Mes 50 séries préférées : de 34 à 32

Cette semaine une série française Canal +, une troisième série ABC (après Lost et Desperate housewives) totalement mythique et une série israélienne initiatrice.

34 – LE BARON NOIR (Eric Benzekri – Canal+ – 2016-2020 – 3 saisons – 24 épisodes de 42 mn – France)

Le parcours politique plein de rebondissements du député socialiste (fictif) Philippe Rickwaert qui en quelques années va passer de la prison à l’Elysée.

On qualifie souvent Le Baron noir de meilleure série politique française. Personnellement, j’irai plus loin en affirmant qu’il s’agit certainement d’une des trois meilleures au monde. Le scénario suit et parfois anticipe la vie politique française avec un réalisme dénué de populisme. La plupart des personnages incarnent sous une forme romancée les principaux acteurs de la politique française contemporaine. Pour avoir participé pendant quelques années aux instances nationales du PS qui sont souvent au centre de l’histoire du Baron noir, je peux témoigner pour le meilleur (parfois) et pour le pire (souvent) que le scénario de Benzekri est d’une vérité criante. Julien Dray aurait été un collaborateur fidèle de l’équipe de la série.

Deux interprètes au milieu d’une distribution excellente sont eux, époustouflants. D’abord Kad Merad dans le rôle du député revanchard mais aussi François Morel savoureux clône de Mélanchon (l’auteur de la série a travaillé dans un cabinet ministériel de celui-ci).

33 – LES ENVAHISSEURS (Larry Cohen – ABC- 1967-1968 – 2 saisons – 43 épisodes de 48 mn – USA) 

Un soir alors qu’il s’assoupit au volant de sa voiture (voir le mythique générique), David Vincent, architecte lambda est témoin de l’atterrissage d’une soucoupe volante. À partir de cet événement, il n’a de cesse de convaincre autorités et population de combattre ces extraterrestres qui, sous un apparence humaine (seule particularité : ils ont un petit doigt toujours relevé, une sorte de doigt d’honneur venu d’ailleurs !), infiltrent insidieusement la Terre afin de la coloniser.

Au premier degré, la série est palpitante avec ces foutus aliens qui inventent une multitude de stratagèmes pour investir notre civilisation. Heureusement David Vincent veille. Au deuxième degré, cette série, pur produit de la Guerre froide, nous explique comment le communisme veut détruire le monde libre de l’intérieur grâce à des espions pratiquement indétectables. The Invaders devient alors un document historique peu subtil mais finalement amusant.

Sur le même sujet (la subversion communiste) on peut voir, moins spectaculaire mais plus historique, la remarquable série de Joe Weisberg sur FX, The Americans (6 saisons de 2013 à 2018).

Extraits du préambule souvent parodié (les Inconnus) ou cité (Marine Le Pen au cours du débat de l’entre-deux tours) : David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Cela a commencé par l’atterrissage d’un vaisseau venu d’une autre galaxie. Maintenant, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu’ils ont pris forme humaine et qu’il faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé…

Les envahisseurs

32 – HATUFIM (Gideon Raff – Aroutz 2 – 2010-2012 – 2 saisons – 24 épisodes de 45 mn – ISRAËL) et pour la version américaine HOMELAND (Howard Gordon – Showtime – 8 SAISONS – 2011-2020)

Hatufim est peut-être la série fondatrice de l’exaltante production israélienne, une production qui, en nous permettant de mieux connaitre la situation de la région, nous fait connaître un peu mieux le monde et les méandres de l’âme humaine (vous l’avez compris : il y aura d’autres séries israéliennes dans ce top 50).

Nemrod, Uri, Amiel, trois soldats israéliens, sont capturés (Hatufim : enlevés) lors d’une opération au Liban puis maintenus en détention en Syrie par un groupe d’islamisées. Libérés à la suite d’un échange de prisonniers (cela leur sera reproché) dix-sept ans après, les deux premiers doivent se réintégrer en surmontant le traumatisme des mauvais traitements et de l’absence du troisième. La société, passée l’euphorie de la libération, se révèle peu accueillante et les services secrets imposent aux libérés une surveillance étouffante.

Cette série traite du thème éternel du retour souvent traumatisant des prisonniers dans une société qui n’hésite pas à faire payer cash sa mauvaise conscience à ceux qui ont souffert pour la communauté. Sans compter la suspicion d’un syndrome de Stockholm qui en fait des infiltrés potentiels. Sur un mode intimiste et psychologique, les personnages de cette série chorale jouent leur partition dans la comédie humaine dans un contexte toujours évoqué sans manichéisme, ce qui, compte tenu de l’ancrage de la production (Aroutz 2 est une chaîne privée avec mission de service public), est remarquable.

La version américaine est cette plus spectaculaire (plus « hollywoodienne » !)  mais à la fois moins crédible, moins psychologique et un peu répétitive (8 saisons au lieu de 2 ça fait beaucoup). À voir dans un deuxième temps.

 

 

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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10 commentaires pour Mes 50 séries préférées : de 34 à 32

  1. jean-marie dit :

    BARON NOIR c’est effectivement la meilleure série politique française (les 2 premieres saisons sont à la médiathèque) et elle devrait être plus haut dans ce top cela veut dire aussi qu’on ne retrouvera pas « des hommes de l’ombre » ni  » les sauvages » où un arabe devient président de la république française ni même « Marseille » avec DEPARDIEU qui vaut mieux que ce qu’en disent les critiques…
    La gauche niçoise pourrait faire une très bonne série mais la fin en 2020 laissera un goût amer
    LES ENVAHISSEURS seulement 2 saisons mais elle aura marqué son époque par contre THE AMERICANS aurait mérité d’être classé à part Pendant la guerre froide, dans les années 1980, un couple d’officiers du KGB (le service de renseignement de l’Union soviétique) est formé afin de vivre aux États-Unis comme des citoyens américains nés au Canada. La série commence au début du premier mandat de Ronald Reagan, quelques années après leur « réveil ». Leur couverture les amène à vivre comme des époux qui élèvent leurs deux enfants dans la plus pure tradition américaine. En parallèle, ils mènent des missions de renseignement, de soutien ou de déstabilisation sur le territoire des États-Unis
    HOMELAND pas vu la série originale israélienne (les 2 saisons sont à la médiathèque) mais celle américaine donc je ne peux pas comparer mais les services israéliens sont très présents dans cette version aussi

    • Patrick Mottard dit :

      merci Jean-Marie ( sous Bonaparte perce Napoléon …) pour ces chroniques informées !

  2. Catherine Lauverjon dit :

    Les envahisseurs ! Cultissime !👏

  3. Sophie Tournier dit :

    Je ne connais pas la série israélienne mais le Baron noir, les 3 saisons, c’est grandiose, j’ai adoré. Et les envahisseurs… un goût d’enfance.

  4. Bernard Gaignier dit :

    Alors comment vous dire..
    Et bien oui j’ai vu une série….. le baron noir.
    Excellente série que je mettrai en deuxième dans mon classement final…
    En deuxième car en premier évidemment je ne peux mettre qu’une autre série française cette fameuse série des gendarmes qui va vous faire voyager de Saint Tropez à New York en passant par les extraterrestres sans négliger les problèmes conjugaux.

  5. Sophie Mancel dit :

    Les Envahisseurs ! Génial. Je n’en ai pas raté un seul.

  6. Dominique Boy-Mottard dit :

    Dominique Boy Mottard https://www.dailymotion.com/video/x8m8a5
    Supprimer ou masquer ceci
    Generique : Les Envahisseurs – Vidéo Dailymotion
    DAILYMOTION.COM

  7. Didier Codani dit :

    Je me souviens du petit doigt raide (ça ne devait pas être à cause du Viagra, à l’époque), de la réduction en poudre lumineuse quand on en tue un, et des prodiges balistiques que David VINCENT arrive à tirer d’un malheureux revolver de calibre 38 « Chiefs Special » à 5 coups, qui parfois tirait jusqu’à 6 coups sans recharger…

  8. Helyette Laborelli dit :

    David Vincent a marqué toute une génération avec son petit doigt raide..Série culte !!

  9. jean-marie dit :

    Napoléon perçait sous Bonaparte de mémoire ce n’est pas un certain victor … ah zut j’oublie le nom pourtant il a un BOULEVARD à NICE et son nom c’est le prénom du plus grand gardien de l’OGC NICE
    Ce siècle avait deux ans. NICE remplaçait PARIS.
    Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
    Et du Premier Consul déjà par maint endroit
    Le front de l’empereur brisait le masque étroit.
    Pas sûr pour les villes….
    Ceci dit et bien dit le titre de la série est BARON NOIR et non LE BARON NOIR qui est un personnage de bande dessinée de RENE PETILLON ( pour le scénario) et YVES GOT (pour le dessin) paraissant quotidiennement dans le matin de paris que je lisais souvent malgré un titre allergisant pour un nissart mais plus proche politiquement de mes idées que le très droitier Nice-matin de l’époque bavastro

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