CANNES (2): De Dakar à Newcastle, les patrons voyous.

Retrouver le Festival, c’est chaque année apprivoiser à nouveau l’immense Palais, l’architecture métallique à la Henki Bilal du Grand Amphithéâtre, les places un peu oubliées tout en haut de la salle (nos préférées), les couloirs secrets, la rotonde lumineuse du bar… Le « Bunker » est un monstre, mais un monstre familier et bienveillant.

Deux films au programme : un film du Sud et le « Ken Loach » de l’année.

ATLANTIQUE (Mati Diop/ Sénégal )

A Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste ne sont plus payés depuis trois mois par un patron défaillant qui refuse même de les rencontrer. Désespérés, ils décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Un de leur, Souleymane, est l’amoureux d’Ada promise à un homme riche par sa famille. Leur disparition étant plus ou moins acquise, Ada – qui entretemps a renoncé à son mari – et ses amies s’aidant de pratiques et de sortilèges traditionnels organisent une terrible vengeance.

L’histoire d’amour est très belle et la critique sociale efficace. Par contre la partie fantastique du film est à la fois naïve et complexe à suivre mais on ne pourra pas reprocher à cette jeune réalisatrice de ne pas avoir d’ambition. A suivre.

SORRY WE MISSED YOU (Ken Loach/ Grande-Bretagne).

Un Uber-patron propose à Ricky ouvrier de Newcastle un marché de dupe : il devient chauffeur-livreur  soit disant indépendant  tout en étant tenu par un contrat de franchise qui le livre pieds et poings liés à un chef d’entreprise sans scrupule. Sa femme Aby qui fait de l’aide à domicile pour personnes âgées est obligée de vendre sa voiture pour financer le camion que son mari doit acheter à crédit. A partir de là, Ricky va s’épuiser pour rentabiliser son activité, Abby n’aura plus une minute à elle pour s’occuper des enfants dont l’aîné va sombrer dans la délinquance.

Du Ken Loach (déjà deux Palmes d’Or) pur jus ! La dénonciation des nouvelles turpitudes du capitalisme est lumineuse et l’histoire de cette famille arracherait des larmes à un trader de la City. Toutefois l’accumulation des malheurs tombant sur les épaules de ce pauvre Ricky fait peut être perdre un peu d’efficacité à l’histoire qui n’a pas la fluidité de précédents films de Loach où le drame social était entrecoupé de parenthèses plus légères et parfois même de moments de grâce.

 

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A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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