14 heures pour récupérer 4 points

Avec l’objectif de revivifier un permis de conduire à points un peu anémié ces dernières années par quelques coups du sort (que j’ai aidés il faut bien le dire…), j’ai assisté en deux jours et 14 heures à mon premier stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ce qui, après plus d’un million de kilomètres sur toutes les routes du monde sans aucun accident, était certainement nécéssaire à minima pour récupérer 4 précieux points et retrouver un permis aussi insoupçonnable que la femme de César.

Première impression sur cette séquence qui se tenait à L’Arenas à côté du Plazza : elle était masculine. Sur les vingts futurs repentis, il n’y avait… qu’une femme. Ce n’était pas l’exception car dans les deux stages précédents il n’y avait AUCUNE femme.

Par contre, il est à noter que l’encadrement était lui assuré par deux femmes. En fait, les statistiques présentées plus tard fourniront une réponse sans équivoque à cette anomalie paritaire : 75 % des tués sur la route sont des hommes pour un nombre de permis équivalents. Plus accablant, les 25% de femmes tuées, le sont à 85% dans des accidents dont le responsable est un homme. 95 % des accidents causés par la vitesse sont causés par des hommes, ainsi que 80% des accidents dus à l’alcool et au cannabis.

Ingrid et Véronique, une psychologue et une formatrice furent des instructrices talentueuses que le prof que je suis a admiré. Quand vous enseignez, il y a trois types de publics possibles. Le public classique qui prépare un examen ou un concours et qui est forcement attentif. Le public libre qui suit une formation non sanctionnée (j’ai eu cette expérience avec des stages post concours de la fonction publique territoriale) : l’affaire est plus délicate, il faut un enseignant qui captive. Mais nos instructrices étaient là, face à un public contraint et potentiellement grincheux. Elles ont magnifiquement relevé le défi en « tenant » cet auditoire improbable et en l’intéressant. Total respect du prof.

Le groupe lui même étaient socialement assez composite ce qui est la loi du genre (Véronique m’a dit avoir eu Bruno Lemaire comme stagiaire) : du concierge de palace au médecin pompier, de l’assureur au plombier… Deux stars toutefois avec Nicolas, un artisan trentenaire qui en était à son 14e stage volontaire ou imposé par la justice et un pittoresque ancien légionnaire biélorusse qui s’exprimait à la façon de Jean Yanne dans le sketch « Le permis de conduire ». Le palmarès des infractions du groupe : 1 – l’excès de vitesse modéré à 1 point, 2 – le téléphone, 3 – les stops et les feux rouges.

Le stage fut aussi l’occasion d’apprendre plein de choses. Tout d’abord la réussite de la politique de sécurité routière sous l’impulsion notamment de Jacques Chaban-Delmas puis de Jacques Chirac. Nous sommes passés effectivement de 18 000 tués annuels en 1972 à 3 500 en 2019 (et même 2000 en 2020, année Covid).

Ces accidents concernent surtout les routes secondaires : 2700 tués sur les 3500. Les autoroutes ne représentent que 7 % des tués (avec une particularité : l’endormissement). Les deux roues sont bien sûr plus dangereux (30% du trafic, 30% des tués alors que les voitures qui représentent 75 % du trafic ne concernent que 50% des tués, le reste ce sont les piétons… et les trottinettes).

Mais la révélation la plus surprenante est la suivante : plus les conditions de circulation sont favorables et plus le risque d’accident est grand : on se lâche ! 71% des tués en ligne droite, 73% par beau temps, 75% avec un véhicule en bon état, 70% en journée et encore plus surprenant : les accidents mortels à 65% ont lieu dans un rayon de moins de 15 kilomètres du domicile. Quant au facteur de l’âge, il concerne non pas les vieux conducteurs mais les jeunes.

Bref, je ne ferais cela pas tous les mois mais l’expérience fut intéressante (et même peut être salutaire pour moi le récidiviste des excès à 130 dans les portions d’autoroute à 110).

Une séquence qui m’a permis de retrouver aussi deux anciens étudiants : Olivier, mon voisin de table lui même devenu conseiller municipal d’une commune du 06 et Kiril, mon sympathique étudiant bulgare qui est en fait le boss du service de location de voitures de l’hôtel où nous nous trouvions.

Amis du spectacle vivant, ne vous inquiétez pas ! Dès ce matin je m’occupe à nouveau de vous.

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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Un commentaire pour 14 heures pour récupérer 4 points

  1. Christine EHRWEIN dit :

    En conclusion expérience intéressante ! Speedy Gonzales s’en souviendra. 👍😉
    Bises

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