Mossa, Dolla, Harcourt : nos musées sont formidables

Ce mardi, visite avec ma « coéquipière des musées » de l’exposition Gustave-Adolphe Mossa au musée des Beaux-Arts. Deux belles heures de déambulation en compagnie de la passionnée et passionnante maîtresse des lieux, celle qui dynamise (dynamite) le vieux musée Chéret : Johanne Lindskog.

Ce Gustave-Adolphe Mossa qu’on croit connaître si bien et qu’on ne connaît pas si bien que ça d’où la pertinence de l’exposition. Ce Mossa qu’on confond souvent à tort avec son papa a produit une oeuvre multiforme à la confluence des grands mouvements artistiques de son temps et d’une forme de nissardité qui n’appartient qu’à lui. Une oeuvre qui dans son noyau dur est surprenante, détonnante, choquante, à des années lumières du politiquement correct d’aujourd’hui.

Notons une fois de plus la Lindskog touch qui consiste à faire dialoguer les expositions temporaires avec les collections permanentes : une fois de plus, c’est très réussi.

Trois semaines auparavant, c’était Claudine Grammont qui nous a accueillis pour l’exposition « Sniper » de Noël Dolla au musée Matisse. En nous réservant une belle surprise : un guide exceptionnel, Noël Dolla lui-même. Ce grand artiste qui est l’humilité même nous a expliqué sans fard, avec simplicité, son projet et ses oeuvres. Sniper est en fait une technique picturale insolite (le peintre est tracté, allongé sur un petit chariot un pistolet de chantier à la main) qui nous fait plonger dans l’horreur de la guerre à travers l’explosion des chairs humaines sous l’impact de la balle du tireur. L’oeuvre n’est pas conceptuelle, elle est au contraire d’un réalisme horrifique provoquant une émotion violente. Comme celle de ma coéquipière très émue devant ces oeuvres qui lui rappelaient notre séjour à Sarajevo juste après la guerre. Et bien sûr dans nos têtes, l’Ukraine omniprésente.

Plus ludique, l’exposition Studio Harcourt au Musée de la Photographie que je n’ai pas pu m’empêcher de visiter une deuxième fois, accueilli par un Stéphane Tallon ravi du succès de cet événement qu’il a pensé et réalisé. Une expo où l’on peut admirer les légendes du cinéma mondial et la jeune scène française dans la lumière si particulière du studio Harcourt. Une lumière qui révèle les artistes, la mise en scène sophistiquée de la prise les rendant paradoxalement à leur authenticité originelle. Et quel plaisir presque enfantin de se faire tirer dans le cadre de l’expo un petit portrait façon Harcourt ! Nous avons adoré.

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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