Maria : Pour prolonger le plaisir…

Alors que les Affranchis ont déjà plongé dans les répétitions du Misanthrope, je ne résiste pas, après le grand succès de » Maria et le kiosque à musique », à reprendre mon billet de janvier sur les répliques cultes de la pièce…  Par répliques-cultes, j’entends des passages de la pièce que les comédiens ont réussi à s’approprier d’une telle façon que désormais elles leur appartiennent.

DIDIER (Albert, le stalinien). Alors tu finiras comme les copains : à la mairie au bras d’une gentille petite niçoise. Communiste, mais niçoise.

DIDIER (Edmond, le pétainiste) : Admirable femme française, épouse et mère, modeste et héroïquement soumise.

FRÉDÉRIQUE (la mère). Allez Monsieur mon gendre, un peu de coeur à l’ouvrage s’il vous plait, un peu de coeur à l’ouvrage !

Attendez-vous à de fréquentes visites de votre belle-mère, Antoine.

CÉLIA (Émilie). N’oublie pas qu’aujourd’hui tu dois passer à la fabrique pour me ramener un bon kilo de macaronis. Ce soir je vais faire mon gratin avec le jambon du marché noir.

LUCILE (Maria). Moi, je travaille pour le grand capital : vendeuse aux Galeries Lafayette.

Je t’aime, n’en doute pas, ça oui, je t’aime (prononcé mâchoire serrée et regard sombre, effet garanti ).

JOFFREY (Antoine). Le comptable docile, l’employé modèle au service de beau-papa, le futur capitaine des pâtes fraîches, général du ravioli, maréchal des cappelletti.

C’est décourageant ! C’est un peu comme si Sisyphe s’était converti au trotskisme… ou l’inverse !

PHILIPPE (Tony). Belle soirée, n’est ce pas ? Barcelone en plus suave, La Havane en plus tonique…

Je me fous de toi ou je n’existe pas ? Choisis ton camp, camarade, ça te changera !

BERNARD (Antoine). Quant à Émilie, ma femme, je ne me suis jamais posé la question de savoir si je l’aimais car elle était ma femme.

Je me dis que la vie est passée bien vite et qu’il est bien tard. Je n’ai pas été malheureux, même pas mélancolique. Mais je me suis emmerdé, mon Dieu, oui je me suis emmerdé.

CLEO (Ray Ventura). Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien…

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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