Le cinéma des jours d’avant…

Vivarium

C’était une époque – si proche, si lointaine – où on pouvait encore se distraire des lourds nuages qui s’accumulaient à l’est de l’Europe en allant au cinéma : trois films de bonne facture.

LE CAS RICHARD JEWELL (Clint Eastwood, USA)

Richard Jewell est un brave garçon, un gros nounours plein de bonne volonté (trop ?) qui rêve d’être un policier. Simple agent de sécurité, il va, grâce à sa perspicacité, permettre de limiter les dégâts d’un attentat d’extrême droite pendant les JO d’Atlanta en 1996. Mais sa personnalité marginale va conduire la justice à le suspecter d’être le poseur de bombe. A partir de là le héros devient  un homme détesté qui risque d’être broyé par la machine infernale. Heureusement un avocat va l’aider…

Avec cette histoire vraie, Richard Jewell entre dans le panthéon  Easwtwoodien des héros américains. Au-delà du propos humaniste et de la réalisation classique, on retiendra surtout l’époustouflante composition de l’acteur Paul Walter Hauser si émouvant en vieux garçon vivant toujours chez sa maman tout en rêvant de sauver le monde.

 THE GENTLEMEN (Guy Ritchie, USA)

L’Américain Mickey Pearson est devenu un important baron de la drogue à Londres après avoir réalisé une ingénieuse décentralisation de sa production de marijuana dans les différentes campagnes anglaises (les circuits courts !). Il dit souhaiter prendre une retraite bien méritée. A partir de là, une implacable guerre de succession va s’engager.

Ritchie c’est presque aussi jouissif que du Tarantino avec des acteurs qui ont la gueule de l’emploi, une histoire à tiroirs tordue à souhait, des dialogues hilarants et une fin inattendue. De la belle ouvrage.  Un peu vaine toutefois : on passe un bon moment mais on est persuadé que le film ne restera pas très longtemps dans votre mémoire.

VIVARIUM (Lorcan Finnegan, Irlande)

A la recherche de sa première maison, un jeune couple visite en compagnie d’un agent immobilier insistant et inquiétant un immense lotissement de maisons identiques et se retrouve piégé dans la maison 9 (allusion au Prisonnier et à sa maison 6 ?). Confinés (déjà…) dans ce pavillon sans âme, on leur impose pour retrouver la liberté  d’élever un bébé qui va rapidement devenir un enfant monstrueux malgré son allure de premier de la classe.

Film d’angoisse plus que d’horreur (encore que…), le scénario de Vivarium est à l’image du lotissement-prison : glaçant ! Une belle réussite qui, en égratignant au passage des institutions comme la famille et la propriété, n’est pas que formelle .

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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