Yves Montand… ce serait moins classe !

Nous sommes au Festival de Cannes en 1989, l’année du triomphe de Steven Soderbergh avec Sexe, mensonge et vidéo. Jeune élu à la Région je suis invité à la cérémonie de clôture où est présenté en première mondiale un film de Luis Puenzo, Old gringo, western mexicain vintage qui ne laissera pas un souvenir impérissable malgré un casting de rêve : Gregory Peck et Jane Fonda.

Egalement invité au repas qui traditionnellement suit la cérémonie de clôture, des erreurs de placement font que je suis séparé de ma petite délégation et placé d’autorité avec madame à la table d’honneur. Une table de 10 couverts maximum où je repère immédiatement l’immense Gregory Peck (au propre comme au figuré). Entre lui et nous seulement deux convives. J’hallucine : un des deux (malheureusement pas mon voisin immédiat) est Jack Palance, le méchant légendaire de tous les westerns qui se respectent. À peine remis de cette double émotion, une (très) jolie jeune femme s’assoit en face de moi. En une minute, je reconnais Sean Young, l’androïde amoureuse d’Harrison Ford dans le mythique film d’anticipation Blade Runner. Elle se présente à moi  et avec cette classe innée des actrices et des acteurs américains, elle me parlera régulièrement en français.

Je ne suis pas impressionné par un tel aréopage mais je vis la séquence en spectateur. Je louche tant de fois en direction des deux légendes hollywoodiennes qu’un strabisme durable me menace. Et ne me demandez pas le menu !

A la fin du repas, dégingandé et familier, Yves Montand qui était à la table voisine vient converser un bref moment avec mes voisins. Et c’est là, in peto, que je me fais la réflexion la plus iconoclaste et la plus stupide de ma vie. « Heureusement que je suis à la table de Gregory Peck, si j’avais été à celle d’Yves Montand, c’était quand même moins classe ! »  Je la regrette encore.

Par deux fois, ma misérable vie a eu la chance de croiser Yves Montand dont je suis par ailleurs un fan absolu. La deuxième, je viens de vous la narrer, la première n’est pas plus à mon avantage. Je l’ai raconté sur ce blog et si ce n’est pas déjà fait je vous la laisse découvrir (« Amarcord, on se souvient : l’anecdote » 7 février 2012).

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
Cet article, publié dans cinéma, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Yves Montand… ce serait moins classe !

  1. Alain Dupasquier dit :

    J’ai aussi une anecdote, à une table Burgonde, je me suis retrouvé à côté de Patrick Mottard, et entouré d’autres stars!

  2. Ping : Ma belle mère est une star : opus 2 | Le blog de Patrick Mottard

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s