Les limites du cinéma français

Ces dernières semaines, les hasards de la programmation et de mes disponibilités m’ont amené à voir trois films français de suite. Un au Mega Castillet de Perpignan, les deux autres au Pathé Gare du Sud (en passant : la qualité, le confort et l’accueil des restos de la Grande Halle se dégradent… Vous ne trouvez pas ?).

Trois films excitants sur le papier mais qui se sont révélés décevants. Pas ratés, décevants.

JOYEUSE RETRAITE (Fabien Bracq )

Philippe (Thierry Lhermitte) et Marilou (Michèle Laroque) prennent enfin leur retraite. Mais leurs enfants, sans vergogne, veulent leur faire garder leurs petits-enfants. Ils vont donc essayer d’échapper au piège par tous les moyens. Sur la base d’une question de société réelle le film se révèle drôle et iconoclaste. Par moments, on pense au meilleur de Chatillez (Tatie Danièle par exemple). Hélas une fin sirupeuse incroyablement convenue gâche le film un peu comme si le réalisateur avait eu peur de son audace. Dommage !

PLAY (Anthony Marciano)

Le concept de base du film est très audacieux : tout le film est basé sur des images d’archives que le héros (Max Boublil), apprenti cinéaste, a conservées depuis qu’il a eu son premier caméscope, offert par ses parents quant il avait 13 ans et dont nous voyons un montage supposé. Autant dire d’emblée que le pari est réussi en ce qui concerne la forme : les petits bouts de films, les prises maladroites, les cadrages aléatoires ne nuisent pas à la fluidité de l’histoire et lui donnent une indéniable touche d’authenticité. Hélas, le scénario qui est censé raconter la mutation du jeune Max en adulte est bien conventionnel. Son histoire d’amour avec Emma (Alice Isaaz craquante !) aussi. Quant à la réalité sociale dans laquelle sont censés évoluer les protagonistes de l’histoire, elle est quasiment absente. De 1993 à 2019 le seul événement évoqué est la Coupe du Monde de 98… On est loin de Scola. Dommage encore !

SELFIE

Composé de cinq histoires différentes, réalisées chacune par un cinéaste différent, le film voit s’entrecroiser des destins de fous des réseaux sociaux. Mais on peut retrouver des personnages dans plusieurs séquences, ce qui est une approche originale du film à sketches. Le film commence sur les chapeaux de roues avec l’histoire cruelle d’un couple qui utilise son enfant malade pour faire du buzz. Puis on s’intéresse à une mini comédie romantique entre Elsa Zylberstein et Max Boublil (encore lui !), utilisateurs compulsifs de leurs portables. Puis… C’est à peu près tout : les autres histoires sont superficielles et sans grand intérêt. Le grand film sur ce sujet reste à faire. Dommage toujours !

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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2 commentaires pour Les limites du cinéma français

  1. D’accord avec ces commentaires sur les trois films : ils sont d’autant plus décevants qu’ils promettent beaucoup au départ. On passe toutefois un bon moment avec chacun d’entre eux. Et d’accord également avec la remarque sur la Halle de la Gare du Sud (ce qui est bien regrettable quand on avait pris l’habitude d’y faire un passage en sortant du ciné à côté). En plus, l’un des principaux restaurants avait fermé sa cuisine dès 22 h… Grrr…

  2. Marie Fagot dit :

    Tout a fait d accord….meme si on se retrouve bien dans « joyeuse retraite »…..

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