La Culture au Conseil municipal

Ce lundi reprise de l’activité du Conseil municipal avec, sur place, les présidents de groupes, les autres conseillers étant en visioconférence. Ce fut l’occasion pour Dominique Boy-Mottard, en tant que présidente du groupe Radical et Divers Gauche, d’exprimer dans son propos liminaire quelques réflexions générales sur la crise (sur cette partie de son intervention, voir le blog de Dominique) et de cibler les difficultés des acteurs de la culture :

« Aujourd’hui, il n’est pas question je suppose que chaque groupe fournisse une version exhaustive de sa vision et de ses propositions pour l’après-crise. Par contre, je pense qu’il est utile que chacun d’entre nous puisse mettre l’accent sur telle ou telle question en fonction des débats, des rencontres, et des sollicitations dont il a pu faire l’objet. Pour ma part, je voudrais profiter de la petite tribune qui nous est offerte pour parler de la culture qui va être fortement impactée par la crise alors même qu’il s’agit d’un domaine très important à court terme pour négocier l’après-crise.

Face au désarroi de la profession, des professions, il est évident que des réponses nationales sont indispensables : je pense notamment à l’aménagement du régime des intermittents, vecteur essentiel de l’organisation de la culture à la française.

Mais localement, le rôle de nos institutions va être essentiel. Cela exigera bien sûr une mobilisation financière, ce n’est pas original mais indispensable pour un secteur sinistré. On peut toutefois faire remarquer – même s’il faut se méfier des solutions simplistes – que l’annulation d’un certain nombre de grands événements culturels cet été va libérer des budgets qu’il est souhaitable d’affecter à la culture vivante de notre ville.

Comme vous l’avez fait en matière commerciale, il faudra se pencher sur la question vitale pour beaucoup de compagnies, qui ont des difficultés de trésorerie souvent insolubles, du problème des loyers. Et pour que ces compagnies puissent retrouver un équilibre financier, il faudrait – et là, c’est délicat, car les solutions à trouver sont plus sanitaires que financières – qu’elles puissent reprendre les cours de théâtre au plus vite.

Mais il y a surtout l’urgence et l’opportunité de la saison d’été réduite à un vide culturel du fait des annulations de manifestations événementielles majeures. Là, la Ville a un rôle à jouer en offrant la possibilité aux différentes troupes de présenter en plein air (ce qui sera souvent un moyen de surmonter les problèmes sanitaires) des spectacles sur les places et les espaces publics de nos territoires. Un peu à l’exemple de la Castellada dans les jardins de la colline du Château qui eut beaucoup de succès par le passé. Ce serait faire d’une pierre deux coups. En achetant des spectacles puisés dans le répertoire des compagnies, on peut contribuer à rétablir leur trésorerie ; et par ailleurs, on offre au public probablement privé de voyages et autres vacances lointaines des manifestations culturelles et ludiques susceptibles d’enchanter la période estivale.

Une telle demande a également une pertinence économique quand on sait que les professionnels du tourisme cherchent à meubler la saison pour attirer des visiteurs qui, pour l’essentiel, seront cette année nationaux voire régionaux. Il va de soi que ce programme a vocation à être métropolitain et en coordination avec le Département et la Région. »

Bref, il en est de la culture comme de tout le reste, il ne faut pas que l’angoisse saccage l’avenir. Que notre angoisse saccage notre avenir. »

C’est favorablement que le maire a répondu à l’idée d’utiliser cet été si particulier pour permettre aux différents acteurs culturels de notre ville dans toute leur diversité de s’exprimer et de travailler, tout en apportant un espace de d’évasion et de rêve au public.

Sur la question des loyers, notons d’ores et déjà, la remise gracieuse des loyers aux entreprises et associations hébergées dans des locaux municipaux et la création d’un fonds d’aide pour les associations qui se trouveraient en difficulté financière à la suite de manifestations annulées.

À l’évidence, la situation en matière culturelle est évolutive car très dépendante de la situation sanitaire.

PS :Lors du conseil municipal d’hier, j’avais tenu à mettre en avant les difficultés rencontrées par les acteurs de la culture. Patrick Mottard a repris cette partie de mon intervention sur son blog. Il faut ajouter la réponse que m’a faite le maire après que j’ai évoqué la question des loyers que continuent à payer les compagnies alors qu’elles ne peuvent se produire, en demandant qu’une aide équivalente à celle déjà retenue pour les locaux commerciaux soit adoptée. Le maire en a convenu et a annoncé que la ville prendrait en charge une partie de ces loyers à hauteur de 500 €. Nice Matin reprend cette information.

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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