussite d’une politique publique

  1. Cosmos dit :

    Je suis globalement d’accord avec vous, M. Mottard.
    Le mouvement duquel vous partîtes récemment soutient la liste de Loiseau.

  2. alaind dit :

    On pourrait aussi marcher à pied, 0 morts, et plus de vies sauvées par pratique de l’exercice.

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