Calypso, Yvan le terrible et Marius sur la scène niçoise

Le spectacle vivant va bien à Nice : dans des salles de plus en plus remplies, je « tourne » à trois ou quatre spectacles par week-end. Ainsi cette semaine :

CALYPSO, LA NYMPHE

Dans la plus petite des salles du théâtre Francis Gag, Le Quadrant Magique nous a dispensé une heure de lecture théâtralisée (si peu !) de l’Odyssée grâce au talent de son directeur, Philippe Martin. Impressionnante rencontre avec cette Calypso qui nous fait comprendre pourquoi après tout Ulysse a traîné en chemin. Quant aux délibérations des dieux elles évoquent un conseil des ministres de crise voire un comité directeur de feu le Parti socialiste. C’est que Philippe a le mérite de servir le texte avec loyauté tout en conservant un brin de distance. Bravo !

YVAN LE TERRIBLE

De Marguerite Duras à Lou Salomé je suis fan des pièces de Michelle Bottaro. C’est donc avec bonheur que j’ai vu sa nouvelle création au théâtre de l’Eau Vive. L’histoire d’un billet de loterie et d’un brave garçon coincé entre sa mère, sa femme et sa maîtresse sous l’oeil plus ou moins consterné de son ex diva de voisine. On l’aura compris, il s’agit d’une pure comédie aux antipodes des oeuvres précédemment citées. Une comédie qui bénéficie de l’écriture élégante de Michelle, de son interprétation et de celles de deux de ses comédiens fétiches : Elliot Trotereau en faux naïf et Stéphanie Mutoli en mère indigne et madrée. Et quelle bonne surprise de retrouver Célia Yahemdi, désopilante, dans un rôle de Marseillaise de la télé-réalité, pas tellement éloignée de sa prestation il y a trois ans dans ma pièce Maria et le kiosque à musique.

MARIUS

C’est à l’Espace Magnan que la compagnie Jacques Biagini, Christian Guérin et Angelina Lainé nous a offert la sortie de résidence de leur très « classieux » et classique (ce n’est pas un gros mot) Marius, celui de Marcel Pagnol bien sûr, avec une excellente mise en scène de Frédéric Achard. Les magnifiques décors valent déjà à eux seuls le déplacement (on oublie un peu trop souvent dans le théâtre contemporain la magie d’un beau décor). Quant à l’interprétation, elle est d’un réalisme rafraîchissant qui nous change des prestations surjouées et folklorisées de beaucoup d’adaptations de Pagnol (avec trois comédiens niçois, Pierre Blain, Julien Bodet et Patricia Koeva du Conservatoire qui est une délicieuse Fanny). Le délégué aux nouveaux publics et à la médiation a aussi beaucoup apprécié le travail des écoliers du quartier Roquebillière présentés en avant-première du spectacle avec de savoureuses variations autour de la célèbre partie de cartes. A noter aussi la présence prestigieuse de la marraine de la soirée : la petite fille de Raimu.

A propos Patrick Mottard

Enseignant à l'Université de Nice (droit public) Président de l'association Gauche Autrement Président du Parti Radical de Gauche 06 Délégué régional du Mouvement Radical/Social-Libéral
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