Mes 50 séries préférées : de 45 à 41

 

Toujours une domination américaine avec trois séries (dont une deuxième Showtime, une deuxième CBS et une première sitcom) mais aussi une étonnante réussite belge et un phénomène patrimonial français.

45 – BELPHÉGOR (Claude Barma – ORTF – 1965 – Minisérie – 4 x 70 mn – France ).

Belphégor, un fantôme vêtu d’une longue robe noire hante le département d’égyptologie du Musée du Louvre. Disparitions, agressions et morts suspectes se succèdent. La police se fait aider par un jeune étudiant forcément intéressé puisqu’amoureux de la fille du commissaire. Il y est question d’un malfaisant qui veut s’emparer du secret des Rose-Croix pour assouvir son goût du pouvoir.

C’est peu dire que cette histoire fantastique qui a pour décor un Louvre qui n’a pas encore sa pyramide a bouleversé la France de la télé en noir et blanc et de feu l’ORTF. Après avoir vu le spectre glisser au milieu des collections, plus un Français n’a visité un musée sans penser à lui. Un équilibre certain entre les séquences fantastiques à l’ambiance étrange et magique et les scènes de la vie quotidienne souvent légères et plutôt drôles a contribué au succès de cette histoire créée par Claude Barma. Par sa présence et son physique Juliette Gréco contribue à donner beaucoup de force aux séquences oniriques.

La grande réussite de ce Belphégor est d’être resté dans notre imaginaire comme un sommet du genre fantastique sans aucun effet spéciaux. Une raison de plus pour ne pas voir la grotesque tentative filmique de 2001 (avec Sophie Marceau dans le rôle titre) qui remplace la magie du téléfilm par des trucages digne des attractions de Disneyland.

44 – CALIFORNICATION (Tom Kapinos – Showtime – 2007-2014 – 7 saisons – 84 épisodes de 25 mn – USA).

Hank Moody (David Duchovny, le Fox Mulder d’X-Files) est un romancier new-yorkais en panne d’inspiration exilé à Los Angeles. Séparé de sa femme Karen et de sa fille Becca, il plonge dans un univers d’alcool, de drogue et de sexe. Tiraillé entre sa vie d’avant et la dérive autodestructrice de son actuelle existence d’oisif, il est secondé pas toujours pour le meilleur par son agent Charlie Runkle qui est un des rares à croire en son talent d’écrivain.

La contradiction entre les deux aspirations de Moody produit souvent des effets comiques mais dégage au fil des saisons une forme de résignation mélancolique qui rend le personnage attachant. Mi Buchowski mi Hughe Grant, Duchovny porte Californication sur ses épaules avec talent et l’aide du divin chauve des séries US, Evan Handler (on le retrouvera !).  Une réplique pour situer cette série qui vaut beaucoup mieux que son titre : « Tu es un mec analogique dans un monde numérique ».

43 – LA TRÊVE (Benjamen d’Atouts, Stéphane Bergmans, Matthieu Donc – RTBF – 2016-2018 – 2 saisons – 20 épisodes de 52 mn – Belgique).

Dans un bourg des Ardennes belges, un jeune africain, footballeur dans l’équipe locale, est retrouvé mort dans la rivière. Un policier bruxellois mais ancien enfant du pays mène une enquête qui va révéler, en plus du coupable, toutes les turpitudes de la petite ville.

Sur la base de la première saison (je n’ai pas vu la deuxième, mais je fais crédit), je trouve que la publicité qui accompagne l’affiche n’est pas usurpée (« La meilleure série policière du moment est belge »). En effet, au cours des épisodes, nous sommes successivement persuadés de la culpabilité d’au mois dix personnages avant d’être bluffés par la révélation de l’identité du coupable. Mais La trêve est bien autre chose : par sa pugnacité à mettre à jour les turpitudes de son petit monde elle est un peu la cousine wallonne du merveilleux Twin peaks  Ce polar poisseux aux personnages glauques a beau être francophone, il est par ses décors et sa distribution (que de belles gueules même et surtout quand elles sont cabossées !) terriblement exotique.

42 – LOST (Jeffrey Lieber, J.J Abrams, Damon Lindelof – ABC – 2004-2010 – 6 saisons – 121 épisodes de 42 mn – USA ).

Le vol Sydney-Los Angeles explose en plein vol au-dessus d’une île du Pacifique non répertoriée sur les cartes. Les survivants vont très vite apprendre à cohabiter et à survivre. Mais dès les premiers jours, ils se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls sur ce bout de terre, qui est le théâtre d’événements et d’apparitions étranges.

Lost est une fresque qui mélange fantastique, théorie du complot, surnaturel et science fiction. Sa matière est si riche qu’elle a pu décourager certains et conduire ses fans a une concurrence effrénée d’interprétations. Personnellement, ce que j’ai plus sagement aimé dans la série, c’est la normalité des protagonistes au milieu de ce déferlement d’irrationnel digne du Matin des Magiciens. Notamment au cours des flash back (ceux qui se passent en Australie par exemple) où on découvre avec délectation des histoires individuelles qui font comprendre la psychologie des personnages bloqués sur l’Ile.

Après si la complexité de l’histoire vous fait peur  vous pouvez toujours à la place suivre Khô Lanta c’est plus simple !

41 – HOW I MET YOUR MOTHER – Carter Pays, Craig Thomas – 2005-2014 –  CBS – 9 saisons – 208 épisodes de 22 mn – USA)

C’est la première sitcom de notre top 50 (il y en aura trois). Une sitcom est une série à dominante comique à épisodes courts se déroulant dans un décor récurent et avec des rires enregistrés.

À peu près dix ans de la vie de cinq trentenaires (un peu avant, un peu après) vivant à New York. Il y a Ted, celui qui va trouver sa femme (à la fin !), Marschall et Lily, le jeune couple fusionnel et un peu cucul, Barney, l’inénarrable et élégant séducteur compulsif et Robin la canadienne. À priori, on pouvait parier sur un remake de Friends : il y a bien sûr des similitudes mais la structure narrative est très différente et très cinématographique pour une sitcom. En effet, HIMYM (pour les intimes) est une série racontée : le prétexte de départ est que Ted, le personnage central, raconte à ses enfants en 2030 comment il a rencontré leur mère. Du coup, les épisodes fonctionnent en flash back d’années différentes et pas toujours chronologiques.

Même si pour ma part je trouve les personnages nettement moins riches que ceux de Friends, l‘ensemble est tout de même très, très drôle tout en abordant avec légèreté quelques questions qui traversent l’air du temps. Ce que je préfère dans la série : l’exotisme  du Canada (même anglophone) pour des Américains moyens, à travers le personnage de Robin… Pas de quoi rappeler l’ambassadeur mais comme diraient certains, on n’est pas loin de la stigmatisation, en tout cas c’est hilarant. Tabernacle !

 

 

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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13 commentaires pour Mes 50 séries préférées : de 45 à 41

  1. Odile Menozzi dit :

    Aucun avis car je n ai pas vu ces séries par contre, j’ai adoré: Urgence ( les débuts de Georges Clooney) Desperate Housewives et Downton Abbey

  2. Fabienne Riganelli dit :

    Je n’ai vu que Californication, complètement délirant, j’ai adoré. Tout autre genre, j’ai apprécié engrenage et downton Abbey. Ah oui, les premiers épisodes de walking dead…. Sur la durée, bof.
    Bien éclectique tout ça 😄

  3. Bernard Gaignier dit :

    Si je vous disais que je n’ vu aucune de ces séries…. même Belphegor et oui. A cette époque je vivais à Dakar et il n’y avait pas de télé….chez moi.
    Et les autres et bien non plus.. par contre si vous voulez je peux vous parler de ma série préférée celle dont il me semble avoir déjà parlé. Mais j’ai peur de la réaction de Dominique
    Vous savez une série où il y a une 2 cv des bonnes sœurs des hommes en uniforme et même des extraterrestres….

  4. Alix Rizzoli dit :

    Bernard chut mais moi tout pareil!! Pour belfegore je n etais pas nee.. 🤣

  5. Michelle Bottaro dit :

    Je n’ai rien vu de tout ça à part Belphegor …ya longtemps . J’attends Les Tudor et La servante écarlate pour dire mon mot..
    1

  6. Dominique Boy-Mottard dit :

    Michelle Bottaro Ah la servante écarlate ! On vient de terminer la dernière saison sortie. Toujours aussi bon.

  7. Bernard Gaignier dit :

    Sans revenir à l’œuvre intemporelle que je défends je viens de découvrir sur Arte une magnifique série Au nom du père.
    Allez y vite c’est encore en replay.
    Le début est un peu surprenant mais après c’est addictif

  8. Catherine Lauverjon dit :

    Belphegor bien sûr!
    Les autres séries je ne les connais pas.

  9. Frederique Ghauri dit :

    Moi j’attends Kaboul Kitchen mais mon petit doigt me dit que ça devrait venir

  10. Katy Strazzeri dit :

    Pour ma part je n’ai vu que la série Lost…. Et j’ai beaucoup accroché

  11. jean-marie dit :

    Brillamment présenté par l’auteur du blog que dire de plus à part que l’intégrale de californication , de Lost, les disparus sont à la médiathèque ainsi que la première saison de la trêve seule série que je n’ai pas vu

  12. Antonin Colombo dit :

    Vague, très vague souvenir de Belphégor. Normal lorsque l’on est encore en couches-culottes. Ou plutôt empaqueté dans des langes qui étaient de mise à cette époque là. Le reste j’ai pas vu. Et comme Bernard reste prudent visà vis de Dominique pour évoquer sans vraiment l’évoquer, tout en faisant des allusions criantes de vérité sur la vraie, seule et unique série qui mérite cette appélation, c’est les autres qui on copié l’appelation, eh bien je n’en dirait pas plus. Même si ça fait beaucoup.

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